Philoctète (Sophocle)

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Philoctète (en grec ancien Φιλοκτήτης / Philoktḗtēs) est une tragédie grecque de Sophocle, inspirée des malheurs du Philoctète mythologique. C'est l'une des rares tragédies de Sophocle dont la date de création est connue : elle a été donnée pour la première fois au printemps 409 av. J.-C. à Athènes[1].

Argument[modifier | modifier le code]

Philoctète est un guerrier très puissant, en raison de ses armes, qui lui ont été offertes par Héraclès. Lorsque la tragédie commence, il se trouve sur l'île de Lemnos, où il se trouve seul depuis dix ans (l'île est décrite comme déserte, alors qu'à l'époque où Sophocle écrit, les Athéniens la connaissent comme riche et fertile).

C'est Ulysse qui, sur le chemin de Troie, l'a abandonné là, parce que Philoctète a une blessure au pied qui suppure, et il pousse des cris qui perturbent l'armée (notamment les libations, nous dit Ulysse). Cette blessure lui serait venue de Chrysé, parce qu'il aurait, selon les versions, dormi, ou fait l'amour avec sa prêtresse dans son temple. Il se trouve donc abandonné et sans ressources depuis dix ans lorsqu'ayant capturé le devin troyen Hélénos, les Grecs apprennent que sans les flèches d'Héraclès, qui sont en la possession de Philoctète, ils ne prendront jamais Troie.

Ulysse va alors recourir à la ruse pour tenter de prendre les armes de Philoctète, ou de l'emmener à Troie. Il envoie donc Néoptolème, fils d'Achille, parler avec Philoctète et gagner sa confiance. En effet, celui-ci, jeune, ne peut avoir participé à l'humiliation qu'a subie Philoctète, et fils d'Achille, il a toutes les qualités pour se faire apprécier de lui, d'autant que Néoptolème doit se faire passer pour un héros humilié par Ulysse et les Atrides, tout comme Philoctète. Bien qu'il questionne la ruse d'Ulysse, en opposition aux traditions héroïques héritées de son père, il s'exécute et réussit, Philoctète allant même jusqu'à l'appeler « mon enfant » à plusieurs reprises.

Ayant totalement confiance en Néoptolème, Philoctète lui confie ses armes pendant son sommeil, et alors Néoptolème, au lieu de le tromper, lui avouera ses mensonges et la prédiction d'Hélénos. Ulysse ne peut rien faire, étant impuissant contre les armes de Philoctète. Ulysse tente alors de forcer Philoctète à embarquer pour Troie, mais Néoptolème s'y oppose et les deux héros sont prêts à se battre.

Pour rétablir l'ordre brisé, Sophocle a recours à un deus ex machina : c'est Héraclès qui va intervenir, et obliger Philoctète à se rendre à Troie.

Nous apprenons par d'autres sources[Lesquelles ?] qu'après avoir été soigné, c'est d'une de ses flèches dont mourra Pâris, et qu'il s'agit d'un des héros grecs à n'avoir pas de difficultés à regagner sa patrie à la fin de la guerre de Troie.

Commentaire[modifier | modifier le code]

C'est une tragédie de Sophocle où personne ne meurt, et qui, de plus, a trois personnages principaux, sans héros véritable (si ce n'est que l'un des trois est éponyme). On a pourtant dit qu'il s'agissait d'une de ses pièces les plus tragiques. Le tragique de la pièce réside en effet dans le fait que Philoctète est expulsé de l'humanité même et retourne presque à un état primitif, à la frontière entre l'homme et l'animal (il ne peut par exemple se tenir debout à cause de sa blessure et est obligé de ramper). Et alors qu'il croit renouer avec l'humanité, par la parole échangée avec Néoptolème, l'amitié de celui-ci s'avère feinte, et il l'a en fait trompé par cette parole mensongère, qu'il considérait comme salvatrice.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philoctète, introduction par Raphaël Dreyfus, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 1967, (ISBN 2-07-010567-9), p.793.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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