Phare du bout du monde (Patagonie)

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Phare de San Juan del Salvamento
Le phare en 2008
Le phare en 2008

Coordonnées 54° 43′ 56.45″ S 63° 51′ 25″ O / -54.7323472, -63.85694 ()54° 43′ 56.45″ S 63° 51′ 25″ O / -54.7323472, -63.85694 ()  
Pays Drapeau de l’Argentine Argentine
Localisation Mer d'Argentine,
Île des États,
Terre de Feu, Antarctique et Îles de l'Atlantique Sud
Construction 1884 (reconstruit en 1998)
Hauteur 6,10 m
Élévation 70 m
Portée 14 milles
Feux Flash, blanc, 15 s
Aide sonore Non
Automatisation 1998
Gardienné Non
Visiteurs Non

Géolocalisation sur la carte : Terre de Feu

(Voir situation sur carte : Terre de Feu)
Phare de San Juan del Salvamento

Géolocalisation sur la carte : Argentine

(Voir situation sur carte : Argentine)
Phare de San Juan del Salvamento

Le phare de San Juan del Salvamento, dit le « Phare du bout du monde » (en espagnol : Faro del fin del mundo), est un phare situé en Patagonie d'Argentine, sur l'île des États, au large de la péninsule Mitre (Terre de Feu, Antarctique et Îles de l'Atlantique Sud).

Jules Verne s'en est inspiré pour son roman Le Phare du bout du monde, édité en 1905, peu après sa mort.

Par son appellation « phare du bout du monde », le phare de San Juan del Salvamento est souvent confondu avec le phare les Éclaireurs situé sur le canal Beagle, en face d'Ushuaïa.

Description[modifier | modifier le code]

Le phare de San Juan del Salvamento est érigé sur un promontoire rocheux de 70 mètres au-dessus du niveau de la mer, à Punta Lasserre, à l'ouest de Puerto San Juan del Salvamento. C'est un phare en bois peint de couleur blanche, de forme octogonale, avec une hauteur totale de 6,10 m et un diamètre de 9 m. Sa caractéristique boule sommitale est en zinc d'un diamètre d’1 mètre. À l'époque, le phare projetait sa lumière produite par sept lampes fonctionnant à l'huile de colza sur deux côtés, à travers de gros cristaux (lentilles de Fresnel). Après sa reconstruction en 1998, le faisceau a une portée de 26 km sur un angle de 93°. Il est alimenté par des panneaux solaires, émet un éclat lumineux toutes les 15 secondes.

Outre sa fonction de phare, sa configuration et son accès libre lui permettent d'avoir une vocation de « refuge aux naufragés ». On y trouve de quoi dormir, se nourrir et se chauffer mais sans vocation touristique, l'île des États étant protégée par son statut de réserve naturelle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construit à l'initiative du gouvernement argentin, le phare est inauguré le 25 mai 1884 par l'expédition du commandant Augusto Lasserre. Remplacé par le phare Año Nuevo, mieux situé, il est laissé à l'abandon en 1902, le phare tombe en ruine rapidement en raison des conditions climatiques extrêmes.

Ses vestiges sont découverts en 1994 par le Français André Bronner[1], dit « Yul Vernes », un aventurier de La Rochelle, qui décide de le faire reconstruire pour favoriser les échanges culturels entre la France et l'Argentine. Il mobilise à cet effet une équipe de dix personnes en 1997 : Jan Kamerbeek, Éric Lelaurain, Daniel Nouraud, Jean Sécheresse, Sylvain Berthommé, Pascal Ducourtioux, Guillaume Mérigeaux, Gilbert Maurel, Gildas Flahault et André Bronner lui-même en collaboration avec les Ateliers Perrault Frères[2]. Le 26 février 1998, après deux mois de chantier dans des conditions très difficiles, le phare fonctionne à nouveau.

De retour en France, l'équipe d'André Bronner décide de construire une réplique de ce phare, à 12 780 km de distance, à la pointe des Minimes à La Rochelle. Le 1er janvier 2000, le phare du Bout du Monde de La Rochelle est inauguré.

En 1999, par le décret national no 64/99, le site du phare de San Juan de Salvamento est déclaré monument historique (en Argentine : Monumento Histórico Nacional).

Littérature[modifier | modifier le code]

Jules Verne rédige en 1901 Le Phare du bout du monde qui sera publié en feuilleton, après sa mort, avec des modifications apportées par son fils Michel Verne. Voici un extrait du roman qui décrit le phare :

« La tour était d'une extrême solidité, bâtie avec les matériaux fournis par l'île des États. Les pierres d'une grande dureté, maintenues par des entretoises de fer, appareillées avec une grande précision, emboîtées, les unes dans les autres à queue d'aronde, formaient une paroi capable de résister aux violentes tempêtes, aux ouragans terribles qui se déchaînent si fréquemment sur cette lointaine limite des deux plus vastes océans du globe. Ainsi que l'avait dit Vasquez, le vent ne l'emporterait pas, cette tour. »

Iconographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Revue Jules Verne 5, 1998, p. 110-113.
  2. Mécénat de compétence — Vitrine d'un savoir-faire ; Journal des Entreprises édition Maine-et-Loire 49 ; 8 octobre 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • (es) Isla de Los Estados, Carta Historica, Zagier & Urruty Publications, 2001 (ISBN 1-879568-84-5)
  • (es) La Isla de Los Estados y El Faro del Fin del Mundo, Lic. Carlos Pedro Vairo, Zagier & Urruty Publications, 1998 (ISBN 1-879568-52-7)
  • (es) El Faro del Fin del Mundo, Enrique S. Inda, Relatos Australes, 2007 (ISBN 8479710098)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]