Philippe de Longvilliers de Poincy

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Philippe de Longvilliers
Seigneur de Poincy
Surnom Commandeur de Poincy
Naissance vers 1584
Décès 11 avril 1660 (à ~76 ans)
à Saint-Christophe
Origine Royaume de France Royaume de France
Allégeance Flag of the Sovereign Military Order of Malta.svg Ordre souverain de Malte
Royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Chef d'escadre de Bretagne
Années de service après 16251638
Conflits Guerre de Trente Ans
Distinctions Bailli-grand-croix de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Hommages Delonix regia, nommée un temps Royal Poinciana en son honneur
Autres fonctions Commandeur de la Magdelaine Saint-Thouars
Commandeur d'Oysemont
Lieutenant général pour le Roi des Isles d'Amérique
Gouverneur de Saint-Christophe

Philippe de Longvilliers, seigneur de Poincy dit le « Commandeur de Poincy », né vers 1584 et mort le 11 avril 1660, à Saint-Christophe (anse Louvet), Martinique, est un officier de marine et administrateur colonial français des XVIe et XVIIe siècles. Commandeur puis Bailli-grand-croix de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, il est également chef d'escadre de Bretagne (1637) dans la Marine royale, Lieutenant général pour le Roi des Isles d'Amérique (1638-1641) puis gouverneur de Saint-Christophe pour le compte de l'Ordre de Malte.

Sommaire

Biographie [modifier]

Origine et famille [modifier]

Philippe de Longvilliers descend de la famille Longvilliers (ou Lonvilliers) de Poincy, une famille de la petite noblesse originaire de Seine-et-Marne. La terre de Longvilliers comprenant une ferme avec 102 arpents, ne constituait pas un fief.

Il est le deuxième enfant, et le premier fils de Jean IV de Longvilliers de Poincy, (1529-avant 1595) et de Sophie de Choiseul de Montereul (v. 1545-1608). Son père, est capitaine de la compagnie de M. de Praslin, au service du frère du Roi.

Plusieurs de ses frères suivront son exemple en entrant dans la Marine royale, l'ordre de Malte ou en devenant administrateurs coloniaux, en particulier en Nouvelle-France.

Carrière dans la Marine royale [modifier]

Il entre à l'Ordre de Malte en 1603, et est nommé à la commanderie de la Magdelaine Saint-Thouars (près de Joigny) le 3 janvier 1619, il obtient ensuite la commanderie d'Oysemont, le 21 mai 1625.

Il passe dans la Marine royale avec le grade de capitaine des vaisseaux du Roi à seulement à 28 ans. Il parvient, pendant la guerre de Trente Ans, au rang de chef d'escadre de Bretagne en 1637. Cependant, il perd son poste à la suite d'un conflit avec Mgr de Sourdis, l'archevêque de Bordeaux. Pour le dédommager, le cardinal de Richelieu le nomme gouverneur général des Isles d'Amérique.

Gouverneur des îles d'Amérique [modifier]

Le 12 janvier 1638, il quitte la France à bord de La Petite Europe. En février 1638[Note 1], il est nommé lieutenant-général des îles d'Amériques pour le roi de France, en remplacement de M. d'Esnambuc. Il quitte la France le 12 janvier 1639 pour Saint-Christophe et s’établit à Saint-Barthélemy, dans une partie de Saint-Martin et à Sainte-Croix (1639-1660).

Confronté à la surproduction de tabac, l'une de ses premières décisions, le 26 mai 1639, est de signer avec l'autre gouverneur de Saint-Christophe-et-Niévès, le capitaine Thomas Warner un décret ordonnant la destruction de tous les plants de tabac, et interdisant d'en planter de nouveaux pendant 18 mois car le marché européen du tabac est submergé et les prix ne sont plus assez rémunérateurs[1].

En 1640, il envoie François Levasseur prendre possession de l'île de la Tortue[2]. Le 1er mai 1641, la Compagnie le confirme dans le grade de Gouverneur de Saint-Christophe et Lieutenant Général des Iles de l'Amérique pour trois ans, à commencer de janvier 1642.

Installé à Saint-Christophe, il y deviendra le champion de la cause des Jésuites. En 1642, après avoir maté une petite sédition, il perd l'affection d'une grande partie des colons antillais par ses taxes et prohibitions concernant le commerce avec les Hollandais. Remplacé à son poste par Noël Patrocle de Thoisy le 20 février 1645, il s'oppose au débarquement de son successeur parvenu à Saint-Christophe le 25 novembre, après avoir séjourné à la Martinique et la Guadeloupe. Il refuse de reconnaître le sieur de Thoisy que lui avait donné comme successeur la Reine régente. Il en résulte de graves troubles politiques dans les Antilles.

Une expédition contre Saint-Christophe est organisée depuis la Guadeloupe. Les opérations sont menées par Du Parquet à partir du 18 janvier 1646. Du Parquet enlève les deux neveux de Poincy, puis est défait : réfugié auprès du Commandant de la partie anglaise de l'île, il est trahi par ce dernier qui le livre à Poincy.

Poincy aurait ensuite fomenté des soulèvements contre la Compagnie à la Martinique, par un certain Boutain, puis un certain Beaufort. Marie Bonnard, épouse secrète de Du Parquet réussit avec l'aide de Le Fort, à amener le commandant en second de la Martinique, La Pierrière, à mettre fin à la sédition en assassinant Beaufort, et en proposant l'échange de Du Parquet contre les neveux du Commandeur de Poincy.

Finalement, Du Parquet est échangé contre Patrocle de Thoisy lui-même à la suite d'un complot auquel participent les lieutenants de Poincy dont La Vernade, et Le Fort et La Pierrière. Poincy expédie son prisonnier en France où il arrive le 17 mai 1647. Du Parquet avait quitté St-Christophe le 6 février 1647 après une année entière de captivité.

Poincy, Commandeur de l'Ordre de Malte, jouit de l'appui des puissants chevaliers de Malte auprès de la Cour. Il doit néanmoins payer 90 000 livres pour dédommager Patrocle de Thoisy. Il reste sur l'île de Saint-Christophe que l'Ordre de Malte achète à la Companie pour son compte, par un contrat du 24 mai 1651. Poincy y est confirmé comme gouverneur avec le titre de bailli, mais l'Ordre de Malte envoie Charles Jacques Huault de Montmagny pour le remplacer. Selon Jean-Baptiste du Tertre, étant donné le sort réservé au précédent remplaçant par Poincy, Montmagny décida de se faire discret et de s'établir à Cayonne (maintenant Cayon), un hameau de Saint-Christophe, en attendant la mort de celui qu'il devait remplacer. Montmagny décéda finalement le premier.

Son neveu Longvilliers lui succède comme sieur de Poincy et commandeur d'Oysemont pour l'ordre de Malte.

Précédé par Philippe de Longvilliers de Poincy Suivi par
René de Béthoulat
de La Grange-Fromenteau
Blason France moderne.svg
Gouverneur général des Antilles
1639 - 1645
Noël Patrocle de Thoisy
(Théorique)
Précédé par Philippe de Longvilliers de Poincy Suivi par
Noël Patrocle de Thoisy
(Théorique)
Blason France moderne.svg
Gouverneur général des Antilles
1647 - 1660
Alexandre de Prouville

Notes [modifier]

  1. Sidney Daney : Histoire de la Martinique, indique la date du 15 février 1638. D'autres sources citent le 20 février.

Références [modifier]

  1. "The history of the island of Antigua, one of the Leeward Caribbees in the West Indies, from the first settlement in 1635 to the present time" par LANGFORT OLIVER [1]
  2. Moreau de Saint-Méry, p. 644-645

Voir aussi [modifier]

Sources et bibliographie [modifier]

  • Moreau de Saint-Méry, Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l'isle Saint-Domingue, Philadelphie, Paris, Hambourg, 1797-1798, (réédition, 3 volumes, Paris, Société française d'histoire d'outre-mer, 1984)

Liens externes [modifier]