Phineas Taylor Barnum

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Daguerréotype représentant Phineas Taylor Barnum.

Phineas Taylor Barnum (né le 5 juillet 1810 - mort le 7 avril 1891) était un entrepreneur de spectacles américain. Grâce à son sens des affaires, le cirque Barnum, fondé en 1871, fut rapidement une entreprise prospère et célèbre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Phineas Taylor Barnum est né le 5 juillet 1810 à Bethel dans le Connecticut de parents agriculteurs. A quinze ans, Barnum prouve déjà ses talents d’homme d’affaires en vendant des billets de loterie dans son village dans le but de s’enrichir. Confronté à un entourage dont le rigorisme religieux frôle le fanatisme, il fonde en 1829 son propre journal, the Herald of Freedom, dans lequel il dénonce des tentatives sectaires d’union entre l’État et l’Église par des réflexions caustiques. Après diverses poursuites pour diffamation, dont une qui le condamnera à 60 jours de prison, il épouse Charity Hallet à l’âge de 23 ans et s’installe à New York en 1834 où il commence sa carrière de forain.

Ses débuts dans l'industrie du cirque[modifier | modifier le code]

Sa première entrée fracassante dans l’industrie du spectacle se fait par sa première supercherie : l’exhibition de Joice Heth (en), présentée comme étant la nourrice de George Washington. À la mort de Joice Heth, il entreprend de faire le tour des provinces avec le Aaron Turner Traveling Circus, théâtre ambulant dont le protagoniste principal est un chanteur afro-américain. Mais l’homme, qui est en réalité un esclave, s’enfuit dès qu’ils atteignent la Caroline du Nord (État précurseur dans la lutte pour l’abolition de l’esclavage). Barnum, refusant de rembourser les tickets déjà vendus, se couvre le visage de noir et remplace le chanteur sur scène. Barnum se relève de cet échec en achetant le Scudder's American Museum en 1841. Toujours conscient de l’impact de la publicité sur la foule, Barnum utilise tous les moyens de communication pour faire valoir des curiosités et exhibe des géants d’Islande, des femmes de Pentagonie, des nains, des serpents de mer, etc. Parmi les vedettes de ce musée vivant, on trouve les célèbres Général Tom Thumb (Tom Pouce), ou encore la fameuse Sirène des Fidji. En 1850, il fait également de la chanteuse Jenny Lind une véritable vedette en lui programmant une tournée gigantesque à travers les États-Unis.

La période Bailey[modifier | modifier le code]

En 1871, Barnum rencontre William Cameron Coup avec qui il met en place le P.T. Barnum’s Great Circus Museum and Menagerie sous une tente de 5000 places, prévue pour deux pistes. Il double la capacité d’accueil de la tente et circule à travers tout le pays, puis à travers toute l’Europe, par voies ferrées avec environ 80 wagons. The Greatest Show on Earth est né, ainsi que le gigantisme américain. Cependant, des mésententes concernant la manière de gérer le cirque apparaissent entre les deux hommes qui se séparent. Une nouvelle association naît entre Barnum et son rival de l’époque, James Anthony Bailey et son Great London Circus and Ganger’s Royal British Menagerie. Ce dernier installe sur la scène de Barnum les trois pistes et l’équipe en matériel électrique. Ce cirque connaît un succès immense aux États-Unis et en Europe et met en scène, entre autres, le fameux éléphanteau Jumbo. À la mort de Barnum le 7 avril 1891, Bailey continue à assurer la direction de The Greatest Show on Earth jusqu’à sa propre mort en 1906. Le cirque passe alors entre les mains des frères Ringling sous le nom Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus et est encore à l’heure actuelle le plus grand cirque du monde.

La révolution Barnum[modifier | modifier le code]

P. T. Barnum a eu un impact non négligeable sur le cirque américain à différents niveaux.

Les trois pistes[modifier | modifier le code]

Barnum instaure le dispositif des trois pistes qui vient bouleverser le concept traditionnel de la scène circassienne. Jusqu’alors, il s’agissait d’une piste unique (issue du dressage de chevaux) qui offrait une certaine intimité au spectateur. Barnum, associé à Bailey, ajoute deux autres pistes à celle déjà existante afin de présenter un spectacle jamais vu. Avec cette révolution, le cirque devient un spectacle d’envergure et propose un programme hors du commun. Ce changement scénique radical entraîne des modifications sur les numéros proposés. Ainsi, le clown par exemple, personnage comique qui avait pour habitude d’interagir avec le public, fait place au clown muet en raison du grand bruit et de l’absence d’intimité des trois scènes.

Barnum et la démesure: le gigantisme américain[modifier | modifier le code]

Des spectacles extraordinaires[modifier | modifier le code]

La démesure de Barnum se trouve d’abord dans ses spectacles. C’est en premier lieu sur la scène qu’il souhaite surprendre le public en proposant des ménageries immenses d’une part et des animaux rares d’autre part. En effet, ses spectacles trouvent leur essence dans l’étrangeté et la rareté des phénomènes exhibés ainsi que dans l’accumulation des curiosités. Il présente, par exemple, un spectacle avec une centaine d’éléphants, animaux encore rares en Europe ou aux USA à l’époque, ou organise une tournée de Lilliputiens. L’agrandissement des pistes accroît ces possibilités et l’on parle de gigantisme américain.

Le train et l'arrivée en ville[modifier | modifier le code]

Cette multitude d’animaux et autres curiosités à déplacer de ville en ville implique des moyens de transport à la hauteur de l'évènement. Le déplacement du cirque de Barnum devient un phénomène à lui tout seul avec ses 80 wagons et ses trois locomotives. L’arrivée de The Barnum & Bailey’s Greatest Show on Earth fait toujours une entrée fracassante dans les villes.

Génie de la publicité[modifier | modifier le code]

La grande spécialité de Barnum, souvent traité de charlatan, c’est avant tout son talent publicitaire. On lui accorde même l’invention de la publicité. Conscient que le public se laisse facilement manipuler, il n’hésite pas à exhiber des canulars et des impostures, comme la fameuse Sirène des Fidji ou Joice Heth (en). C’est son don pour la formule, The Greatest Show On Earth par exemple, et pour créer l’évènement, qui le place au rang d'homme d'affaires. Il emploie également des méthodes relativement novatrices pour promouvoir ses spectacles. Michèle Barbier le décrit en ces termes : « roi du bluff, promoteur de la publicité, créateur du star system, symbole du self made man et du businessman » dans son livre Ces merveilleux fous du cirque[1].

Les légendes du cirque Barnum[modifier | modifier le code]

Avec le cirque de Barnum, le public américain fait la découverte de nombreuses vedettes qui assurent la célébrité de l’institution Barnum.

Joice Heth (1835)[modifier | modifier le code]

Joice Heth est le premier phénomène de Barnum. La vieille femme supposée âgée de 160 ans, se présente comme étant l’ancienne nourrice de Georges Washington. Les américains sont avides de ses souvenirs d’un passé qu’ils n’ont pas connu. Sa mort en 1836 annonce la fin d’un succès et d’une affaire prospère.

Tom Pouce (1842)[modifier | modifier le code]

Tom Pouce (General Tom Thumb), Charles Sherwood Stratton de son vrai nom, rencontre Barnum à l’âge de 5 ans. Barnum, intrigué par la taille de l’enfant affirme qu’il s’agit d’un nain et l’emmène, accompagné de sa mère à New York où le jeune garçon apparaît sous le nom du "Général Tom Pouce", nain de 11 ans récemment venu d’Angleterre. Il mesure un peu plus de 60 cm et pèse près de 7 kilos. Il fait partie d’une exhibition de lilliputiens. Face à son immense succès, l’entrepreneur décide de présenter le phénomène en Europe, notamment à la cour d’Angleterre à la Reine Victoria, puis à Paris.

La sirène des îles Fidji (1842)[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’une sirène embaumée achetée près de Calcutta. L’étrange créature est dotée d’une queue de poisson, d’un buste et d’une tête d’orang-outan.

Jenny Lind (1850)[modifier | modifier le code]

Jenny Lind est une cantatrice surnommée le « rossignol suédois ». Sa réputation traverse l’Atlantique et arrive jusqu’aux oreilles de Barnum qui la fait venir en Amérique et la présente comme un ange, faisant d’elle l’objet d’un véritable culte. Sa voix céleste bouleverse les foules. Avec Barnum, elle assurera plus de 90 représentations au succès retentissant.

Jumbo (1882)[modifier | modifier le code]

Jumbo (éléphant) est l’une des grandes vedettes du cirque Barnum. L’éléphant géant mesurait près de 4 mètres de haut. En 1882, Barnum achète l’animal au zoo de Londres pour 10 000 dollars. Il le présente à New York devant des spectateurs qui, impressionnés par sa taille gigantesque, l’accueillent comme un héros national. Il sera exhibé lors d’expositions itinérantes à travers les États-Unis et le Canada. Jumbo (éléphant) meurt en 1885 percuté par une locomotive. Sa dépouille empaillée sera exposée au musée de Barnum.

Pour aller plus loin[modifier | modifier le code]

L'effet Barnum[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Effet Barnum.

Dans les années 1850, Barnum connaît une période difficile, liée entre autres à des investissements hasardeux. Durant cette décennie se recentre sur des spectacles plus modestes au cours lesquels il se focalise sur la personnalité des spectateurs, et sur leur répondant.

Il développe alors, tout comme d'autres personnalités à la même époque, une « lecture à froid », qui consiste à débiter des généralités sur les personnes, mais qui ont l'apparence de ne s'appliquer qu'à un spectateur cible. On donnera le nom d' « effet Barnum » à cette technique.

Langage courant[modifier | modifier le code]

  • Le mot barnum désigne une tente carrée pliante. C’est un nom qui évoque le chapiteau, le cirque et le spectacle de foire.
  • Dans le milieu de la vente itinérante, le « Barnum » est la structure métallique sous laquelle les commerçants s'installent. Dans le langage courant, voire argotique, un barnum signifie un désordre, un trouble, une absence d’organisation.

Films[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Millions de Barnum, Amuseur des Peuples. Jehan Soudan. Hachette, 1899.
  • Mes exhibitions. Phinéas Taylor Barnum. Futur Luxe Nocturne Editions 2004.
  • Ces merveilleux fous du cirque, Michèle Barbier, Alan Sutton, 2005.
  • Jours de Cirque, Acte Sud, 2002
  • Extravaganza! Histoires du cirque américain, Pascal Jacob et Christophe Raynaud de Lage, éditions THEATRALES, 2005

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michèle Barbier, Alan Sutton, Ces merveilleux fous du cirque, 2005.


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