Philippe Ragueneau

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Philippe Ragueneau est un journaliste et écrivain français né le 19 novembre 1917 à Orléans dans le Loiret et mort le 22 octobre 2003 à Gordes dans le Vaucluse.

Il est fils de Marcel Ragueneau, industriel, et de Jeanne Mittelmann. Compagnon de la Libération, président fondateur de la 2e Chaine (ORTF), il épouse Eliane Daëron dont il aura trois enfants (Dominique, Sylvie et Alain décédé)[1] devenu veuf en 1958[2], il épouse en troisièmes noces (1967) la réalisatrice et productrice de télévision Catherine Anglade (1929-1994). Ses parents et lui-même ont occupé un appartement au 101, avenue J.-B. Clément à Boulogne-Billancourt, de 1921 à 1975. Ses récits animaliers sur les chats l'ont aussi rendu célèbre auprès du grand public comme observateur et grand amoureux des chats[3]. Il est également connu pour avoir témoigné d'une communication réelle et tangible avec son épouse défunte[4].

Études[modifier | modifier le code]

  • Études secondaires à Roubaix puis à Lille,
  • Diplômé d'HEC.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Mobilisé en septembre en 1939, à la 51e DI à Orléans. Après une formation d'EOR à Saint-Cyr, il est promu aspirant dans l'Infanterie. En juin 1940, avant même l'appel du général de Gaulle, chef de section 23e RI, il refuse de déposer les armes et groupe autour de lui les officiers et sous-officiers de sa compagnie. Une semaine après l'armistice du 22 juin 1940, il diffuse en Haute-Garonne un manifeste intitulé La guerre continue dans lequel il définit les principes de la résistance clandestine, puis fonde le mouvement « La Guerre Secrète » qui se consacre au renseignement, à la propagande et au sabotage.

Le 12 août 1941, il est arrêté, interrogé par la police de Vichy et est emprisonné à la prison Montluc à Lyon. Libéré en novembre 1941, il reprend ses activités avant de s'embarquer pour l'Algérie.

Au moment du débarquement allié de novembre 1942, il fait partie du coup de force qui neutralise Alger. Il s'engage ensuite dans un commando français qu'il contribue à mettre sur pied, le Special Detachment, rattaché à la 1re Armée britannique. Ayant effectué 21 missions de sabotage dans les lignes ennemies, il est promu lieutenant et, volontaire pour suivre des cours de parachutisme, retourne à Alger. Philippe Ragueneau avec trois de ses compagnons d'armes : Othon Gross, Robert Tournier et Fernand Bonnier de La Chapelle, au tir à la courte paille pour désigner celui qui assassinera l'Amiral François Darlan. C'est finalement Bonnier qui est désigné et qui exécutera le 24 décembre 1942[5].

Affecté en novembre 1943 à Alger, au Bureau Central de Renseignements et d'Action (BCRAA), avant de partir, le 1er décembre, pour Londres où il suit un entraînement intensif (parachutisme, sabotage, espionnage, etc.).

Dans la nuit du 9 au 10 juin 1944, nommé capitaine, il est parachuté dans le Morbihan au sein d'une équipe de Jedburghs (nom de code George)[6] en compagnie du capitaine américain Paul Cyr et du sous-lieutenant français Pierre Gay, avec pour mission d'armer et de former les maquis. Les trois hommes sautent en compagnie d'un détachement du 4e Bataillon d'Infanterie de l'Air, puis atteignent le maquis de Saffré en Loire-Atlantique et participent aux combats de défense du maquis puis à ceux d'Ancenis. Quelques jours plus tard, il est nommé Délégué Militaire Départemental en Loire-inférieure. Après l'arrivée des troupes américaines, fin août, il rentre à Londres.

Parachuté une seconde fois, le 7 septembre 1944, à Martaizé (sur le terrain Pommard) un village proche de Loudun, dans la Vienne, il se casse une jambe à l'atterrissage. Il contribue cependant à mettre sur pied le 1er Groupement Mobile qui monte au contact des Allemands retranchés sur la ligne Pornic-Paimbœuf et les refoule vers Saint-Nazaire après de durs combats.

En octobre 1944, appelé à Nantes à l'État-major du 1er Groupement Mobile, il est nommé chef du 2e Bureau ; fin novembre 1944, sa mission terminée, il rentre à Paris.

Carrière[modifier | modifier le code]

  • 1945-1947 : il devient journaliste, cofondateur et directeur de l'Avenir de l'Ouest,
  • 1947-1949 : chargé de mission au RPF puis au Conseil de la République,
  • 1949-1956 : chef du service de presse du RPF et rédacteur en chef d'Informations et Documents,
  • 1956-1958 : chef de service à Jours de France et à Radar,
  • 1958-1959 : chargé de mission et des relations avec la presse dans le cabinet du général de Gaulle,
  • 1959-1963 : directeur adjoint des programmes de la Télévision,
  • 1963-1964 : président-fondateur de la 2e chaîne de l'ORTF,
  • 1964-1968 : directeur des programmes des deux chaînes françaises,
  • 1968-1974 : inspecteur général de l'ORTF,
  • 1975-1982 : directeur du Centre d'études d'opinion,
  • À partir de 1983 : administrateur de la société Secodip,
  • À partir de 1988 : secrétaire général adjoint du Conseil national de la communication.
  • Également fondateur puis président d'honneur de la Communauté des Télévisions francophones, président de l'association des Résistants de l'ORTF, auteur et producteur pour la télévision.

Œuvres[modifier | modifier le code]

De Gaulle[modifier | modifier le code]

  • Humeurs et humour du Général - Grancher 1990
  • Paris libéré, ils étaient là - France Empire, 1994
  • Dictionnaire du Gaullisme. Avec Guy Sabatier – Albin Michel, 1994
  • Le Général a dit... – Grancher, 2000

Romans[modifier | modifier le code]

  • Julien ou la route à l'enversÉd. Albin Michel, 1976
  • La Marée montante – Éd. Albin Michel, 1977
  • Un Homme à vendre – Éd. Albin Michel, 1979
  • Un homme de l'Ombre - Éd. du Rocher, 1980
  • Sacrées vacances - Éd. Albin Michel, 1982, Prix Scarron
  • Quelle classe ! - Éd. Albin Michel, 1982
  • Si vous passez par Meillanne – Éd. Albin Michel, 1984
  • Les Marloupins du Roy – Paris, 1989

Récits[modifier | modifier le code]

  • L'autre côté de la vie, dialogues avec l'invisible - Pocket 1997, 2001, éditions du Rocher 1995, 1997, (ISBN 2-66-11467-0[à vérifier : ISBN invalide])x
  • Grains de sable ou le hasard et le destin – Éd. du Rocher, 2001
  • Médecin des bêtes sauvages – Grancher, 2002
  • Drôles de bêtes et drôles d'histoires – Grancher, 2002

Les chats[modifier | modifier le code]

Récits[modifier | modifier le code]

Le chat Moune
  • L'Histoire édifiante et véridique du chat Moune – Éd. Albin Michel, 1981 (ISBN 2-226-01097-1)
  • Les Nouvelles aventures du chat Moune – Éd. Albin Michel, 1983 (ISBN 2-226-01663-5)
  • Le Grand voyage du chat Moune et autres histoires – Éd. Albin Michel, 1985
  • Le Chat Moune et ses copains – Éd. Albin Michel, 1988
  • Le Chat Moune exagère – Éd. Albin Michel, 1990 (ISBN 2-226-03929-5)
Gros-Mimi et Petit-Lulu
  • Un Amour de chats – Éd. du Rocher, 1991
  • Les 400 coups de Gros-Mimi et Petit-Lulu – Éd. du Rocher, 1992
  • Nouvelles turpitudes de Gros-Mimi et Petit-Lulu – Éd. du Rocher, 1995
  • Le bel été de Gros-Mimi et Petit-Lulu – Éd. du Rocher, 1999

Série Tiburce (fiction)[modifier | modifier le code]

  1. Tiburce, le chat qui parlait comme vous et moi. Monaco : Éd. du Rocher, 1997. (ISBN 2-268-02572-1)
  2. Tiburce, le chat qui démasqua l'assassin. Monaco : Éd. du Rocher, 2002, 177 p. (ISBN 2-268-04209-X)
  3. Tiburce, le chat qui piégea les terroristes. Monaco : Éd. du Rocher, 2003, 177 p. (ISBN 2-268-04473-4)
  4. Tiburce, le chat qui démêla l'énigme de l'hécatombe. Monaco : Éd. du Rocher, 2003, 177 p. (ISBN 2-268-04618-4)
  5. Tiburce, le chat qui déjoua le piège du gangster. Monaco : Éd. du Rocher, 2004, 144 p. (Grands romans). (ISBN 2-268-05015-7)
  6. Tiburce, le chat qui mit en échec la Mafia. Monaco : Éd. du Rocher, 2005, 177 p. (ISBN 2-268-05469-1)

Autre fiction[modifier | modifier le code]

  • Ulysse le chat qui traversa la France - Éd. du Rocher, 2000

Décorations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Who's who in France
  2. Arch. Natl. Fonds Philippe Ragueneau (1938-2004); sous-série 663 AP (663AP/1-663AP/68)
  3. "On ne choisit jamais un chat : c'est lui qui vous choisit." in L'Histoire édifiante et véridique du chat Moune
  4. "C'est vrai, nous communiquons Catherine et moi ... Nous partagions d'abord les mêmes convictions : notre âme est immortelle ; Dieu l'attend pour vivre dans sa lumière ; la mort ne sépare pas ceux qui s'aiment." Philippe Ragueneau, L'autre côté de la vie, dialogues avec l'invisible, Pocket, Paris, 2001, dernier chapitre.
  5. FAIVRE (Mario) Nous avons tué Darlan, La Table Ronde, 1975
  6. source : Irwin, Will : The Jedburghs, Public Affairs, New York, 2005
  7. [1]