Petit Appartement du roi

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Plan du petit appartement du roi vers 1740 :
1 : degré du roi
2 : antichambre des chiens
3 : salon des pendules
4 : chambre de Louis XV
5 : cabinet intérieur
6 : salon ovale
7 : cabinet des livres ; cabinet en niche
8 : petite galerie
9 : cabinet des médailles
10 : escalier des Ambassadeurs
I : cour des Cerfs
II : petite cour du Roi
A-F : Grand appartement du Roi
a : cabinet de perruques ; b : cabinet particulier du roi ; c : cabinet de la chaise ; d : escalier ; e : cabinet-doré ; f : corridor ; g : salle des bains ; h : salle des cuves
Plan du petit appartement du roi vers 1760 :
1 : chambre de Louis XV
1a : cabinet de garde-robe de Louis XVI
2 : cabinet de la Pendule
3 : cabinet des chiens
4 : degré du roi
5 : salle à manger des retours de chasse
6 : pièce des buffets
7 : cabinet intérieur
8 : arrière cabinet
9 : appartement de Madame Adélaïde
A-F : Grand appartement du Roi
I : Cour des Cerfs
II : Petite cour du Roi
a : salon du conseil ; b : cabinet de la tour ; c : cabinet de la chaise ; d : escalier ; e : cabinet-doré ; f : corridor ; g : degré de l'Épernon ; h : terrasse

48° 48′ 17.5″ N 2° 07′ 15″ E / 48.804861, 2.12083

Le petit appartement du Roi — dit également l'appartement intérieur du Roi — est constitué d'un ensemble de pièces du château de Versailles qui furent successivement dédiées aux arts puis à la vie privée des souverains français et de la famille royale. Il se situe au premier étage du bâtiment principal et ouvre d'un côté sur la cour de Marbre et de l'autre sur la cour Royale.

Le petit appartement du Roi, tel qu'il est visible aujourd'hui, est celui qui résulte des dernières transformations de Louis XVI. Louis-Philippe y fera ajouter un escalier en 1837.

Histoire du lieu[modifier | modifier le code]

Dès 1661, avec les premières extensions, Louis XIV nourrit le désir de pouvoir exposer ses collections à Versailles. Dès 1682, le Roi y fait installer des cabinets abritant ses bijoux et ses pierres précieuses, mais aussi des livres et des tableaux. Le clou de cet aménagement était sans nul doute le cabinet des Curiosités dans lequel étaient exposées les médailles retraçant l'histoire de France mais aussi une série d'objets insolites offerts par les ambassadeurs au Roi. Sous Louis XV d'abord puis sous Louis XVI, le Petit appartement du Roi change d'affectation. Il devient un espace privé réservé à la famille royale et à quelques privilégiés. Il est le cadre de diverses activités royales, tel le « petit-couvert » ou l'exposition annuelle des porcelaines de la manufacture de Sèvres. À la Révolution, la totalité du mobilier est vendue aux enchères. Seules les pièces pouvant aider au service, tant artistiques que techniques, de la République sont conservées ; ainsi les globes terrestres, les livres de sciences, les horloges et les bureaux à cylindre de Louis XV sont sauvegardés et envoyés à Paris.

Disposition du lieu[modifier | modifier le code]

La Chambre de Louis XV[modifier | modifier le code]

En 1735, Louis XV demanda la création d'une nouvelle chambre à coucher, plus confortable et plus facile à chauffer que celle de Louis XIV. Ce fut l'un des premiers aménagements de Louis XV au château. Celle-ci fut aménagée à l'emplacement du premier salon de l'« Appartement des collections » de Louis XIV. Située à côté de la salle du Conseil, elle permettait à Louis XV de pouvoir y dormir sans être trop éloigné de la chambre d'Apparat de Louis XIV, dans laquelle s'effectuaient encore les cérémonies du lever et du coucher. En 1788, Louis XVI la dota d'une nouvelle garde-robe décorée de boiseries des frères Rousseau représentant les outils du siècle des Lumières. À la Révolution, la totalité du mobilier et du décor a disparu. Mais dans les années 1990, les tapisseries en gros Tours du meuble d'été de Louis XVI furent retissées et restituées.

Précisions historiques[modifier | modifier le code]

L'appartement intérieur du Roi du château de Versailles et l’enfilade de pièces qu’utilisèrent Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Situé au 1er étage du corps de logis, l’appartement occupa une partie de l’ancien appartement de Louis XIII. Sous Louis XIV, ces pièces hébergèrent les collections du roi formant un musée particulier ; sous Louis XV et Louis XVI, le petit appartement du roi fut réaménagé à maintes reprises créant un appartement particulier avec des décors superbes du style Louis XV et du style Louis XVI.

Louis XIV[modifier | modifier le code]

À partir de 1678, Louis XIV fit réaménager ces pièces pour ses besoins particuliers. Leur aménagement, avec le transfert du degré du roi depuis la cour de Marbre à la cour du Roi, modifia la configuration des pièces datant de l’époque de Louis XIII. En raison de l’implication de la marquise de Montespan dans l'affaire des Poisons, le roi rattacha à son appartement l’appartement de celle-ci en 1684[1].

Sous Louis XIV, le petit appartement du roi forma un véritable musée qui abrita les collections particulières du roi. Par contraste avec le grand appartement du roi, qui lui fut ouvert au public, le petit appartement du roi ne pouvait se visiter par autorisation personnelle du roi.

Situé au Ire étage et prenant jour sur la cour de Marbre, le petit appartement du roi fut d’abord composé de neuf pièces :

  • Salle du Billard
  • Salon du degré du roi
  • Cabinet aux Tableaux
  • Cabinet des coquilles (plus tard le cabinet des livres)
  • Salon ovale
  • Premier salon de la petite galerie
  • Petite galerie
  • Deuxième salon de la petite galerie
  • Cabinet des Médailles

La salle du Billard (numéro 1, plan de 1693) abritait une table de billard, jeu dont Louis XIV était adepte. En plus, quelques des chiens de chasse du roi y furent logés afin qu'il puisse s'en occuper personnellement. La pièce fut donc également connue sous le nom de « cabinet des Chiens »[2].

Le salon du Degré du roi (numéro 2, plan de 1693) occupa l’emplacement de l’ancien escalier de Louis XIII. Le nouvel escalier – le degré du roi (numéro 3, plan de 1693) – se trouva au nord de l’ancien escalier avec une entrée sur la cour du Roi. Le salon du Degré du roi servit comme accès à l’escalier et fut réservé au roi. Le décor fut consacré aux œuvres de Nicolas POUSSIN[3].

Le cabinet des Tableaux (numéro 4, plan de 1693) avec une exposition méridionale servit comme une pinacothèque et abrita une partie de la collection des tableaux de Louis XIV. Parmi les œuvres exposées dans cette pièce, on retrouve des exemples des maîtres italiens tel que Le Corrège, Raphaël, Giorgione, Jules Romain et Titien.

On y trouvait également des armoires où Louis XIV rangeait sa collection d'œuvres en cristal de roche.

En 1682, le cabinet des Coquilles (numéro 5, plan de 1693) et le salon Ovale (numéro 6, plan de 1683) furent créés. Ces pièces avec le cabinet des Médailles formèrent les « cabinets de Curiosités » de Louis XIV. En plus de quelques-unes des plus célèbres peintures de la collection royale, le salon Ovale possédait quatre niches abritant chacune une sculpture en bronze :

Un décor fastueux – avec des boiseries plaquées d’or et des glaces – compléta l’exposition des peintures qui comptèrent parmi les plus précieuses de la collection royale[4]. Initialement, le cabinet des Coquilles hébergea une partie de la collection des bijoux du roi. En 1708, la pièce fut réaménagée comme bibliothèque et rebaptisée cabinet des Livres où le roi rangea sa collection de livres rares et de manuscrits[5].

Les pièces suivantes – le Premier salon de la petite galerie, la Petite galerie et le Deuxième salon de la petite galerie (numéros 7, 8 et 9, plan de 1693) – occupèrent l’emplacement des pièces auparavant partie de l’appartement de la marquise de Montespan. En raison d’une campagne agressive d’acquisition d'œuvres d’art par Louis XIV les années précédant le déclenchement de la guerre de la Ligue d'Augsbourg qui exigea davantage d'espace d’exposition, ces pièces furent rattachées au petit appartement du roi[6]. Pierre Mignard fut chargé de la décoration des plafonds de la petite galerie et de ses deux salons jumeaux[7].

Petite galerie-voûte de la galerie.jpg Petite galerie-plafond du second salon.jpg
Petite galerie – vue de la voûte, gravure par Simon Thomassin (1655-1733) d’après Pierre Mignard (1612-1695), fin du XVIIe siècle. Deuxième salon de la Petite galerie – vue de la voûte, gravure d’après Pierre Mignard (1612-1695), fin du XVIIe siècle

Dans la petite galerie et dans ses deux salons furent exposées les plus précieuses peintures de la collection royale. La petite galerie fut consacrée aux maîtres italiens tel que L'Albane, Annibale Carrache, Le Guide et Le Parmesan[8]. La petite galerie hébergea également la collection de cadeaux diplomatiques que reçut Louis XIV des ambassades étrangères : parmi les plus remarquables, les cadeaux présentés par le jésuite chinois, Shen Fu-Tsung (1684) avec une énorme perle et les cadeaux du roi de Siam en 1685-1686 [9]. Le Premier salon abrita une peinture que décrit Piganiole de la Force comme « le Portrait de Vie, Femme d’un Florentin nomme Giaconde » -- La Joconde [10].

Un décor somptueux avec les panneaux en lapis et en écaille de tortue fut prévu pour ses trois pièces, mais en raison du déclenchement de la guerre de la Ligue d’Augsbourg le projet fut abandonné. Néanmoins, la petite galerie et les deux salons furent utilisés par Louis XIV pour des réceptions telles que celle du prince héritier de Danemark (1693) et celle de l’Électeur de Cologne.

De toutes les pièces du petit appartement du roi, le cabinet des Médailles (numéro 10 plan de 1693) abrita une des plus remarquables collections jamais assemblées en France[11]. Nommé en raison des douze médailliers où Louis XIV fit ranger ses collections numismatiques, le cabinet abrita également les collections de miniatures par des maîtres flamands, hollandais et allemands, et des objets sculptés en jade et en porphyre aussi bien que des objets précieux en argent ou en or[12]. Formant une partie de la collection d’objets en or, les objets du trésor du roi Mérovingien, Childéric Ier, qui furent retrouvés en 1653 à Tournai et puis présentés à Louis XIV par l’empereur Léopold Ier en 1665. Sur la cheminée, fut exposée la nef en or massif qu’utilisa Louis XIV lors d’un repas au grand couvert. Félibien la décrit « tout d’or du poids de cinquante marcs [13]»

Salon de l'abondance-détail du plafond-nef de Louis XIV.jpg
Salon de l'abondance détail du plafond : la nef de Louis XIV, René-Antoine Houasse (1645-1710), 1683

Louis XV – 1740[modifier | modifier le code]

Après le retour du roi et de la cour à Versailles en 1722, la vie quotidienne de la cour adopta un rythme semblable à celle sous Louis XIV. Le jeune Louis XV occupa la chambre de son arrière-grand-père où les cérémonies du lever et du coucher se déroulèrent avec la même exactitude qu’auparavant. Pourtant, en raison de l’incommodité de la chambre pendant l’hiver – les dimensions et l’exposition orientale rendaient difficile un chauffage efficace – Louis XV fut contraint de s’installer ailleurs [14]. En 1738, Louis XV fit construire une nouvelle chambre – la chambre de Louis XV (numéro 4, plan de 1740) – à l’emplacement de la salle du Billard de Louis XIV[15]. À la même année le degré du Roi, fut supprimé et un nouvel escalier fut achevé juste au nord de l’ancien. L’ancien degré du roi fut réaménagé et rebaptisé « antichambre des Chiens » car Louis XV y hébergea des chiens de chasse[16].

Des modifications plus importantes du petit appartement furent entreprises avec la création du salon des Pendules et du cabinet intérieur et la suppression du salon du Degré du roi et le cabinet aux Tableaux de Louis XIV.

Le salon des Pendules (numéro 3, plan de 1740) – appelé aussi salon Ovale en raison de sa forme elliptique – devait son nom aux cadrans sur le mur oriental qui indiquaient les heures du lever et du coucher du soleil et de la lune[17].

Le cabinet intérieur (numéro 4, plan de 1740) servit à maints rôles : Louis XV y installa ses collections numismatiques et de miniatures (la pièce fut connue également comme cabinet des Tableaux) ; le roi y fit aménager une salle à manger qui fut plus tard transformée en atelier. En dépit de ces changements, le cabinet intérieur présenta un des plus somptueux décors de toutes les pièces du petit appartement du roi[17].

À cette époque, le cabinet des Livres, le salon Ovale, la Petite galerie et ses deux salons et le cabinet des Médailles de Louis XIV furent conservés (numéro 6, 7, 8 et 9, plan de 1740).

En 1740, le petit appartement du roi subit maints agrandissements qui l'étendirent dans la cour du Roi créant deux cours séparées : la cour à l’est fut baptisée cour intérieure du roi (II, plan de 1740) et la cour du Roi fut rebaptisée la cour des Cerfs en raison de sculptures de têtes de cerfs qu’y ornèrent les murs de celle-ci[18].

Louis XV – 1760[modifier | modifier le code]

En général, les aménagements et modifications du petit appartement du roi à partir de 1750 furent en réponse des réaménagements des appartements dans le corps de logis du château et la destruction de l’escalier des Ambassadeurs (numéro 10, plan de 1740). Afin de loger sa fille, madame Adélaïde, Louis XV fit construire au même étage que le petit appartement du roi, un appartement sur l’emplacement auparavant occupé par la Petite galerie, les deux salons jumeaux et la cage de l'escalier des Ambassadeurs (numéro 9, plan de 1760).

Une des plus importantes modifications du petit appartement du roi de cette époque est le réaménagement du degré du roi (numéro 4, plan de 1760) et la construction de la salle à manger des Retours de chasse (1750) (numéro 5, plan de 1760) et la pièce des Buffets (1754) (numéro 6, plan de 1760). La salle à manger des Retours de chasse fut construite sur l’emplacement de l’ancienne salle des bains de Louis XV (G, plan de 1760) quand le roi voulut une salle à manger dans son petit appartement où il put rassembler de manière intime des convives pour des soupers d’après chasse[19]. Le décor de la salle à manger des Retours de chasse présentait des éléments utilisés auparavant dans la salle du Billard de Louis XIV[20].

L’époque où Louis XV fit décorer le petit appartement du roi fut importante dans l’évolution des styles décoratifs du XVIIIe siècle. Un bon nombre de ces pièces représentent quelques-uns des plus beaux exemples du style Louis XV à Versailles tel que le salon des Pendules avec ses boiseries par Jacques Verberckt et son ameublement dédié aux jeux. Cependant, l’événement qui distingua le salon des Pendules se déroula en 1754.

Cette année-là, Louis XV fit livrer du château de Choisy et fit installer dans le salon des Pendules, la célèbre pendule mécanique. Œuvre collaborative de l'ingénieur Claude-Simon Passemant et de l'horloger Louis Dauthier et installée dans une caisse en or moulée par le bronzier Caffieri, elle fut une des merveilles de l’époque. Sa réalisation dura douze années. La pendule fut surmontée d'une sphère en cristal dans laquelle une sphère armillaire, d’après le dispositif de Copernic, présentait les positions réelles des planètes. La pendule donnait avec précision l’heure, le jour de la semaine, le mois de l’année et l’année – dont les années bissextiles. Cette pendule donna son nom définitif à la pièce : salon de la Pendule (numéro 2, plan de 1760)[21].

En 1760, le cabinet intérieur fut connu sous le nom de bureau du roi. De toutes les pièces du petit appartement du roi, cette pièce représente non seulement le goût personnel de Louis XV mais aussi un des plus beaux décors de Versailles. En 1755, l’ébéniste Gilles Joubert livra deux encoignures qui s’harmonisèrent avec les médailliers réalisés par Gaudreaux livrés en 1739 [17]. Le bureau à cylindre dit bureau du Roi commencé par Oeben et achevé par Riesener fut livré en 1769[22].

En raison de l’évolution du cabinet intérieur, Louis XV fit construire un arrière cabinet (numéro 8, plan de 1760). Avec la destruction du cabinet des Livres et du salon Ovale de Louis XIV, Louis XV créa cette pièce particulière avec à côté un « petit cabinet de la chaise » (des toilettes). Cet arrière cabinet conduit sur le palier du degré du roi. C’était dans cette pièce que Louis XV pratiquait sa politique diplomatique secrète en y ouvrant les dépêches de son réseau d'espions (le « secret du Roi »). La caractéristique utilitaire du décor – une table ordinaire, quelques chaises et un rayonnage d’étagères – en reflète l’usage[22].

Louis XVI[modifier | modifier le code]

À l’exception du rattachement d’une partie de l’appartement de madame Adélaïde, Louis XVI choisit de conserver le décor du petit appartement du roi comme l'avait laissé son grand-père[23],[24]. L’arrière cabinet fut rebaptisé le cabinet des Dépêches (numéro 8, plan de 1789), mais la pièce conserva sa fonction d’auparavant[25].

La pièce de la Vaisselle d’or – primitivement Premier salon de la petite galerie – forma une partie de l’appartement de madame Adélaïde. À l’époque de Louis XVI, le roi y fit ranger ces collections de porcelaines rares et de curiosités qu'il avait reçues comme cadeaux diplomatiques[26].

La pièce derrière la pièce de la Vaisselle d’or – le cabinet de la Cassette du roi (numéro 10, plan de 1789) – fut reconvertie en salle de bains pour Louis XV vers 1769. Louis XVI utilisa la pièce – vraisemblablement – comme un lieu où il put régler ses comptes personnels [26]. Les boiseries datent de l’époque de Louis XV ; pourtant Louis XVI les fit redorer en 1784[26]. Quand Pierre de Nolhac fut chargé de la direction du musée de Versailles, il découvrit que ce cabinet était utilisé comme espace de rangement par le personnel de ménage. Cette découverte fut le déclencheur des recherches approfondies sur le château de Versailles qu'il allait mener[27] pendant son mandat de conservateur.

La bibliothèque de Louis XVI (numéro 11, plan de 1789) – contigüe à la pièce de la Vaisselle d’or – occupa l’emplacement de l’ancienne chambre de madame Adélaïde (rebaptisée salon de l’Assemblée en 1769) et qui fut auparavant la Petite galerie de Louis XIV. En 1774, débuta la construction de la bibliothèque avec la décoration par les frères Rousseau, auteurs des boiseries du cabinet de la Cassette du roi[28]. Cette pièce représenta non seulement le goût personnel du roi mais elle aussi un des plus beaux exemples du style Louis XVI à Versailles.

Contiguë à la bibliothèque de Louis XVI se trouvait la salle à manger aux Salles neuves (numéro 12, plan de 1789. Cette pièce – auparavant le Deuxième salon de la petite galerie – fut réaménagée en tant que salle à manger pour Louis XV en 1769. Les boiseries par Verberckt datent de ce réaménagement ; les rideaux, les revêtements bleu clair et les scènes de chasse par Jean-Baptiste Oudry présents aujourd'hui datent de 1775 quand Louis XVI fit réaménager la pièce[29]. Elle fut connue également sous le nom de salle des Porcelaines en raison de l’exposition annuelle de la porcelaine de Sèvres qui se déroulait à chaque Noël[30].

La pièce des Buffets ou la salle du Billard (numéro 13, plan de 1789) occupe l’ancien emplacement du palier oriental de l’escalier des Ambassadeurs. Lorsque la salle du Billard servait comme pièce pour les buffets, la table de billard était recouverte d'une planche de bois sur laquelle un buffet était dressé pour le roi et ses convives[31]. Initialement, la pièce présentait une fenêtre donnant sur le cave du roi (III, plan de 1789), la petite cour qui fut créée quand l'escalier des Ambassadeurs fut supprimé en 1752[32].

Le cabinet des Jeux de Louis XVI (numéro 14, plan de 1789) remplaça l’ancien cabinet des Médailles de Louis XIV. À partir de 1722 et le retour de Louis XV à Versailles, il y eut un réaménagement systématique des collections de Louis XIV qui furent abritées dans le petit appartement du roi – surtout les collections du cabinet des Médailles de Louis XIV. Ces collections furent soit réorganisées ailleurs dans le petit appartement du roi soit envoyées à la bibliothèque du roi à Paris. Avec la destruction de l’escalier des Ambassadeurs en 1752 et la construction ultérieure de l’appartement de madame Adélaïde, le cabinet des Médailles fut complètement transformé en antichambre de l’appartement de madame Adélaïde. Créée en 1775, la pièce fut réaménagée en 1785 lors de la construction d’un théâtre près du salon d'Hercule comme un cabinet des jeux[33]. La salle à manger aux Salles neuves, la salle du Billard et le cabinet des Jeux furent consacrés aux dîners intimes donnés par Louis XVI et Marie-Antoinette pour leurs amis et les membres choisis de la famille royale.

Galerie[modifier | modifier le code]

Salons du petit appartement du roi également dit l'appartement intérieur du roi
Escalier privé de Louis XV - DSC 0398.JPG Petit appartement du roi - Pièce de la vaisselle d'or (3).jpg Petit appartement du roi - Cabinet des jeux (1).jpg
Degré du roi Pièce de la vaisselle d'or Cabinet des jeux de Louis XVI

Notes[modifier | modifier le code]

  1. KIMBALL 1946 ; VERLET 227-228
  2. VERLET 227
  3. FÉLIBIEN 66 ; PIGANIOLE DE LA FORCE 125
  4. FÉLIBIEN 67 ; PIGANIOLE DE LA FORCE 129 ; VERLET 22
  5. VERLET 230
  6. VERLET 1985, page 229
  7. FÉLIBIEN 68 ; PIGANIOLE DE LA FORCE 140 ; VERLET 233
  8. PIGANIOLE DE LA FORCE 144-149 ; VERLET 234
  9. JOSEPHSON 1926
  10. PIGANIOLE DE LA FORCE 137
  11. HULFTEGGER, 1954
  12. VERLET 230-232
  13. FÉLIBIEN 116-117 ; SAULE 2005
  14. VERLET 313-314
  15. VERLET 444-447
  16. VERLET 442
  17. a, b et c VERLET 452
  18. VERLET 457
  19. VERLET 473-474
  20. KIMBALL, 1946 ; VERLET 442-443
  21. KURASZEWSKI, 1976 ; VERLET 450
  22. a et b VERLET 459
  23. Dans le cabinet intérieur (numéro 7, plan de 1789), il fit exposer sur les murs des portraits de sa famille qui contrastèrent curieusement avec les boiseries de Verberckt
  24. VERLET 525
  25. ROGISTER, 1993
  26. a, b et c VERLET 526
  27. NOLHAC, 1937
  28. VERLET 513
  29. BAULEZ, 1976 ; VERLET 527
  30. BAULEZ, 1976
  31. VERLET 527
  32. Le cave du roi fut supprimé à son tour par Louis-Philippe
  33. VERLET 528

Sources et références supplémentaires[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

* Blondel, Jacques-François, Architecture françoise, ou Recueil des plans, élévations, coupes et profils des églises, maisons royales, palais, hôtels & édifices les plus considérables de Paris, t. 4, Paris: Charles-Antoine Jombert,‎ 1752-1756. * Bluche, François, Louis XIV, Paris: Arthème Fayard,‎ 1986. * Bluche, François, Dictionnaire du Grand Siècle, Paris: Arthème Fayard,‎ 1991. * Bluche, François, Louis XV, Paris: Perrin,‎ 2000. * Cochet, Jean-Benoît-Désiré, Le Tombeau de Childéric Ier, roi des Francs, restitué à l'aide de l'archéologie et des découvertes récentes faites en France, en Belgique, en Suisse, en Allemagne et en Angleterre, Paris: Derache,‎ 1859. * Combes, sieur de, Explication historique de ce qu'il y a de plus remarquable dans la maison royale de Versailles, Paris: C. Nego,‎ 1681. * Cosnac, Gabriel-Jules, comte de, Mémoires du marquis de Sourches sur le règne de Louis XIV, vol. volume 3, Paris: Librairie Hachette et Cie,‎ 1984. * Croÿ-Solre, Emmanuel de, Journal inédit du duc de Croÿ, vol. éditeurs Emmanuel-Henri de Grouchy et Paul Cottin. 4 volumes, Paris : E. Flammarion,‎ 1906-1921. * Dangeau, marquis de, Journal avec les additions inedites du duc de Saint-Simon, vol. volume 1, Paris: Firmin Didot Frères,‎ 1854. * Félibien, André, La description du château de Versailles, de ses peintures, et des autres ouvrages fait pour le roy, Paris: Antoine Vilette,‎ 1694. * Félibien, Jean-François, Description sommaire de Versailles ancienne et nouvelle, Paris: A. Chrétien,‎ 1703. * France d'Hézecques, Félix comte de, Souvenirs d'un page de la cour de Louis XVI, Paris: Didier,‎ 1873. * Kimball, Fiske, The Creation of the Rococo, Philadelphia: Philadelphia Museum of Art,‎ 1943. * Lighthart, Edward, Archétype et symbole dans le style Louis XIV versailles : réflexions sur l’imago rex et l’imago patriae au début de l'époque moderne., Thèse doctoral,‎ 1997 * Luynes, Charles-Philippe d'Albert, duc de, Mémoires sur la cour de Louis XV (1735-1758), vol. 17 volumes, Paris : Firmin-Didot frères,‎ 1860-1865. * Marie, Alfred et Jeanne, Mansart à Versailles, Paris: Editions Jacques Freal,‎ 1972. * Marie, Alfred et Jeanne, Versailles au temps de Louis XV, Paris: Imprimerie Nationale,‎ 1984. * Mauricheau-Beaupré, Charles, Versailles, Paris: Draeger et Veive,‎ 1949. * Monicart, Jean-Baptiste de, Versailles immortalisé, Paris: E. Ganeau,‎ 1720. * Nolhac, Pierre de, Versailles au XVIIIe siècle, Paris: Louis Conard,‎ 1926. * Nolhac, Pierre de, Versailles, Paris: A. Morancé,‎ 1929. * Nolhac, Pierre de, Versailles et la cour de France: L'Art à Versailles, Paris: Louis Conard,‎ 1930. * Nolhac, Pierre de, La Résurrection de Versailles, souvenirs d'un conservateur, 1887-1920, Paris: Plon,‎ 1937. * Petitfils, Jean-Christian, Louis XIV, Paris : Perrin,‎ 1995. * Petitfils, Jean-Christian, Louis XVI, Paris: Perrin,‎ 2005. * Piganiol de la Force, Jean-Aymar, Nouvelle description des châteaux et parcs de Versailles et Marly, Paris: Florentin de la lune,‎ 1701. * Racinais, Henry, Un Versailles inconnu, Les Petits Appartements des Roys Louis XV et Louis XVI, Paris: Lefèvre,‎ 1950. * Verlet, Pierre, Le château de Versailles, Paris: Librairie Arthème Fayard,‎ 1985.

Revues[modifier | modifier le code]

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