Pierre-Just Marny

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Pierre-Just Marny (né à Fort-de-France, le 6 août 1943 - mort à Ducos, le 7 août 2011), dit « la panthère noire », est identifié en France, en 2011, comme le détenu ayant effectué la plus longue détention. Il a été retrouvé mort dans sa cellule après 48 années passées derrière les barreaux[1]. Dans ce triste record, il succède à Lucien Léger qui avait effectué 41 ans de prison avant d'être libéré en 2005.


Les faits[modifier | modifier le code]

  • 1963, Pierre-Just Marny est condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour une affaire de vols. Il bénéficie d'une permission pour rendre visite à ses parents avant de quitter la Martinique et rejoindre la métropole dans une prison-école. Il saisit l'occasion pour s'enfuir et se mettre à la recherche de ses anciens complices qu'il soupçonne de l'avoir balancé[2].
  • 2 septembre 1965, Pierre-Just Marny sort de prison. Armé d'un fusil, il va de Schœlcher à Fort-de-France. Il laisse derrière lui trois morts (dont un enfant de deux ans et demi) et quatre blessés.

La police le recherche pendant six jours.

  • 8 septembre 1965, Marny est interpellé à 15 h 15, route de Redoute.
  • 10 octobre, Marny s'enfuit de la prison de Fort-de-France.
  • 19 octobre 1965, il est reconnu dans le quartier Sainte-Thérèse. « Encerclé par les gendarmes, Marny, par défi, refuse de se coucher. Désarmé, il reçoit une rafale de balles et est touché au poumon et à l'abdomen. Une partie de la population prend alors fait et cause pour lui. Trois jours d'émeute à Fort-de-France s'ensuivent. Bilan : un mort et quarante blessés[3]. »
  • 24 novembre 1965, il est discrètement emmené par avion militaire vers Paris pour y être jugé.

Le procès[modifier | modifier le code]

  • 27 septembre 1969, la cour d'assises de la Seine condamne Pierre-Just Marny à la perpétuité.

L’incarcération[modifier | modifier le code]

Après une tentative d'évasion et une bagarre qui coûte un œil à un surveillant pénitentiaire, Marny est placé en unité psychiatrique spéciale, d'abord à Sarreguemines (Moselle), puis à Montfavet, écart de la commune d'Avignon (Vaucluse)[4]. Il y reste trente-deux ans[5].

  • 16 février 2007, il est réintégré en détention normale[6]
  • 28 mai 2008, il retourne en Martinique à la suite de son transfert vers le centre pénitentiaire de Ducos. « Les détenus l'ont accueilli triomphalement, scandant bruyamment son nom. [ … ] À sa descente d'avion, il est apparu, chemise blanche et costume noir, un embonpoint certain, marchant lentement, car presque aveugle. »[7]

En vue de sa libération[modifier | modifier le code]

Félix Vert-Pré, président d'Agir Sans Voir obtient une autorisation de visite et se propose pour assister Pierre-Just Marny dans sa réinsertion : « Je peux mettre un appartement F4 à sa disposition où il ne serait pas tout seul. On dispose d'un service à la personne, on pourrait l'assister dans ses démarches et l'encadrer pendant un certain temps grâce à une auxiliaire de vie. J'ai envie de m'impliquer afin que les autorités et le chef de l’État puissent le libérer[8] »

Une permission de 6 heures est envisagée pour permettre à Pierre-Just Marny de rendre visite à sa famille. La date précise de cette permission est tenue secrète pour éviter toute manifestation en Martinique. « Une autorisation exceptionnelle de 10 heures à 16 heures pour voir sa famille, et sous escorte militaire. La décision a été prise lundi (17 mai) par ordonnance de la Cour d’appel de Fort-de-France[9]. »

Décès[modifier | modifier le code]

Pierre-Just Marny se serait suicidé par pendaison le 7 août 2011, « assis sur une chaise », accroché à un montant du lit « avec une corde confectionnée à l'aide de ses lacet  »[10]. Un codétenu a donné l'alerte et Pierre-Just Marny aurait été retrouvé vers 4h30 du matin. Le directeur du centre pénitentiaire de Ducos, Jean-Jacques Pairraud, a indiqué qu'une autopsie devra déterminer les causes exactes du décès. L'autopsie confirme le suicide, et le corps est ainsi rendu à la famille.

Les obsèques de Pierre-Just Marny se déroulent à Schœlcher, le 13 août 2011.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Jusqu'au bout du silence, Quarante ans de témoignages, par Marlene Hospice, sociologue, ethnologue et anthropologue. Ouvrage présenté à la bibliothèque du François, en Martinique

La Panthère Noire, un film documentaire de Jérôme Gluziki, produit par C'est a Voir

Notes et références[modifier | modifier le code]