Philippe de Hesse-Cassel

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Philippe de Hesse-Cassel

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Titre

Prétendant au trône de Finlande

28 mai 194025 octobre 1980
(40 ans, 4 mois et 27 jours)

Prédécesseur Frédéric-Charles de Hesse-Cassel
Successeur Maurice de Hesse-Cassel
Biographie
Titulature Grand-duc de Hesse
Dynastie Hesse-Cassel
Nom de naissance Philipp Prinz von Hessen
Naissance 6 novembre 1896
château de Rumpenheim (Hanau)
Décès 25 octobre 1980
Rome
Sépulture Rome
Père Frédéric Charles, Landgrave de Hesse
Mère Margaret de Prusse
Conjoints Mafalda de Savoie
Enfants Maurice de Hesse-Cassel
Résidence château de Rumpenheim (Hanau)
Religion luthérien
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Philippe de Hesse-Cassel est né le 6 novembre 1896, avec son frère jumeau Wolfang au château de Rumpenheim, à Hanau près de Francfort-sur-le-Main. Il est mort le 25 octobre 1980. Il est un des membres les plus éminents de la noblesse allemande, qui a contribué de façon significative à la légitimation du national-socialisme dans l'ancienne noblesse allemande. Il fut l'héritier du titre de landgrave de Hesse.

Position dans la noblesse allemande[modifier | modifier le code]

Petit-fils du landgrave Frédéric-Guillame II de Hesse-Cassel et de la princesse Anne de Prusse qui se convertit au catholicisme en 1901 et devint tertiaire franciscaine, il est le fils de Frédéric-Charles de Hesse-Cassel qui fut élu roi de Finlande en 1918 sans jamais en occuper le trône et de Marguerite de Prusse, sœur du Kaiser Guillaume II. Il est donc également un arrière-petit-fils de la reine Victoria et, à ce titre, fréquenta dans son enfance, à titre familial, la cour d'Édouard VII. En 1940, il hérita à la mort de son père du titre de Landgrave de Hesse et, compte tenu d'un pacte de famille conclu entre les deux branches en 1902, du titre de Grand-Duc de Hesse et du Rhin à l'extinction de la branche cadette des Hesse-Darmstadt en 1968,

En 1925, il épousa Mafalda de Savoie, fille du roi Victor-Emmanuel III d'Italie. Ce fut un mariage d'amour. Cependant l'union d'une princesse catholique avec un prince protestant déplaisait au Vatican.Aussi les noces furent-elles célébrées non pas à Rome mais à Turin, ancienne capitale des ducs de Savoie,

Le couple eut quatre enfants :

  • Henri (1927-1999)
  • Othon (1937-1998)
  • Élisabeth (1940-)

Rôle dans le IIIe Reich[modifier | modifier le code]

Selon une biographie écrite par un historien américain[1], les rôles du prince de Hesse et de son frère Christophe ont été sous évalués par l'historiographie du nazisme.

Proche de Goering, qui fut l'agent recruteur du nazisme auprès de la noblesse allemande, il adhère dès 1930 au parti national-socialiste, le NSDAP, et il fut jusqu'à sa disgrâce et son emprisonnement au camp de concentration de Flossenburg en 1943, dans le cercle proche d' Adolf Hitler.

Gendre du roi d'Italie, petit-fils d'une princesse convertie au catholicisme qui avaient connu les papes Léon XIII et Benoit XV, il sert d'agent de liaison entre Hitler, Mussolini, le comte Ciano (gendre de Mussolini) et le pape Pie XII pendant les années 1930. Ses liens avec la famille royale britannique lui permirent également de servir les efforts diplomatiques du IIIe Reich vis-à-vis de l'Angleterre. Il fut aussi un agent pour les collections artistiques que le Führer projetait de créer à Linz.

Nommé « gouverneur » de la province de Hesse-Nassau (Ober-präsident), même s'il entre souvent en conflit avec le Gauleiter de la même région, il autorise l'établissement d'un centre d'euthanasie pour les malades mentaux dans le cadre du programme T4 à Hadamar, où périront des milliers de handicapés mentaux[2].

À mesure que le régime nazi se radicalise, le rôle du landgrave Philippe est de plus en plus incertain, jusqu'au moment de l'arrestation de Mussolini par le roi Victor Emmanuel III en 1943.

Hitler soupçonne les Hesse de faire partie du complot et, après s'être entretenu avec lui jusqu'à 02h00 du matin, décide de faire interner le landgrave au Berghof[3]. Transféré au camp de concentration de Flossenbürg, le landgrave eut pour compagnon de détention les principales personnalités du régime Hitlérien tombées en disgrâce et condamnées par la suite dans le dernier mois du IIIe Reich, comme l'amiral Wilhelm Canaris, le prince Auguste-Guillaume de Prusse, fils de l'ex-Kaiser.

La Landgravine Mafalda, fille du roi d'Italie, attirée dans un piège à l'ambassade d'Allemagne à Rome, est internée au camp de Buchenwald, où elle mourra des suites des mauvais traitements reçus et des conséquences d'un bombardement allié sans que son époux le sache. Leurs enfants sont cachés au Vatican tandis que le prince Christophe, frère cadet du landgrave, meurt dans un accident d'avion inexpliqué.

Dénazification et après guerre[modifier | modifier le code]

Après avoir été transporté de camp en camp à mesure de l'avancée des troupes alliées, le prince est finalement arrêté par les américains et considéré puis jugé comme un des compagnons de route du nazisme, sans toutefois que l'incrimination la plus grave de crime contre l'humanité en raison de son rôle lors de l'érection du centre d'euthanasie d'Hadamar ne soit retenue contre lui. Il est condamné à la confiscation de ses biens, peine dont il a été relevé par la suite[4], et à une peine de prison couverte en partie par ses années de détention. Pendant son procès, il cherche à minimiser son rôle en se présentant comme simple porteur de message entre le Duce et Hitler, ce à quoi le procureur américain lui répond : « que l'arrière-petit-fils de la reine Victoria ne peut être considéré comme un simple facteur ». Après son élargissement, il reprend son activité de jeunesse, à savoir décorateur de maisons princières et rebâtit une partie de ses propriétés dont la principale est transformée en hôtel de luxe. Comme la plupart des quelques membres de la noblesse allemande impliqués dans le nazisme, il vit retiré des affaires publiques, dans une totale discrétion. La famille retrouve par la suite la possession de sa villa à Rome.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jonathan Petropoulos, Royals and the Reich: the Princes von Hessen in Nazi Germany, Oxford University Press: New York, 2006
  2. Cf Petropoulous, op. cit., p 156 et suiv.
  3. cf Petropulos, op. cit. p. 287 et suiv.
  4. Cf Petropoulos, op.cit.

Liens internes[modifier | modifier le code]