Philippe de Mahdia

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Philippe de Mahdia († novembre ou décembre 1153) fut brièvement un amiral du royaume normand de Sicile, à la fin du règne du roi Roger II (1130-1154).

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe serait un Grec d'Afrique du Nord, originaire de la ville de Mahdia, en actuelle Tunisie. C'était un eunuque, probablement polyglotte, qui a dû servir les Zirides avant de se rendre à Palerme, capitale du royaume de Sicile, pour se mettre au service du roi Roger II. Edmund Curtis pense que Philippe était en réalité un eunuque né musulman mais converti au christianisme qui devint à la cour du royaume sicilien, logothète[1].

En 1151 (ou 1152), à la mort de Georges d'Antioche, un Grec qui comme lui avait servi les Musulmans en Afrique du Nord avant de servir les Normands en tant qu'amiral, Philippe lui succéda après avoir été nommé par le roi, « Amiratus », c'est-à-dire amiral du royaume. Par cette haute fonction, d'origine arabe et conservée par les Normands, il devint un personnage très important de la cour.

Sa carrière en tant qu'amiral sera de courte durée ; dès l'automne 1153, pour des raisons inconnues, il est arrêté et emprisonné. Jugé, Philippe de Mahdia fut condamné à mort et brûlé vif sur ordre du roi Roger la même année. Certains historiens ont parlé d'apostasie (conversion à l'Islam), ou de folie du roi, malade et proche de la mort (selon John Julius Norwich). Selon Ferdinand Chalandon, qui ne croit pas à la thèse de l'apostasie, Philippe fut exécuté pour avoir trahi, lors de l'expédition menée contre Bône en Afrique du Nord. Durant l'année 1152, l'extension de l'empire des Almohades en Afrique menaçait les territoires que dominait le royaume sicilien de Tripoli à Tunis. Le prince de Bône Al Harit, opposé aux Almohades qui voulaient le soumettre ou le chasser, s'allia au roi Roger II qui envoya la flotte sicilienne sous la direction de Philippe de Mahdia. Selon Ibn al-Athîr, aidé par des tribus arabes, Philippe entra dans Bône et rétablit Al Harit (1153). La suite des évènements est mal connue ; le roi Roger II aurait été mécontent de la manière dont Philippe avait négocié avec les chefs musulmans qu'il avait laissé fuir, et il le fit brûler.

Il sera remplacé par Maion de Bari.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Curtis (1912), pp. 259-262.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • John Julius Norwich, The Kingdom in the Sun (1130-1194), Longman : London, 1970.
  • Edmund Curtis, Roger of Sicily and the Normans in lower Italy, 1016-1154, New York : G. P. Putnams's Sons, 1912.
  • Ferdinand Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie méridionale et en Sicile, t. II, Paris, 1907.