Perche du Nil

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La perche du Nil (Lates niloticus) est une espèce de poisson de la famille des centropomidés originaire d'Éthiopie. Elle peut atteindre près de 2 m de long pour 200 kg.

Elle a été introduite dans divers pays d'Afrique.

Description[modifier | modifier le code]

Introduction dans le Lac Victoria[modifier | modifier le code]

Perche du Nil comparée à un homme.

En 1954, la perche du Nil a été introduite dans les eaux du lac Victoria, le plus grand lac tropical au monde.

Ce lac présentait la particularité d'abriter une quantité considérable d'espèces indigènes, principalement plusieurs centaines d'espèces de cichlidés, fruit d'une diversification explosive depuis la (re-)création du lac il y a 12 000 ans jusqu'à l'introduction de la perche du Nil.

La perche s'est alors multipliée au détriment des espèces locales. Alors qu'en 1977, les prises de cichlidés représentent encore 32 % du tonnage pêché et celles des perches du Nil 1 %, 6 ans plus tard les prises comportaient 68 % de perches du Nil pour 1 % de cichlidés.

Le groupe de spécialistes des espèces de l'UICN[1] inclut le Lates niloticus parmi les pires cent espèces invasives du monde.

Avec la disparition d'un grand nombre d'espèces de cichlidés, les tonnages décollent : 1 000 t en 1978, 100 000 t en 1993 pour le seul Kenya — la Tanzanie exporte désormais la perche du Nil en direction de l'Union européenne comme sa principale rentrée de devises : 500 tonnes de filets sont envoyées quotidiennement de l'aéroport de Mwanza, sur le lac Victoria. En 1987, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture rapportait « la présence de la perche du Nil dans les pêcheries du lac Victoria » comme étant « un développement extrêmement positif du point de vue du bien-être humain »[2].

Le film Le Cauchemar de Darwin du réalisateur autrichien Hubert Sauper dénonce en 2004 l'exploitation de la perche du Nil et ses conséquences, que l'auteur utilise comme une parabole des problèmes de l'Afrique tels qu'il les perçoit. On notera cependant qu'il s'agit d'une thèse controversée, certaines affirmations du film n'étant pas étayées[3].

À la fin des années 2010, Brian Marshall, de l'Organisation des pêches du lac Victoria constate une diminution de « 654 000 tonnes de poisson dans le lac en 2006 contre 310 000 aujourd'hui »[4].

Introduction dans d'autres lacs[modifier | modifier le code]

En Afrique[modifier | modifier le code]

Au Burkina Faso[modifier | modifier le code]

D'après un rapport de la Direction de la Pêche et de la Pisciculture du Burkina Faso (1981), ce prédateur, a été capturé dans les Hauts Bassins de la Volta, situés entre le 9° et 14° de latitude Nord et de 0° à 5° de longitude Ouest (source : Direction de la Pêche et de la Pisciculture du Burkina Faso).

En Égypte[modifier | modifier le code]

Malgré les dégâts causés dans le Lac Victoria, la perche du Nil, que les égyptiens appellent « Samos », a été introduite dans le lac Nasser. Là aussi, elle connaît, dans ce jeune lac de barrage, une grande expansion.

Elle a également été retrouvée récemment dans le lac Mariout situé dans le Delta du Nil[réf. nécessaire].

En Australie[modifier | modifier le code]

Une étude concernant l'introduction de la perche du Nil en Australie dans les lacs du (Queensland) a été menée il y a une quinzaine d'années, mais « vu les ravages causés par ce poisson dans plusieurs lacs d'Afrique », le gouvernement local a finalement rejeté cette idée. [2]

Références externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 100 OF THE WORLD’S WORST INVASIVE ALIEN SPECIES IUCN
  2. Paragraphe 5.1, Reynolds, J.E., et D.F. Greboval, 1988 "Socio-economic effects of the evolution of Nile perch fisheries in Lake Victoria: a review". CIFA Technical Paper, (17):148p, ISBN 92-5-102742-0[1] (en Anglais)
  3. Voir notamment François Garçon, Enquête sur le cauchemar de Darwin, Paris, Flammarion,‎ 2006 (ISBN 978-2-08-210579-8) et également Jean-Philippe Rémy, « Contre-enquête sur un cauchemar », Le Monde,‎ 4 mars 2006 (ISSN 1950-6244)
  4. « La "méchante" perche du Nil est à son tour menacée d'extinction dans le lac Victoria », Le Monde, 16 février 2010.