Pierre Buyoya

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Pierre Buyoya
Pierre Buyoya en 2013.
Pierre Buyoya en 2013.
Fonctions
7e président de la République du Burundi

(&&&&&&&&&&&025617 ans, 0 mois et 5 jours)
Premier ministre Pascal-Firmin Ndimira
(1996-1998
Prédécesseur Sylvestre Ntibantunganya
Successeur Domitien Ndayizeye
2e président de la République du Burundi[1]

(&&&&&&&&&&&021375 ans, 10 mois et 7 jours)
Premier ministre Adrien Sibomana
Prédécesseur Jean-Baptiste Bagaza
Successeur Melchior Ndadaye
Biographie
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Rutovu
Nationalité burundaise
Parti politique UPRONA
Profession Militaire

Pierre Buyoya
Présidents de la République du Burundi

Pierre Buyoya né le 24 novembre 1949 à Rutovu dans la province de Bururi est un officier et homme d'État burundais. Il dirige deux fois le pays : de 1987 à 1993 puis de 1996 à 2003.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Buyoya arrive au pouvoir en 1987 à la suite d'un coup d'État contre Jean-Baptiste Bagaza et instaure la Troisième République. Il est l'initiateur et le meneur de la démocratie au Burundi et a longuement œuvré à l'amélioration des relations entre Tutsi et Hutu du Burundi notamment en créant sous son régime la journée de l'unité nationale le 5 février 1991, journée qui est continuée à être célébrée chaque année. Son gouvernement était composé de nombre égale de hutus et de tutsis.

Intermède démocratique[modifier | modifier le code]

La commission rédige une nouvelle Constitution, approuvée par Buyoya en 1992. Le nouveau texte prévoit la mise en place d'un gouvernement non ethnique, avec un président de la République et un Parlement. Des élections démocratiques ont lieu en 1993, et portent Melchior Ndadaye du Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU), un Hutu, au pouvoir. Le parti de Buyoya, l'Union pour le progrès national (UPRONA) est vaincu. Ce dernier nomme un gouvernement composé de représentants des deux groupes. Sylvie Kinigi, une Tutsi, est nommée Première ministre.

Guerre civile[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 21 octobre 1993, des parachutistes ceinturent le palais présidentiel, le président Ndadaye et six de ses ministres sont assassinés par l'armée. Le Burundi replonge dans la guerre civile, qui fait entre 150 000 et 200 000 victimes. Sylvie Kinigi assume de fait les fonctions de chef de l'État du 27 octobre 1993 au 5 février 1994.

Un nouveau président de la République Cyprien Ntaryamira arrive au pouvoir pendant tout juste deux mois, du 5 février au 6 avril 1994, avant de périr dans l'attentat sur l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana. Un gouvernement de coalition est instauré avec Sylvestre Ntibantunganya mais est dans l'incapacité de ramener la paix.

Le 25 juillet 1996, avec le soutien de l'armée, Buyoya renverse Ntibantunganya et reprend le pouvoir. La guerre civile se poursuit mais de manière atténuée. La communauté internationale impose des sanctions économiques après le retour au pouvoir de Buyoya, qui sont levées après la création d'un gouvernement pluri-ethnique, avec Domitien Ndayizeye, un Hutu, comme vice-président de la République.

Conformément à l'accord gouvernemental, Buyoya remet le pouvoir à Domitien Ndayizeye le 30 avril 2003.

En sa qualité d'ancien président, Buyoya est sénateur à vie.

Engagement démocratique sur le plan africain[modifier | modifier le code]

Il est médiateur dans le conflit tchado-soudanais[2].

Il est nommé en 2012 haut-représentant de l'Union africaine pour le Mali et le Sahel par la présidente de la commission de l'UA Nkosazan Dlamini-Zuma dans l'optique de résoudre la crise qui secoue le nord du Mali[3].

Affaires où il est cité[modifier | modifier le code]

Pierre Buyoya est soupçonné d'être parmi les responsables de l'assassinat de Melchior Ndadaye, et de ses ministres le 21 octobre 1993.

En décembre 2006, le journal catholique sud-africain "The Southern Cross" met Buyoya en cause dans l'assassinat "planifié d'en haut" de Mgr Michael Courtney, nonce apostolique au Burundi le 29 décembre 2003.

Et même si le major Pierre Buyoya reste internationalement apprécié et sollicité, il est aussi cité comme commanditaire dans l'assassinat de l'ancien représentant de l'OMS au Burundi, l'Ivoirien Kassi Malan, un dossier suspendu suite à la force financière de l'ancien président de la République. Mais jusqu'à présent aucune charge dans toutes les affaires où il est cité n'a été retenue contre lui.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Président du Comité de salut national du 3 au 9 septembre 1987.
  2. African Union to send peace mission to Chad and Sudan, AFP, 10 octobre 2008.
  3. Pierre Buyoya nommé Haut représentant de l'UA pour le Mali et le Sahel.