Persée (Q154)

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Persée
Image illustrative de l'article Persée (Q154)
L'Ajax, identique au Persée.

Histoire
A servi dans Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale française
Quille posée 14 avril 1929
Lancement 23 mai 1931
Armé 12 février 1933
Statut coulé le 23 septembre 1940
Caractéristiques techniques
Type Sous-marin
Longueur 92,30 m
Maître-bau 8,10 m
Tirant d'eau 4,40 m
Déplacement 1 572 tonnes en surface
2 082 tonnes en plongée
Propulsion 2 moteurs diesel
2 moteurs électriques
Puissance Diesel : 2 x 3 000 ch
Électrique : 2 x 1 200 ch
Vitesse Surface : 17,5 nœuds
Plongée : 10 nœuds
Profondeur 80 m
Caractéristiques militaires
Armement 9 tubes lance-torpilles de 550 mm
2 tubes lance-torpilles de 400 mm
1 canon de 100 mm
1 mitrailleuse-double de 13,2 mm
Rayon d'action 14 000 milles à 7 nœuds (surface)
100 milles à 7 nœuds (immersion)
Autres caractéristiques
Équipage 5 officiers, 66 marins
Chantier naval Chantiers navals françaisCaen
Port d'attache Cherbourg

Le Persée est un sous-marin français de la classe 1 500 tonnes. Lancé en 1931, il appartient à la série M6.

Histoire[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Le Persée fait partie d'une série assez homogène de 31 sous-marins océaniques de grande patrouille, aussi dénommés 1 500 tonnes en raison de leur déplacement. Tous sont entrés en service entre 1931 (Redoutable) et 1939 (Sidi-Ferruch).

Longs de 92,30 mètres et larges de 8,10, ils ont un tirant d'eau de 4,40 mètres et peuvent plonger jusqu'à 80 mètres. Ils déplacent en surface 1 572 tonnes et en plongée 2 082 tonnes. Propulsés en surface par deux moteurs diesel d'une puissance totale de 6 000 chevaux, leur vitesse maximum est de 18,6 nœuds. En plongée, la propulsion électrique de 2 250 chevaux leur permet d'atteindre 10 nœuds. Appelés aussi « sous-marins de grandes croisières », leur rayon d'action en surface est de 10 000 nautiques à 10 nœuds et en plongée de 100 nautiques à 5 nœuds.

Mis en chantier le 14 avril 1929 avec le numéro de coque Q154, le Persée est lancé le 23 mai 1931.

Le 26 septembre 1932, deux mois après le naufrage du Prométhée, un nouvel accident cause la mort de six marins et ouvriers de l'arsenal de Cherbourg. Commandé par le lieutenant de vaisseau Bertrand, le Persée procède à des essais au large de la pointe de Jardeheu, à quelques milles marins à l'ouest de Cherbourg. À la suite d'un écoulement d'huile sur les carters des moteurs diesels Schneider, ceux-ci explosent, tuant sur le coup deux hommes et en blessant de nombreux autres[1], dont l'officier en second, le lieutenant de vaisseau Jean L'Herminier, futur commandant du Casabianca pendant la Seconde Guerre mondiale. Le sous-marin est remorqué à Cherbourg par le chalutier fécampois Simon-Duhamel II, escorté par le sous-marin Surcouf dont le médecin a donné les premiers soins aux blessés[2].

Le Persée est mis en service le 10 juin 1934.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il est affecté, au début de la Seconde Guerre mondiale, à la 6e division de sous-marins, basée à Brest, qu'il forme avec l'Ajax, l'Archimède et le Poncelet[3].

Avec le Poncelet, il patrouille au large des Açores, où s'est réfugiée une partie de la flotte de commerce allemande, suspectée de servir de ravitailleurs aux U-Boote allemands[4]. Il rejoint le 12 octobre Cherbourg avec le Poncelet pour carénage[5]. Devant l'avance allemande, il quitte Cherbourg pour Brest. Il reprend la mer le 18 juin à 18 h 30 avec le ravitailleur Jules Verne et treize sous-marins, dont Ajax, Poncelet, Casabianca et Sfax. Ils arrivent à Casablanca le 23 juin[6]. Après l'attaque de Mers el-Kébir par les Britanniques le 3 juillet, il patrouille le long de la côte marocaine avec l'Ajax[7].

Le 19 juillet, le Poncelet et le Persée sont transférés à Dakar. Du 26 au 29 août 1940, il est chargé d'escorter le câblier Alsace, envoyé réparer le câble Casablanca-Dakar sectionné par les Britanniques devant Cap Juby[8]. Le 23 septembre, les Français libres et les Britanniques attaquent la capitale de l'Afrique-Occidentale française. Il attaque en surface devant le cap Manuel le HMS Inglefield à la torpille, sans l'atteindre. Il est pris en chasse par les destroyers britanniques et, ne pouvant plonger en raison de hauts-fonds, il est sérieusement endommagé. Alors que le navire coule, l'équipage, sauf un quartier-maître, est repêché par l'aviso La Surprise[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 120 ans en Cotentin, Éditions La Presse de la Manche,‎ novembre 2009 (lire en ligne), p. 96
  2. « Les secours du chalutier Simon-Duhamel II », L'Ouest-Éclair,‎ 28 septembre 1932 (lire en ligne)
  3. Huan 2004, p. 49
  4. Picard 2006, p. 33-35
  5. Huan 2004, p. 62
  6. Picard 2006, p. 39
  7. Huan 2004, p. 88-89
  8. Huan 2004, p. 93
  9. Huan 2004, p. 94

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Huan, Les Sous-marins français 1918-1945, Rennes, Marines Éditions,‎ 2004, 240 p. (ISBN 978-2915379075)
  • Claude Picard, Les Sous-marins de 1 500 tonnes, Rennes, Marines Editions,‎ 2006, 119 p. (ISBN 2-915379-55-6)