Philippe d'Oponte

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Philippe d'Oponte est un philosophe, disciple et collaborateur de Platon, membre de l'Académie de Platon (IVe siècle av. J.-C.)[1] que son maître amena aux mathématiques.

Philosophie[modifier | modifier le code]

L'Épinomis est persuadé de la supériorité de l'Hellène[2] :

"Voici un point dont il faut que tout Grec se rende compte. Cette région que nous habitons - la Grèce - est sans doute la mieux située pour favoriser l'excellence morale. Ce qui vaut d'être loué, dans ce pays, c'est qu'il est mitoyen entre le froid boréal et le climat estival." [3]

Chez Aristote, l’Éther forme la matière des astres et de l’âme ; chez Platon, c’était le Feu, chaud et donc principe de vie ; Philippe d'Oponte, dans l'Épinomis déclare : « Nous avons distingué cinq espèces de corps, ce sont le Feu et l’Eau, l’Air comme troisième espèce, la Terre comme la quatrième, l’Éther enfin comme le cinquième »[4].

L'Épinomis propose une religion astrale, mais "la religion astrale de l'Épinomis reste une religion civique. (...) L'auteur de l''Épinomis assimile les dieux astres à des dieux étrangers. (...) Les êtres de la région suprême sont les astres, puis viennent, de haut en bas, les êtres démoniques de l'éther, de l'air et de l'eau ; enfin les hommes[5].

Notice Biographique[modifier | modifier le code]

Philippe est originaire de la cité de Medma[6], ville d'Italie méridionale, et n'obtiendra que plus tard dans sa vie la citoyenneté d'Oponte, une fois qu'il s'y sera fixé, après avoir quitté l'Académie de Platon.

Attributions[modifier | modifier le code]

Diogène Laërce rapporte un débat quant à l'auteur de l'Épinomis : « Certains prétendent que Philippe d'Oponte recopia les Lois de Platon qui se trouvaient sur des tablettes de cire. Ils soutiennent aussi que l'Épinomis est de lui. »[7]L'Épinomis serait authentiquement de Platon selon entre autres Hans Roeder en 1838, A. E. Taylor en 1932, Édouard des Places en 1946, Charles Mugler en 1949, etc. Ce serait un apocryphe, selon entre autres H. Diels (1918), Joseph Moreau (1939), J. Bidez (1945), Léon Robin (1950), Taran (1975) etc.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Fragments et œuvres de Philippe d'Oponte[modifier | modifier le code]

  • Taran, Leonardo, Academica : Plato, Philip of Opus and the pseudo-platonic Epinomis, Philadelphia : American philosophical society, 1975, viii-[417] p. Coll. « Memoirs of the American philosophical society », 107.
  • LASSERRE, François, De Léodamas de Thasos à Philippe d'Oponte : témoignages et fragments, édition, traduction et commentaire par François Lasserre. Naples : Bibliopolis, 1987, 696 p. Coll. « La Scuola di Platone », 2.
  • Épinomis (vers -340 ?), trad., Les Belles Lettres, 1930.

Études sur Philippe d'Oponte[modifier | modifier le code]

  • Leonardo Taran, "Plato, Philip of Opus, and the Pseudo-Platonic 'Epinomis'", Memoirs of the American Philosophical Society, 107, Philadelphia, 1975.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. vers -340 ?
  2. André-Jean Festugière, Etudes de philosophie grecque, Vrin, 1971, p. 45.
  3. Épinomis, 987 d.
  4. Épinomis, 981 bc : André-Jean Festugière, Études de philosophie grecque, Vrin, 1971, p. 386.
  5. André-Jean Festugière, Études de religion grecque et hellénistique, Vrin, 1972, p. 129-131.
  6. Birth of mathematics in the age of Plato (1990) de François Lassere (page 48)
  7. Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres (III, 37)