Phoenix canariensis

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Le dattier des Canaries ou palmier des Canaries (Phoenix canariensis), parfois appelé faux dattier, est une espèce de plantes à fleurs appartenant au genre Phoenix et à la famille des Arécacées (les palmiers). L'épithète spécifique canariensis indique sa provenance : les îles Canaries.

Le Phoenix canariensis est un palmier très fréquemment planté pour ses qualités ornementales. L'espèce est endémique aux Canaries, et a été importée à Nice en 1864. Sa silhouette est à présent emblématique des paysages méditerranéens.

Habitat et distribution[modifier | modifier le code]

Dattiers des Canaries dans son habitat d'origine, sur l'île de La Gomera.

Le palmier des Canaries est une des espèces arborescentes des forêts thermophiles de l'archipel des Canaries[1]. Cette végétation transitionnelle se situe entre la laurisylve ou la pinède, et la végétation côtière xérophile : entre 300 et 500 m d'altitude sur le versant nord et entre 500 et 1 000 m sur le versant sud[2]. Cet étage bénéficie d'un climat méditerranéen chaud : températures moyennes annuelles comprises entre 16 et 18°C et précipitations annuelles de 500 mm avec une période de sécheresse entre le printemps et l'automne[2]. Ce type de végétation subit une pression anthropique. Elle subsiste à l'état fragmenté dans des zones peu accessibles[3]. Le dattier des Canaries se rencontre dans les vallées, les ravins, les versants escarpés constituant un élément fondamental du paysage canarien[1].

D'une rusticité, de l'ordre de -10°C, les palmes peuvent souffrir à partir de -6°C et pendant des jours sans dégel. Ce palmier a été introduit dans des pays au climat tempéré ou subtropical. En France, il est couramment cultivé sur la Côte d'Azur et le pourtour méditerranéen où il orne les parcs, avenues et jardins de sa couronne typique ; on le rencontre de plus en plus fréquemment dans les parcs et jardins du pays basque, de la Bretagne, dans les jardins urbains à Toulouse ou Bordeaux et même autour de Paris; de très beaux spécimens sont également présent en Suisse, dans le canton du Tessin. Quelques sujets survivent dans des jardins privés genevois. Des sujets sont présent aux bords des lacs italien (lac de Garde, lac Majeur) au pied des Alpes.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les troncs servent à la construction, et les palmes séchées sont parfois utilisées pour couvrir les maisons. Sa principale utilisation est ornementale. À partir de la sève est produit le [[sirop de palmier]] (miel de palmier)[4].

Description[modifier | modifier le code]

  • Stipe : le stipe est solitaire, de couleur marron ou gris, et atteint jusqu'à 20 mètres de hauteur et 60 cm de diamètre, à l'âge adulte. Il est recouvert de la base des anciens pétioles.
  • Couronne : la couronne se compose de plus d'une centaine de feuilles.
  • Feuilles : elles sont pennées et mesurent plus de 5 mètres de longueur. Le pétiole peut mesurer jusqu'à un mètre, et est recouvert d’épines sur ses bords. Les folioles sont de couleur verte. Elles sont étroites, rigides et disposées de manière irrégulière sur le rachis.
  • Inflorescences : ce sont des palmiers dioïques. Les inflorescences sont interfoliaires. Elles sont courtes chez les spécimens mâles, et longues et chargées de fruits chez les femelles pollenisées.
  • Fruits : ils ont une couleur marron-orange, virant à l'orange à maturité, et contiennent une graine de 1,5 cm en moyenne. Les pulpes de ce fruit sont comestibles mais trop fines pour qu'elles vaillent la peine d'être consommées. Il existe une variété de Phoenix canariensis à fruits rouges.

Culture[modifier | modifier le code]

Palmiers des Canaries taillés en ananas à Antibes.

Ce sont des palmiers très résistants, ce qui explique leur succès en culture. Ils supportent la sécheresse, les sols acides ou alcalins, l’ombre partielle, la pollution et les embruns. Ils ont une bonne rusticité au froid (-8, -10 °C), mais résistent toutefois assez mal à des froids trop prolongés dans des conditions humides. Ils affectionnent les situations bien exposées et ensoleillées, et croissent plus rapidement s'ils trouvent de l'eau en quantité dans le sol.

La variété Phoenix canariensis var. porphyrocarpa, dite « datte rouge », est parfois citée comme résistante au froid de quelques degré de plus que le type (-10, -12 °C)

Les graines germent rapidement, quelques jours après le semis, ou 1 à 2 mois plus tard. Les plantes se développent au départ assez lentement puis progressivement la croissance s’accélère. Lorsque le stipe a atteint son diamètre maximal, le palmier commence à s'élever. Le Phoenix canariensis supporte bien la culture en pot.

Publication originale[modifier | modifier le code]

Chabaud, 1882 : Le Phoenix canariensis. Provence Agric Hortic Ilustr, vol.  19, p. 293–297.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Los pisos de vegetación : Zona de bosque termófilo », sur gevic.net (consulté le 21 septembre 2011)
  2. a et b Fayna Brenes Quevedo, « El Bosque Termófilo », sur mundoguanche.com (consulté le 20 septembre 2011)
  3. « Ecosistemas Canarios », sur gobiernodecanarias.org (consulté le 21 septembre 201)
  4. (es) "La Gomera. La cultura de la palma ". www.bienmesabe.org

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