Phénomène de voix électronique

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Le Phénomène de voix électronique désigne la présence sur un enregistrement audio d'un message linguistique (généralement un seul mot ou une phrase très courte) de provenance inconnue, distingué parmi le bruit blanc d'un enregistrement.

Les causes proposées sont nombreuses : occultes ou paranormales (voix d'esprits, psychokinèse), psychologique (paréidolie) ou physique (interférences, artéfact).

Les premiers à attirer l'attention sur ce phénomène semblent avoir été Attila von Szalay, Friedrich Jürgenson et Konstantīns Raudive. Raymond Bayless, partenaire d'Attila von Szalay, aurait inventé le terme Electronic voice phenomena (EVP), qui fut popularisé par les ouvrages de la maison d'édition anglaise Colin Smythe.

Selon un partisan du scepticisme scientifique - l'observatoire de Zététique - dans un article (2011) où il a étudié l'EVP, « l'hypothèse « paréidolie auditive » est très plausible, et conforme aux phénomènes déjà connus de la science (des matériaux et de la parole), tandis que l'hypothèse « esprits parlants », extraordinaire au point qu'il faudrait considérablement modifier les connaissances scientifiques en cas de confirmation, ne semble avoir aucun argument la rendant plus explicative que l'autre. »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dès les années 1930, l’Américain Attila von Szalay (Sealay), qui joignait à son métier de photographe des dons de medium, aurait essayé au moyen de diverses techniques de capturer la voix des esprits. Dans les années 1950, il s’associa avec Raymond Bayless, illustrateur de littérature fantastique passionné de paranormal. Ils prétendirent avoir capté de nombreuses voix à l’intérieur d’une garde-robe isolée acoustiquement, audibles seulement lors de la réécoute.

L’intérêt pour le sujet s’accrut avec les expériences du producteur de cinéma suédois Friedrich Jurgenson (19031987). Lisant à l'envers un enregistrement de chants d'oiseaux fait en juin 1959, il crut entendre une faible voix norvégienne parlant des oiseaux de nuit. Jurgenson supposa qu'il s'agissait d'une interférence radiophonique, mais il n'y avait pas d'émetteur à l'endroit où l'enregistrement avait été fait. Il continua les essais chez lui et capta d’autres voix, dont celle de sa mère. Il reçut l’appui du parapsychologue Hans Bender qui se déclara en faveur d’une origine paranormale.

Par la suite un collaborateur, Konstantin Raudive (1909-1974), homme de lettres letton et enseignant de psychologie à l'Université d'Uppsala, poursuivit l’expérience à grande échelle. Il réalisa quelque 100 000 enregistrements selon trois modalités : dans une pièce isolée acoustiquement, bruit statique de radio et bruit statique de diode. Il dégagea quatre caractéristiques des voix électroniques : rythme différent du langage ordinaire, extrême brièveté du message et non-respect de la syntaxe, parfois mélange de différentes langues. Ces constatations furent considérées par les rationalistes comme de claires indications qu’on n’était pas en face d’une véritable communication linguistique.

Néanmoins, l’intérêt pour le phénomène ne disparut pas et en 1980 un medium, William O'Neil, inventa un dispositif destiné à capter ces voix appelé Spiricom, conçu, disait-il, selon des instructions fournies par l’esprit de George J. Mueller, physcien de l’Université Cornell. Avec un industriel intéressé depuis longtemps à son travail, George Meek, il créa une fondation distribuant gratuitement les plans de l’appareil à ceux désireux de tenter l’expérience. Néanmoins, bien qu'O’Neill ait prétendu avoir enregistré de nombreuses voix, ceux qui essayèrent son appareil ne semblent pas avoir eu autant de chance.

En 1982, l’American Association of Electronic Voice Phenomena fut fondée à Severna Park, Maryland, par Sarah Estep, partisane depuis 1970 de l’Hypothèse de survie, qui postule que l’homme est un être fondamentalement immatériel ; après une existence physique durant le temps d’une vie, il retourne à son état d’origine. L'existence des voix désincarnées serait une preuve de l'immatérialité de la nature humaine.

En 1997, des chercheurs du Département de psychologie de l’Université Western Ontario s’appuyant sur la méthode de K. Raudive et le travail de Mark Macy, chercheur en transcommunication instrumentale (communication paranormale par le biais d’écrans et moniteurs), entreprirent une nouvelle expérience. Ils réalisèrent, en 81 sessions, 60 heures et 11 minutes d’enregistrement en présence d’une personne neutre qui devait à certains moments rester silencieuse et à d’autres tenter d’engager le dialogue avec les « entités ». Les résultats, publiés en 2001 par Imants Barušs dans le Journal of Scientific Exploration[2], ne furent pas considérés comme concluants, les sections pouvant être interprétées linguistiquement étant trop rares et espacées. Selon Barušs et son équipe, l'existence même du phénomène est improbable.

Mais la réalité des voix électroniques et leur origine paranormale garde ses partisans. En mars 2003, Alexander MacRae, chercheur en parapsychologie écossais, procéda à des enregistrements dans un laboratoire du Centre de science noétique de Petaluma, Californie. Le local était, selon ses dires, isolé acoustiquement et protégé des radiations électromagnétiques. Il déclara avoir enregistré de nombreuses voix et considère que le fait que l’isolement n’ait eu aucune influence sur elles prouve leur nature paranormale. Ses conclusions ont été publiées dans le Journal of the Society for Psychical Research (octobre 2005).

François Brune en France est l'auteur de livres, et de publications au sujet de transcommunications instrumentales.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Dans les années 1920, Thomas Edison déclara que si des esprits ou des fantômes devaient être contactés, ils seraient plus sensibles aux machines qu'aux méthodes de l'époque telles que la table Ouija. Il déclara même à un journaliste de la revue Scientific American qu’il travaillait à la conception d’une machine pour communiquer avec les esprits. Ce n’est que quelques jours après, alors que la nouvelle s’étalait dans les journaux, qu’il avoua qu’il s’agissait d’une plaisanterie[3].

Dans la culture de masse[modifier | modifier le code]

Exemples d'utilisation de l'EVP comme sujet dans la culture de masse :

Films[modifier | modifier le code]

Dans l'industrie du divertissement, le sujet EVP est exploité dans :

Série télévisée[modifier | modifier le code]

  • Recherche investigation paranormal (2010). Téléréalité. Série Française.
  • Ghost Adventures. Série télévisée américaine.
  • Ghost Whisperer. Série télévisée américaine.

Autres médias[modifier | modifier le code]

  • Le chanteur britannique Oliver Ho fait référence au phénomène de voix électronique dit aussi voix de Raudive dans son album Raudive - Zeitgeist E.P (2007)
  • L'artiste expérimentale américaine Laurie Anderson a consacré à ce phénomène le septième morceau de l'album Big science : "Example #22" en 1982.
  • Émission sur France Culture (Sur les Docks 26-12-2013 écoutable 1000 jours après

diffusion & podcastable pendant un an) http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-%C2%AB-radio-fantome-les-phenomenes-de-voix-electroniques-desincarnees-%C2%BB-2013-12-2

  • Le collectif RYBN travaille à l'étude des phénomènes de voix électronique perceptibles dans les trafics de données des réseaux Internet, 3G, etc. [4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Des voix chez moi ! Esprits ou paréidolie ? E.N., Observatoire de Zététique. 26 octobre 2011
  2. [PDF] Imants Barušs, « Failure to Replicate Electronic Voice Phenomenon », Journal of Scientific Exploration, Vol. 15, No. 3, pp. 355–367, 2001,‎ 2001 (consulté le 7 janvier 2007)
  3. « Don't believe everything you read in a textbook! », Edison National Historic Site, National Parks Service,‎ 5 novembre 2004 (consulté le 1er décembre 2006)
  4. Data centers, art around the bunker, Libération, Marie lechner, 17/01/2014

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christine Bergé, La Voix des esprits, Métailié, Collection : Traversées, 1990 (ISBN 978-2864240815)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]