Phénix (réacteur)

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44° 09′ 04″ N 4° 42′ 51″ E / 44.151174, 4.714281

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Phénix est un réacteur nucléaire prototype de type réacteur nucléaire à neutrons rapides et à caloporteur sodium d’une puissance électrique de 250 MW situé sur le site nucléaire de Marcoule (Gard) et arrêté en 2010.

Phénix a été exploité pendant 36 ans conjointement par le CEA et EDF. Construit en 1968, divergé le 31 août 1973, et raccordé au réseau électrique en 1974, il était en 2009 le plus ancien des réacteurs nucléaires français en fonctionnement[1].

Sa vocation était à la fois de fournir de l'électricité et de procéder à l’étude de la transmutation des déchets radioactifs à vie longue (loi Bataille de 1991). "L’arrêt définitif de la production d’électricité est intervenu le 6 mars 2009. À l’issue de celui-ci, une campagne d’essais dits « ultimes » a été réalisée entre avril 2009 et janvier 2010. La fin du fonctionnement du réacteur a été prononcée le 1er février 2010."[2]. Les opérations de démantèlement devraient durer entre 20 et 30 ans [3].

Historique / Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Phénix est un réacteur intermédiaire entre Rapsodie (arrêté en 1983) et Superphénix (arrêté en 1998).

L’histoire de Phénix a été ponctuée par des arrêts, principalement, jusqu’en 1989, en raison de fuites et « petits » feux de sodium. Entre septembre 1990 et la fin de 1994, le surgénérateur n’a pas fonctionné, sauf pour quelques jours d’essais[4]. Arrêté en 1995, Phénix redémarre en 1998. En 1999, Phénix subit un nouvel arrêt car il doit être mis en conformité avec les nouvelles normes sismiques.

En septembre 2002, une explosion a eu lieu dans un réservoir raccordé à une cheminée qui débouche en toiture du bâtiment. Il s'agit d'une réaction entre du sodium résiduel présent dans ce réservoir et de l'eau qui y aurait pénétré accidentellement par suite d'un débordement lié aux pluies abondantes qui ont affecté la région[5].

En mars 2008, une opération de contrôle au CEA de Marcoule a mis au jour des défauts de fonctionnement d'un logiciel de surveillance anti-incendie de la centrale nucléaire Phénix. L'incident a été classé au niveau 1 sur l'échelle INES.

Démantèlement[modifier | modifier le code]

Phénix (dont l'opération de démantèlement est estimée à près d'un milliard d'euros[réf. nécessaire]) est considéré comme un prototype des réacteurs dits à neutrons rapides. Son démantèlement sera particulièrement délicat du fait que contrairement aux autres réacteurs il ne baigne pas dans l'eau mais dans du sodium liquide (dont une des propriétés est de s'enflammer au contact de l'air et de pouvoir exploser en présence d'eau et d'oxygène). Le retour d'expérience du démantèlement de Superphénix de puissance et dimensions nettement plus importante que Phénix, déjà entrepris, pourra cependant être mis à profit, dont notamment l'installation de conversion en soude du sodium contenu.

Le site de Marcoule sera le premier site de démantèlement du fait de l'arrêt de tous ses réacteurs. En dehors de Phénix, les trois autres réacteurs du site nucléaire de Marcoule (de la filière graphite-gaz) ont été arrêtés respectivement en 1968, 1980 et 1984.

Poursuite de l'expérimentation de la filière[modifier | modifier le code]

Après l'arrêt de Phénix, les expériences d'irradiation reprendront au CEA de Cadarache sur le réacteur de recherche Jules Horowitz (RJH) dont la mise en service est actuellement prévue en 2020, et par ailleurs ASTRID dont le projet a été lancé en 2010, devrait lui succéder comme nouveau projet de réacteur à neutrons rapides[6],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Liste des réacteurs nucléaires en France
  2. Avis délibéré de l’Autorité environnementale sur les demandes d’autorisation: - de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement de l’installation nucléaire de base (INB) 71 «PHENIX» - de création de l’entreposage de déchets radioactifs «DIADEM», sur le site de Marcoule (30) du 09 octobre 2013 (Autorité environnementale du Conseil général de l’environnement et du développement durable) "La centrale PHENIX était, à l’origine, une centrale nucléaire prototype de la filière des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium, d’une puissance électrique de 250 MWe et d’une puissance thermique initiale de 563 MWth8. Autorisée par décret du 31 décembre 1969, selon le régime alors en vigueur pour les installations nucléaires de base, elle a été mise en service industriel le 14 juillet 1974. Après avoir connu plusieurs incidents, d’importants travaux de rénovation ont eu lieu de 1994 à 1997, puis de 1998 à 2003, suite à réévaluations de sûretés successives9. En complément de son fonctionnement industriel, depuis 1997, le réacteur a été utilisé pour « satisfaire les besoins exprimés par l’axe N°1 de la loi du 31 décembre 1991 sur l’incinération des actinides mineurs et la transmutation des produits de fission à vie longue ». Des tests ont également été entrepris dans le cadre du programme international « Génération IV »10. L’arrêt définitif de la production d’électricité est intervenu le 6 mars 2009. À l’issue de celui-ci, une campagne d’essais dits « ultimes » a été réalisée entre avril 2009 et janvier 2010. La fin du fonctionnement du réacteur a été prononcée le 1er février 2010."
  3. DEMANTELEMENT DE LA CENTRALE PHENIX - JP GRANDJEAN CEA DPAD MARCOULE (14 mars 2013) : "Déclassement de Phénix - "INB 71" - Scénario de référence : 2031 , Scénario avec aléas  : 2043 "
  4. La France nucléaire: matières et sites, par Mary Byrd Davis
  5. Incident à la centrale de Phénix, ANS septembre 2002
  6. http://www.cea.fr/le_cea/actualites/arret_definitif_du_reacteur_phenix-22415
  7. RJH : un réacteur en chantier(s) - Atout Cadarache n°30, juillet 2012

Article connexe[modifier | modifier le code]