Phan Thị Kim Phúc

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Phan Thị Kim Phúc

Phan Thị Kim Phúc [ɸɐːn33.t̺ʰɪj31.kim33.ɸúk͡p̚35] connue aussi sous le nom de Kim Phuc (née en 1963) est célèbre pour avoir été prise en photographie, hurlant de douleur après avoir été brûlée vive[1], lors de la guerre du Viêt Nam.


Biographie[modifier | modifier le code]

Phan Thị Kim Phúc est née en 1963 dans le village de Trảng Bàng. Lors de l'attaque de son village le , elle est brûlée vive par le napalm des bombes de l'armée sud-vietnamienne. Elle a été transportée à l'hôpital de Saïgon par Huỳnh Công Út, plus connu sous le nom de Nick Ut, le photographe de l'agence Associated Press à l'origine de la photographie (World Press Photo 1972). Il a été diagnostiqué que ses brûlures étaient si sévères qu'elle n'aurait pas dû survivre sans une prise en charge immédiate. Néanmoins après 14 mois d'hospitalisation et 17 interventions chirurgicales, Kim Phuc a pu être sauvée. Nick Ut, qui a obtenu la même année le prix Pulitzer pour cette photographie, est resté en contact avec elle par la suite[2].

Elle est ensuite mise sous étroite surveillance par le gouvernement vietnamien et fuit Moscou en 1994, lors de son voyage de noces, puis son pays et enfin Cuba pour rejoindre le Canada[3].

A Washington, à l’occasion d’une cérémonie commémorative de la guerre du Vietnam, alors qu’elle faisait un discours devant des vétérans, elle a publiquement pardonné à l’officier qui avait ordonné le bombardement de son village au napalm[4].

Kim Phuc Phan Thi est Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO depuis 1997. Ayant décidé de consacrer sa vie à promouvoir la paix, elle a créé à cette fin la Fondation Kim Phuc. Cette fondation aide les enfants qui sont victimes de la guerre en leur offrant un soutien médical et psychologique afin qu’ils puissent surmonter leurs traumatismes. Aujourd’hui, Kim Phuc vit au Canada avec son mari et ses enfants et finance des projets d’écoles et d’hôpitaux dans le monde entier, comme en Ouganda, au Timor-Leste, en Roumanie, au Tadjikistan, au Kenya et en Afghanistan[5].

En juin 2000, Kim Phuc est invitée par l'Alliance Évangélique Française pour intervenir pendant près d'une heure auprès de 6 000 jeunes chrétiens[6].

Histoire de la photo[modifier | modifier le code]

Kim Phuc apparaît sur une célèbre photo, prise le , la montrant à l'âge d'environ neuf ans courant, de face, nue sur une route après avoir été grièvement brûlée, suite à une attaque au napalm sur le village de Trang Bang.

Il existe également un film, beaucoup moins diffusé, tourné par le cameraman britannique Alan Downes d'ITN (Independent Television News), qui montre les événements juste avant et juste après la prise de cette photographie.

La parution de la photographie a été retardée jusqu'au 12 juin 1972 au motif qu'elle mettait en scène la nudité frontale d'enfants, nudité absolument taboue pour la presse américaine. Après un débat au sein de l'agence de presse et une série de décisions individuelles, il a été finalement décidé de la publier en raison de son intérêt journalistique exceptionnel, mais en évitant de faire un gros plan sur l'enfant brûlée[7].

La véracité de ces événements et l'authenticité de la photographie, souvent présentée comme celle d'une petite fille hurlant simplement de terreur (alors qu'elle hurlait de douleur, après avoir été brûlée vive), avaient été mises en doute dès le 12 juin 1972, en particulier par le président américain Richard Nixon[8], ce qui a entraîné de nombreuses réactions, y compris de la victime, et celle du photographe Nick Ut qui a déclaré que « la photographie était aussi authentique que la guerre du Viêt Nam elle-même »[9].

Considérée comme un témoignage vivant des horreurs de la guerre et symbole du pacifisme, Kim Phúc a été nommée Ambassadrice de Bonne Volonté (Goodwill Ambassador) de l'UNESCO le 10 novembre 1994.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Vietnam Napalm Girl Le reporter Nick Ut rapporte en particulier ses premières paroles « Je veux de l'eau. J'ai trop chaud, trop chaud ! » (en vietnamien « Nong qua, nong qua! »)
  2. (en) Kim Phuc and Nick Ut Meet Again : Les retrouvailles de Kim Phuc et Nick Ut
  3. Annick Cojean, « "La fille de la photo" sort du cliché », Le Monde,‎ 17 juin 2012 (lire en ligne)
  4. Annick Cojean, « L'Enfant symbole d'un Vietnam en feu », dans Jean Krauze et Stéphane Joseph, Grands reporters. Prix Albert Londres : 100 reportages d'exception de 1950 à aujourd'hui, Éditions 10/18,‎ 2012 (ISBN 978-2-264-05887-4), p. 513
  5. [1]
  6. Forum-rencontre avec Kim Phuc
  7. (en) How the Picture Reached the World
  8. (en) http://www.cbsnews.com/stories/2002/02/28/politics/main502490.shtml Nixon, The A-Bomb, And Napalm, CBS news, 2002] Le président américain Richard Nixon commentant la photographie déclare « Je me demande si ce n'est pas truqué » « On another tape, Nixon sits down on June 12, 1972, with his chief of staff, H.R. Haldeman, and again discusses the Vietnam War. This time the focus was on a photo of children running from napalm - which was to become one of the most famous and haunting images of the 20th century. "I'm wondering if that was fixed", Nixon mused after seeing the photograph. Haldeman replies, "Could have been" »
  9. (en) « Even though it has become one of the most memorable images of the twentieth century, President Nixon once doubted the authenticity of my photograph when he saw it in the papers on 12 June 1972... The picture for me and unquestionably for many others could not have been more real. The photo was as authentic as the Vietnam war itself. The horror of the Vietnam war recorded by me did not have to be fixed. That terrified little girl is still alive today and has become an eloquent testimony to the authenticity of that photo. That moment thirty years ago will be one Kim Phuc and I will never forget. It has ultimately changed both our lives » (Source : program booklet for Humanist Art/Symbolic Sites: An Art Forum for the 21st Century)