Peyre-Brune

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Peyre-Brune
Image illustrative de l'article Peyre-Brune
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Protection Logo monument historique Classé MH (1889)
Coordonnées 45° 11′ 43″ N 0° 27′ 26″ E / 45.19536111, 0.4573611145° 11′ 43″ Nord 0° 27′ 26″ Est / 45.19536111, 0.45736111  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Peyre-Brune
Peyre-Brune

Peyre-Brune est un dolmen du Néolithique final situé près de Saint-Aquilin en Dordogne, France.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

le dolmen Peyrebrune près de Saint-Aquilin

Le dolmen Peyre-Brune, aussi appelé Pierre-Brune ou dolmen de Bel(l)et, est situé sur un chemin forestier reliant Seyssac, un petit hameau de la commune de Saint-Aquilin, à Segonzac. Le dolmen apparaît après 1,5 kilomètre, sur le côté droit du chemin. Il se trouve sur une ride boisée à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Structure et géologie[modifier | modifier le code]

Le dolmen mesure 2,75 mètres de long et 2 mètres de large. Il comprend une seule chambre rectangulaire, le sens d'orientation n'étant pas évident. Il y a sept supports de 80 centimètres de haut et 65 centimètres de large. Malheureusement la grande dalle couvrant la chambre a glissé, s'inclinant vers le sud-est. Le dolmen est érigé sur les sables de l'Éocène supérieur. Les pierres utilisées sont toutes du même matériau – le sidérolithique, un grès silicifié à granulométrie très fine, extrêmement dur, ferrugineux et de couleur brune, ce qui explique le nom du monument. Le sidérolithique est une formation du Bassin aquitain couvrant la craie fini-crétacé - ici il s'agit du Campanien. Vers la fin du Crétacé, la mer recula et les sédiments exposés furent karstifiés. Les sédiments de caractère continental du Cuisien remplirent ensuite les dépressions dans le karst. Ces poches furent altérées diagénétiquement et les sédiments recristallisèrent [1]. Cette pierre maintenant très dure fut recherchée par les bâtisseurs de mégalithes, Peyre-Brune n'étant pas le seul dolmen de la région où le sidérolithique fut employé (par exemple à Peyrolevado près de Paussac-et-Saint-Vivien la dalle couvrante est aussi en sidérolithique).

Mobilier trouvé[modifier | modifier le code]

Le dolmen était probablement la sépulture d'un chef local. Les fouilles de la Societé archéologique du Périgord en 1874 mirent au jour les objets suivants : des pendeloques, des tessons de poterie, des vases cassées, un biface, des haches, des couteaux, des burins et des pointes. Ce mobilier était accompagné par des fragments de pierres, des cendres végétales et du charbon de bois de chêne.

Les tessons de poterie et les fragments de pierres sont typiques de la culture artenacienne [2].

Quelques analyses des cendres montrent que le défunt n'était pas incinéré.

Tous les objets se trouvent maintenant au Musée du Périgord à Périgueux.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Selon la mythologie locale[réf. souhaitée], le chef fut marié avec une fée et fut tué dans une bataille. La fée ordonna d'ériger le dolmen sur le lieu de la bataille. En outre, elle maudit la personne qui oserait toucher la sépulture.

État de conservation[modifier | modifier le code]

Apparemment la malédiction n'était pas très efficace parce que le dolmen est aujourd'hui dans un état de conservation lamentable [3]. En outre, les châtaigniers commencent à envahir le dolmen.

Signification[modifier | modifier le code]

Peyre-Brune est l'un des rares monuments mégalithiques de cette région pouvant être attribué à une culture spécifique, la culture artenacienne, datant d'environ 4500 à 4300 ans avant notre ère.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Plaque descriptive par Les amis de Saint Aquilin – Conseil Général de la Dordogne
  • Platel, J.-P. et al. (1989). Périgueux (Ouest). Carte géologique de la France à 1/50 000. BRGM

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gourdon-Platel, N. (1977). « Hypothèse sur la formation des dalles silico-ferrugineuses de la bordure nord-aquitaine », Rev. Géomorpho. Dyn., t. 26, n° 2, p.59-65
  2. Roussot-Larroque, J. (1976). « Les civilisations néolithiques en Aquitaine », La préhistoire française, t. 1-2, IXe congrès U.I.S.P.P., sous la direction d'H. de Lumley, p. 338-350.
  3. Célerier, G. et al.(1987). « Les dalles silico-ferrugineuses du Bassin de la Dronne: origine, caractérisation et utilisation préhistorique », 5e Colloque International sur le Silex, Bordeaux. Éditions CNRS.

Voir aussi[modifier | modifier le code]