Pierre Bourgeois (sergent)

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Plaque commémorative, mur des fédérés à Satory.

Pierre Bourgeois, né à Dole (Jura) le 15 novembre 1848 et mort fusillé à Satory près de Versailles en novembre 1871, est un acteur de la Commune de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Bourgeois, fils de sabotier s’engage dans l’armée à 18 ans pour une durée de sept ans. Il est incorporé à Lons-le-Saunier le 6 juillet 1867 et rejoint son unité, le 45e régiment d'infanterie de ligne dont l’état-major est basé à Béziers. En 1867 le régiment est transféré à Lyon, il est nommé caporal en 1869. Le 29 avril 1870 il est condamné à 6 mois de prison « pour rébellion envers la force armée agissant pour l’exécution des ordres de l’autorité », avec dégradation suite à son comportement lors de l’intervention de son unité au Creusot afin de réprimer les grèves des ouvriers dans les usines du groupe Schneider, intervention militaire qui causa la mort de 6 ouvriers. Il est incarcéré à la prison militaire de Montpellier.

Cimetière Saint-Louis fosse commune

Suite aux besoins en hommes de l’Armée de la Loire il est gracié et affecté au 87e régiment d'infanterie de ligne puis transféré au 45e régiment d'infanterie de ligne à Tours. Il participe à des combats pendant l’automne et l’hiver 1870. Il est nommé sergent le 5 janvier 1871. Son régiment est transféré à Paris le 5 mars 1871. Le 11 mars, lors d’une halte à Sèvres, il entre dans un cabaret et refuse d’en repartir. Il regagne son unité le lendemain en état d’ivresse sans ses armes. Suite à une rixe avec un capitaine du Génie il est incarcéré. Il est en cellule quand éclate le soulèvement du 18 mars. Il ne peut suivre son régiment, il est libéré par les insurgés et se joint à eux. Il prend part à quelques combats contre l'armée de Versailles. Il réussit à sortir de Paris mais il est arrêté le 28 juin à Semur-en-Auxois. Ramené à Versailles, il est emprisonné, jugé et condamné à mort le 4 septembre 1871. Son recours en grâce est rejeté le 23 novembre. Il est fusillé en même temps que Louis Rossel et Théophile Ferré au camp de Satory à Versailles le 28 novembre[1]. Selon toute vraisemblance, il est inhumé dans une fosse commune au cimetière Saint-Louis de Versailles[2]. Les corps de Rossel et de Ferré furent bientôt réclamés par leurs familles, ce qui ne fut pas de cas de Pierre Bourgeois qui était orphelin[3].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Le Sergent Bourgeois le « fusillé inconnu » de 1871 Daniel Vasseur et Jean-Pierre Popelier (Généalogie-magazine n° 197-298 nov.-déc. 2009)

Liens[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Guérin, La folle guerre de 1870- Hachette 1970, p. 333
  2. Prosper-Olivier Lissagaray, L'histoire de la commune de 1871, rééd La Découverte, 526p. 2004 / Première publication en 1876 / seconde publication rallongée, éd Dentu, Paris, 1896 p. 435
  3. Jules Claretie, Histoire de la révolution de 1870-1871, 1872, p. 731