Perpet de Tours

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Saint Perpet
Image illustrative de l'article Perpet de Tours
évêque de Tours et confesseur
Naissance inconnue
en Aquitaine
Décès 30 décembre 490 
Tours
Nationalité citoyen romain
Vénéré par les catholiques et l'Église orthodoxe
Fête 8 avril
Attributs dirige la construction d'une église. Les malades sont guéris devant sa tombe ; ses reliques sont menées en procession.
Saint patron des Mérovingiens

Saint Perpetuus (Saint Perpetue ou Perpet) († 30 décembre 490)[1] est le sixième évêque de Tours, de 460 à 490. Il succède à Eustoche[2], qui était peut-être son oncle, et son successeur, Volusien, était également de sa famille. Perpetuus est le maître d'ouvrage de la première basilique Saint-Martin de Tours.

Issu d'une famille d'ordre sénatorial, il devint évêque de Tours en 460. Au cours de son sacerdoce, qui dura 30 ans, le peu de sources dont on dispose suffit à montrer que le christianisme se développa et s'enracina fermement en Touraine. Peu après son sacre, Saint Perpetuus préside un concile de huit évêques réuni à l'occasion de la Saint Martin pour fixer la discipline ecclésiastique. Par la suite, il exerce une surveillance étroite sur les prêtres de son diocèse, et les chroniques mentionnent des cas de déchéance.

Perpet fit édifier des monastères et des églises, mais son grand œuvre est d'avoir remplacé la petite chapelle de Brice qui abritait le tombeau de Martin de Tours (437) par une basilique (470)[3] : Perpetuus mit ainsi véritablement en place une organisation propre à accueillir des pèlerins de toute la Francie. Grégoire de Tours, puis Lull à l'abbaye de Fulda sauront suivre cet exemple. La place prise par le culte de Martin dans la liturgie et la littérature pieuse est d'ailleurs en grande partie due au prosélytisme de Perpetuus, qui publia un Indiculus des miracles, qu'il fit versifier par Paulin de Périgueux.

Selon Grégoire de Tours, Perpet décréta que les fidèles de son diocèse devaient jeûner :

« Depuis la Pentecôte, les mercredis et les vendredis jusqu'à la nativité de saint Jean. Depuis le premier septembre jusqu'au premier octobre, deux jeûnes par semaine. Depuis le premier octobre jusqu'à la mort de saint Martin [aussi], deux jeûnes par semaine. Depuis la mort de saint Martin jusqu'à la nativité du Seigneur, trois jeûnes par semaine. Depuis la nativité de saint Hilaire jusqu'à la mi-février, deux jeûnes par semaine. »

— Saint Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Livre X, 31[4]

Ces jeûnes étaient toujours respectés au VIe siècle, donc époque de saint Grégoire. Il est évident qu'à cette époque-là, la pratique des jeûnes était locale, en raison de saint Martin de Tours ainsi que de saint Hilaire de Poitiers. Ils n'ont rien de particulier à Perpet et à l'Église de Tours mais sont pratiqués par l'ensemble de la chrétienté : les variantes viendront plus tard.

Son testament[modifier | modifier le code]

Le testament de Perpetuus fut publié pour la première fois en 1661 par Dom Luc d'Achery dans son Spicilegium. Dans ce document, qui est un faux évident, l'évêque fait des indigents ses héritiers : « Vous, mes frères aimés, ma couronne et ma joie, les pauvres dans le Christ, les nécessiteux, les mendiants malades, veuves et orphelins, je vous fais mes héritiers[5]. » Saint Perpetuus leur fait don par cet acte de pâturages, de vergers, de vignobles, de maisons, de jardins, de moulins, d'or et d'argent, et de ses vêtements.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Certaines sources donnent le 8 avril 491.
  2. Cf. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre I, chap. XIV : « Dans la ville de Tours, l'évêque Eustoche étant mort dans la dix-septième année de son pontificat, on nomma Perpétuus, qui fut le cinquième abbé après Martin. »
  3. Cf. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre I, chap. XIV : « Témoin des miracles continuels qui s'opéraient sur le tombeau du saint, et voyant qu'on n'y avait bâti qu'une très petite chapelle, <Perpétuus> la trouva indigne de tant de prodiges. L'ayant donc fait enlever, il fit construire la grande basilique qui subsiste encore aujourd'hui, et qui est à cent-cinquante pas de la ville. »
  4. http://books.google.fr/books?id=2fgUAAAAQAAJ&pg=PA137
  5. Cf. Index de Saint Patrick en angl.).

Liens externes[modifier | modifier le code]