Philipp Christoph von Sötern

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Philipp Christoph von Sötern
Image illustrative de l'article Philipp Christoph von Sötern
Biographie
Naissance
Kastellaun
Ordination sacerdotale 1604
Décès
Trèves
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 1612
Dernier titre ou fonction prince-évêque de Spire
évêque de Spire
16101652
Précédent Eberhard von Dienheim Lothar Friedrich von Metternich-Bourscheid Suivant

Blason

Philipp Christoph von Sötern (né à Kastellaun le et mort à Trèves le ) fut évêque de Spire en 1610 puis archevêque, prince-Électeur de Trèves à partir de 1623.

Il mena, pendant la guerre de Trente Ans une politique nettement favorable aux intérêts français qui lui valurent d’être enlevé et emprisonné sur ordre de l'empereur Ferdinand II en 1635. Cet événement détermina l’entrée en guerre de la France.

Jeunesse et ascension[modifier | modifier le code]

Le futur prince-archevêque était le fils d’un père protestant et d’une mère catholique et il fut baptisé dans le culte luthérien. Cependant, sous l’influence de sa mère et d’un oncle qui était chanoine de la cathédrale de Trèves, il se convertit tout jeune au catholicisme. Pendant son adolescence, il fut élève dans une école tenue par les Jésuites. Ses études le menèrent aux doctorats en droit civil et en droit canon. Et, âgé seulement de 17 ans, il devint chanoine de Trèves et, plus tard, de Mayence et de Spire.

En tant que curé de la cathédrale de Trèves, charge qu’il détint à partir de 1604, il montra des qualités de diplomate et de conseil dans des controverses de nature juridique qui concernaient l’Électorat. C’est pourquoi il fut pressenti pour de plus hautes fonctions : tout d’abord, en 1609, il devint coadjuteur et, en 1610, évêque titulaire du siège de Spire. Il reçut sa consécration épiscopale seulement en 1612.

Premières années en tant qu’évêque[modifier | modifier le code]

Dans le but de protéger l’évêché de Spire contre les entreprises françaises, Sötern fit édifier, entre autres, la forteresse de Philippsburg. Ici, comme plus tard dans l’archevêché de Trèves dont il devint titulaire en 1623, il s'attacha à promouvoir une politique favorable à la Contre-Réforme et de re-catholicisation volontariste, comme son futur adversaire l’empereur Ferdinand II.

Dans ces deux évêchés, et particulièrement dans celui de Trèves, il établit une lourde politique fiscale, pour financer une administration tâtillonne et, surtout, la construction d'un palais archiépiscopal somptueux qui ne devait être terminé qu'en 1629. De plus, par un népotisme qui ne se dissimulait pas, il exigea l'attribution de postes importants à des membres de sa famille. Tout ceci aboutit à lui susciter une opposition parmi les membres du chapitre et de la population de l'archevêché. C'est ainsi qu'il finit par se mettre à dos des catholiques convaincus qui rejoignirent le camp des opposants à l'empereur et devinrent ipso facto des alliés objectifs des puissances protestantes dans les développements de la guerre de Trente Ans.

La guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

Afin de s'affranchir de la tutelle de plus en plus impopulaire de leur archevêque, les habitants de l'archevêché de Trèves, menés par le Chancelier Jean von Anethan, en appelèrent à l'empereur. Des troupes venues des Pays-Bas espagnols vinrent occuper en 1630 la capitale de l'archevêché. C'est alors que Sötern se tourna vers la France qui en 1632 reprit Trèves pour son compte. Richelieu y voyait une occasion d'intervention indirecte dans le collège électoral de l'Empire et de se rendre favorable la Suède et les opposants protestants de l'empereur.

Sötern conclut en 1631 un traité de neutralité avec la Suède et la France et leur offrit la possibilité de tenir garnison dans les forteresses de Ehrenbreitstein et Philippsburg. Ehrenbreitstein, juste en face de Coblence où se trouvait la résidence électorale de Trèves avait une importance stratégique majeure sur le Rhin. De plus, Sötern appuya en 1634 la candidature de Richelieu au poste d’évêque-coadjuteur de son archevêché, et donc à sa succession quasiment assurée à son propre poste. Ceci aurait considérablement renforcé l’influence et la position de la France en Rhénanie et menacé de la manière la plus directe la voie de communication hautement stratégique qu'elle constituait entre les possessions des Habsbourg aux Pays-Bas espagnols et en Allemagne méridionale. En outre, par ce stratagème, la France aurait pu s’assurer une place au sein du collège électoral du Saint-Empire...

Des troupes impériales et espagnoles vinrent à nouveau occuper Trèves et en 1635, Sötern fut arrêté avant d’être emprisonné pendant dix ans, à Linz en Autriche. Cette arrestation était le prétexte recherché par Richelieu qui déclara la guerre à l’Espagne. Avec l’accord de l’empereur, le chapitre de la cathédrale prit en mains l’administration des territoires relevant de l’archevêque. Lorsque ce dernier fut relâché, il tenta de faire détacher l’archevêché de Trèves du Saint-Empire romain germanique. Pour ce faire, il entama des négociations secrètes avec la France mais celles-ci furent sans effet.

Après son retour, sa réconciliation quelque peu forcée avec son chapitre cathédral fut mise à mal lorsqu’il nomma de son propre chef un chanoine curé de la cathédrale et évêque-coadjuteur, peu de temps avant sa mort. Le chapitre fit choix d’un autre successeur à Sötern en la personne de Karl Kaspar von der Leyen.