Phylactère

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Téfiline (phylactères) du bras et de la tête.
Une amulette magique en France, un type de phylactère.
Exemple d’utilisation de phylactères dans une gravure satirique de James Gillray, en 1791.
Depuis le XVIe siècle, la parole a été illustrée à l’aide de rubans, drapeaux, rouleaux, ou de feuilles de papier.

Le terme phylactère se rapporte à des éléments divers dans les religions de l’Égypte antique et judéo-chrétiennes, l'art médiéval et la bande dessinée. L’étymologie du mot est grecque et son usage a deux origines : dans un contexte chrétien et médiéval, il dérive du latin tardif phylacterium (« talisman », « châsse », « reliquaire »), dérivé du grec ancien φυλακτήριον (« ce qui sert à garder », puis plus tard « amulette », « charme »)[1], lui-même issu de φυλάσσειν (« protéger », « garder du mal »). Dans le judaïsme, il s'agit également d'un synonyme de l'hébreu תפילין (« téfiline »), utilisé dans l' Ancien Testament[2].

Définitions[modifier | modifier le code]

Dans l’Égypte antique[modifier | modifier le code]

En Égypte, un phylactère était un « talisman » : une amulette magique constituée d'un morceau de parchemin contenant des éléments d'apparences magiques (représentation de dieux ou déesses, textes, etc.), lui même enroulé dans un autre parchemin servant « d'enveloppe », le tout généralement coincé entre deux amulettes de bois (figurines) et maintenu par de la ficelle pour être porté autour du cou. Son objectif était « magique », pour avoir les faveurs des dieux et déesses représentés.

Dans le judaïsme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Téfiline.

Chez les juifs, un phylactère est un morceau de parchemin portant un passage de l’« écriture », ou une petite boîte cubique enfermant des bandes de parchemin ou de vélin sur lesquelles sont inscrits des versets de la Torah, que les juifs s’attachent au bras gauche (lié au cœur) et sur le front (lié à l’esprit), pendant la prière du matin (voir Téfiline).

Chez les chrétiens[modifier | modifier le code]

Un phylactère est, à partir de l’art chrétien médiéval, un moyen graphique semblable à une petite banderole, sur laquelle se déploient les paroles prononcées par le personnage que l’on représente (par exemple de nombreuses Annonciations).

Dans la bande dessinée[modifier | modifier le code]

Trois exemples de bulles de bande dessinée représentant de haut en bas : la parole, la pensée, le cri.

Un phylactère, généralement appelé bulle, est un moyen graphique utilisé en illustration puis en bande dessinée pour attribuer des paroles aux personnages. Il est habituellement constitué d’une forme ovale ou rectangulaire avec des coins plus ou moins arrondis. Le lien entre la bulle et le personnage est fait de façon continue à l’aide d’une extension pointue pointant de la bulle vers le personnage lorsqu’il s’agit de paroles ou à l’aide de plusieurs cercles de grandeur décroissante dont l’ensemble pointe vers le personnage lorsque le personnage réfléchit (dans ce dernier cas, les cercles peuvent être remplacés par des formes de nuages). Il permet également d'insérer un encart narratif, souvent rectangulaire, sur un bord ou dans un coin d'une case : le récitatif.

Dans la culture populaire et les univers de fantasy[modifier | modifier le code]

  • Dans les univers du jeu de rôle sur table Donjons et Dragons, un phylactère est un artefact contenant l’essence d’une liche et lui permettant d'échapper à la mort jusqu'à ce qu'il soit détruit.
  • Dans le roman de J. C. Somoza, La dame numéro 13, un phylactère est un vers de poésie qui, écrit sur le corps d’un personnage, a des pouvoirs magiques tel que le soin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Phylactère », CNRTL.
  2. (en) « Phylacteries », Jewish Encyclopedia,‎ 1906

Article connexe[modifier | modifier le code]