Petite annonce

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Une petite annonce (aussi appelée annonce classée) est une forme de publicité que l'on retrouve surtout dans les journaux et les périodiques. Elle est aussi apparue dans le Web, à la radio et à la télévision.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire des petites annonces n'est pas dissociable de celle de la presse. Lorsque Théophraste Renaudot crée La Gazette en 1631 avec l'appui du cardinal de Richelieu, il organise dans ce premier journal français un bureaux d'adresses et de renseignement. La petite annonce naît donc de deux mouvements conjoints : d'une part, la nécessité de financer le journal part des publicités et, d'autre part, la conscience naissante de la création d'une sphère publique. L'idée s'impose peu à peu que l'ensemble de ce qui deviendra la société des citoyens au siècle suivant, doit avoir accès à l'information, et parallèlement il devient plus commun de penser que l'on peut faire se rencontrer les gens par le biais d'une publication. Aussi peut-on trouver dans les publications du XIXe siècle un cocher, un valet ou une femme de chambre, mais aussi une calèche à partager pour tel ou tel voyage.

Le XXe siècle voit l'essor petites annonces de rencontre, sous l'influence des personal ads américaines. Si le Minitel puis Internet sont devenus le support privilégié de cette pratique, la petite annonce n'a pourtant pas quitté la presse écrite, comme le prouvent les colonnes du Chasseur français ou de Libération.

Enjeux[modifier | modifier le code]

Les petites annonces sont habituellement des descriptions textuelles d'une longueur variable, allant de quelques mots à une cinquantaine. Elles contiennent souvent des abréviations pour diminuer leur coût. Un numéro de téléphone, une adresse électronique ou tout autre identificateur est inséré à la fin de l'annonce. Dans le but d'attirer l'attention, certaines contiennent un pictogramme ou un logo.

Elles sont aussi appelées annonces classées, car elles sont classées par rubrique : automobile, emploi, électroménager, etc. Elles ont, en général, une mise en page différente des autres articles de l'imprimé, à moins que celui-ci ne leur soit exclusivement dédié. À cause de leur mise en page particulière, elles ne sont pas perçues comme de la publicité, au contraire des autres publicités qui sont édités selon la ligne de pensée de l'imprimé.

Il est possible de retrouver des annonces accompagnées d'éléments visuels qui occupent un espace non négligeable lorsque comparé au texte. Cette forme de publicité est souvent utilisée par les entreprises, car elle coûte notablement plus cher que les petites annonces textuelles. En Amérique du Nord, plusieurs entreprises ont recours à ce moyen pour offrir des emplois.

Depuis le début du XXIe siècle, ce terme a dépassé le cadre de l'imprimé pour se retrouver dans le Web, à la radio et à la télévision (surtout la télévisée dite câblée). Il y a aussi des télé diffuseurs qui profitent des heures creuses d'écoute (par exemple, le matin) pour en diffuser.

Comme la plupart des écrits, les petites annonces ont été adaptées pour le Web. Ces annonces n'étant pas facturées au mot, elles ont tendance à être plus longues que leur contrepartie imprimée. Avec les capacités de recherche des ordinateurs modernes, elles sont aussi plus faciles à rechercher par le biais de moteurs de recherche spécialisés. Certains sites offrent l'hébergement gratuit de ces annonces, car elles génèrent un trafic dont les annonceurs profitent, tout en ayant des frais d'opérations minimes.

Parmi ces sites, plusieurs ciblent une région particulière, alors que d'autres visent le marché national. Aux États-Unis, Craigslist était parmi les premiers sites à soutenir cette activité, et est considéré, en 2006, comme le plus important. Il y a aussi des entreprises qui visent la planète au complet. Par exemple, Wide Area Classifieds a créé un réseau de cueillette de ces petites annonces, lesquelles sont publiées dans des journaux aux États-Unis. En Europe et plus particulièrement en France, ce secteur est en plein boom. Les nouveaux acteurs, issus de l'Internet, innovent comme combiner moteur de recherche local et cartographie. D'ailleurs, la tendance vers la publication de petites annonces en ligne va en s'accroissant régulièrement. Les sites d'annonces comme claads.com pour les particuliers ou directgrossiste.com ou Letopducoin.fr pour les professionnels proposent aujourd'hui aux internautes de communiquer vers un large public, gratuitement, sur leurs produits neufs ou d'occasions. Ce dispositif d'annonces gratuites et d'options payantes rencontre un grand succès et permet aux sites surfant sur ce modèle économique de prendre de très belles parts de marché au leader de la petite annonce papier et web (paruvendu, topannonces,...)en France.

Au fur et à mesure que ce secteur prend de l'expérience, des activités spécialisées émergent, comme les petites annonces mutualisées, les petites annonces vidéos ou les petites annonces diaporamas. Ces sites sont dits financièrement verticaux, car ils constituent une voie d'accès privilégiée entre les vendeurs et les acheteurs.

Supports[modifier | modifier le code]

Il existe deux types de supports majeurs pour les petites annonces France : les supports spécialisés et les supports généralistes.

Les supports spécialisés sont ceux qui se développent le plus sur l'Internet, car les sites généralistes ont une audience nationale, voire mondiale (eBay). Les supports spécialisés visent donc des niches qui n'ont pas encore de site référence bien ancré à grande échelle. Un support spécialisé va par exemple ne publier que des petites annonces d'une catégorie. Ex : Petites annonces → Mode → Mode pour homme ou Petites annonces → Immobilier → Investissement locatif.

Histoire[modifier | modifier le code]

À partir des années 2000, certains sites passent du modèle gratuit au modèle payant[1].

En 2003, selon l'agence Classified Intelligence, le marché des petites annonces est estimé à 15,9 milliards USD pour les journaux et les périodiques, et à 14,1 milliards USD pour le Web. Pour la planète au complet, il était estimé à plus de 100 milliards USD.

En 2006, après une farouche bataille entre les différents géants de la petite annonce, on voit un marché en pleine expansion avec une explosion publicitaire et une flambée des prix des mots-clé sur AdWords.

En 2009 en France, des sites de petites annonces inversées sont apparus illustrant une nouvelle tendance ou l'internaute exprime ce qu'il cherche par le biais d'une petite annonce.

En 2010, eBay ferme son service de petites annonces Kijiji[2].

En 2011 le journal gratuit ParuVendu est mis en liquidation, marquant déclin brutal de la presse au profit de pure players du web avec des sites généralistes comme Leboncoin.fr (11e site le plus visité en France avec plus de 13 millions de visiteurs uniques par mois). Certains sites incluent des services supplémentaires comme eBay avec les enchères, PriceMinister avec la sécurisation des paiement et des sites de petites annonces géolocalisées.

Les années 2013-2014 sont marquées par des consolidations. Le groupe Shibsted met la main sur Avito.ma au Maroc [3] et eBay s'empare des sites Marktplaats.nl et 2ememain.be[4], en contradiction avec sa politique de cesser ses activités dans la petite annonce[5]. Le Groupe Axel Springer poursuit sa politique d'acquisition en rachetant Immoweb[6]. Plus tôt il avait déjà acquis LaCentrale.fr,[7] et Vacances.com[8].

La contradiction que l'on peut observer dans la stratégie de eBay peut trouver comme source d'explication la polémique autour des AdWords, puisqu'eBay en est un gros annonceur[9], principale source de revenu de Google. Or, eBay a plusieurs fois tenté de faire pression sur Google en invoquant l'inefficacité des publicités[10]. eBay aurait été pénalisé par Google pour ne pas avoir maintenu ses dépenses publicitaires sur sa plate-forme[11]. eBay pourrait rechercher de nouveaux relais pour le trafic.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Éveno, Histoire de la presse française. De Théophraste Renaudot à la révolution numérique, Flammarion, 2012.
  • Patrick Éveno, L’argent de la presse française des années 1820 à nos jours, Éditions du CTHS, 2003.
  • Fages Jean-Baptiste, Miroirs de la société : Les petites annonces, Tours, France, Mame, coll. « Collection medium. - Tours : Mame, 1969-... », 1972, 142 p.
  • Bardey Nathalie, L’évolution des valeurs, des représentations et des mentalités au XXe siècle (1934-1980) à partir de l’étude des petites annonces d’un quotidien franc-comtois, Thèse de doctorat, université de Franche-Comté. UFR des Sciences du langage, de l’homme et de la société, France, 2010, 719 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]