Philibert Aspairt

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Philibert Aspairt est un personnage légendaire, qui se perdit et mourut dans les carrières souterraines de Paris le 3 novembre 1793, ce qui fait de lui le Saint Patron des cataphiles fêté tous les 3 novembre. Bien que son existence ne soit pas entièrement confirmée, Philibert possède un tombeau acrotère visible dans le Grand Réseau Sud, sous la rue Henri Barbusse, à côté du boulevard Saint-Michel.

Légende[modifier | modifier le code]

La tombe de Philibert.

Philibert Aspairt, portier du Val-de-Grâce dans les années troubles de la Révolution française, s'aventure un beau jour de l'année 1793 dans les carrières en empruntant un escalier qui se trouve dans la cour du couvent. Pourquoi cette imprudence ? Certains imaginent qu'il s'était lancé à la recherche des caves du couvent des Chartreux (situées sous le Jardin du Luxembourg) pour mettre la main sur quelques bouteilles de leur célèbre liqueur, (la chartreuse).

On ne sait pas ce qui lui est arrivé sous terre, mais toujours est-il qu'il n'a été retrouvé qu'en 1804, 11 ans plus tard, et qu'on l'a enterré sur place. On dit que c'est le trousseau de clefs du Val-de-Grâce qu'il portait à la ceinture qui a permis de l'identifier.

Il n'existe cependant aujourd'hui aucune personne portant le patronyme Aspairt, ce qui peut mettre en doute la véracité de cette histoire.

Sur la stèle est mentionnée l'inscription suivante: « À la mémoire de Philibert Aspairt perdu dans cette carrière le III (3) Novbre MDCCXCIII (1793) retrouvé onze ans après et inhumé en la même place le XXX (30) Avril MDCCCIV (1804) ».

L'histoire de Philibert Aspairt a été notamment citée par Edgar P. Jacobs dans L'Affaire du Collier, un tome de la bande dessinée Blake et Mortimer se déroulant en partie dans le sous-sol de Paris.

Controverse sur l'existence de Philibert Aspairt[modifier | modifier le code]

Acte de décès de Philibert Asper.

Certains documents officiels permettent de penser que Philibert Aspairt a réellement existé.

On trouve dans les archives numérisées de la ville de Paris, une fiche d'acte de décès de Philibert Asper, datée du 2 mai 1804. Aux archives départementales, on trouve sur microfilm l'acte de décès détaillé.

Retranscription de l'acte :

Extrait du registre des Actes de Décès de l’an XXX

« Division de l’observatoire Du vingt huit floréal an douze(18/05/1804) à une heure de relevée Acte de décès de Philibert Asper, carrier âgé de soixante deux ans, né à Salmeranges, Département du Puy de Dôme demeurant à Paris Rue St Jacques no 129 dite division, marié à Elisabeth Millard sa veuve, trouvé mort dans les carrières, sous la Rue d’Enfer, le douze floréal présent mois(02/05/1804), heure de midi, suivant le procès verbal dressé le dit jour par Charles Daubanel commissaire de police de la division du Luxembourg, ledit Asper disparu de la maison depuis dix à douze ans ainsi qu’il est plus au long constaté au procès verbal dressé le dit jour douze floréal présent mois et an par le dit commissaire de police, de la dite division du Luxembourg En conséquence duquel extrait nous a été remis par Jean Marie François Dupont, employé demeurant Rue St Jacques no 176, division de l’observatoire, étranger du défunt, lequel a signé pardevant nous Maire du douzième arrondissement de Paris, soussigné lecture faite du xx acte. Signé Dupont et Collette Maire Délivré conforme au registre À Paris le deux janvier mil[1] »

Enfin, dans les archives de la commune de Ravel-Salmerange (Puy-de-Dôme), on trouve l'acte de naissance de Philiber Asper, né le 13 avril 1732[2].

Ces documents ne prouvent pas complètement l'existence de Philibert. En effet, on trouve certaines incohérences entre les différents éléments: La différence d'orthographe du nom, la différence de date (la stèle indique qu'il a été enterré le 30 avril 1804, alors que l'acte de décès date du 8 mai 1804), la profession indiquée (Philibert était, selon la légende, portier du Val-de-Grâce et non carrier).

Malgré tout, ces incohérences ne prouvent pas non plus que Philibert Aspairt n'ait pas existé :

  • Il est courant que les noms propres voient leur orthographe évoluer au cours du temps, la phonétique de départ étant généralement respectée ;
  • La différence de date peut provenir d'une mauvaise conversion des dates du calendrier républicain ;
  • Philibert était peut-être carrier avant de se reconvertir en portier du Val-de-Grâce.

S'agissant d'hypothèses devenues impossibles de vérifier, il est difficile de trancher.

Toutefois, deux similitudes existent entre ces documents et la légende de Philibert : la durée de sa disparition (« dix à douze ans » selon l'acte de décès, 11 ans selon la stèle) et le lieu où il a été retrouvé (la stèle se trouve sous la rue Henri Barbusse à Paris, anciennement appelée rue d'Enfer, comme ce qui est indiqué sur l'acte de décès).

Malgré ces nouveaux éléments, le mystère de Philibert reste entier. Un moyen sûr de prouver son existence serait de déterrer ses ossements, afin de vérifier s'il y a bien un cadavre sous le tombeau acrotère, mais il semble peu probable que l'autorisation soit un jour donnée pour de telles recherches, d'autant que le mythe de Philibert occupe aujourd'hui une solide place dans la culture des cataphiles.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Article de Gilles Thomas
  2. Acte de naissance de Philiber Asper dans les archives départementales du Puy-de-Dôme (série du greffe, p.149 en bas à droite)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]