Philipp Karl von Eltz

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Tableau à Aschaffenbourg

Philipp Karl von Eltz ou Philippe-Charles d'Eltz - Kempenich né le 26 octobre 1665, mort le 21 mars 1743 à Mayence, fut archevêque et prince-électeur de Mayence[1] de 1732 à 1743. À ce titre, il était également archichancelier du Saint-Empire romain germanique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était le fils de l'une des plus anciennes familles du Rhin, qui tire son nom du château d'Eltz, à deux milles de Cochem, dans l'électorat de Trèves, né de Jean-Jacques d'Eltz, chanoine de Trêves, et d'Anne-Marie de Schmiedberg. Chantre de Mayence en 1710, chorévêque de Trêves et prévôt de cette église en 1739, il succéda le 9 juin 1732 à l'archevêque François-Louis de Palatinat-Neubourg, dont il avait été le conseiller intime, par une élection canonique. Il fut sacré le 18 novembre suivant à Mayence. Ce prélat ne dut son élévation qu'à ses vertus et à ses qualités personnelles qu'il continua de faire éclater jusqu'à la fin de sa vie. Attaché à la maison d'Autriche, il détermina la diète du 26 février 1734 à déclarer la guerre à la France; ce qu'elle fit le 9 avril suivant, malgré les protestations des électeurs de Cologne, de l’électeur de Bavière et de l’électeur palatin, qui embrassèrent la neutralité. Les fortifications qu'il ajouta à sa ville capitale la mirent à l'abri des pillages, l’ennemi se retournant sur la campagne environnante.

L’empereur, en reconnaissance de son dévouement, éleva l’an 1734 sa famille au rang de comte du saint empire. Après la mort de l'empereur Charles VI du Saint-Empire, survenue le 20 octobre 1740, l'électeur de Mayence fixa au 27 février 1741 la diète électorale, qui ne s'ouvrit que le 4 novembre suivant. Philippe-Charles n'assista qu'à la première conférence, qui se tint le 20 de même mois, et se fit représenter par son neveu Anselme-Casimir, comte d'Eltz. Il reparut, néanmoins, à l'assemblée du 14 janvier 1742 où la couronne impériale fut conférée à Charles, électeur de Bavière. Il reçut ce prince, le 30 du même mois, à Francfort, et consentit que, sans préjudice à ses droits, l'électeur de Cologne, frère de l'empereur, fît, le 12 février suivant, la cérémonie de son couronnement. Reparti le 23 du même mois, il laissa au même prélat l'honneur de couronner également l'impératrice le 8 du mois suivant.

Philippe-Charles s'efforça ensuite, mais avec peu de succès, à ramener la paix dans l'empire. Il mourut le 21 mars 1743 à Mayence avec la réputation d'un protecteur des arts et des sciences. L’église d’Allemagne lui est redevable d'une traduction de la Bible en sa langue, qu'il fit imprimer en 1738.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les princes-évêques de Mayence étaient, comme la plupart des évêques allemands, à la fois seigneurs spirituels de leur diocèse et seigneurs temporels d'une série de possessions territoriales.