Pierre Blayau

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Pierre Blayau, né le 14 décembre 1950 à Rennes, est un dirigeant d'entreprise français. Il est président du conseil de surveillance d'Areva depuis le 24 juin 2013[1]

Biographie[modifier | modifier le code]

D'un père universitaire, professeur d'histoire, et d'une mère agent d'assurances, Pierre Blayau, après ses études secondaires au lycée Châteaubriand de Rennes, entre à l'École normale supérieure de Saint-Cloud comme germaniste, puis à Sciences-Po Paris. Énarque (promotion Pierre Mendès France, 1978), il débute sa carrière comme inspecteur des finances, puis entre en 1982 à Saint-Gobain, tout juste nationalisé, comme directeur du plan durant deux ans, avant d'être nommé successivement, pour sa filiale, Pont-à-Mousson, directeur financier en 1985, directeur général en 1987 et président en 1991.

Il quitte la direction de Pont-à-Mousson pour celle du directoire du groupe Pinault-Printemps-Redoute (1993-1995) où il s’occupe plus particulièrement de la Fnac, comme administrateur et président entre 1994 et 1995, et de La Redoute en tant que PDG (1994).

Jean-Charles Naouri le nomme président du directoire (1996-1997) puis PDG (1997-2000) de Moulinex. Moulinex est confrontée à un très important besoin de rationalisation de sa production : il faut réduire le nombre de fournisseurs, réduire le nombre de références, spécialiser les usines par produit, dans l'objectif de diminuer les coûts et ainsi de rester concurrentiel vis-à-vis des produits asiatiques vendus dans les mêmes rayons des grands distributeurs. De nombreux emplois seront supprimés, mais l'entreprise ne connaitra aucun licenciement sec. Le redressement de Moulinex va se heurter à la crise mondiale de l'été 1998 qui va fermer les marchés russe et brésilien et intensifier en Europe la concurrence des produits asiatiques dont les marchés nationaux n'ont plus les moyens d'absorber la production. De 1999 à 2000, Moulinex bâti un plan pour se séparer de ses activités déficitaires (micro-ondes et aspirateurs). Des accords industriels sont trouvés avec Whirlpool et Zelmer pour leur en confier la production tout en conservant le R&D, le marketing et la commercialisation sous marque Moulinex. En février/mars 2000, le marché témoigne de sa confiance dans Moulinex en lui apportant plus de 800 millions de francs pour mettre en place son plan. Ce plan ne sera cependant pas mis en œuvre car le très riche groupe italien El.Fi., propriétaire de Brandt, prend le contrôle de Moulinex. Les administrateurs de Moulinex demandent à Pierre Blayau de défendre les intérêts de l'entreprise face à son nouvel actionnaire en prenant le risque d'être renvoyé. S'il était renvoyé, ils lui demandent de ne plus travailler dans le secteur de l'électro-ménager pendant 5 ans (en contrepartie, Pierre Blayau recevra une indemnité de non-concurrence qui lui sera reprochée). Le jour de la fusion entre Moulinex et Brandt, Pierre Blayau est « remercié » par le nouvel actionnaire et remplacé par Patrick Puy. 9 mois après la fusion et le départ de Pierre Blayau, Moulinex est lâchée par son actionnaire majoritaire qui refuse de mettre à disposition les fonds qu'il avait promis pour faire accepter la fusion Moulinex-Brandt. Moulinex perd alors la confiance de ses banques et dépose son bilan le 7 septembre 2001, ce qui met au chômage quelque 5 200 personnes. Seb reprend alors les actifs rentables de Moulinex pour mettre en œuvre le plan Blayau de mars 2000. Les anciens dirigeants de Moulinex ont été mis en examen en juillet 2004, pour « banqueroute par emploi de moyens ruineux et banqueroute par détournements d’actifs ». Cette procédure pénale s'est terminée en mars 2012 par un non-lieu général pour les anciens dirigeants de Moulinex[2]. Auparavant, le tribunal de commerce de Nanterre, en juin 2008, et la Cour d'appel de Versailles, en mai 2009, ont jugé que Moulinex n'était pas en cessation des paiements avant l'été 2001.

Pierre Blayau rejoint en janvier 2001 Geodis, filiale logistique de la SNCF en tant que PDG, et prend le poste de directeur général délégué de la branche transports et logistique de la compagnie ferroviaire française à la suite de l'OPA de celle-ci sur sa filiale. Il est aussi conseiller du président Guillaume Pepy à partir de 2003 et membre du comité exécutif de la SNCF.

Féru de football, il soutient successivement l’AS Nancy-Lorraine via Pont-à-Mousson, puis le Stade rennais avec François Pinault. Membre du comité d’organisation de la Coupe du monde 1998, il est ensuite président délégué du Stade rennais (1998-2000). Il est également trésorier général de la Ligue de football professionnel.

Le 2 mai 2005, il est nommé par le groupe Canal+, président délégué du Paris Saint-Germain en remplacement de Francis Graille. Très pris par ses activités professionnelles, il assure une présidence à mi-temps et bénévole. Malgré les bons résultats du club, alors 6e du championnat, obtenus par Laurent Fournier, son entraîneur, Blayau décide à la surprise générale de licencier ce dernier, après lui avoir imposé une forte pression par le biais des médias. En juin 2006, il est remplacé par Alain Cayzac à la tête du club, après le rachat de ce dernier par Colony Capital.

Après avoir présidé aux destinées de SNCF Geodis en tant président-directeur général pendant cinq ans, Pierre Blayau quitte ses fonctions dans le groupe SNCF après sa nomination à la présidence du conseil de surveillance d'Areva le 24 juin 2013[3].

Honneurs[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • « Blayau, Pierre », Who's Who in France (consulté le 11 avril 2008)
  • Anna Rousseau, « Apaisé, Pierre Blayau est remis sur les rails », Magazine Challenges, 10 avril 2008