Pian (médecine)

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Pian
Classification et ressources externes
Yaws 01.jpg
Nodules périarticulaires au coude chez un enfant atteint de pian, infection due à la bactérie spirochète Treponema pertenue.
CIM-10 A66
CIM-9 102
MedlinePlus 001341
MeSH D015001
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale
Planche médicale présentant les infections en bourgeon de type « framboise »
Modèle de cire pédagogique, présentant le pian, au stade de l'éruption secondaire chez un enfant de Java âgé de 12 ans.

Le « pian » est une tréponématose causée par un tréponème (Treponema pallidum pertenue, une bactérie spirochète). Cette maladie est très présente dans les régions tropicales d'Amérique latine, d'Afrique subsaharienne et d'Asie. Elle entraîne une infection cutanée pouvant ensuite s'étendre et produire des lésions dans les tissus profonds, notamment osseux, par contiguïté. La transmission, directe, se fait par contact cutané avec une lésion infectée, le plus souvent dans l'enfance. Ce n'est pas une infection sexuellement transmissible[1].

Comme dans d'autres maladies dues à des spirochètes (maladie de Lyme, syphilis) la maladie se développe en 3 phases.

Synonymes[modifier | modifier le code]

La même affection est décrite sous différents termes médicaux synonymes[2] :

  • chancre pianique
  • framboesia
  • framboesia tropica
  • pianome.

Les 3 phases de développement de la maladie de Pian[modifier | modifier le code]

  • Période primaire : apparition d'une lésion (ulcère) dont le fond est bourgeonnant. Le bourgeon dépasse parfois la surface d'où excroissances (« framboises »), auxquelles s'ajoutent des microbes infectants ; la lésion est malodorante et il n'y a aucune tendance à la guérison spontanée.
  • Période secondaire : les ulcères se font plus nombreux un peu partout.
  • Période tertiaire : un abcès gommeux se localise au système osseux et cartilagineux.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Des 50 millions de cas mondiaux dans les années 1950, le nombre a chuté à moins de 2,5 millions de cas dans les années 1970[3].

Depuis cette date, il existe cependant une résurgence de la maladie, probablement secondaire à une baisse de la vigilance, et en raison du développement du SIDA qui facilite l'infection.

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement de référence est la pénicilline, sous forme injectable en une seule injection. La prise orale est aussi efficace[4]. Il nécessite une prise sur 7 à 10 jours, ce qui peut se révéler être difficile dans les pays d'endémie.

L'azithromycine, un antibiotique de type macrolide, pourrait être aussi efficace en dose unique par voie orale que la pénicilline par voie injectable[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Schweitzer, À l'orée de la forêt vierge. Récits et réflexions d'un médecin en Afrique-Équatoriale française, Rieder, 1929, p. 117‑118

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe 4 tréponématoses touchant l'Homme : Syphilis, Pian, Pinta, Bejel

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Manuel Merck, 3e édition française, Éd. du Centenaire, p. 1165
  2. Résultat de recherche de synonymes MeSH sur le site de l'Inserm.
  3. (en) Antal GM, Lukehart SA, Meheus AZ. « The endemic treponematoses » Microbes Infect. 2002;4:83-94. PMID 11825779
  4. (en) Scolnik D, Aronson L, Lovinsky R et al. « Efficacy of a targeted, oral penicillin-based yaws control program among children living in rural South America » Clin Infect Dis. 2003;36:1232-8. PMID 12746767
  5. (en) Mitjà O, Hays R, Ipai A. et al. « Single-dose azithromycin versus benzathine benzylpenicillin for treatment of yaws in children in Papua New Guinea: an open-label, non-inferiority, randomised trial » Lancet 2012;379:342-7. PMID 22240407