Petite chauve-souris brune

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La petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus), Vespertilion brun, ou Little Brown Bat en anglais a longtemps été la plus commune des chauves-souris du Québec. On la retrouve dans une grande partie du Canada (principalement au sud), et des États-Unis. Cette espèce est absente de la toundra. Elle est désormais en voie de disparitions et est classée à l'annexe 1 de la Loi sur les Espèces en Péril (LEP)[1]. Son nom myotis signifie qui fuit la lumière. Elle fait partie de l'ordre des chiroptères (chiroptera), ce qui qui signifie "chiro", la main, et "ptère", qui vole.

Sa rarification subite en Amérique du Nord-Est est survenue à cause de l'infection fongique appelée le Syndrome du Museau Blanc (SMB). Cette infection a débutée durant l'hiver de 2006 à 2007 dans l'état de New-York, dans les États-Unis[2]. Le SMB n'est pas originaire d'Amérique du Nord, mais il a été importé d'Europe.

Caractère distinctifs[3][modifier | modifier le code]

Sont pelage est brun luisant sur le dos et fauve sur le ventre. Le Vespertilion brun a des oreilles d'une dimension moyenne qui ne dépassent pas le museau quand elles sont repliées. Il pèse entre 5.5 g et 13 g pour une envergure de 214 à 275 mm. Les femelles sont légèrement plus grosses que les mâles. Les nouveaux nés pèsent de 1.5 à 2.5 g.

Habitat[modifier | modifier le code]

C'est une espèce occupant une grande variété d'habitats, mais qui apprécie particulièrement les sous-bois. Elle chasse dans des habitats humides et en bordure des points d’eau[4]. Elle est très répandue dans les villes et les infrastructures humaines (habitations, églises, granges, étables, etc.).

Elle gîte dans des grottes l’hiver ou des mines désaffectées. Durant l'été, elle affectionne les habitations ou les cavités d’arbres[4].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Elle se nourrit d'une grande variété d'insectes de 3 à 10 mm de longueur qu'elle capture en vol, comme les chironomides (moucherons), tricoptères (éphémères et phryganes), papillons et coléoptères. Elle chasse de 3 à 6 m au-dessus du sol. Les femelles gestantes peuvent ingurgiter en moyenne 2.5 g par nuit, et les femelles lactantes une moyenne de 3.7g. Elles chassent principalement au dessus des lacs, rivières, zones humides, à l'orée des forêts ou dans les zones dégagées en milieux forestiers. Elles évitent les zones dégagées comme les champs ou les zones déboisées de grandes surfaces.[5]

Hibernation[modifier | modifier le code]

L'hibernation commence juste après la reproduction de mi-août à octobre, puis se termine à la fin de l'hiver, en mai. Cette espèce utilise des gites froids et humides comme les grottes ou des mines désaffectées mais également de manière occasionnelle, elles peuvent utiliser des greniers pour hiberner. Les hibernacles peuvent être à plusieurs centaines de kilomètres de l'endroit où elles ont passé l'été. Elles se rassemblent en grand nombre à l'entrée de certains gîtes d'hibernation afin de s'accoupler, avant de rejoindre leur gîte définitif pour y passer l'hiver.[6] Ces rassemblements s'appellent des swarming.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La femelle met au monde un seul petit par année, très rarement deux petits. La période d'accouplement débute à la mi-août sur des sites dit de swarming et termine en octobre, dès que l'hibernation débute.[7]

Les jeunes naissent entre mai et août après une gestation de 50 à 60 jours. La femelle met bas tête en haut et accueil le nouveau né dans sa membrane caudale. Le nouveau-né est couvert d'un fin duvet d'une couleur rosée. Il grandit rapidement. La femelle allaite son petit entre 3 et 5 semaines. Il commence à voler et à se nourrir d’insectes au bout de 3 semaines. Les femelles sont matures à 8 mois. Les mâles le sont dès leur second automne.

Longévité[modifier | modifier le code]

La longévité de la Petite chauve-souris brune est comprise entre 8 à 10 ans. Plusieurs individus atteignent l'âge de 20 ans et certains ont vécu plus de 31 ans à l'état sauvage.

Comportement social[modifier | modifier le code]

Cette espèce est grégaire. Elle se regroupe durant l'été dans des maternités pour mettre au monde leur petits, principalement dans des bâtiments ou des arbres de gros diamètres. Les colonies de Vespertilion brun peuvent atteindre plusieurs milliers d'individus.[7]

Prédateurs[modifier | modifier le code]

Les occasionnels prédateurs de cette espèce sont : le chat domestique, le renard roux, le vision d'Amérique, le raton laveur, les musaraignes, les souris, les hiboux, les chouettes et les couleuvres.

Facteurs limitatifs et menaces [6][5][7][modifier | modifier le code]

Le SMB , première cause de l'extermination de la Petite chauve-souris brune a tué entre 5,7 et 6,7 millions de chauves-souris de plusieurs espèces du Nord-Est des États-Unis et de l'Est du Canada, L'espèce principalement touchée est la Petite chauve-souris brune. Dans les hibernacles, la mortalité est estimée à 75% de 2006 à 2012 (évaluation du COSEPAC de Février 2012) [5]. Une modélisation a permis d'estimer que cette espèce aura fonctionnellement disparue d'ici 2026 (moins de 1% de la population restante).[5]

De part sa présence dans les habitations, cette espèce a fait par le passé l'objet de destruction à cause des préoccupations du public sur les risques de zoonose (rage et histoplasmose), du bruit et des odeurs occasionnées par leur présence, ce qui a menée à des mesures d'exterminations de colonies, de gites ou de maternités par des moyens physiques et chimiques.[6][7]

Les changements de la structures des forêts, notamment avec les feux de forêt et l'exploitation forestière, l'impact des éoliennes et les insecticides sont également des facteurs limitatifs et menançants.[7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr+en) « Profil d'espèce, Petite chauve-souris brune », sur Registre public des espèces en péril,‎ (consulté le 19 avril 2015)
  2. (fr+en) « Syndrome du museau blanc chez les chauves-souris », sur Gouvernement du Québec au Canada, Ministère Forêt, Faune et Parcs (consulté le 19 avril 2015)
  3. (fr) (PDF) Groupe Chiroptères du Québec, Clé d'identification des chauves-souris du Québec, 6 pages
  4. a et b « Au Québec », sur Groupe Chiroptères du Québec (consulté le 19 avril 2015)
  5. a, b, c et d (fr) (PDF) Graham Forbes, Résumé technique et données d’appui pour une évaluation d’urgence de la petite chauve-souris brune Myotis lucifugus, Février 2012, consulté le 19 avril 2015, 27 pages
  6. a, b et c (fr+en) « Rapports de situation du COSEPAC », sur Registre public des espèces en péril,‎ (consulté le 19 avril 2015)
  7. a, b, c, d et e Graham Forbes, « Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Petite chauve-souris brune Myotis lucifugus, Chauve-souris nordique Myotis septentrionalis, Pipistrelle de l’Est Perimyotis subflavus au Canada », Sa Majesté la Reine du chef du Canada, no CW69-14/688-2014F-PDF,‎ , p. 132 (ISSN 978-0-660-22074-1, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anthony ELP & Kunz TH (1977)Feeding strategies of the little brown bat, Myotis lucifugus, in southern New Hampshire ; Ecology, 58:775-86
  • Belwood JJ & Fenton MB (1976) Variation in the diet of Myotis lucifugus (Chiroptera : Vespertilionidae). Can. J. Zool. 54:1674-1678
  • Jacques Prescott & Pierre Richard 2ème édition (2004) Mammifères du Québec et de l'Est du Canada. Éditions Michel Quintin, 399 pages, ISBN 2-89435-270-0