Phare de Tévennec

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Phare de Tévennec
L'îlot et le phare de Tevennec par mer calme. On aperçoit au loin la Pointe du Raz et le Phare de la Vieille
L'îlot et le phare de Tevennec par mer calme. On aperçoit au loin la Pointe du Raz et le Phare de la Vieille

Coordonnées 48° 04′ 17″ N 4° 47′ 43″ O / 48.07139, -4.7952848° 04′ 17″ N 4° 47′ 43″ O / 48.07139, -4.79528  [1]
Pays Drapeau de la France France
Localisation Raz de Sein, Finistère
Construction 1871 - 1875
Élévation 11 m
Portée 9 milles (blanc)
6 milles (rouge)
Feux Éclats blancs et rouges
Automatisation 7 février 1910

Géolocalisation sur la carte : Finistère

(Voir situation sur carte : Finistère)
Phare de Tévennec

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Phare de Tévennec

Le phare de Tévennec est situé à la pointe occidentale de la Bretagne (département du Finistère), dans la partie nord du raz de Sein au large de la pointe du Van. Automatisé dès 1910 du fait de son accès difficile, il accompagne le feu de la Vieille dans la sécurisation du passage du raz de Sein, qui présente de nombreuses difficultés.

Sécuriser le raz de Sein[modifier | modifier le code]

La construction du phare d'Ar-Men, destiné à sécuriser la chaussée de Sein au large de l'île du même nom, a commencé en 1867. Mais il existe aussi un passage maritime entre l'île de Sein et la pointe du Raz qui constitue une forme de raccourci : le raz de Sein. L'endroit est très dangereux cependant, à cause de violents courants (raz en breton signifie « courant rapide »). L'augmentation croissante du cabotage dans les parages justifie que l'on facilite aux navires la fréquentation de ce passage, notamment de nuit. Ce sera la raison d'être du phare de Tévennec et du phare de la Vieille. En outre, le lancement du chantier de Tévennec (1869), puis celui de la Vieille (1879), devaient permettre d'occuper les équipes travaillant sur Ar-Men, lorsque le mauvais temps leur imposait un chômage technique, ce qui était fréquent.

Chausseedesein.png

Architecture et construction[modifier | modifier le code]

Dessinés en 1869 par l'ingénieur Paul Joly, également responsable de l'architecture d'Ar-Men, les plans de l'établissement de Tévennec prévoient, pour le phare lui-même, une tour carrée de 11 mètres de haut et 2,40 mètres de côté. Une maison d'habitation destinée au gardien jouxte la tour. Longue de 8,8 mètres et large de 7,3 mètres, elle comprend une cuisine, deux petites chambres et un grenier. Une plate-forme, rehaussée d'un mur de protection, entoure le bâtiment, construit pour l'essentiel à l'aide de pierres extraites directement de l'îlot. L'escalier qui conduit au débarcadère est quant à lui taillé à même la roche.

Préconisée par la commission des phares dès 1860, mais commencée seulement en 1869, la construction s'achève cinq ans plus tard. Le feu du phare de Tévennec est mis en service pour la première fois le 15 mars 1875.

Historique du feu[modifier | modifier le code]

  • Le premier feu installé en 1875 est un feu fixe secteur blanc et rouge.
  • Le 10 novembre 1898, le feu est alimenté au gaz.
  • Le feu est automatisé le 7 février 1910.
  • De nouveaux travaux rendent le feu alimenté au propane le 27 août 1910.
  • En 1939, un feu auxiliaire directionnel intense dans le relèvement à 328° est installé au sommet de la tourelle de la galerie. Il est à feu scintillant, secteurs blanc et rouge
  • En octobre 1994, des panneaux solaires sont installés pour assurer l'alimentation électrique du phare

Un phare maudit ?[modifier | modifier le code]

Compte tenu des particularités du site sur lequel il est érigé, le phare de Tévennec est assez inclassable. Ce n'est pas vraiment un phare de haute mer — un « enfer », selon la classification inventée par les gardiens — puisqu'il n'est pas directement entouré d'eau. Et c'est à peine un « purgatoire », c'est-à-dire l'un de ces phares installés sur une île. Le rocher sur lequel est érigé la maison-phare peut en effet difficilement prétendre à ce titre. Bien que son sommet s'élève à 14 mètres au-dessus du niveau de l'eau, il est fréquemment balayé par les embruns et il reste très délicat d'y aborder, voire impossible, dès que la mer est formée. Peut-être conviendrait-il, pour faire une place à Tévennec dans la typologie traditionnelle des phares, d'y ajouter la catégorie des phares « limbes »[interprétation personnelle]...

L'appellation conviendrait d'autant mieux ici que ce phare jouit d'une très sinistre réputation auprès des marins et des habitants du cap Sizun[réf. souhaitée]. On raconte à son propos toutes sortes d'histoires : des gardiens qui deviennent fous en quelques mois, d'autres qui meurent brutalement, dont l'un dans les bras de son épouse, qui l'aurait alors mis au saloir pour conserver son corps jusqu'à la relève suivante... Des cris lugubres, prêtés aux âmes des nombreux naufragés ayant trouvé la mort sur l'îlot, se feraient entendre de temps à autre, entre les rochers[réf. souhaitée]. La croix de fer plantée au pied du phare, et qui a remplacé une première croix en pierre, aurait été installée là pour rassurer tout le monde. En vain. [interprétation personnelle]

Jean-Christophe Fichou a montré récemment[2] que la plupart des récits dramatiques concernant les gardiens de ce lieu étaient très largement imaginaires. Il reste que l'erreur initiale de l'administration des Ponts et Chaussées est sans doute de ne pas avoir considéré Tévennec comme un phare de pleine mer. Classé en tant que fanal de quatrième catégorie, un seul gardien y a été affecté à l'origine, avec pour mission d'assurer son service à l'année longue, comme ses confrères installés dans les maisons-phares du littoral (les « paradis »).

Or, la vie sur le rocher de Tévennec est probablement aussi difficile que dans bien des phares en mer. Par ailleurs, des plongeurs ont découvert récemment[Quand ?] une grotte sous-marine traversant l'îlot de part en part[réf. nécessaire]. Lorsque des vagues s'y engouffrent, l'air s'en échappe par des failles dans la roche, ce qui produit des hululements tout à fait sinistres. Telle est peut être l'origine de ces cris mystérieux que d'aucuns assurent avoir entendus dans les parages de Tévennec[interprétation personnelle]. Une chose est certaine : installer à cet endroit à longueur d'année un homme seul, sans lui garantir de périodes de relève régulières, avait toutes les chances de créer des problèmes[interprétation personnelle].

Histoire des gardiens de Tévennec[modifier | modifier le code]

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Cela dit, les difficultés propres à ce poste n'échappent pas longtemps à l'administration des phares et balises. Dès juillet 1876, l'autorisation d'affecter à Tévennec un second gardien est délivrée par le ministère compétent, de façon à pouvoir établir une rotation sur l'îlot. Mais, les candidats restent rares et ceux qui acceptent le poste ont tôt fait de demander leur mutation. L'aide épisodique reçue de la part du troisième gardien de phare de la Vieille à partir de 1885 n'y change rien.

En décembre 1897, pour tenter de remédier à ces difficultés de recrutement, il est décidé que Tévennec serait désormais desservi par un gardien accompagné de sa femme, qui assurerait les fonctions d'auxiliaire pour un salaire de 50 francs par mois. Un premier couple s'installe dès la fin de l'année : les Milliner.

Trois ans plus tard, ce sont les Quéméré qui prennent la relève. Ils resteront cinq ans à ce poste, presque un record pour le phare de Tévennec. Madame Quéméré, qui a donné naissance à trois enfants au cours de cette période, ira même jusqu'à dire, vers la fin de ses jours, qu'elle a passé sur cet îlot inhospitalier quelques-uns des meilleurs moments de sa vie... Le ravitaillement de l'île s'effectue alors toutes les deux semaines, « temps permettant » bien sûr, ce qui est loin d'être toujours le cas. Mais, les Quéméré jouissent alors des services de quelques poules et d'une vache, importée avec son fourrage, car aucune herbe ne pousse sur Tévennec. Ils engraissent également un cochon.

Toutefois, après cette trêve relative dans l'histoire chaotique et malheureuse des gardiens du phare de Tévennec, les démissions et les plaintes reprennent de la part des successeurs des Quéméré. Un dernier couple — les Ropart — accompagné de deux enfants, y séjournera quelque temps. Mais, là encore, ils réclament rapidement leur mutation. Finalement, face à ces difficultés, l'administration des Ponts et Chaussées renonce à faire garder Tévennec et y installe en 1910 un feu permanent (réalimenté tous les 6 mois). La mesure a sans doute aussi des motifs d'ordre économique. Depuis, plus personne n'a habité à Tévennec.

La deuxième vie de Tévennec[modifier | modifier le code]

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Une convention d'occupation de la légendaire maison-feu de Tévennec (raz de Sein) a été signée le 10 juin 2011 à Brest pour une durée de 10 ans entre les services de l'État et la Société Nationale pour le Patrimoine des Phares et Balises (SNPB), association fondée en 2002 représentée par son président en exercice, Marc Pointud. À terme l'objectif de la SNPB est d'ouvrir une maison d'artistes, après restauration progressive des lieux.

Tévennec est un élément emblématique du patrimoine des phares. Abandonné de tout gardiennage depuis 1910, la SNPB projette de faire appel au mécénat privé pour financer ce projet exceptionnel dans le cadre des dispositions de la loi sur le mécénat d'août 2003. Cette signature s'inscrit dans le processus du Grenelle de la mer et procède des volontés conjointes de la SNPB, des services de la DIRM et de la mission pour le patrimoine auprès de la direction des Affaires Maritimes.

La maison est ceinturée par une terrasse qui offre un point de vue exceptionnel à 360° sur le raz de Sein et l'Iroise. Les assauts du mauvais temps et les années d'absence d'entretien ont eu raison de l'état des lieux. Le toit fut d'ailleurs emporté par la tempête en 1910. À l'intérieur, les boiseries et les parquets sont en très mauvais état. L'ensemble est complété par une citerne, une salle voûtée importante sous la terrasse et un four à pain, un des rares exemples pour un phare en mer, avec Cordouan. D'autres petits appentis sont encore visibles.

Le projet de restauration de Tévennec est lauréat 2012 des « Coups de Cœur » du Cluster Maritime Français[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Tévennec a inspiré :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées géographiques obtenues sur le site World Lighthouse On The Air (consulter la liste). Modifiées d'après Géoportail (IGN) et CartoExploreur (Bayo, d'après cartographie IGN).
  2. Fichou et alii, Phares, 1999
  3. « Coups de Cœur », site du Cluster Maritime Français

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Abraham, « Tévennec », La Place royale, Le Temps qu'il fait, 2004. L'écrivain Jean-Pierre Abraham, qui fut aussi gardien de phare à Ar-Men, raconte une visite à Tévennec.
  • Jean-Christophe Fichou, Noël Le Henaff, Xavier Mével, Phares. Histoire du balisage et de l'éclairage des côtes de France, Douarnenez, Éditions Le Chasse-Marée/Armen, 1999, 451 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]