Philippe Malrieu

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Philippe Malrieu

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Biographie
Naissance 19 mai 1912
Carcassonne (Aude)
Décès 27 février 2005 (à 92 ans)
Toulouse
Nationalité Française
Thématique
Formation Philosophie / Psychologie
Titres Agrégé de philosophie (1938) Professeur émérite à l'Université de Toulouse Le Mirail

Philippe Malrieu, né le 19 mai 1912 à Carcassonne (Aude) et mort le 27 février 2005 à Toulouse, est un philosophe et psychologue français. Il était également un résistant, un militant de gauche et du Mouvement de la paix.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'intellectuel[modifier | modifier le code]

Fils d'instituteur, Philippe Malrieu poursuit de brillantes études. Lycéen à Carcassonne il est lauréat du concours général. Il suit ensuite les cours en Hypokhagne et Khagne au lycée Louis-le-Grand à Paris. Il intègre l'École normale supérieure en 1931. Durant son cursus, il suit les cours de Jean Cavaillès qui influenceront ses choix futurs. Il rencontre également à cette époque plusieurs étudiants qui deviendront de grands noms de la Résistance : Raymond Aubrac, Lucie Aubrac ou Jean-Pierre Vernant. À l'École normale supérieure, il est le condisciple de Georges Pompidou, futur Président de la République (1969-1974)[1].

Il part en Allemagne en 1933 et 1934 pour suivre les enseignements du philosophe Heidegger et assiste à l'avènement du régime nazi. Malrieu se détourne du philosophe allemand quand celui-ci adhère au régime hitlérien. Son diplôme de fin d'études est intitulé "La conception de l'action technique chez Marx et Heidegger".

Il obtient l'agrégation de philosophie en 1938 et décide de se consacrer à l'enseignement. Il exerce successivement à Colmar (1938-1940), Guéret (1940-1947) et Montpellier (1947-1951). Il soutient sa première thèse en 1950, puis enseigne la psychologie à Toulouse. Il est chargé de cours (1953), puis professeur (1955-1980) à la Faculté des lettres de Toulouse. Durant cette période il se lie à des personnalités telles que Ignace Meyerson et retrouve Jean-Pierre Vernant. Dès lors, il travaille assidument au sein de l'Institut de psychologie de la faculté. Il crée et anime pendant de longues années le laboratoire "Personnalisation et changements sociaux" rattaché au CNRS. Ses contributions et ouvrages constituent une œuvre extrêmement féconde. Il poursuit son activité intellectuelle jusqu'à sa mort, à l'âge de 93 ans, en 2005.

Le militant[modifier | modifier le code]

Philippe Malrieu s'est engagé très tôt dans la vie militante indissociable du travail intellectuel. Il adhère en 1931 aux jeunesses socialistes. Il participe en 1933 aux activités du comité antifasciste de l'ENS créé par le militant communiste Jean Daudin (fils d'Henri Daudin). Il est très marqué par son voyage en Allemagne. Il adhère au parti communiste en 1936[2].

Enseignant en Creuse en 1940, il a très tôt la volonté et les contacts pour agir dans la Résistance (la documentation manque pour cerner avec précision son activité sur cette période). Selon les témoignages, il est en contact avec les fondateurs du mouvement Libération-sud, et facilite l'admission de plusieurs militants, dont Albert Fossey-François [3] en novembre 1941, qui deviendra en 1944 le chef départemental FFI.

Fin 1942, il est membre de l'équipe dirigeante du mouvement Libération-sud en Creuse. En mars 1943, il est également membre du premier cercle dirigeant des Mouvements unis de la Résistance (MUR). L'instituteur Roger Cerclier (alias Jean Pierre) est chef départemental, Albert Fossey-François est chef adjoint, Elie Piron (alias Rose) est chef de l'Armée Secrète, Émile Labetoule est chargé du noyautage des administrations publiques, Philippe Malrieu (alias Jean-Claude) est responsable du renseignement. Il assure jusqu'à juin 1944 de nombreuses liaisons parfois en dehors du département. Se sentant menacé, il se réfugie le 9 juin 1944, avec sa famille, au village de Chiroux sur la commune de Saint-Léger-le-Guérétois. Il figure avec son épouse sur les listes dressées par la Milice lors de la rafle du 25 juin 1944 qui a lieu à Guéret[4].

Philippe Malrieu devient membre du Comité local de Libération (CLL-Équivalent provisoire du Conseil municipal) de Guéret en août 1944[5], et du Comité départemental de libération (CDL) de la Creuse en septembre 1944 au titre des personnalités résistantes. Il siège à la commission de l'information présidée par Gaston Roussillat, et participe à la rédaction de La Creuse Libre publiée par le CDL. Le 1er décembre 1944[6], il présente une résolution votée par le CDL tendant à dénoncer "l'indulgence dont fait preuve la cour de justice" dans le cadre des procès des présumés collaborateurs.

Lors de l'assemblée départementale de préparation des États généraux de la renaissance française qui se réunit le 24 juin 1945, Malrieu présente un rapport qui a pour thème "La défense de la République". Il est un des membres de la délégation creusoise aux États généraux qui se déroulent du 10 au 14 juillet 1945 à Paris. Enfin, il fait partie des personnalités résistantes creusoises proposées pour l'attribution de la Médaille de la Résistance[7]. Cette décoration lui est finalement accordée par décret du 25 avril 1946[8].

Après avoir quitté la Creuse, il anime des activités intellectuelles et milite au sein du Mouvement de la paix. Il s'oriente vers des positions plutôt libertaires.

Positions théoriques[modifier | modifier le code]

Sa position théorique est directement issue de celle d'Henri Wallon.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les émotions et la personnalité de l’enfant, (1952). in Études de Psychologie et de Philosophie, XII, Paris : Librairie philosophique.
  • Les origines de la conscience du temps : Les attitudes temporelles de l'enfant, (1953). Paris : Presses universitaires de France.
  • La vie affective de l'enfant, (1956). Éd. Scarabee.
  • Dynamiques sociales et changements personnels, (1989). Paris : Presses du CNRS.
  • La construction de l'imaginaire, (2000). Éditions L'Harmattan.
  • La construction du sens dans les dires autobiographiques, (2003). Ramonville Sainte-Agne: Erès.

Coauteur :

  • Brunelle, L., Malrieu Ph., Gaveing M. (1971). Psychologie et marxisme : Débat entre Jean Piaget, Paul Fraisse, René Zazzo, Yves Galifret, Paul Ricoeur, Francis Jeanson. Paris : Unions générale d'Éditions.
  • Malrieu, Ph., Malrieu, S., & Widlöcher, D. (1973). La formation de la personnalité. Traité de psychologie de l'enfant, 4. Paris: Presses universitaires de France.
  • Not, L., & Malrieu, Ph. (1993). Le Développement psychologique de l'enfant et de l'adolescent : références pour l'éducation. Toulouse: Éditions universitaires du Sud.
  • Zaouche-Gaudron, C., Ricaud-Droisy, H., Malrieu, Ph. (2004). Rapports aux autrui multiples et différenciateurs dans le processus de socialisation. in Bulletin de psychologie Vol. 57, p. 117.

Ouvrage de référence autour de l'oeuvre de P. Malrieu:

  • Baubion-Broye, A., Dupuy, R. & Prêteur, Y. (2013) (Eds.). Penser la socialisation en psychologie. Actualité de l’oeuvre de Philippe Malrieu. Ramonville St-Agne : Erès.

Décorations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Documentation externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour la petite histoire, le Président souhaita décorer ses anciens camarades de l'ENS. Peu porté sur les honneurs, Philippe Malrieu refusa
  2. La date d'adhésion diverge selon les sources. 1933 pour la nécrologie parue dans L'Humanité en référence. 1936 pour le Maitron
  3. Dossier d'homologation Albert Fossey SHD 16P254345
  4. Arch. Dép. Haute Vienne 184W
  5. Liste des membres conservée aux archives municipales de Guéret
  6. Compte-rendu de séance AD Creuse 21W60
  7. Lettre du préfet de la Creuse Arch. Dép. Haute Vienne 186W1-152
  8. Archives de la Commission nationale des médaillés de la Résistance française