Philibert de Tournus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Philibert.
saint Philibert
Image illustrative de l'article Philibert de Tournus
Statue de Philibert présente dans l'Abbatiale de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu
Naissance 617/618
Eauze
Décès 684 
Noirmoutier-en-l'Île, France
Nationalité Drapeau de la France France
Vénéré à Tournus
Vénéré par l'Église catholique romaine

Saint Philibert de Tournus (ou Filibert) de Jumièges, de Noirmoutier, né en 617 ou 618 à Elusa, aujourd'hui Eauze dans le Gers, mort le 20 août 684 à Noirmoutier), est un moine et un abbé français du VIIe siècle. Il a fondé les monastères de Jumièges et de Noirmoutier. Ses reliques ont été apportées à Tournus où il fut l'objet d'une grande vénération.
Sa fête est célébrée le 20 août.

Biographie[modifier | modifier le code]

Philibert était fils unique de Filibaud, premier magistrat de Vicus-Julius ou Vicus Julii[1], aujourd'hui Aire-sur-l'Adour dans le département des Landes, dont il fut depuis évêque. Il vint au monde dans l'ancienne ville d'Eauze, en Gascogne, vers l'an 617 ou 618 et fut élevé à Vic sous les yeux de son père. D'excellents maîtres l'instruisirent aux sciences et le formèrent à tout ce qui était d'usage parmi la nation. Il acquit par leurs soins toutes les connaissances capables de former l'homme pour l'esprit et pour le cœur, pour le monde et pour la religion. Dès que Philibert fut en état d'être produit dans le monde, son père, qui était en grande recommandation auprès du roi Dagobert Ier, lui ménagea une place à la cour, où il fit la connaissance de saint Ouen et mérita son estime.

Insatisfait par la vie futile qu'il menait à la cour, il forma, à l'âge de vingt ans, le dessein de consacrer sa vie à Dieu en devenant moine. L'ayant fait approuver par le roi, dont le consentement était nécessaire, il vendit tous ses biens et en distribua le prix aux pauvres et aux monastères. S'il préféra celui de Rebais, nouvellement fondé dans la Brie au diocèse de Meaux, ce fut moins à cause des grands biens qu'il y avait donnés, que parce qu'il connaissait saint Agile, que son ami saint Ouen y avait établi premier abbé.

Plus tard, en 654, il fonda une abbaye à Jumièges, près de Rouen, sur des terres fertiles données par le roi Clovis II à la demande de la reine Bathilde, où il venait autrefois chasser avec le roi Dagobert. Il imposa une discipline d'une grande austérité : jeûnes, veilles, flagellations dit-on. Il en est le premier abbé. Il choisit la règle de saint Colomban pour l'abbaye qu'il fonde[2], déjà en vigueur à Luxeuil[3]. À Jumièges, il aurait recueilli les énervés de Jumièges. Quand il apprit que Ebroïn, le maire du palais, avait fait assassiner saint Léger d'Autun, il alla reprocher son crime au maire de Neustrie. Ebroïn chargea saint Ouen de le faire disparaître. L'évêque de Rouen obéit, le fit emprisonner, mais la captivité fut douce et dura peu, car Ebroïn fut assassiné à son tour. Saint Philibert remercia saint Ouen de son hospitalité, l'assura de sa parfaite amitié et prit le chemin du monastère de Noirmoutier violation du droit d'auteur, où il mourut le 20 août 684, à près de 70 ans. Son corps fut alors déposé dans un sarcophage.

Les moines de Noirmoutier ont élevé vers 847 en son honneur une prieurale carolingienne à Déas, devenue par la suite Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.

Lors des invasions normandes, ses reliques furent transportées à Tournus en Bourgogne, où lui fut bâtie une magnifique abbatiale violation du droit d'auteur. Son crâne est conservé dans un reliquaire dans la salle du Trésor de l'Abbaye Saint-Antoine à Saint-Antoine-l'Abbaye.

Des villages portent son nom dans la vallée du Rhône, en Anjou et en Bretagne. De Noirmoutier à Tournus, ses reliques accomplirent un grand périple, passant par Cunault et Saint-Pourçain-sur-Sioule, qui contribua à sa grande popularité.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une image pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raoul Deloffre, Églises, châteaux et fortifications des Landes méridionales du Moyen Âge à la Renaissance, Atlantica,‎ 2000 (lire en ligne), p. 23
  2. Modèle:Observation : Au IXe siècle, les moines changeront de règle et adopteront la règle de saint Benoît.
  3. Gaston et Monique Duchet-Suchaux, Les ordres religieux, Flammarion, coll. « Tout l'art »,‎ 2006, p. 185

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Curé, Saint-Philibert de Tournus, A. Picard, 1905.
  • Adolphe Louis Albert Perraud,Saint Philibert, fondateur des abbayes de Jumièges et de Noirmoutier 616-684, Téqui, 1901.
  • Henri Curé, Saint Philibert le thaumaturge, Marseille, Publiroc,‎ 1936, 279 p.
  • abbé L. Jaud, Saint Filibert, fondateur et abbé de Jumièges et de Noirmoutier : sa vie, son temps, sa survivance, son culte, étude d'histoire monastique au septième siècle, Nantes, université,‎ 1910, 568 p.
  • abbé L. Jaud, Panégyrique de Saint Filibert (sic) Vie glorieuse de Saint Filibert ou Histoire de son culte, prêché le 25 aout 1907 in Echo de Saint Filibert, 9ème année, n° 128, septembre 1907, imp. L.P. Gouraud,‎ 1907, 568 p.
  • abbé Michaud, Vie de saint Filibert : fondateur des monastères de Jumiège et de Noirmoutier, Paimboeuf, impr. de Ch. Gailmard,‎ 1846, 196 p.
  • J. Raimond, Saint-Filbert de Noirmoutier, Saint-Maixent-l'École, imp. R. Payet,‎ 1954, 16 p.
  • L. Levillain, R. Poupardin, E. Clouzot, À propos des Monuments de l'histoire des abbayes de Saint-Philibert, Paris, H. Champion,‎ ca1906
  • docteur J. Gaston ; éd. abbé L. Jaud, Poème de saint Filibert : fondateur et abbé de Jumièges et de Noirmoutier, Luçon, imp. S. Pacteau,‎ 1912, 95 p.
  • Ermentaire. ; Éd. abbé Louis Delhommeau, Claude Bouhier ; Préf. Jacques Oudin ; liminaire de Monseigneur François Garnier, Vie et miracles de Saint-Philbert, Noirmoutier-en-l'Île, Les Amis de l'Île de Noirmoutier,‎ 1999, 144 p.
  • À propos du XIème centenaire de la translation des restes de Saint-Philbert de Noirmoutier à Déas; ampennum et les origines de Beauvoir-sur-Mer; extrait de la Revue du Bas Poitou, imp. moderne,‎ 1936, 43 p.
  • Maître Léon, Saint Filibert, sa vie, ses monastères, ses reliques et son église de Grandlieu, imp. moderne,‎ 1898, 53 p.
  • Cartron Isabelle, Les pérégrinations de Saint-Philibert : genèse d'un réseau monastique dans la société carolingienne, Rennes, Presses universitaires de Rennes,‎ 2009, 456 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]