Philippe Néri

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Saint Philippe Néri
Image illustrative de l'article Philippe Néri
Saint Philippe Néri
Fondateur de la congrégation de l'Oratoire
Naissance 22 juillet 1515
Florence
Décès 26 mai 1595  (à 79 ans)
Rome
Nationalité Italien
Vénéré à Rome Église Chiesa Nuova
Béatification 11 mai 1615
par Paul V
Canonisation 12 mars 1622 Rome
par Grégoire XV
Vénéré par l'Église catholique
Fête 26 mai
Attributs Lys, chasuble, cœur enflammé
Saint patron de la ville de Rome, des forces spéciales américaines (bérets verts)

Philippe Néri (en italien : Filippo Neri), né à Florence le 21 juillet 1515 et mort à Rome le 26 mai 1595, fondateur de la congrégation de l'Oratoire, est une figure très importante de la Réforme catholique entreprise avec le concile de Trente.

Béatifié le 11 mai 1615 par le pape Paul V et canonisé le 12 mars 1622 par le pape Grégoire XV, son caractère enjoué lui valut le surnom de « Saint de la joie ». Liturgiquement il est commémoré le 26 mai.

Biographie[modifier | modifier le code]

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Enfance Florentine[modifier | modifier le code]

Francesco Neri épouse Lucrezia Mosciano, et exerce en tant que notaire, où son ancêtre était venu s'installer au service de la Seigneurie[1]. Il commence à travailler tardivement, vers l'âge de 40 ans, et n'a qu'une clientèle modeste. Il a quatre enfants : Catherine, née le 25 janvier 1514, Philippe, né le 21 juillet 1515, Elisabeth, née le 7 février 1517 et Antoine né le 8 septembre 1520[2].

La naissance d'Antoine est la source d'une grande tristesse : Lucrezia meurt des suites de l'accouchement. Francesco décide d'épouser en seconde noce Alexandra. Elle éduque les enfants dans la foi chrétienne à Florence. Le deuxième éléments marquant de l'enfance de Philippe est l'influence de Savonarole, prêtre dominicain qui avait installé une théocratie dans la ville de Florence[3].

Philippe fréquente les dominicains de Saint Marc, encore très imprégné de l'influence de Savonarole[4]. Philippe n'a encore que 12 ans quand de nombreux événements se déroulent en Italie : une armée de lansquenets, sous les autres de l'empereur Charles Quint, firent le siège de Rome et y entrèrent en mai 1527[5]. Le sac de Rome conduit à une réaction importante dans la ville de Florence : celle-ci se rebella alors contre les Médicis, et Florence institua la République[6].

Deux ans plus tard, après la proclamation de la république florentine, les Médicis assiègent et prennent la ville de Florence qui tombe aux mains des Médicis. François Néri apprend que son frère Romolo Néri a fait fortune près du Mont-Cassin[7]. Celui-ci propose donc à son frère d'adopter un de ses fils. Les parents de Philippe voient dans cette proposition une chance pour leur fils[8]. Vers 1530[Note 1], Philippe part chez son oncle pour commencer une nouvelle vie, comme vendeur de tissus et de laines[9].

Du Mont Cassin à la solitude romaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mont Cassin.

Au début des années 1530, il se rend chez son oncle à San Germano, qui se situent à côté du Mont Cassin. Philippe fréquente alors les Bénédictins du Mont-Cassin. Près du Mont, Philippe aime se recueillir fans une petite église en rotonde à Gaète[10]. Cette vie ne convient pas à Philippe et au bout d'un certain temps[Note 2], il décide de partir[11]. Il part pour Rome, quittant son oncle et la carrière qui lui était destinée. Il part sans argent pour la capitale Romaine, sans avoir aucune certitude sur son avenir[Note 3].

Rome est alors une ville en pleine effervescence : la réforme protestante qui fait rage en Europe conduit l'Église à faire une Réforme catholique sous l'impulsion du pape Clément VII. Ce mouvement de réforme prend une forme nouvelle avec l'apparition de nouvelles forme de vie religieuse, avec les théatins, ou les frères mineurs capucins, inspirés de François d'Assise[12].

Philippe arrive donc dans une ville en plein effervescence, tant par le renouveau de la réforme catholique que l'influence encore très présente de la Renaissance. Paradoxalement, Philippe Néri passe au début de sa vie romaine dans une très grande solitude. Afin de survenir à ses besoins, il s'occupe de l'éducation des deux fils de Galeotto del Caccia, et obtient une petite chambre pour dormir[13]. Philippe décide de faire des études et suit des cours au centre culturel de l'Urbs[14]. Il suit les cours de deux maîtres : Cesare Giacomelli et Alfonso Ferro. Il étudie la philosophie d'Augustin d'Hippone et approfondit sa connaissance des traités De Trinitae, De Angelis, De Incarnatione[15].

Puis à Rome où il commence sa prédication comme laïc. Il s'agrège à la Société du Divin Amour qui se dévoue aux malades.

Ordonné prêtre en mai 1551, il s'installe à San Girolamo della Carità où sa renommée s'accroît.

Gai et plein d'entrain, d'enthousiasme et d'imagination, il humanise la religion, étonne ses supérieurs qui finissent par se rallier à ses méthodes. La Congrégation de l'Oratoire essaimera à travers le monde.

Vie laïc[modifier | modifier le code]

Saint Philippe Néri.

Très soucieux des besoins des classes sociales de son temps, il fonda d'abord une maison de convalescence pour les malades, qu'il allait visiter très régulièrement dans les hôpitaux.

Il fonda aussi, en compagnie du père Persiano Rosa, en 1548, la Très Sainte Trinité des Pèlerins pour secourir les pèlerins pauvres.

Il eut grand soin aussi des malades mentaux et fonda pour les accueillir l'Institut de Santa Maria della Pietà, premier établissement du genre.

Il était très proche des jeunes, les éduquait et leur communiquait la foi et la joie qui l'animaient. Il fonda pour eux plusieurs écoles, et leur recommandait : « Tenez-vous tranquilles, si vous pouvez ! ». Il fonda pour eux la première école organisée et un collège pour les pauvres les plus capables.

Fondation de la Congrégation de l'Oratoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Congrégation de l'Oratoire.

Surtout, il fonda la Congrégation de l'Oratoire, qui s'installera après la reconnaissance par Grégoire XIII, en 1575, dans l'église de la Chiesa Nuova, adjacente à l'oratoire des Philippins, siège de la congrégation.

Il avait coutume, chaque année, pendant le carnaval, d'emmener des habitants de Rome pour visiter les basiliques antiques perdues dans la campagne, visites effectuées dans la joie, le recueillement et dans la prière afin d'éviter des débordements dont les conséquences auraient pu être fâcheuses.

Il fut l'ami des humbles et des pauvres, mais aussi des puissants dont il était le directeur spirituel et le confesseur (notamment de saint Camille de Lellis).

Héritage[modifier | modifier le code]

Sens de l'humour[modifier | modifier le code]

Philippe Néri est le plus humoriste des saints. Quelques traits : à quelqu’un qui l’interroge sur l’opportunité de porter un cilice, il répond : « Certainement, mais au-dessus des vêtements ». A un autre qui l’entretient des transports mystiques d’une très pieuse jeune fille, il réagit : « Qu’on la marie! ».

Postérité[modifier | modifier le code]

Reconnaissance par l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Saint Philippe Néri par Giambattista Tiepolo.

Philippe Néri fut béatifié le 11 mai 1615 par le pape Paul V, et canonisé le 12 mars 1622 par le pape Grégoire XV. Liturgiquement il est commémoré le 26 mai.

Il est le patron de la ville de Rome, des jeunes et on l'invoque contre les rhumatismes et les tremblements de terre.

Ses reliques sont conservées dans une urne sous l'autel de la chapelle San Filippo Neri de la Chiesa Nuova à Rome.

Postérité dans les arts[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Saint Philippe Néri est habituellement représenté en soutane noire ou portant la chasuble (de prêtre), vénérant la Sainte Vierge. Guido Reni l'a représenté en 1619 avec une Vierge à l'Enfant (Santa Maria in Vallicella, Rome), ainsi que Giambattista Tiepolo (voir illustration ci-contre).

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

  • State buoni se potete (restez bons si vous pouvez) 1984 - Réalisé par Luigi Magni, avec Iris Peynado, Johnny Dorelli, Philippe Leroy

(musique Angelo Branduardi)

  • Preferisco il Paradiso - Mini série de la télévision italienne RAI (septembre 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'esprit de saint Philippe de Néri fondateur de l'Oratoire romain et son école ascétique, France, Hachette Livre,‎ 1920, 2010, 600 p.
  • Bernard Lelièvre, Saint Philippe Néri : Un coeur brulant d'amour, France, Editions de l'Emmanuel, coll. « Biographie »,‎ juillet 2010, 90 p. (ISBN 978-2-35389-113-9)
  • Giorgio Papasogli, Philippe Néri : Homme dans son siècle, France, Pierre Téqui,‎ novembre 1991, 90 p. (ISBN 2-7403-0055-7 et 978-2740300558)
  • Paul Türks, Philippe Néri ou le feu de la joie, Éditions Bayard-Centurion, 1995 (ISBN 2227436352 et 978-2227436350)
  • Comtesse d'Estienne d'Orves, Saint Philippe de Néri, 1895
  • Marcel Jouhandeau, Saint Philippe Néri, Éditions Plon, 1957
  • Louis Ponnelle et Louis Bordet, Saint Philippe Neri et la société romaine de son temps, La Colombe, 1929.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Tout ou partie de cet article est issu d'une traduction d'un article de la Catholic Encyclopedia, encyclopédie catholique dont le contenu est dans le domaine public.
  • Rosa Giorgi, Le petit livre des saints, Larousse, 2006 (ISBN 2-03-582665-9)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sur les motivations du départ de Philippe, certains mentionnent des possibles motifs politiques alors que les Médicis arrivent au pouvoir. La date exacte du départ n'est pas connue. Nello Vian dans Memorie oratoriane propose la date de 1531
  2. Là encore les dates précises manquent. Certains évoquent 2 ans, d'autres quelques mois
  3. Les raisons de son départ ne sont pas clairement connues. Le refus de vivre comme son oncle et le refus de faire carrière dans la laine. Certains évoquent la volonté de se consacrer à Dieu

Références[modifier | modifier le code]

Autres sources[modifier | modifier le code]