Pharsman Ier d'Ibérie

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Pharsman Ier
Titre
Roi d'Ibérie
158
Prédécesseur Artaxias II
Successeur Mihrdat Ier
Biographie
Dynastie Artaxiades
Père Kartam d'Egrissi
Enfant(s) Rhadamiste, Mihrdat Ier, une fille

Pharsman Ier d'Ibérie est un roi artaxiade d'Ibérie ayant régné de l'an 1 à 58 ap. J.-C. selon la chronologie de Cyrille Toumanoff qui l'identifie au roi Aderk des Chroniques géorgiennes et qui le nomme également « Pharnabaze III »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Tradition géorgienne[modifier | modifier le code]

Selon la Chronique géorgienne, le roi « Aderk » a comme père Kartam et règne 57 ans de 2 av. J.-C. à 55 ap. J.-C.[2]. Il aurait donc été un contemporain de Jésus-Christ et d'une tentative d'évangélisation de l'Ibérie par l'apôtre saint André[3].

Toujours selon la « tradition géorgienne », Aderk, fils de Kartam d'Egrissi, le gendre, fils adoptif et héritier présomptif du roi Pharnabaze II, est déshérité par la révolte de Mirvan II. Il s'échappe alors en Arménie, le pays de ses ancêtres, où le roi l'accueille à sa cour et lui donne sa fille comme épouse. Aderk ou Ardèche se révolte contre le roi Artaxias II d'Ibérie, fils et successeur de Mirvan II, vers l'an 5 av. J.-C., et il marche contre lui les deux armées se rencontre dans le Trialeth, Artaxias II est tué lors d'un combat singulier à l'arc et Aderk-Ardèche devient roi[4].

Sources contemporaines[modifier | modifier le code]

Selon les sources contemporaines latines, le roi Pharsman (Ier) est le « fils à ce que l'on croit, de Mithridate l'Ibérien »[5]. Vers l'an 35, Pharasman Ier intervient chez les Parthes et en Arménie et place sur le trône dans un premier temps son frère Mihrdat, puis le gendre et meurtrier de ce dernier, son propre fils aîné Rhadamiste qui est aussi l'époux de sa cousine Zénobie. Mais bientôt, les nobles arméniens se révoltent contre ce dernier, qui doit se réfugier en Karthli auprès de son père. Pharasman Ier le fait assassiner en 54[6].

Pharsman lui-même meurt en 58 et a comme successeur son second fils Mihrdat Ier.

Postérité[modifier | modifier le code]

D'après les mêmes sources, Pharsman Ier aurait donc eu quatre enfants[7] :

Cyrille Toumanoff lui ajoute un fils, Amazaspe, mort en 114[9].

De manière inconciliable, pour la « tradition géorgienne », c'est à cette époque que commence le règne conjoint de 55 à 72 après J.-C. deux rois : « Bartom II et Kartham, Karthlosides » et fils d'Aderk[10] :

  • Bartom II, roi de Mtskheta, fils « d'Aderk et de la fille du roi d'Arménie »  ;
  • Qartam, roi d'Armaz, fils d'Aderk dont le nom de la mère n'est pas précisé.

Diarchie du Ier siècle ?[modifier | modifier le code]

D'après les Chroniques géorgiennes issues de Léonti Mroveli ou de ses sources inconnues, sur le conseil des aznaouris (nobles), Aderk aurait partagé son royaume entre ses deux fils : Bartom II, roi de Mtskheta, et Qartam, roi de la forteresse d'Armaz. Ces derniers auraient eux-mêmes, toujours d'après Léonti Mroveli ou ses sources, les successeurs suivants[11] soit onze règnes:

Selon la Chronique géorgienne, les deux lignées royales auraient donc régné par paires sur les deux parties du royaume pendant cinq générations sur une période réduite de moins de 74 ans. Outre l'incohérence des dates proposées, ce système est pour le moins très improbable même si les noms de rois connus des sources étrangères contemporaines se retrouvent dans trois rois d'Armaz (Pharasman Ier et II & Amazap)[12].

De son côté, Cyrille Toumanoff estime « naïvement artificielle cette soi-disant succession de diarches qui montent sur le trône et meurent simultanément » et récuse formellement ce système[13]. Il considère donc que le seul successeur du roi Mirdhat Ier est son fils Amazap Ier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cyrille Toumanoff, Les dynasties de la Caucasie chrétienne de l'Antiquité jusqu'au XIXe siècle : Tables généalogiques et chronologiques, Rome,‎ 1990, p. 523.
  2. Marie-Félicité Brosset, Histoire de la Géorgie, Saint-Pétersbourg, 1849, Ire partie, « Aderk, Karthloside, fils de Kartham », p. 53.
  3. Marie-Félicité Brosset, op. cit., p. 53-61.
  4. Marie-Félicité Brosset, op. cit., p. 52.
  5. Dion Cassius, Livre LVIII.
  6. Tacite, Annales, livre VI, § 32-35, livre XI, § 8, livre XII, § 44 & 48, livre XIII, § 37, et livre XIV, § 26.
  7. (en) Cyrille Toumanoff Chronology of the early Kings of Iberia Traditio, Vol. 25 (1969), p. 14.
  8. Tacite, Annales, Livre XII, chapitres XLVI & XLVII.
  9. Cyrille Toumanoff, Les dynasties de la Caucasie chrétienne de l'Antiquité jusqu'au XIXe siècle : Tables généalogiques et chronologiques, Rome,‎ 1990, p. 425
  10. Marie-Félicité Brosset, op. cit., p. 64.
  11. Les dates proposées sont issues des travaux du prince Vakhoust du début du XVIIIe siècle, édités et commentés 100 ans plus tard par Marie-Félicité Brosset
  12. Marie-Félicité Brosset doutait déjà de cette double royauté récurrente : « Les cinq règnes doubles dont l’histoire se termine ici, me paraissent une chose étrange, puisqu’il est impossible d’admettre que les deux rois soient morts précisément dans la même année et n’aient eu chacun qu’un enfant mâle. Si donc d’une part, on n’a rien de positif à opposer à la tradition, de l’autre je crois que la critique peut profiter de la latitude que lui laisse un tel état de chose » et « Dix rois règnent parallèlement, deux par deux, commencent et meurent à la même époque : c'est incompréhensible, inexplicable ! »
  13. (en) Cyrille Toumanoff, Studies in Christian Caucasian History, Georgetown, Georgetown University Press,‎ 1963, partie II, « States and Dynasties of Caucasia in the Formative Centuries », p. 264-266.

Bibliographie[modifier | modifier le code]