Persécution des Coptes

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Les Coptes égyptiens représentent, avec entre 8 et 12 %[1] de la population égyptienne, la plus grande minorité du pays.

Les groupes de défenses des Droits de l'homme ont noté un sentiment d'« intolérance religieuse grandissant » et des violences sectaires contre la communauté copte d'Égypte, ainsi que l'échec du gouvernement égyptien à enquêter et sévir contre les auteurs de ces attaques[2].

Persécutions sous l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Persécutions sous la domination islamique[modifier | modifier le code]

L'invasion arabo-musulmane de l'Égypte[modifier | modifier le code]

L'invasion musulmane de l’Égypte a eu lieu en l'an 639. Malgré les bouleversements politiques, l’Égypte est restée un pays majoritairement chrétien jusqu’à la fin du XIIe siècle.

Les conversions progressives à l'islam au cours des siècles ont changé l’Égypte qui est passé d'une majorité chrétienne à une majorité principalement musulmane. Ce processus a été accéléré par les persécutions pendant et après le règne du calife fatimide Al-Hakim bi-Amr Allah (règne AD 996-1021) et par les croisades.

Traitement des femmes coptes[modifier | modifier le code]

Des femmes et des jeunes filles coptes seraient parfois victimes d'enlèvement, forcées de se convertir à l'islam et de se marier à des musulmans[3],[4]. En avril 2010, 17 membres du Congrès américain expriment leurs inquiétudes sur les femmes coptes, victimes « de violences physiques et sexuelles, de captivité, d'exploitation par de la servitude domestique forcée ou de commerce sexuel »[3].

Ces allégations sont cependant remises en cause dans le rapport du Département d'État américain, du 17 novembre 2010. Selon le rapport, les organisations des droits de l'homme en Égypte trouvent ces allégations difficiles à vérifier, d'autant plus qu'elles sont rares dans les médias égyptiens[1]. Cependant, ce sont ces mêmes médias qui, lors des Altercations inter-religieuses égyptiennes d'octobre 2011, commenceront par affirmer (le 10 octobre) que les soldats ont ouvert le feu sur les manifestants coptes parce que ceux-ci avaient tué trois d'entre eux[5] avant de reconnaître deux jours plus tard, qu'aucun soldat n'est mort[6].

Chronologie des attaques contre la communauté copte[modifier | modifier le code]

  • juin 1981 : incidents de El Zawya El Hamra, au Caïre. 81 coptes sont tués, plus de cent blessés[8].
  • 1990 : des employés réparant une église sont attaqués par des militants islamistes[9].
  • mars 1990 : des rumeurs sur le trafic de filles musulmanes de la part des Coptes déclenchent deux semaines de violences à Abu Quraqa. Des églises, commerces, maisons et voitures sont brûlés, et deux chrétiens sont enlevés. Pas de mort, ni de blessé[9].
  • 20 - 22 septembre 1991 : des militants musulmans commettent une vague de violence envers les églises et commerces chrétiens d'Imbabah, une banlieue du Caïre. La police refuse l'enregistrement de plusieurs plaintes, certains plaignants étant arrêtés[9].
  • 11 mars 1992 : un échange de tirs entre chrétiens et musulmans fait 3 morts au village de Sanbau[9].
  • 4 mai 1992 : onze coptes et deux musulmans qui tentaient de s'interposer sont tués à Sanbau par des militants islamistes[9].
  • 27 octobre 1992 : quatre supposés militants islamistes tuent un joailler chrétien et son assistant[9].
  • 1er novembre 1992 : dix coptes sont blessés dans l'attaque de leur bus par des hommes armés[9].
  • 4 janvier 1993 : deux assauts séparés tuent un copte et en blessent un autre. Une église est incendiée à Dayrut[9].
  • 14 avril 2006 : un chrétien est tué et entre 5 et 16 autres blessés lorsqu'un homme entre dans deux églises et poignarde les fidèles[10]. Les manifestations et violences qui s'ensuivent voient la mort d'un homme musulman[11].
  • 19 avril 2009 : des militants musulmans ouvrent le feu sur des chrétiens à la veille de Pâque. Deux coptes sont tués, un autre blessé[12],[13].
  • 7 janvier 2010 : massacre de Nag Hammadi, huit chrétiens et un musulman sont tués quand des hommes armés ouvrent le feu sur les fidèles sortant de la cathédrale. Deux femmes coptes sont également tuées lors de l'incendie de maisons chrétiennes dans les villages alentour.
  • 24 novembre 2010 : deux coptes sont tués lors de heurts avec la police. Les coptes manifestaient contre l'interdiction de construire une église[14].
  • 5 mars 2011 : des violences ont lieu entre coptes et musulmans. Les violences ont pour cause la relation entre une musulmane et un copte. Le père de la femme est tué pour avoir refusé de tuer sa fille et laver l'honneur de sa famille. Des affrontements éclatent, une église est brulée et des maisons ou commerces appartenant à des chrétiens sont pillés[15].
  • 8 mars 2011 : treize personnes sont tuées au Caire lors d'une manifestation de coptes contre l'incendie de l'église le 5 mars[14].
  • 7 avril 2011  : plusieurs centaines de salafistes attaquent une église au Caire et y mettent le feu car plusieurs chrétiennes converties à l'Islam y seraient retenues contre leur gré, ce qui est totalement faux. Une seconde église est brûlée. Les affrontements entre musulmans et coptes font 12 morts et 232 blessés[16]. 190 personnes sont arrêtés par la police[17].
  • 10 octobre 2011 : le 9 octobre 2011, une manifestation pacifique protestant contre l'incendie d'une église copte est violemment réprimée par l'armée. La télévision d'État égyptienne signale que « des chrétiens (coptes) ont attaqué l'armée », que « trois soldats ont péri » (affirmation qu'elle admet être fausse deux jours plus tard), et lance aux Égyptiens un appel à “défendre leur pays” contre les troubles inter-religieux. Au moins 24 Coptes meurent, dont certains écrasés par des véhicules militaires[5],[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b UNHCR: 2010 Report on International Religious Freedom - Egypt
  2. Egypt and Libya: A Year of Serious Abuses, hrw.org, 24 janvier 2010
  3. a et b (en) Joseph Abrams, « House Members Press White House to Confront Egypt on Forced Marriages », foxnews.com,‎ 21 avril 2010 (lire en ligne)
  4. (en) « Christian minority under pressure in Egypt », BBC News,‎ December 17, 2010 (lire en ligne)
  5. a et b (fr) titre initial (modifié par la suite) : « Violences lors d'une manifestation copte au Caire, 3 soldats tués » (en) « Égypte : 23 morts lors d'une manifestation copte, couvre-feu au Caire », Libération,‎ 10 octobre 2011 (consulté le 12 octobre 2011)
  6. (fr) « La télévision d'État égyptienne a reconnu, lundi soir, qu'il n'y avait aucune victime parmi les soldats de l'armée. » (en) « Égypte : les Coptes, "martyrs à la demande" du 10 octobre », Atlantico,‎ 12 octobre 2011 (consulté le 12 octobre 2011)
  7. Minorities and the state in the Arab world Par Ofra Bengio, Gabriel Ben-Dor, p.56
  8. Freecopts.net: The Role of the Egyptian Security in Violence Against Christian Copts
  9. a, b, c, d, e, f, g et h UNHCR: Chronology for Copts in Egypt
  10. http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/4911346.stm
  11. http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/4914172.stm
  12. http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/8007919.stm
  13. http://www.wataninet.com/News.aspx?N=1193
  14. a et b http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110508.OBS2635/les-principaux-affrontements-entre-musulmans-et-coptes-en-egypte.html
  15. http://www.aina.org/news/20110304222016.htm
  16. http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/egypte-12-morts-dans-des-affrontements-entre-musulmans-et-chretiens-08-05-2011-1440313.php
  17. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110508.OBS2623/egypte-190-personnes-arretees-apres-les-violences-interconfessionnelles.html
  18. (fr) « La télévision d'État égyptienne a reconnu, lundi soir, qu'il n'y avait aucune victime parmi les soldats de l'armée. » (en) « Égypte : les Coptes, "martyrs à la demande" du 10 octobre », Atlantico,‎ 12 octobre 2011 (consulté le 12 octobre 2011)