Peter Julien Ortiz

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Pierre (Peter) Julien Ortiz, né à New York le 5 juillet 1913 et décédé le 13 mai 1988, est l'un des officiers du Corps des Marines des États-Unis les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale.

La Légion étrangère I[modifier | modifier le code]

Quand il a quatre ans, Philippe, Georges Ortiz et Marie, Louise, ses parents, déménagent pour La Jolla en Californie. Le garçon est envoyé pour recevoir une éducation européenne en France. Il étudie au lycée de Pau, puis au lycée de Bayonne et au collège du Montcel à Versailles.

Cherchant l’aventure, il s’engage, à l’âge de 19 ans dans la Légion étrangère, le 1er février 1932, au centre de recrutement de Lyon, sous le nom de Zetro de Makowska Pierre, de nationalité polonaise. Son père tente de s’opposer à cet engagement et fait appel directement au maréchal Franchet d’Espérey et au général Gouraud.

Après son instruction de base au 1er REI, le fils rejoint la 3e compagnie de mitrailleuses du 2e REI à Meknès, le 22 juin 1933. Il est nommé caporal puis peu de temps après il accède au grade de sergent. Le 24 avril 1934, il est cité à l’ordre de la brigade sans croix de guerre en récompense de son action décisive lors de l’investissement du Baddou. Le 21 août, il est de nouveau cité, à la suite de l’occupation du Souk el-Khemis et el-Djemaâ, à l’ordre du régiment mais cette fois avec la croix de guerre de TOE. Pendant cinq ans, il participe à diverses campagnes en Afrique du Nord.

Hollywood[modifier | modifier le code]

Malgré l’offre d’une carrière militaire comme officier, il rentre aux États-Unis à la fin de son contrat en 1938 et devient expert pour les films de guerre à Hollywood. La guerre éclate en 1939. Ortiz part au Canada et s’embarque sur un bateau pour la France. En cours de route, son bateau est torpillé. Il s’en réchappe à la nage, comme il le dit plus tard. « Il n’y avait plus aucun doute dans mon esprit, j’étais maintenant assez furieux pour combattre les nazis ».

La Légion étrangère II[modifier | modifier le code]

À son arrivée en France, il souscrit, au centre de recrutement de Bourg-en-Bresse, un contrat en qualité d’EVDG, et rejoint le 11e REI à Sathonay, le 6 novembre 1939. Il est nommé caporal le 9 décembre et sergent à compter du 16, en raison de son premier contrat. Blessé en 1940, il est fait prisonnier et interné dans plusieurs camps en Allemagne, en Autriche et en Pologne. Après plusieurs tentatives d’évasion, il échappe aux Allemands et le 13 octobre 1941, il est démobilisé par le centre de la Seine. Il se présente au service d’immatriculation de la Légion étrangère de Marseille, le 5 novembre 1941 où il est dirigé sur le centre de regroupement de La Blancarde.

Les Marines[modifier | modifier le code]

Libéré, il prend le bateau pour les États-Unis, via Lisbonne. Là, il s’engage dans les Marines en juin 1942. Après un passage au camp d’instruction de Parris Island, l’un de ses supérieurs rapporte : «Nous l’avons vu presque dès son arrivée, à son aspect ; les Marines seraient imbattables si tous nos hommes étaient comme lui». Nommé lieutenant du corps des Marines, le 1er août 1942, il suit la formation parachutiste à New River, en Caroline du Nord. Il est rapidement promu capitaine et envoyé en Afrique du Nord où il organise la formation des indigènes arabes destinés à observer les forces allemandes en Tunisie. Il est blessé à la main lors d’une escarmouche contre une patrouille allemande.

L'OSS et la Résistance[modifier | modifier le code]

À son retour aux Etats-Unis, il est remarqué par un autre organisme, l’Office of Strategic Services (OSS). Le 23 mai 1943, le capitaine Peter Ortiz est affecté à l’OSS pour servir en Europe en vue d’être parachuté en France pour aider la Résistance en raison de ses qualités linguistiques (il parle cinq langues : arabe, allemand, français, espagnol et anglais).

Sa première mission est l’opération « Union I » en janvier 1944. La mission interalliée est composée avec lui de Pierre Fourcaud du BCRA et le capitaine Thackwaite du SOE. Avec la Résistance, il mène des coups de main contre les dépôts d’approvisionnement allemands, transmet des informations importantes sur les mouvements de troupe nazis et fait passer la frontière à des aviateurs abattus. Son nom de code est « Jean-Pierre » et une récompense de 150 000 francs, bientôt portée à 500 000 est offerte pour sa capture.

Exfiltré en mai 1944, Ortiz est de retour en Savoie pour l’opération « Union II », en août. Sous la menace de représailles envers les civils français en raison des activités de l’OSS, il se rend et reste un an prisonnier.

Après sa capture et son relâchement comme prisonnier de guerre en avril 1945, Ortiz rentre aux États-Unis et se prépare à sauter sur l’Indochine quand la guerre se termine. Son action d’aide à la Résistance française en coordonnant la livraison d’armes et de munitions, ainsi qu’en aidant des aviateurs anglais abattus font le sujet de deux films : « 13 rue Madeleine » (1947) avec James Cagney et « opération Secrète » (1950) avec Cornel Wilde.

En mai 1988, Peter Ortiz, colonel du corps des Marines meurt d’un cancer au centre médical des anciens de Prescott dans l’Arizona où il réside. Il est enterré avec tous les honneurs militaires au cimetière national d’Arlington. Y assistent un officier français et un officier britannique représentant leurs gouvernements, des dignitaires du corps des Marines et ses équipiers de la mission « Union II », Jack Risler et J.P. Bodnar. Il laisse sa femme Joan, et un fils, Peter, commandant dans les Marines, tous les deux à Prescott.

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Ordre de l’Empire britannique, département militaire, par George VI,
  • Chevalier de la Légion d’honneur
  • Croix de guerre de TOE 1939-1945,
  • Médaille des blessés,
  • Médaille des évadés,
  • Médaille coloniale française.

Ses décorations américaines :