Perim

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Perim
بريم (ar)
Image satellite de Perim dans le détroit de Bab-el-Mandeb.
Image satellite de Perim dans le détroit de Bab-el-Mandeb.
Géographie
Pays Drapeau du Yémen Yémen
Localisation Bab-el-Mandeb (océan Indien)
Coordonnées 12° 39′ 24″ N 43° 24′ 54″ E / 12.656667, 43.41512° 39′ 24″ N 43° 24′ 54″ E / 12.656667, 43.415  
Superficie 13 km2
Point culminant 65 m
Géologie
Géologie Île volcanique
Type Volcan rouge
Activité Inconnue
Dernière éruption Inconnue
Code GVP Aucun
Observatoire Aucun
Administration
Démographie
Population 300 hab.
Densité 23,08 hab./km2
Plus grande ville Mayyun
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+03:00

Géolocalisation sur la carte : Moyen-Orient

(Voir situation sur carte : Moyen-Orient)
Perim
Perim

Géolocalisation sur la carte : Yémen (relief)

(Voir situation sur carte : Yémen (relief))
Perim
Perim
Îles du Yémen

Perim, également appelée Mayyun, en arabe بريم Barīm, en portugais Meyo, est une île du Yémen faisant face aux côtes de Djibouti et baignée par les eaux du détroit de Bab-el-Mandeb reliant la mer Rouge au nord-nord-ouest au golfe d'Aden au sud-est[1].

L'île est une possession britannique de 1857 à 1967.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de Perim.

Perim est une île en forme de croissant très refermé sur lui-même, délimitant ainsi une baie et plusieurs criques formant un port naturel. Culminant à 65 mètres d'altitude, l'île est constituée de lave et de débris calcaire.

L'île est située dans le détroit de Bab-el-Mandeb qui relie la mer Rouge située au nord-nord-ouest au golfe d'Aden situé au sud-est[1]. L'île est considérée comme asiatique en raison de son appartenance au Yémen et de la plus grande proximité des côtes asiatiques qu'africaines[1]. En effet, le bras de mer séparant l'île du Yémen, le détroit d'Alexandre ou Bab Iskender, est large de 3,2 kilomètres tandis que celui la séparant de l'Afrique, le Dact-el-Mayun, est large de 25,6 kilomètres[2].

L'île est située dans le prolongement de la péninsule de Cheikh Saïd située dans l'extrême sud-ouest du Yémen et de la péninsule arabique, entourée au sud-ouest par les côtes djiboutiennes formées par le bloc Danakil, en face de la petite ville côtière de Moulhoule[1].

Perim constitue la partie émergée d'un volcan né de l'ouverture de la vallée du grand rift et de la mer Rouge. Émettant des laves basaltiques fluides au cours d'éruptions relativement peu explosives, il est classé comme volcan rouge.

Climat[modifier | modifier le code]

Perim est soumise à un climat désertique qui entraîne un manque important de précipitations. Avec la mer Rouge qui entoure l'île, le climat est plus frais que sur les côtes continentales.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

En raison de l'aridité de l'île causée par l'absence de cours d'eau et la faiblesse des précipitations, la végétation de Perim est sporadique.

Phare[modifier | modifier le code]

L'île et le phare de Perim en 1883.

Le phare de Perim est utilisé comme aide à la navigation maritime dans le détroit de Bab-el-Mandeb. Inauguré en 1861, sa tour de 11 mètres est agrandie à 81 mètres de hauteur en 1912[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Perim était connue du temps de la Grèce et de la Rome antique, citée et connue sous le nom de Diodore, en grec ancien Διόδωρος / Diódôros, par Pline l'Ancien dans Le Périple de la mer Érythrée, 25, et Ptolémée, IV, 7, 2, et 3[4].

Premières occupations[modifier | modifier le code]

Les Portugais tentent de s'établir sur Perim en 1513 mais ils sont repoussés par les Ottomans. Elle est occupée par la France en 1738 de même que d'avril 1799 à 1801 par la Compagnie britannique des Indes orientales[5] en préparation de la Campagne d'Égypte.

Période britannique[modifier | modifier le code]

Les possessions britanniques de Perim et d'Aden illustrées sur une carte de 1899.
Vapeurs en attente de ravitaillement vers 1910

Le Royaume-Uni réoccupe Perim en 1857[6] et l'intègre à Aden, ville qu'il occupe depuis 1839[5]. Les Britanniques y construisent un phare inauguré quatre ans plus tard[3]. Durant les deux décennies suivantes, la présence britannique se limite au personnel du phare et à un petit détachement de Cipayes détaché de la garnison d'Aden. Le recensement de 1881 dénombre 149 résident[7].

L'île tire ensuite profit de sa situation stratégique sur la route des Indes en servant de lieu de ravitaillement en charbon à partir de 1883[8] pour les navires empruntant le canal de Suez. Avec l'amorce des activités de ravitaillement, la population augmente rapidement, passant de 986 en 1891 à 1 236 en 1901[9]. Jusqu'au début des années 1930, Perim est un sérieux concurrent d'Aden en ce qui concerne les activités de ravitaillement en charbon.

En novembre 1914, peu de temps après la déclaration de guerre entre le Royaume-Uni et l'Empire ottoman, des troupes de l'Inde britannique débarquent sur la péninsule de Cheikh Saïd en face de Périm et détruisent le petit fort turc et les canons Krupp qui s'y trouvent. Le 14 juin 1915, les Britanniques repoussent avec succès une tentative de débarquement turc à partir de Cheikh Saïd[10],[11].

République démocratique populaire du Yémen[modifier | modifier le code]

En 1967, la Fédération d'Arabie du Sud et le Protectorat d'Arabie du Sud deviennent indépendants et fusionnent sous le nom de République démocratique populaire du Yémen, récupérant l'île de Perim qui fera l'objet d'un contentieux territorial avec la République arabe du Yémen[5].

Les États-Unis affirment durant la Guerre froide que le Yémen du Sud permettait à l'URSS d'y avoir une base navale sur l'île, affirmation relayée par la presse[12]. Il n'y en a cependant jamais eue ; une affirmation similaire existait à propos de Socotra.

République du Yémen[modifier | modifier le code]

Avec la réunification de la République démocratique populaire du Yémen et de la République arabe du Yémen qui forment la République du Yémen, le contentieux de l'île de Perim prend fin[5].

La France et le Yémen avaient envisagé en 2009 de bâtir à Perim un port artificiel pour renforcer le dispositif de lutte contre la piraterie dans cette partie de l'océan Indien[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) University of Texas Libraries - Carte politique du Yémen
  2. (en) « Encyclopedia of Earth - Bab el-Mandeb »
  3. a et b (en) « Lighthouse Depot - Perim Island High Light »
  4. (fr) Jehan Desanges, « Le Littoral africain du Bab el-Mandeb d'après les sources grecques et latines », Annales d'Éthiopie, vol. 11, no 11,‎ , p. 83-101 (lire en ligne)
  5. a, b, c et d (en) « World Statesmen - Yemen »
  6. Denis de Rivoyre, « Mascate », Plon,‎ (consulté le 13 novembre 2011)
  7. Soit 117 hommes et 32 femmes: 4 Européens, 33 Arabes, 47 Somalis, 9 Indiens musulmans, 46 Hindous et Sikhs, 1 Parsee, 8 Indiens chrétiens, 1 Chinois. Peter Pichering, Perim. The Last Colonial Outpost (chapitre "Perim Population").
  8. (fr) Blandine Destremau, « Le Yémen du Nord. Évolution économique récente  », Tiers-Monde, Technologie et développement, t. 31, no 122,‎ , p. 461-474 (lire en ligne)
  9. Peter Pickering, Perim. the Last Colonial Outpost (chapitre "Perim Population")
  10. Peter Pickering, Perim Island. The Last Colonial Outpost (chapitre "Assault Landing at Sheikh Syed")
  11. Motte Martin, « La seconde Iliade : blocus et contre-blocus au Moyen-Orient, 1914-1918 », Guerres mondiales et conflits contemporains 2/ 2004 (n° 214), p. 39-53, URL : www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2004-2-page-39.htm.
  12. http://www.csmonitor.com/1981/1221/122120.html
  13. "Sarkozy's Middle East stratagem", Blanche, Ed., Middle East 399 (Apr 2009): 24-27.

Article connexe[modifier | modifier le code]