Peter O'Neill

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Peter O'Neill
Peter O'Neill en octobre 2013.
Peter O'Neill en octobre 2013.
Fonctions
11e Premier ministre de
Papouasie-Nouvelle-Guinée
En fonction depuis le 2 août 2011
(3 ans, 0 mois et 27 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Sir Michael Ogio
Prédécesseur Sir Michael Somare
Sam Abal (intérim)
Biographie
Nom de naissance Peter Charles Paire O'Neill
Date de naissance 13 février 1965 (49 ans)
Lieu de naissance Ialibu-Pangia
(Papouasie-Nouvelle-Guinée)
Nationalité papouane-néo-guinéenne
Parti politique Congrès national populaire
(People's National Congress)
Diplômé de Université de Papouasie-Nouvelle-Guinée
Premiers ministres de Papouasie-Nouvelle-Guinée

Peter Charles Paire O'Neill[1] (né le 13 février 1965 dans le District d'Ialibu-Pangia en Papouasie-Nouvelle-Guinée[1]) est un homme politique et homme d'affaires[2] papou-néo-guinéen. Il est Premier ministre depuis le 2 août 2011. Son élection est déclarée illégale par la Cour suprême le 12 décembre 2011, mais il est soutenu par une majorité parlementaire, et reconnu par le gouverneur général le 19 décembre. Les élections législatives de juin-juillet 2012 lui confèrent un mandat incontesté.

Il est né d'un père magistrat originaire d'Australie, et d'une mère papouane-néo-guinéenne autochtone des Hautes-Terres méridionales[2].

En 1988, il obtient une licence en comptabilité à l'Université de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il travaille ensuite pour des entreprises de comptabilité, avant de devenir président du conseil d'administration de diverses entreprises, et notamment de Remington Technologies Ltd. depuis 1999[1].

Il fait son entrée en politique en 2002, élu député de la circonscription de Ialibu-Pangia au Parlement, en tant que membre du parti Congrès national populaire, dont il prend la tête en 2006. Il est nommé ministre du Travail et des Relations industrielles par le Premier ministre, Sir Michael Somare, puis ministre du Service public en 2003. Ayant rejoint les rangs de l'opposition, il est ensuite chef de l'opposition officielle au gouvernement Somare de 2004 à 2007. Réélu député lors des élections législatives de juin 2007, qui voient Somare reconduit à la tête du pays, O'Neill est invité à intégrer le gouvernement de coalition. Il est nommé ministre du Commerce et de l'Industrie, avant d'être nommé ministre des Finances début 2010, remplaçant Patrick Pruaitch, qui avait démissionné après avoir été accusé de corruption[2],[1],[3].

Accession au pouvoir, et crise constitutionnelle[modifier | modifier le code]

En avril 2011, Sir Michael Somare est hospitalisé à Singapour pour problèmes cardiaques, et la direction du gouvernement est alors assurée par intérim par Sam Abal. En juin, la famille de Somare annonce que le Premier ministre ne serait pas en état de reprendre ses fonctions à sa sortie de l'hôpital. Abal redistribue certains portefeuilles ministériels, restituant Pruaitch au ministère des Finances, et faisant de O'Neill le ministre des Travaux publics et des Transports, ce qui fut perçu comme une rétrogradation. Le 2 août, O'Neill et deux autres ministres quittent le gouvernement et rejoignirent les rangs de l'opposition, permettant au chef de l'opposition, Belden Namah, d'instituer une motion de censure parlementaire à l'encontre d'Abal. Abal est destitué par les députés le jour-même, et Namah propose O'Neill comme candidat à sa succession. O'Neil est élu Premier ministre par le Parlement, avec soixante-quatorze voix contre vingt-quatre. Il est ensuite, l'après-midi même, formellement nommé Premier ministre par le gouverneur général Michael Ogio, au nom de la reine[4],[2],[5],[6].

Le 12 décembre 2011, la Cour suprême annule la déclaration parlementaire du 2 août de vacance du poste de Premier ministre ainsi que l'élection suivante de Peter O'Neill, les considérant comme illégales, et ordonne la restauration immédiate de Sir Michael Somare dans ses fonctions de Premier ministre. En outre, la Cour annonce qu'O'Neill sera poursuivi pour outrage à la Cour, pour avoir tenté de destituer le président de la Cour, Sir Salamo Injia, juste avant le jugement[7]. O'Neill rejette le jugement, s'appuyant sur une majorité parlementaire, mais le gouverneur général, Sir Michael Ogio, nomme Somare au poste de Premier ministre[8].

Le 14 décembre, le Parlement destitue Ogio. Jeffrey Nape, président du Parlement, devient alors automatiquement gouverneur général par intérim. Nape confirme alors qu'O'Neill est Premier ministre, défiant la Cour suprême[9],[10].

Le 19 décembre, Ogio indique qu'il a fait erreur en reconnaissant Somare. Prenant en compte le soutien dont bénéficie O'Neill au Parlement, il reconnaît à nouveau O'Neill, et se voit restauré lui-même à ses fonctions. O'Neill semble également soutenu par les hauts fonctionnaires, ainsi que par la police et les forces armées. Somare maintient néanmoins qu'il est le premier ministre légitime[11],[12],[13].

Le 3 août 2012, suite aux élections législatives, O'Neill est confirmé au poste de premier ministre par les députés. Michael Somare lui apporte son soutien, mettant fin à la crise constitutionnelle[14]. Un an plus tard, de nombreux députés ayant rejoint sa majorité, il dispose du soutien de 101 députés ; l'opposition parlementaire, dirigée par Belden Namah, ne comprend alors que dix membres[15].

Politiques[modifier | modifier le code]

Dès son accession à la tête du gouvernement au mois d'août 2011, O'Neill annonce que l'éducation sera rendue gratuite (financée par l’État) à partir de l'année scolaire suivante[16]. La mesure est intégrée au budget voté par le Parlement en décembre[17].

En janvier 2012, O'Neill annonce la gratuité immédiate des soins de santé dans tous les hôpitaux publics[18].

Ces deux mesures furent dénoncées par l'opposition comme des effets d'annonce illusoires à visée electoraliste, à quelques mois des élections législatives. Sam Abal, vice-chef de l'opposition officielle, affirma que les modalités de mise en oeuvre de ces mesures en pratique n'avaient pas été décidées ou annoncées[19].

Pour 2013, le gouvernement accroît le budget de la santé, de l'éducation et de la sécurité de 50%, pour répondre aux besoins criants dans ces domaines[20].

En avril 2013, il annonce son intention d'imposer des peines plus dures pour lutter contre la criminalité. Le viol entraînerait désormais une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle, et la peine de mort serait appliquée pour les crimes les plus graves. (Il n'y avait pas eu d'exécutions dans le pays depuis 1954, pendant l'ère coloniale.) En outre, pour endiguer les meurtres à l'encontre de personnes soupçonnées de sorcellerie, un meurtrier ne bénéficierait plus de circonstances atténuantes lorsque sa victime était supposée être un sorcier[21],[22].

Fin janvier 2014, O'Neill rencontre le président de la province autonome de Bougainville, John Momis, à Buka, capitale par intérim de la province. Il s'agit de la première visite d'un chef de gouvernement papou-néo-guinéen à Bougainville depuis la guerre civile achevée en 2000. Cette visite participe au processus de réconciliation et de consolidation du processus de paix[23]. Visitant la mine de Panguna, site d'origine du conflit, O'Neill présente les excuses du gouvernement à la population de Bougainville pour leur souffrance durant la guerre[24].

En février 2014, son gouvernement met en place une politique de gratuité des soins médicaux de base, désormais financés par l'État[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Biographie sur le site du ministère papou-néo-guinéen des Finances
  2. a, b, c et d (en) "PNG vote weakens link to Michael Somare era", The Australian, 3 août 2011
  3. (en) "Somare's Cabinet at a glance", Post-Courier, 30 août 2007
  4. (en) "PNG has new PM as position declared vacant and govt MPs defect", Radio New Zealand International, 2 août 2011
  5. (en) "Breaking news: Upheaval in PNG – O’Neill elected as new prime minister", Pacific Media Centre, 2 août 2011
  6. (en) "PNG chooses new prime minister", Sydney Morning Herald, 2 août 2011
  7. (en) "PNG court reinstates Somare as PM", Sydney Morning Herald, 13 décembre 2011
  8. (en) "Papua New Guinea moves to end 'two PMs' crisis", BBC, 14 décembre 2011
  9. (en) "Governor-General Michael Ogio suspended for backing Michael Somare", The Australian, 15 décembre 2011
  10. (en) "GG ousted", The National, 15 décembre 2011
  11. (en) "Papua New Guinea political crisis ends as Governor-General changes mind", The Telegraph, 20 décembre 2011
  12. (en) "Political Impasse in Papua New Guinea Appears to End", New York Times, 20 décembre 2011
  13. (en) "G-G recognises O’Neill as PM", Post Courier, 20 décembre 2011
  14. (en) "Peter O’Neill elected as PNG Prime Minister", Radio New Zealand International, 3 août 2012
  15. (en) "Reforged Aust-PNG ties ‘extra-ordinary’", Post Courier, 22 juillet 2013
  16. (en) "PNG PM O'Neill highlights free education", ABC Radio Australia, 30 août 2011
  17. (en) "PNG passes record budget", Sydney Morning Herald, 23 décembre 2011
  18. (en) "O’Neill pledges Free medical care", Post Courier, 19 janvier 2011
  19. (en) "Former PNG minister raps Somare style", Sydney Morning Herald, 23 février 2012
  20. (en) "PNG PM explains his ambitious plan to reform the economy", Radio Australia, 16 avril 2013
  21. (en) "PNG Prime Minister declares "war on crime"", Radio New Zealand International, 1 mai 2013
  22. (en) "Papua New Guinea PM plans to implement death penalty", BBC News, 1 mai 2013
  23. (en) "PNG PM, Bougainville President Momis complete reconciliation process", Islands Business, 28 janvier 2014
  24. (en) "PNG PM apologises to Bougainville locals for deadly civil war", SBS, 29 janvier 2014
  25. (en) "PNG gets access to free primary health care", Radio Australia, 25 février 2014