Phi

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Phi
Versions modernes de la lettre grecque phi en capitale et bas-de-casse, avec la police Times New Roman.
Versions modernes de la lettre grecque phi en capitale et bas-de-casse, avec la police Times New Roman.
Graphies
Capitale Φ
Bas-de-casse φ, ϕ
Exposant
Indice
Utilisation
Alphabets Grec
Ordre 21e lettre
Phonèmes principaux

Phi (capitale Φ, minuscule φ ou ϕ; en grec φι) est la 21e lettre de l'alphabet grec, précédée par upsilon et suivie par chi. Elle est l'ancêtre de la lettre Ф de l'alphabet cyrillique.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Usage[modifier | modifier le code]

En grec moderne, la lettre phi représente la consonne fricative labio-dentale sourde (/f/). Cette prononciation est partagée par l'upsilon placée dans une diphtongue après alpha et epsilon et devant une consonne sourde (κ, π, υ, χ, φ, θ, σ, ξ et ψ).

En grec ancien, le phi se prononce vraisemblablement [], puis évolue vers [ɸ]. Elle est généralement transcrite par « ph » en alphabet latin.

Dans le système de numération grecque, phi vaut 500 ; par exemple ‹ φʹ › représente le nombre 500.

Comme la plupart des autres lettres grecques, le phi est parfois utilisé en dehors de son contexte alphabétique grec dans les sciences. Par exemple, en mathématiques, elle note traditionnellement le nombre d'or (1+√5)/2 (soit environ 1,618).

Le symbole ɸ note la consonne fricative bilabiale sourde dans l'alphabet phonétique international.

Nom[modifier | modifier le code]

En grec, la lettre est appelée φι (fi), prononcée /fi/.

En grec ancien, elle est appelée φῖ[1] (), prononcée en attique /ˈpʰiːˌ/, ou φεῖ[2] (feî), prononcée /ˈpʰeː/.

Typographie[modifier | modifier le code]

La forme bas-de-casse du phi possède deux variantes typographiques, héritées de l'écriture manuscrite médiévale. La première, de très loin la plus courante en typographie moderne, ressemble à une forme bouclée du phi capitale en plus petit : φ. La deuxième dérive directement de la forme capitale : ϕ[3] ; elle est utilisée dans des contextes scientifiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Alphabets archaïques[modifier | modifier le code]

Distribution des types d'alphabets « vert », « rouge » et « bleu », selon Adolf Kirchhoff (1867).
Alphabet grec peint sur la panse d'une coupe attique à figures noires.

L'alphabet grec dérive directement de l'alphabet phénicien. Toutefois, ses dernières lettres (phi, chi, psi et oméga) sont des créations locales notant des sons qui ne sont pas présents ou pertinents en phénicien.

Les alphabets épichoriques grecs sont divisés basiquement en quatre types majeurs selon leur traitement des lettres additionnelles pour les consonnes aspirées (pʰ, kʰ) et les groupes consonantiques (en) (ks, ps) du grec. Ces quatre types sont intitulés de façon conventionnelle « vert », « rouge », « bleu clair » et « bleu foncé », suivant la légende d'une carte publiée dans un article fondateur du XIXe siècle sur le sujet, Studien zur Geschichte des griechischen Alphabets par Adolf Kirchhoff (1867)[4]. Le type « vert » (ou du Sud) est le plus archaïque et le plus proche du phénicien. Le type « rouge » (ou de l'Ouest) est par la suite transmis vers l'Ouest et est l'ancêtre de l'alphabet latin. Le type « bleu » (ou de l'Est) est celui dont l'alphabet grec standard émerge ensuite ; il est partagé en deux groupes, nommés « bleu clair » et « bleu foncé ».

Le type « vert » n'utilise que les symboles phénicien. La plosive aspirée /pʰ/ est ainsi écrite simplement Π, sans distinction de la plosive non-aspirée [p], ou comme digrammes ΠΗ. Ce système se rencontre en Crète et dans certaines îles du sud de la mer Égée, notablement Santorin, Milos et Anafi[5].

Le type « rouge » introduit des lettres pour les consonnes aspirées, Φ = « pʰ » et Ψ = « kʰ ». Il se rencontre dans la plupart des zones de Grèce centrale (Thessalie, Béotie et la majeure partie du Péloponnèse), sur l'île d'Eubée et dans les colonies associées, dont la plupart de celles d'Italie[5]. Les types « bleu clair » et « bleu foncé » utilisent également le phi et différent par l'usage d'autres lettres. Le type « bleu clair » se rencontre à Athènes (avant 403 av. J.-C.) et dans plusieurs îles de la mer Égée[5], le type « bleu foncé » dans les villes de la Confédération ionienne, Cnide en Asie mineure et à Corinthe et Argos dans le nord-est du Péloponnèse[5].

Dans les types utilisant une lettre dédiée pour /pʰ/, celle-ci prend des formes assez semblables[6],[7] :

Dans les alphabets n'utilisant pas de lettre dédiée pour /pʰ/ (Crète, Milos, Santorin), le son est écrit PiΗ.

Évolution[modifier | modifier le code]

La forme actuelle de la lettre provient de l'alphabet utilisé en Ionie, qui est progressivement adopté par le reste du monde grec antique (Athènes passe un décret formel pour son adoption officielle en 403 av. J.-C. ; son usage est commun dans les cités grecques avant le milieu du IVe siècle av. J.-C.). La lettre ne change toutefois pas vraiment de forme. Elle prend à cette époque la 21e position de l'alphabet, entre upsilon et chi.

L'alphabet grec reste monocaméral pendant longtemps. Les formes minuscules proviennent de l'onciale grecque, une graphie particulière créée à partir de la majuscule et de la cursive romaine vers le IIIe siècle et adaptée à l'écriture à la plume, et sont créées vers le IXe siècle. Pendant la Renaissance, les imprimeurs adoptent la forme minuscule pour les polices bas-de-casse, et modèlent les lettres capitales sur les formes des anciennes inscriptions, conduisant le grec à devenir bicaméral.

Dérivés[modifier | modifier le code]

Dans l'alphabet cyrillique, le phi donne naissance à la lettre ef, Ф. Dans l'alphabet copte, la lettre conduit à la lettre phi, .

Il est possible que l'alphabet arménien descende de l'alphabet grec ; dans ce cas, le p'iur, Փ, dériverait du phi.

L'alphabet étrusque est dérivé de l'alphabet grec employé en Eubée — alphabet que les Étrusques apprennent à Pithécusses (Ischia), près de Cumes ; il comporte une lettre, 𐌘, dérivant du phi grec et correspondant vraisemblablement au son [ɸ]. Cette lettre n'est pas reprise dans l'alphabet latin ; la lettre latine F dérive du digamma grec.

Codage[modifier | modifier le code]

  • La minuscule φ possède les codages suivants :
    • Unicode : U+x03C6
    • TeX : \varphi ; \varphi
    • Entité HTML : φ
    • DOS Greek : 173
    • DOS Greek-2 : 239
    • Windows-1253 : 246
  • Le symbole ϕ possède les codages suivants :
    • Unicode : U+x03D5
    • TeX : \phi ; \phi

Le tableau suivant recense les différents caractères Unicode utilisant le phi :

Caractère Représentation Code Bloc Unicode Nom Unicode
Φ ΦU+03A6 U+03A6 Grec et copte[8] Lettre majuscule grecque phi
φ φU+03C6 U+03C6 Grec et copte Lettre minuscule grecque phi
ϕ ϕU+03D5 U+03D5 Grec et copte Symbole grec phi
𝚽 𝚽U+1D6BD U+1D6BD Symboles mathématiques alphanumériques[9] Majuscule mathématique grasse phi
𝛗 𝛗U+1D6D7 U+1D6D7 Symboles mathématiques alphanumériques Minuscule mathématique grasse phi
𝛷 𝛷U+1D6F7 U+1D6F7 Symboles mathématiques alphanumériques Majuscule mathématique italique phi
𝜑 𝜑U+1D711 U+1D711 Symboles mathématiques alphanumériques Minuscule mathématique italique phi
𝜱 𝜱U+1D731 U+1D731 Symboles mathématiques alphanumériques Majuscule mathématique italique grasse phi
𝝋 𝝋U+1D74B U+1D74B Symboles mathématiques alphanumériques Minuscule mathématique italique grasse phi
𝝫 𝝫U+1D76B U+1D76B Symboles mathématiques alphanumériques Majuscule mathématique grasse sans empattement phi
𝞅 𝞅U+1D785 U+1D785 Symboles mathématiques alphanumériques Minuscule mathématique grasse sans empattement phi
𝞥 𝞥U+1D7A5 U+1D7A5 Symboles mathématiques alphanumériques Majuscule mathématique italique grasse sans empattement phi
𝞿 𝞿U+1D7BF U+1D7BF Symboles mathématiques alphanumériques Minuscule mathématique italique grasse sans empattement phi

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Lilian Hamilton Jeffery, The Local Scripts of Archaic Greece, Oxford, Clarendon,‎ 1961
  • (en) E. Voutiras, A history of ancient Greek: from the beginnings to late antiquity - The introduction of the alphabet, Cambridge,‎ 2007, p. 266–276
  • (en) Roger D. Woodard, A companion to the ancient Greek language, Oxford, Blackwell,‎ 2010, « Phoinikeia grammata: an alphabet for the Greek language »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Anatole Bailly, Dictionnaire grec-français, Hachette,‎ 1999, « Φ »
  2. Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck,‎ 1999 (ISBN 2-252-03277-4), « φεῖ »
  3. (en) Nick Nicholas, « Greek Unicode Issues - Letters », Unicode Consortium,‎ 2003-2008
  4. Voutiras 2007, p. 270.
  5. a, b, c et d Woodard 2010, p. 26-46.
  6. (en) « Browse by letter form », Poinikastas
  7. Jeffery 1961, p. 25, 28, 32, 35.
  8. [PDF] « Grec et copte », Unicode
  9. [PDF] « Symboles mathématiques alphanumériques », Unicode