Pierre-Jean Braecke

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Pierre Braecke)
Aller à : navigation, rechercher

Pierre Braecke

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

L'Hiver ou La Vieille Bûcheronne
Jardin botanique de Bruxelles

Naissance 1858
Nieuport
Décès 10 novembre 1938
Nossegem
Nationalité belge
Activités Sculpteur
Mouvement artistique Expressionnisme
Art nouveau

Pierre-Jean (Pieter-Jan ou Petrus Johannes) Braecke, né à Nieuport en 1858 et mort à Nossegem le 10 novembre 1938, est un sculpteur et graveur de médailles belge de la période Art nouveau.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Braecke est issu d'un milieu modeste : son père était menuisier. Il révèle cependant des dons artistiques précoces : à l'âge de dix ans, il obtient le premier prix au concours de dessin des deux Flandres. il ne travaille que peu de temps comme apprenti chez son père. Il entre à seize ans dans l'atelier du sculpteur Henri Pickery (nl) à Bruges, où il travaille la glaise, le plâtre, le bois et le marbre. Il continue sa formation à l'Académie de Louvain de 1878 à 1881[1]. Il est reçu second du Prix de Rome en 1882[2], derrière le lauréat Guillaume Charlier. Il travaille ensuite vers 1884 à Bruxelles dans l'atelier de l'ornemaniste Georges Houtstont, chez qui il rencontre probablement Victor Horta, avant d'entrer chez Paul De Vigne. Il expose ses premières œuvres originales aux Salons du cercle artistique L'Essor dès 1885.

À partir de 1889, ses oeuvres traduisent des préoccupations sociales proches de celles de Constantin Meunier et son attention se porte vers le vécu des plus humbles, comme en témoignent «L'aveugle» (1890), représentation d'un homme éprouvé, qui incarne toute la misère du monde[3], «L'hiver ou la bûcheronne» (1892) ou encore «Femmes de pêcheurs» (1901).

En 1892, il est cofondateur du cercle artistique Pour l'Art avec Jean Delville, Victor Rousseau et bien d'autres artistes pour la plupart dissidents du cercle L'Essor. Le 12 novembre de la même année s'ouvre leur premier Salon auquel il participe. Il exposera ensuite pendant dix ans aux principaux Salons de Belgique et d'Europe, notamment à ceux du Champ de Mars à Paris. Il exécutera également un grand nombre de sculptures de plein air.

En 1903, Pierre Braecke épouse son modèle, Elodea Romeo, une jeune femme italienne.

Pierre Braecke donne des cours de dessin à l'Académie de Saint-Josse-ten-Noode, où un de ses élèves fut Jean-Jacques Gailliard, et en deviendra directeur.

Il poursuit sa collaboration avec son ami Victor Horta[4] pour différentes expositions d'Arts décoratifs. Ses sculptures orneront l'hôtel particulier du maître de l'Art nouveau, ainsi que les hôtels Solvay et Aubecq.

Après la Première Guerre mondiale il réalise de nombreux monuments commémoratifs.

Déjà membre des Académies d'Anvers et de Milan, Pierre Braecke est élu le 2 juillet 1925 à l'Académie royale des Beaux-Arts, Classe des Beaux-Arts dont il devient directeur en 1931

À la fin de sa vie, il dessine et peint en pur amateur.

Pierre-Jean Braecke meurt en 1938. Son monument funéraire sera érigé en 1943 par Horta, secondé par le sculpteur de Jonckheere, d'après ses propres cartons.

Habitation[modifier | modifier le code]

En 1901-1903, Pierre Braecke fit construire sa maison par Horta au numéro 31 de la rue de l'Abdication.

Style[modifier | modifier le code]

Son origine modeste le conduisit vers l'expressionnisme et le désir de dénoncer la pauvreté, la souffrance, le labeur, dans un style inspiré d'abord de Constantin Meunier, ensuite de Rodin. Mais son attachement aux Anciens, son admiration pour les Maîtres italiens le rapprochèrent de l'idéalisme ou du culte de la Beauté.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Buste de Léon de Bruyn, bourgmestre de Termonde

Récompenses et honneurs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques van Lennep (dir.), La sculpture belge au 19e siècle, Société générale de banque, 1990
  • André Possot, Pierre-Jean Braecke, sculpteur intime, Editions EME, Fernelmont, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques van Lennep (dir.), La sculpture belge au 19e siècle, Société générale de banque, 1990, p. 306
  2. ex-aequo avec Isidore De Rudder
  3. Benoît Schoonbroodt, Artiste belges de l'Art nouveau, Editions Racine, 2008, p. 108
  4. Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale