Petropavlovsk (cuirassé)

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Petropavlovsk (Петропавловск)
Image illustrative de l'article Petropavlovsk (cuirassé)
Cuirassé Petropavlovsk

Histoire
A servi dans Pavillon de la marine impériale russe Marine impériale de Russie, flotte de la Baltique, 1er escadron du Pacifique
Quille posée janvier 1893
Lancement 9 novembre 1894
Armé 1898
Statut coulé par une mine le 31 mars 1904 au large de Port-Arthur
Caractéristiques techniques
Type Cuirassé
Longueur 112,5 mètres
Maître-bau 21,3 m
Tirant d'eau 8,6 m
Déplacement 11 354 tonnes
Propulsion 2 machines à vapeur (triple expansion verticale TEV) actionnant 2 hélices d'un diamètre de 4,5 mètres, 14 chaudières cylindriques à charbon
Puissance 10 600 ch
Vitesse 16,8 (31km/h)
Caractéristiques militaires
Blindage ceinture : 200 -300 mm cloisons transversales : 203 - 208 mm

Ponts : 76 mm Tourelles : 250 mm tourelles secondaires : 130 mm Aéronefs :

Armement 4 × 120 mm, 12 × 150 mm, 10 × 47 mm, 28 × 37 mm, 6 tubes lance-torpilles
Rayon d'action 7 020 km (3790 milles)
Autres caractéristiques
Équipage 662 officiers et hommes d'équipage
Chantier naval île Galerny Saint-Pétersbourg
Port d'attache Kronstadt

Le Petropavlovsk, en russe : Петропавловск, est le premier cuirassé de la classe éponyme construit par la Marine impériale de Russie. Il doit son nom à la bataille de Petropavlovsk (28 août - 7 septembre 1854). Le Poltava, le Sebastopol, ce dernier voué également à une fin tragique, appartinrent à la même classe de cuirassés.

Au cours de la Guerre russo-japonaise (1904-1905), le Petropavlovsk devint le fleuron du 1er escadron du Pacifique, en prenant une grande part aux batailles contre la flotte impériale du Japon. Le 31 mars 1904, il fut gravement endommagé après avoir touché une mine, il coula au large de Port-Arthur. Son naufrage et le décès du vice-amiral Makarov présent à bord, comptèrent parmi les pertes affectant grandement la Russie[1].

Origine du nom Petropavlovsk[modifier | modifier le code]

La Russie impériale innova dans l'appellation de ses bâtiments de guerre, en leur attribuant les noms de célèbres batailles terrestres et navales des XVIIIe et XIXe siècles. Le Petropavlovsk et les sisters-ships Poltava et Sébastopol reçurent donc leur nom de cette manière.

Le nom de Petropavlovsk se réfère au siège du port de Petropavlovsk au cours de la Guerre de Crimée (1854-1856), le Poltava doit son nom à la bataille de Poltava (8 juillet 1709), quant au Sébastopol il doit son nom au siège de cette ville de Crimée (1854-1855).

Autres Petropavlovsk[modifier | modifier le code]

En 1858[2], un destroyer portant le nom de Petropavlovsk fut construit au chantier naval impérial de Saint-Pétersbourg. Son armement se composait de 58 canons et possédait un déplacement de 6 175 tonnes. Après un réaménagement de l'armement (22 canons), il fut affecté à la Flotte de la Baltique, et il fut commandé par l'amiral Boutakov. En 1914, un nouveau cuirassé Petropavlovsk fut construit au chantier naval de la Baltique à Saint-Pétersbourg.

Historique[modifier | modifier le code]

Conception[modifier | modifier le code]

En réponse à la montée en puissance de la Marine impériale allemande, les forces navales russes lancèrent un programme visant à élargir la flotte de la Baltique dans les années 1890. Ce programme comprenait un projet de construction de dix cuirassés, trois croiseurs blindés, trois canonnières et cinquante torpilleurs. Le cuirassé Grand Sissoï fut le premier navire construit. Par la suite, il fut décidé de construire trois bâtiments de guerre de même classe, ce furent : le Petropavlovsk, le Poltava et le Sébastopol[3].

La conception du Petropavlovsk fut approuvée en janvier 1891. Il s'agissait d'une version améliorée de l’Empereur Nicolas Ier, mais avec l'introduction de barbettes et quatre canons de 203 mm. Un blindage de protection protégeait la totalité de la coque située sous la ligne de flottaison. En raison de ses remarquables qualité de navigabilité, même en haute mer, l’Empereur Nicolas Ier fut choisi afin d'être utilisé comme modèle de base pour la construction du Petropavlovsk.

Plus tard cependant, la conception initiale du Petropavlovsk fut modifiée, le blindage de protection fut remarquablement reconsidéré. Après le début de la construction, L'armement fut modifié. Les barbettes des canons principaux et secondaires furent changées et remplacées par des côtés de tourelles, les canons de 203 mm furent remplacés par des canons Canet[4]. En conséquence, le Petropavlovsk n'eut plus les mêmes caractéristiques, ni même le l'aspect que l’Empereur Nicolas Ier[5].

Le Petropavlovsk, en construction, 1896

Construction[modifier | modifier le code]

La construction du Petropavlovsk débuta en janvier 1893 au chantier naval de l'île Galerny à Saint-Pétersbourg. Son lancement eut lieu le 9 novembre 1894. Au début de l'année 1899, ce cuirassé fut entièrement équipé, mais les travaux d'aménagement prirent du retard en raison de la non disponibilité de l'armement et du blindage. Le coût de la construction du Petropavlovsk s'éleva à 9 225 309 roubles[5]. En octobre 1897, le Petropavlovsk prit la mer pour la première fois, mais il était non armé, et les tubes lance-torpilles n'étaient pas opérationnels. Au cours de la construction de ce cuirassé, il apparut que l'un des moteurs se trouvait dans l'incapacité d'atteindre la puissance requise, et le navire rentra donc au port. De nouveaux essais eurent lieu en 1898. À partir du 14 octobre 1898, Le Petropavlovsk pouvait naviguer à une vitesse de 16,86 nœuds (31 km/h).

Particularités[modifier | modifier le code]

Comme tous les navires de sa classe, le Petropavlovsk ressemblait aux navires français par la partie de leur coque hors de l'eau. L'élévation des armes se situait à 7,3 mètres au-dessus du niveau de l'eau. Le cuirassé possédait trois mâts.

Blindage de protection[modifier | modifier le code]

On utilisa le schéma typique de blindage de protection des cuirassés de cette époque pour le Petropavlovsk. Le blindage principal se situait à la ligne de flottaison. La ceinture de blindage du Petropavlovsk, d'une longueur de 73,15 mètres, comprenait 65 % de la coque, une hauteur de 2,29 mètres, 1,39 sous mètres l'eau. L'épaisseur de la ceinture du blindage principal s'élevait à 409 mm. La qualité de ce blindage de protection variait selon les parties du cuirassé. La section verticale du blindage de protection était élaborée en acier nickel, et usinée par les usines Ijorsky Zavod (usines situées à Kolpino, faubourg de Saint-Pétersbourg).

Armement[modifier | modifier le code]

Le Petropavlovsk, à babord

La conception initiale du Petropavlovsk se composait d'une armement de quatre canons de 305 mm de 35 calibres, huit canons de 203 mm de 35 calibres. En 1893, les plans furent changés en un nouveau système avec 305 mm de 40 calibres et 152 mm de 45 calibres. La vitesse à laquelle le projectile quittait le fût du canon et la cadence de tir améliorèrent la puissance de feu du Petropavlovsk.

L'armement principal se composait de quatre canons de calibre 305 mm de calibre 40 placés par paires sur les tourelles avant et arrière du cuirassé. L'élévation maximale était de 15° avec une cadence de tir d'un coup toutes les 2 à 2,5 minutes. Elle était beaucoup plus élevée que la plupart des navires des flottes étrangères de l'époque. Les tourelles furent construites à l'usine d'État de métallurgie Oboukov située à Saint-Pétersbourg. Chaque canon disposait de 58 obus.

L'armement secondaire se composait de 72 canons Canet de 152 mm de calibre 45. L'avant des tourelles possédait un angle de tir de 0 à 130°, à l'arrière des tourelles de 45 à 180°. Elles pouvaient s'élever à un niveau maximal de 15 à 18° maximum, et leur cadence de tir était de quinze coups à la minute. Toutefois, l'absence de mécanisme de sécurité exigeait la réduction à un seul coup par minute. Les obus de 200 mm étaient stockés sous les tourelles.

L'armement anti-mines se composait de dix canons de 47 mm de calibre 37,5 et de vingt-huit de 37 mm de calibre 22,8 (Canons Gochkine) placés sur l'ensemble de la surface du cuirassé. Pour l'embarquement et le débarquement, le bâtiment de guerre était équipé de deux canons Baranovsky de 63,5 de calibre 19.

L'armement comprenait également six tubes lance-torpilles et deux tubes lance-mines. Le cuirassé était également équipé de six projecteurs de recherche de 75 cm de diamètre possédant un angle de 180 à 200°. Ceux-ci étaient situés sur le mât de misaine et le deuxième mât.

On installa aussi à bord en 1902, une station radio d'une portée de 70 miles. Ce cuirassé était doté d'ancres amiral pesant 6,5 tonnes chacune et de deux ancrages auxiliaire Martin.

Propulsion[modifier | modifier le code]

Le Petropavlovsk était doté de deux machines à vapeur à triple expansion verticale (TEV) usinées en Angleterre par la compagnie Hotorn Leslie. Le coût de ses machines s'éleva à 1 130 500 roubles. Ces machines actionnaient deux hélices d'un diamètre de 4,5 mètres. Les deux machines développaient une puissance de 10 600 chevaux (en pratique 11 255 chevaux)[6].

L'électricité à bord était produite par cinq générateurs à vapeur, trois de 640 ampères, un de 320 ampères[6].

750 hommes servaient à bord du Petropavlovsk. Au terme de sa construction, le cuirassé avait la coque peinte en noir, les cheminées de couleur paille. Les couleurs du bâtiment de guerre furent changées à plusieurs reprises. Au début de l'ouverture des combats à Port-Arthur tous les navires russes furent peints en vert olive[3].

Les cuirassés Sébastopol, Poltava et Petropavlovsk (à droite) en mer

Comparaisons[modifier | modifier le code]

Le Petropavlovsk possédait un bon équilibre avec une combinaison optimale de l'armement, du blindage de protection, de la vitesse de navigation. Comparé aux navires lancés à la même époque, « le Petropavlovsk fut l'un des navires les plus puissants du monde » et la prolongation du temps nécessaire à l'aménagement du cuirassé apportait une technologie de plus en plus avancée. Ce fut l'apparition des navires modernes[5]. Les canons principaux satisfaisaient à toutes les exigences, excepté leurs faibles cadences de tir. Les armes secondaires possédaient d'excellentes caractéristiques, mais petit à petit furent abandonnées. L'artillerie anti-mines fut quasiment inutile en raison de l'augmentation de la taille des nouveaux torpilleurs. La majorité des tubes lance-torpilles étant placés sous l'eau, cela augmenta leur capacité de ciblage. Le stockage des obus était situé dans des compartiments à l'avant et dans des zones où la coque était dépourvue de blindage de protection. Cela augmentait la vulnérabilité du cuirassé lors d'explosions internes. Cela joua un rôle important dans le naufrage du Petropavlovsk, le 31 mars 1904.

L'agencement du blindage de protection reflètait les conceptions des années 1880. Celui-ci prévoyait la protection des moteurs, des chaudières et les bases des tourelles par une épaisseur maximum du blindage. La protection de la ceinture principale était quasiment invulnérable aux obus perforants, obus explosifs.

Les navires japonais contemporains au Petropavlovsk (le Misaka, l’Asaki, le Shikishima et le Hatsuse) possédaient tous une ceinture blindée au niveau de l'eau.

Le cuirassé japonais Fuji, proche des caractéristiques du Petropavlovsk

États de service[modifier | modifier le code]

Insigne de la marine Le Petropavlovsk quitta le port de Saint-Pétersbourg en octobre 1897 afin d'être équipé à Cronstadt et les canons furent installés en 1898. Quelque temps plus tard, le cuirassé ancra dans le port de Libau puis de nouveau fut de retour à Cronstadt. Le 5 octobre 1899 le Petropavlovsk reçut son affectation dans la flotte d'Extrême-Orient et fut incorporé dans l'escadron de l'Asie de l'Est. Alexandre Vassilievitch Koltchak, qui était chef de quart à bord du Petropavlovsk, devait mener des études hydrologiques dans le nord de l'océan Pacifique, mais, lorsque le navire entra en Méditerranée, le futur amiral accepta la proposition d'Eduard Toll de participer à une expédition et quitta le navire. Le Petropavlovsk atteignit Port-Arthur le 28 avril 1900.

Entre 1900 et 1901, le cuirassé prit part à la répression contre les Boxers en Chine. Il transporta des troupes et de l'artillerie de Port-Arthur à Taku. En octobre 1902, l'amiral Oskar Viktorovitch Stark prit le commandement de l'escadron de l'Asie de l'Est et hissa son pavillon sur le Petropavlovsk. Au cours de l'année 1903, le navire participa à l'ensemble des expéditions de Chemulpo[7] à Vladivostok[5].

Guerre russo-japonaise[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 8 février 1904, le Petropavlovsk comme la majorité des navires composant l'escadon de l'Asie de l'Est était ancré dans l'avant-port de Port-Arthur. L'escadron fut soudainement attaqué par des torpilleurs japonais qui tirèrent seize torpilles. La non-préparation des Russes à cette attaque provoqua la confusion dans la flotte. Le Petropavlovsk sortit indemne de cette agression, mais trois navires (le Tsarevitch, le Retvizan et le Pallada) subirent de graves dommages. Les mois suivant, l'inactivité de la flotte et d'autres événements provoquèrent la démission de l'amiral Stark et la nomination de l'amiral Makarov en qualité de commandant de l'escadron de l'Est devenu depuis 1902 le 1er escadron du Pacifique. Toutefois, avant l'arrivée de l'amiral Makarov le Petropavlovsk fut engagé dans une bataille navale.

Amiral Stepan Ossipovitch Makarov

Le 9 février 1904, la flotte japonaise composée de six cuirassés et de neuf croiseurs placés sous le commandement de l'amiral Togo engagea le combat contre la flotte russe. Cette bataille dura quarante minutes. Puis les bâtiments de guerre des forces navales japonaises s'éloignèrent, et les navires russes renoncèrent à poursuivre l'ennemi. Ce combat n'apporta aucun résultat de part et d'autre, mais certains bâtiments de guerre subirent quelques dommages. Le Petropavlovsk tira vingt obus de 305 mm et soixante-huit de 152 mm. Au cours de cet échange de feu, un membre d'équipage trouva la mort, quatre autres furent blessés. Quant aux dommages causés aux navires, ils furent insignifiants. Après cet affrontement, le Tsarevitch subit des réparations. Le 24 février 1904, l'amiral Makarov hissa son pavillon sur le croiseur Askold, mais trois jours plus tard il choisit le Petropavlovsk comme navire amiral. Le cuirassé effectua cinq sorties en mer pendant le mois de mars 1904 afin de pratiquer quelques manœuvres. Le 9 mars 1904, le 1er escadron du Pacifique échangea des tirs pendant deux heures avec la presque totalité de la flotte japonaise (six cuirassés et des croiseurs). En raison de la grande distance séparant les deux flottes, les tirs ne produisirent aucun résultat significatif, et bien que la victoire fût remportée par le tir de la plus grande portée, les Russes réussirent à atteindre le cuirassé Fuji avec un obus de 254 mm.

Naufrage du Petropavlovsk[modifier | modifier le code]

Constatant son échec dans le blocus de Port-Arthur, l'amiral Togo utilisa une nouvelle stratégie. Dans l'espoir d'attirer la flotte russe dans le champ de mines, le mouilleur de mines Koryu Maru déposa des mines à l'entrée de Port-Arthur, dans la nuit du 31 mars 1904, sous la protection de quatre destroyers. L'amiral Makarov repéra la flotte japonaise[3] et ordonna aussitôt dans la nuit une sortie dans le secteur de l'île Elliot, espérant y découvrir l'ennemi et l'attaquer. Les navires russes atteignirent l'île, mais aucun bâtiment de guerre ennemi ne croisait aux alentours. La flotte russe rebroussa donc chemin, et les six navires rentrèrent en toute sécurité à Port-Arthur. Deux destroyers furent isolés du reste de la flotte, le Bayan et le Strachny. Le croiseur Strachny (en russe: Страшный), qui était isolé, rencontra sur sa route l'un des croiseurs japonais protégeant les mouilleurs de mines. Dans l'obscurité, le croiseur russe crut qu'il s'agissait du Bayan, mais à l'aube, s'apercevant de sa méprise, il attaqua : après un échange de tirs, le Strachny fut coulé. Le Bayan, venu à l'aide du croiseur, fut également pris sous le feu japonais et coulé. Seuls cinq marins survécurent.

Destruction du cuirassé Petropavlovsk

L'amiral Makarov dirigea le Petropavlovsk, le Poltava et quatre croiseurs sur les lieux du naufrage du Strachny à sept heures du matin. L'escadron évita avec succès les mines et le Petropavlovsk ouvrit le feu sur un navire japonais. Ce dernier mit le cap à l'est, où croisaient les forces principales japonaises. Le 1er escadron reprit donc le chemin de Port-Arthur. Le Petropavlovsk rejoignit les cuirassés Victoire (Победа) et Peresvet (Пересвет), et ensemble ils tentèrent de se rapprocher de l'ennemi. À 9 heures 30 le Petropavlovsk fut secoué par une explosion après avoir heurté une mine. La force de l'explosion projeta la tourelle des canons de 305 mm et les cheminées par dessus bord. En une minute, la proue du Petropavlovsk s'enfonça. Les chaudières et les munitions explosèrent au bout de quinze minutes, le Petropavlovsk se coupa en deux parties puis sombra[8].

Sauvetage de l'équipage[modifier | modifier le code]

Les navires russes se précipitèrent au secours des marins tombés à l'eau. Quatre-vingt personnes furent sauvées y compris le commandant, le capitaine de 1er rang Nikolaï Yakovlev[9], ainsi que le grand-duc Vladimir (cousin de Nicolas II). L'amiral Makarov resta introuvable, ainsi que le peintre militaire, Vassili Verechtchaguine (1842-1904).

Le naufrage du Petropavlovsk eut un impact négatif sur le moral et les capacités de combat du 1er escadron du Pacifique. Non seulement la flotte avait perdu l'un de ses cuirassés, mais également un commandant talentueux, fin tacticien, et défenseur de Port-Arthur. L'amiral Makarov était de plus un homme respecté et aimé des Russes, des officiers et des marins[10].

Recherche de l'épave du Petropavlovsk[modifier | modifier le code]

En 1909, l'homme d'affaires japonais Sakuraya Tserinosuke entreprit de retrouver l'épave du Petropavlovsk ; il calcula de manière à détecter la position des coques des navires dans l'espoir de trouver de l'argent ou autres objets de valeur. Il estima la position de l'épave à environ 2,5 miles de la côte et à 35 mètres de profondeur. En octobre 1911, les premiers rapports indiquèrent la découverte de restes humains à l'intérieur du Petropavlovsk, y compris ceux de l'amiral Makarov, mais les autorités japonaises démentirent cette information. En 1913, de nouvelles informations furent diffusées : six personnes avaient été découvertes dans une cabine située sur le pont arrière du cuirassé, au centre et dans les ponts inférieurs. Une seule d'entre elles fut identifiée, il s'agit du chef d'état-major du 1er escadron du Pacifique, le contre-amiral Mikhaïl Pavlovitch Molas. Ses restes furent retrouvés dans sa cabine. Ses cendres furent transférées à Saint-Pétersbourg où elles furent inhumées. Les cinq autres marins furent portés en terre japonaise, et furent inhumés avec tous les honneurs militaires dans le cimetière militaire de Port-Arthur, le 24 juin 1913.

Au printemps 2008, l'expédition d'études scientifiques de la flotte du Pacifique s'est rendue sur les lieux du naufrage du Petropavlovsk[11]. Cette expédition est formée de membres de la recherche scientifique du centre de recherche Iskra. Depuis 2006, date de sa création, ce centre a retrouvé le lieu du naufrage du Ryurik et a procédé à la recherche de plusieurs sous-marins.

Mémorial du Petropavlovsk[modifier | modifier le code]

Un monument dédié à l'amiral Makarov fut inauguré en présence de Nicolas II, le 24 juin 1913, à Cronstadt. L'un de ses bas-reliefs représente l'épave du Petropavlovsk.

Bas-relief du monument de Makarov représentant l'épave du Petropavlovsk

À l'occasion du centenaire du naufrage du Petropavlovsk, une plaque commémorative, avec les noms des 635 marins et celui de l'amiral, fut dévoilée et bénie à Saint-Pétersbourg. La plaque de cuivre fut placée en la chapelle Saint-Nicolas de l'église orthodoxe Saint-Sauveur-sur-les-Eaux construite en 1911, en l'honneur des marins tués à la bataille de Tsushima (27 mai - 28 mai 1905).

Les successeurs du Petropavlovsk[modifier | modifier le code]

Lors de la restauration de la flotte impériale de Russie, un cuirassé du nom de Petropavlovsk fut construit[12].

Ce navire prit part à la Première Guerre mondiale. En 1921 il reçut le nom de Marat. Le 23 septembre 1943, il fut coulé par un avion allemand dans le port de Kronstadt, renfloué il fut remis en service sous le nom de Petropavlovsk. Il fut rayé des effectifs de la Marine soviétique en 1953.

Un autre navire porta le nom de Petropavlovsk. Un croiseur allemand le Lützow construit en 1936 au chantier naval de Brême. En février 1940 L'URSS signa un accord avec l'Allemagne nazie pour son acquisition. Au printemps 1940, le croiseur quitta l'Allemagne nazie désarmé, il jeta l'ancre dans le port de Leningrad. Le 25 septembre 1940 il fut renommé Petropavlovsk[13]. En 1958, il fut rayé des effectifs de la Marine soviétique.

Monument de Stepan Makarov à Kronstadt.

Victimes du naufrage du Petropavlovsk[modifier | modifier le code]

Le Petropavlovsk dans le jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Le navire figure dans un jeu de stratégie navale : Distant Guns.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. V. Gribovskij (Citation) La catastrophe du 31 mars 1904 (L'épave du Petropavlovsk, Journal Gangut, volume 4, page 49
  2. Ammon Berejnoï, Héroïques navires de la Russie et de la flotte soviétique, publié par les éditions militaires, 1990, Moscou page 240
  3. a, b et c (ru) S. Souliga, « Les Navires de guerre de la classe Poltava », Journal Technika Molodioji, 1993, page 32
  4. Système d'armes puissantes embarquées sur des navires mises au point par l'ingénieur français Canet, ingénieur d'études à la Compagnie Schneider au Creusot
  5. a, b, c et d (ru) S. Souliga, op. cité
  6. a et b ru.wikipedia.org
  7. Port en Corée du Sud près de Séoul
  8. (ru) Ammon S. Berejnoï, Héroïques navires russes et soviétiques, publié par les éditions militaires, Moscou 1990, page 240
  9. Grade correspondant à celui de colonel dans l'infanterie ou l'armée de l'air
  10. http://militera.lib.ru/h/shihsov_av/ 04.
  11. http://avtonomka.org/2008/jan2008.
  12. S.V. Gavrilov Patrimoine du Kamchatka Histocal Essayes - Petropavlovsk-Kamchatsky imprimé en 2006
  13. http://ship.bsu.by

Sources[modifier | modifier le code]

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