Pentecôte de Besançon

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Église évangélique missionnaire de Besançon
Église évangélique missionnaire de Besançon - logo.jpg

Repères historiques
Fondation 1963.
Fondateur(s) Aldo Benzi.
Lieu de fondation Besançon Drapeau de la France France.
Disparition 2005 (séparation interne).
Fiche d'identité
Église Protestante.
Courant religieux Pentecôtiste.
Vocation Associative, cultuelle et évangélique.
Dirigeant René Kennel.
Membres 2 000 à 4 000 (2005).
Localisation Nord-est de la France (2005).
Sur Internet
Site internet eglise-besancon.org

L'Église évangélique missionnaire de Besançon ou Pentecôte de Besançon, est un nouveau mouvement religieux fondé en France en 1963 par Aldo Benzi à Besançon, et principalement connu pour son activité missionnaire. L'Église, d'obédience principalement pentecôtiste et mennonite, entretient des rapports avec la Fédération protestante de France, bien que de nombreuses controverses et polémiques sur ses méthodes de financement et de culte l'aient parfois désignée comme une secte. Alors que deux rapports de commissions parlementaires et plusieurs associations considèrent le mouvement comme tel, les milieux protestants et universitaires l'analysent comme un groupe religieux classique bien que plus fervent.

Dès sa fondation elle suscite l'intérêt des fidèles comme des hommes d'Église, et son influence croît ainsi rapidement jusque dans les années 1980, l'Église s'installant dans de nombreuses villes en France et rassemblant entre 2 000 et 4 000 membres en 2005 dont 600 à Besançon, bien que l'on note une stabilisation de ce succès à partir des années 1990. Mais une affaire de mœurs éclate en 2005, éclaboussant le mouvement et ses dirigeants et mettant fin à son activité globale avec une division des temples et un brutal déclin du nombre de fidèles à partir de 2006. Néanmoins, l'Église de Besançon et bon nombre d'autres en France sont encore en activité, bien qu'aujourd'hui elles ne soient plus liées les unes aux autres et que quasiment toutes n'aient plus la même importance que jadis.

Depuis sa création, l'Église a été connue sous différentes appellations : La Mission à sa création ; Église évangélique de Pentecôte de Besançon ou Mission de Pentecôte de Besançon puis Pentecôte de Besançon en 1999 (appellation non officielle) et Église évangélique missionnaire de Besançon, actuellement, selon le site officiel du groupe. La fédération que le mouvement a créée pour regrouper jadis ses églises a elle aussi eu plusieurs noms : d'abord Fédération des Églises du Plein Évangile, Fédération des Églises de la Mission en 1989 et Fédération Évangélique Missionnaire en 1992 jusqu'à sa dissolution en 2006.

Histoire[modifier | modifier le code]

Aldo Benzi est le fondateur de la Pentecôte de Besançon. Né en 1919, aujourd'hui décédé, il aurait été, selon ses dires, guéri d'une pleurésie récurrente en 1941, alors que, marié et père d'une fille, il était condamné par la médecine traditionnelle[1]. C'est le pasteur De Siebenthal, originaire d'Yverdon et dirigeant des réunions religieuses à Sainte-Croix en Suisse, qui l'aurait guéri par imposition des mains[1]. À la suite de ce qu'il juge être un miracle, Aldo Benzi s'est converti et s'est fait baptiser le 15 juin 1941. Il décide dès lors de consacrer sa vie à proclamer l'Évangile[1], fondant par la suite plusieurs églises en France et participant à de nombreuses conversions. Il apparaît comme un prédicateur assidu, parlant avec conviction de l'Évangile à toute personne rencontrée, prêchant dans des salles ou sous des tentes, collant des affiches[2], ou encore déambulant avec un panonceau au contenu religieux dans les rues de Paris.

La Pentecôte de Besançon est officiellement déclarée à la préfecture de Besançon en décembre 1963 avec le statut d'une association selon la loi de 1901-1905, et a été enregistrée sous le nom La Mission[3]. Par la suite, Aldo Benzi fut remplacé peu de temps à la présidence de l'Église de Besançon par le pasteur Samuel Nicolle avant que René Kennel reprenne le flambeau[a 1].

Vue du siège de l'Église à Besançon, au 4 rue Larmet.

René Kennel est un agriculteur et éleveur de moutons d'origine, né en 1925[a 2]. Il a reçu une courte formation théologique principalement en tant qu'étudiant à l’Institut biblique de Nogent-sur-Marne en 1945-1946, puis en 1948-1949, qui a été par la suite complétée par des cours suivis à l'École biblique mennonite européenne du Bienenberg/Liestal[b 1]. Puis, à partir de 1950, il est devenu évangélique mennonite dans la Meuse[a 3] et découvre à Joinville (Haute-Marne) le pentecôtisme grâce aux Tsiganes[a 4]. Des contacts fraternels s'étant noués notamment avec le pasteur Clément Le Cossec, fondateur du mouvement tsigane de Pentecôte et membre de la Fédération protestante de France, plusieurs grandes manifestations communes ont été organisées[a 5]. Une campagne d'évangélisation fructueuse dirigée par ces tsiganes a conduit à la formation d'un groupe de fidèles évangéliques que René Kennel a accepté de diriger spirituellement, parallèlement à ses activités pastorales et humanitaires dans sa ferme, où il aidait socialement des drogués, des alcooliques et des anciens détenus[b 1]. Il s'est également beaucoup investi dans l'Association Spirituelle et Fraternelle, une association pastorale composée de plusieurs églises évangéliques libres issues du pentecôtisme[a 2],[a 3]. En outre, il a établi des contacts avec M. Hurtrel, un pasteur évangélisant la commune de Saint-Dizier, ainsi qu'avec un groupe de pasteurs évangéliques de l'est de la France (composé notamment de l'Église du pasteur Jean Herrgott, de la Mission Populaire, des Églises baptistes suédoises de Haute-Savoie[b 1]). Dès 1964, il a décidé d'exercer son ministère à la fois comme pasteur de l’église de Saint-Dizier (à la suite du départ de M. Hurtrel) et de celle de Joinville, et les a dirigées à plein temps à partir de 1967[b 1],[a 6]. En 1975, René Kennel fut nommé trésorier de la Fédération évangélique libre de Pentecôte, avant d'en être élu président, à la demande du pasteur Samuel Nicolle et à la suite d'un vote des membres[4]. En peu de temps, plusieurs nouveaux pasteurs sont venus se joindre à ce groupe, permettant une croissance rapide de ce dernier[b 1],[a 6]. En 1989, Kennel créer parallèlement la Fédération évangélique libre de Pentecôte, organisation qui permet de fédérer toutes les Èglises pentecôtistes du pays[4]. De nouveaux lieux de culte se sont progressivement ouverts, en particulier dans le nord et l'est de la France : Chaumont (1968), à Épernay (1975), à Nancy (1986), à Strasbourg (1987), à Dijon (1988), à Belfort (1992) ou encore Roubaix (1994[4]). Le mouvement est alors fort d'une trentaine de pasteurs, et conserve de bons contacts avec la Fédération Évangélique libre de Pentecôte à laquelle elle était affiliée[4].

À l'apogée de son rayonnement national à la fin des années 1990 et au début des années 2000, la Pentecôte de Besançon va être dissoute et décliner aussi rapidement qu'elle avait progressé, suite à un scandale sexuel. En effet le fils de René Kennel, le pasteur Étienne Kennel, est accusé d'avoir commis l'adultère en 2005, ce qui provoque son expulsion en janvier 2006. Son père, refusant de quitter son poste de dirigeant, n'a d'autres choix que d'accepter la dissolution de la Fédération Évangélique libre de Pentecôte votée par une majorité de membres et de pasteurs de l'organisation[a 7]. Cette institution disparait officiellement le 25 novembre 2006[5], mais 14 autres lieux de cultes décident récemment de se réorganiser en Union des Églises missionnaires, dont le siège est à Châlons-en-Champagne[6]. Quant aux autres Églises elles sont aujourd'hui indépendantes, dont celle de Besançon, bien que cette dernière se soit réenregistrée sous le nom d'Église évangélique[7].

Théologie[modifier | modifier le code]

Doctrines générales[modifier | modifier le code]

René Kennel définit ainsi son Église : « Nous sommes des chrétiens, certes minoritaires. Nous nous situons à la croisée des courants pentecôtiste et mennonite[8] ». Dans le même esprit, la sociologue Danièle Hervieu-Léger estime que ce mouvement est né de « la rencontre entre un courant de sensibilité évangélique à l'intérieur de l'Église réformée d'Alsace et de Lorraine, et un courant mennonite français issu de la tradition de l'anabaptisme pacifique[9] ». Sébastien Fath, spécialiste du protestantisme évangélique, explique que la Confession de foi acceptée par cette Église atteste largement de son orientation « évangélique » au sens qu'a pris habituellement ce mot pour désigner, d'une manière générale, les Églises issues du protestantisme dont la particularité est de professer un militantisme religieux à un très haut degré[b 1]. Laurent Amiotte-Suchet considère le mouvement comme proche des Assemblées de Dieu mais historiquement rattaché à la seconde vague pentecôtiste en Europe durant les années 1970-1980[a 8]. John Gordon Melton décrit le groupe dans son livre Encyclopedia of Protestantism sorti en 2005 comme une simple nouvelle organisation protestante[a 8].

Comme tout groupe appartenant à cette mouvance idéologique, l'Église valorise tout particulièrement quatre éléments : la conversion, l'activisme, le biblicisme et le crucicentrisme (caractère central de la crucifixion de Jésus de Nazareth[b 2],[b 1]). L'article huit de la Confession de foi met l'accent sur les guérisons miraculeuses, pratique principalement revendiquée par le pentecôtisme, d'où le nom « d'Église évangélique de Pentecôte[b 1] ». L'action de cette Église « s'inscrit dans l'itinéraire d'un pasteur venu du protestantisme évangélique (mennonite), rallié dans un second temps, plus spécifiquement, à l'orientation pentecôtiste ». Par ailleurs, l'assemblée locale jouissant d'une grande autonomie, l'Église se rapproche également dans ses procédures du type congrégationaliste[b 1]. D'après la Fédération protestante de France, ce groupe offre un « pentecôtisme classique et très structuré ayant peu de contacts avec les autres églises[10] ». L'association anti-sectes CCMM déclare que cette Église « relève du mouvement pentecôtiste classique, apparu en France dans les années 1950 et qui comprend aujourd'hui différents groupements[11].

Croyances[modifier | modifier le code]

À l'instar d'autres organisations pentecôtistes, l'Église de Besançon considère la Bible comme la parole même de Jésus et l'applique de ce fait à la lettre.

Les principales croyances sont énoncées dans une Confession de foi[12] adoptée par l'assemblée bisontine et dont l'acceptation constitue la condition essentielle pour devenir membre[12]. En accord avec le christianisme de tendance protestant, cette Confession, composée de douze articles de foi, est fondée sur des passages de la Bible[12]. Les croyances de cette Église sont en grande partie identiques à celles de la plupart des groupes évangéliques et pentecôtistes : autorité de la Bible reconnue comme la Parole de Dieu et unique règle de foi et de conduite ; interprétation biblique littérale (fondamentalisme) ; créationnisme biblique ; croyance en un Dieu révélé en trois personnes (Trinité) : le Père, le Fils, et le Saint-Esprit ; foi dans la rédemption grâce au sacrifice de Jésus-Christ ; nécessité du baptême pour le salut ; importance de la rectitude morale (charité chrétienne, relations sexuelles limitées au mariage…) ; devoir d'évangélisation pour chaque croyant ; rejet des idoles (iconoclasme) ; croyance aux dons miraculeux du Saint-Esprit ; croyance en l'existence du Diable, à l'influence duquel il faut se soustraire[12]… L'Église accorde une importance toute particulière aux dons du Saint-Esprit (langues, guérisons), et se propose d'expliquer la Bible dans sa simplicité originelle[b 3]. On note cependant que le nombre d'articles de foi a été réduit à huit[12], et d'autres points ont été reformulés en 1998 afin d'être moins sujets aux polémiques d'après Amiotte-Suchet[a 9]. Il souligne également la différence entre les pasteurs d'une génération à l'autre : René Kennel mettait l'accent sur les liens entre la foi et la santé (de corps et d'esprit) alors que son fils prônait le « discernement des dons spirituels et la profondeur de la foi[a 10] » L'esprit d'évangélisation, qui a trouvé sa force d'impulsion grâce à René Kennel, est particulièrement intense et constitue une priorité pour le groupe[b 3].

L'Église se définit comme apolitique, encourageant ses membres à être de bons citoyens et à respecter les principes de laïcité en vigueur, d'où un refus du prosélytisme dans certains lieux spécifiques. De plus, bien qu'ayant foi dans les guérisons miraculeuses et encourageant les prières en faveur des malades, elle dit ne pas déconseiller les soins médicaux, inciter les fidèles à participer à la vie sociale, leur conseiller de scolariser normalement leurs enfants dans les écoles publiques, voire privées. Enfin, elle certifie son attachement à l'institution familiale et à la liberté de conscience et dit ne pas revendiquer l'exclusivité du salut et prôner la tolérance vis-à-vis des autres croyances[13].

Pratiques et activités[modifier | modifier le code]

Organisation cultuelle[modifier | modifier le code]

Cquote1.pngRecommande ton sort à l'Éternel, Mets en lui ta confiance, et il agira.Cquote2.png

— Psaume 37:5, un vers souligné sur le site de l'Église.

Le culte est réparti en cinq offices ouverts au public : il comprend deux réunions d'évangélisation (le vendredi à 20 h 15 et le dimanche à 15 h 0), une consacrée aux prières (le mercredi à 20 h 15), une autre à la lecture de la Bible et au chant (le samedi à 17 h 15), et un culte dominical (à h 30[14],[a 11]). Suivant les moments et les besoins, ces réunions se composent d'études et de sermons bibliques, de témoignages d'expériences religieuses, de cantiques, de moments de recueillement et d'adoration, et de prières[a 12]. Comme toutes les Églises pentecôtistes, le culte est dynamique, charismatique et très émotionnel, versant souvent à l’exaltation et à l’extase, voire à la transe avec parfois des scènes de glossolalie[a 12]. En outre, l'Église organise des catéchismes adaptés aux différents âges, dirige une chorale, et célèbre la Sainte Cène, ainsi que les mariages, baptêmes et enterrements de ses fidèles[a 12]. L'Église considère comme un devoir de proclamer l'Évangile et de témoigner de sa foi[a 12].

Aussi, tous les membres participent activement à l'évangélisation, tant de façon individuelle (dans leur entourage familial, amical et professionnel) que collective (visites domiciliaires, campagnes organisées sous des chapiteaux sur des places publiques[a 13],[a 14]). Néanmoins, le groupe certifie ne pas pratiquer de prosélytisme auprès des populations qui sont déjà de confession chrétienne[8]. Cependant, après plusieurs polémiques, l'Église insiste moins sur l'aspect miraculeux de certaines guérisons en public, mais reste complète sur la parole divine[a 15]. En outre, le prosélytisme dans les hôpitaux ainsi que le fonctionnement des haut-parleurs dans les rues adjacentes de l'Église sont désormais totalement proscrits[a 16]

Les femmes doivent avoir les cheveux voilés pendant les prières[a 17]. De nombreux témoignages sont apportés par des membres convaincus[a 18], et l'abnégation de Kennel face aux obstacles rencontrés pour prêcher la bonne parole est porté au rang d'exemple à suivre[a 19]. Laurent Amiotte-Suchet note que les témoignages des fidèles a pour but de renforcer la foi des convertis, notamment de par leur style commun consistant à faire la critique d'une vie passée d'errance, d'échec, de déception ou de malheur, jusqu'au moment où Dieu apparaît dans sa vie[a 20]. Le nouveau converti doit alors s'imprégner pleinement des valeurs spirituelles de l'Église et s'y engager significativement pour son fonctionnement[a 20]. Enfin, la conversion apporte également une possibilité d'extension du réseau de par les liens qu'entretient le nouveau fidèle avec des proches, possibles futurs convertis[a 21].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Outre les pratiques strictement cultuelles, l'Église encourage ses fidèles à venir en aide aux personnes en difficulté et à les soutenir, tant par des actions supervisées par l'Église elle-même que par des initiatives personnelles[a 12]. Au sein du groupe, des bénévoles s'engagent dans diverses actions sociales effectuées de façon permanente ou ponctuelle : dons matériels aux pauvres (vêtements, nourriture…), soutien social dans les démarches administratives, la recherche de logement ou d'emploi et par la mise en relation avec les services sociaux, visites aux personnes âgées, aide humanitaire principalement pour les pays défavorisés d'Europe de l'Est, collectes de vêtements pour les démunis, repas pour les personnes seules et/ou nécessiteuses à l'occasion des fêtes de fin d'année, etc[a 13],[15]. En outre, l'association organise chaque semaine diverses activités récréatives et/ou pédagogiques gratuites à l'intention des adultes comme des enfants : sports (football, ping-pong, volley-ball, badminton, pétanque), pièces de théâtre, jeux de société, activités manuelles, chant, pratique d'instruments de musique, sorties en plein air (randonnées, circuits touristiques, pique-niques, visites de musées…). Tous, y compris les non membres, peuvent y prendre part[15].

Structuration[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

L'organisation de l'institution est comparable à une congrégation religieuse de par l'autonomie de ses assemblées locales[b 4]. Cependant le temple de Besançon avait un rôle de dirigeant formant une caractéristique centraliste, les autres lieux de culte étant considérés comme de simples églises annexes ; ainsi, Amiotte-Suchet souligne que « l'esprit fédérateur est beaucoup plus coercitif que celui d'autres groupes protestants[a 15]. » Le mouvement avait d'ailleurs préconisé la présence de chaque pasteur tous les mois à un meeting afin de discuter de la théologie de l'église et appliqué une politique commune[a 22] : l'équipe de direction (composée de René et Étienne Kennel, du diacre Olivier Michel, de six fidèles nommés et d'hommes qui ont été membres pendant plusieurs années) encadrait alors les réunions[a 23] Aussi chaque année, un stage d'une semaine est organisé dans une des églises appartenant à la Fédération Évangélique Missionnaire ; nommée « École Bénédiction » cette formation intensive biblique se compose de prières, d'enseignements religieux et historiques, de récitation de cantiques, de projections cinématographiques et de débats[a 24]

En 2005, René Kennel était le président, Daniel Gloeckler vice-président et porte-parole de l'Église, Étienne Kennel secrétaire, et R. Cuenot le trésorier de la fédération[8],[a 22].

L'Église utilise plusieurs associations pour son rayonnement culturel : une pour enseigner les arts et produire des objets, une autre baptisée « SOS Espérance » créée à Vesoul pour venir au secours des personnes souffrantes, ainsi qu'une dernière désignée par « groupe Flambo », créé par l'Église, donnant régulièrement des concerts musicaux sous des chapiteaux à des fins d'évangélisation[16]. Enfin, la société civile « La Bergerie », installée à Besançon, est utilisée pour la gestion immobilière[16]. L'Église possède une maison d'impression qui publie des écrits pour le culte et l'évangélisation, dont le bulletin trimestriel l'oreille du concierge publié depuis 2000[a 13]. L'assemblée pentecôtiste a ses quartiers généraux installés à Besançon, au numéro quatre de la rue Larmet ; le siège général fut d'ailleurs toujours dans la capitale comtoise, d'abord rue Battant puis rue de Belfort, avant d'intégrer en 1994 les bâtiments actuels achetés quatre millions de francs[a 25].

Implantation en France[modifier | modifier le code]

Carte des églises de la Pentecôte de Besançon, avant sa dissolution.

Entre 1977 et 1988, l'Église de Besançon a connu une expansion significative mais limitée au territoire français[a 26], à tel point que le professeur Grace Davie la définit comme ayant atteint le stade d'une dénomination religieuse[17]. L'Église est principalement présente dans l'est de la France, et dans une moindre mesure dans le nord, ce qui amène l'association anti-sectes CCMM à qualifier ce mouvement de « grosse secte régionale qui a aujourd'hui essaimé dans tout l'est de la France[18]. » Il y avait 24 lieux en 1996 selon la liste dressée par Commission parlementaire ; néanmoins, l'Église elle-même admet que cette liste était incomplète (il en manquait alors trois) et en partie erronée (huit appartenaient à d'autres Églises membres de la FEM[8],[b 4]). Le mouvement comportait à son apogée en 2005 entre 30 et 40 lieux de culte environ dirigés par une trentaine de pasteurs[b 4] ; ceux encore actifs sont aujourd'hui situés à Audincourt, Belfort, Besançon, Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Chaumont, Dijon, Dole, Épernay, Épinal, Gray, Lens, Lille, Lunéville, Lure, Marly[Lequel ?], Maxéville, Metz, Neuf-Mesnil, Reims, Rivery, Saint-Quentin, Sainte-Menehould, Sarrebourg, Sedan, Soissons, Toul, Troyes, Vesoul, Vitry-le-François[19].

Effectifs[modifier | modifier le code]

En 1983, on comptait 150 pratiquants à Besançon[a 27] et de 400 à 600 en 1989[a 28]. Les estimations de la Commission parlementaire variait entre 500 et 2 000 membres en 1995[20], et en 2000 l'organisation déclare la présence de 2 800 personnes régulières[8]. Fath compte au moins 4 000 membres dont 500 pratiquants actifs en 2005[b 4], alors qu'Amiotte-Suchet en rapporte 2 400 dont 37 pasteurs en 2006, après le scandale sexuel qui a éclaboussé l'institution[a 22]. Il note aussi que les polémiques diverses sur l'Église ont globalement contribué à sa décroissance, précisant qu'après 1988 le nombre de baptêmes (estimés à environ 50 par an) étaient justes suffisants pour compenser les fidèles quittant l'Église[a 29]. Après le scandale de 2005, il y eut un déclin important notamment dans l'assistance aux offices de Besançon, qui a chuté à 70 personnes[a 7].

Controverses et polémiques[modifier | modifier le code]

La polémique sectaire[modifier | modifier le code]

Les rapports parlementaires[modifier | modifier le code]

Cette Église est qualifiée de secte dans les rapports parlementaires n°2468 de décembre 1995[21] et n°1687 de juin 1999[16]. Ainsi, d'après l'enquête établie par les Renseignements Généraux, elle répondrait au moins à un des dix critères d'indices sectaires retenus par la commission parlementaire qui sont : la déstabilisation mentale, le caractère exorbitant des exigences financières, la rupture induite avec l'environnement d'origine, les atteintes à l'intégrité physique, l'embrigadement des enfants, le discours plus ou moins anti-social, les troubles à l'ordre public, l'importance des démêlés judiciaires, l'éventuel détournement des circuits économiques traditionnels, les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics[22],[23]. Tout comme quatre autres mouvements, le type dominant de l'Église pentecôtiste est évangélique et son type associé « guérisseur[16]. » Il est précisé que ce mouvement se range parmi les « groupes évangéliques les plus actifs », au sujet desquels la commission déclare qu'ils sont « souvent animés par d'authentiques pasteurs ayant basculé dans le rôle de gourou », et qui « profitent toujours des libertés offertes par les structures protestantes officielles pour prospérer à leur lisière[16] ». Parmi les 173 groupes très éclectiques retenus dans le rapport de 1995, l'assemblée pentecôtiste fait partie de ceux qui pratiquent un prosélytisme des plus développés, et donc en grand contact avec la société qui l'entoure, avec tous les problèmes de régulation locale que cette situation peut engendrer[16].

Ce rapport est venu conforter les accusateurs de l'Église qui avaient commencé à la dénoncer des années auparavant[16]. Cependant aucune autre Église locale rattachée à l'Union des Églises missionnaires, à laquelle adhère l'assemblée bisontine n'a été retenue dans la liste des sectes du rapport, alors que ces mouvements ont tous sensiblement la même stratégie d'implantation territoriale, les mêmes doctrines et pratiques, et sont animés d'un esprit missionnaire semblable[16]. Toutefois, les deux rapports parlementaires et la liste de sectes n'ont qu'une fonction informative et sont dénués de valeur juridique[24],[25] ; de plus, ils ont fait l'objet de nombreuses critiques de la part d'historiens des religions, de sociologues, d'universitaires ou d'associations de défense de la liberté de croyances[24] En outre, depuis la circulaire du Premier ministre en date du 27 mai 2005[26] la politique en matière de lutte contre les sectes a connu une modification notable : désormais, il est préconisé de ne plus recourir à une liste de sectes, mais plutôt de rechercher des faisceaux de critères.

Ainsi, la classification de ce mouvement comme secte n'est plus d'actualité : ainsi, les rapports annuels ultérieurs de la Mission interministérielle n'en font plus mention. En mai 2007, une circulaire du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et une déclaration du secrétaire de la MIVILUDES Gilles Bottine recommandent définitivement de ne plus utiliser la liste de 1995[27].

L'avis des associations de lutte contre les sectes[modifier | modifier le code]

Plusieurs associations de lutte contre les sectes, dont le CCMM (ou Centre Roger-Ikor), et l'UNADFI partagent l'avis défavorable de la commission à propos de cette Église. Par exemple, l'antenne locale du CCMM a mené une intense campagne contre le groupe par des mises en garde médiatiques répétées et l'actuelle présidente de l'UNADFI, Catherine Picard, a elle aussi de son côté mis en cause l'assemblée pentecôtiste lors d'une émission, arguant que cette dernière constituait bien une secte[28]. Des universitaires constatent que les griefs retenus contre l'Église bisontine constituent le schéma-type des accusations portées habituellement à l'encontre des mouvements jugés sectaires et présentent des similitudes avec les reproches faits au XIXe siècle contre des groupes d'obédience protestante, tels les baptistes[b 5].

Parmi les reproches (principalement formulés par le CCMM) à l'encontre de cette Église, on trouve[11],[29],[30] : ses méthodes de recrutement qui s'apparentent selon lui à un prosélytisme forcené : démarchage à domicile, dans les établissements hospitaliers et psychiatriques, dans les écoles, dans les transports en commun et sur la voie publique (par distributions de tracts), évangélisation en salle et sous chapiteau, investissement de villages avoisinants par des groupes de plusieurs dizaines de fidèles ; son évangélisation principalement orientée en direction des personnes en difficulté (personnes âgées, seules, jeunes, malades, dépressifs…) ; à cet égard, des tracts déclarent notamment : « Si vous souffrez physiquement, si vous souffrez moralement, si la vie vous déçoit d'une manière ou d'une autre, venez [à telle adresse], appelez [tel numéro] » ; son interprétation fondamentaliste de la Bible (pas de critiques textuelle et archéologique) et son utilisation abusive de passages bibliques jugés tronqués ou sortis de leur contexte, avec des explications estimées simplistes, pour appuyer sa vision doctrinale ; son approche le plus souvent masquée lors de l'évangélisation, le nom de l'Église ne figurant pas dans les écrits distribués ; la pression qui serait exercée sur les futurs membres afin qu'ils s'engagent au plus vite dans le mouvement ; d'ailleurs, les conversions très rapides et définitives sont particulièrement fréquentes ; la rupture des fidèles avec leur famille non-convertie, l'Église étant donc jugée responsable de drames familiaux (divorces, séparations…) ; le comportement uniforme de ses adeptes qui auraient perdu leur personnalité et leur sens critique : langage et habillement communs ; l'éducation religieuse des enfants des fidèles qui est assimilée à de l'embrigadement et de la manipulation mentale ; les interdits propres au groupe : rejet de la musique, de la télévision, absence de maquillage et de pantalon pour les femmes, qui doivent en outre avoir les cheveux longs recouverts d'un foulard, etc ; les transes collectives lors du culte (répétition des prières par tous les fidèles dans un climat jugé hystérique), l'Église étant ainsi accusée de jouer sur la fibre émotionnelle ; le rejet de la société présentée comme étant diabolique, ce qui entraînerait une rupture avec le milieu d'origine et une désocialisation des fidèles ; ses nombreux appels aux dons auprès des membres, ce qui enrichirait exagérément le groupe, ainsi que de prétendues ressources occultes ; les guérisons dites miraculeuses par imposition des mains pratiquées par René Kennel, qui sont présentées comme spectaculaires, mais invérifiables, non scientifiques, et pouvant donc être préjudiciables pour la santé des membres ; d'ailleurs, sur les tracts d'invitation de l'assemblée pentecôtiste, on peut parfois lire le témoignage d'un fidèle qui déclare avoir été guéri miraculeusement d'un cancer ; l'emprise très forte qu'elle exercerait sur ses fidèles (investissement important dans la communauté, culpabilisation permanente, endoctrinement perpétuel...) ; le manque de qualification de son dirigeant actuel, qui aurait reçu une formation théologique de quinze jours) ; ainsi sa nature chrétienne voire religieuse qui est parfois remise en question.

D'après le délégué du centre du CCMM de Vesoul, ces critiques sont fondées, non sur des rumeurs, mais sur des faits : il a lui-même recueilli des témoignages convergents de familles d'adeptes et d'anciens fidèles révélant leur parcours douloureux au sein de cette Église[8]. Souhaitant montrer que les dérives sectaires de l'assemblée pentecôtiste ne sont pas le fait de cas exceptionnels, mais une constante, ce délégué déclare également que la position du CCMM contre ce mouvement « ne résulte pas d'un seul témoignage, mais d'une accumulation d'attestations, d'entretiens, dont quelques exemplaires ont été versés devant les tribunaux[8]. » L'organisation ajoute également avoir démontré des similarités avec la Mission du Plein Évangile - La Porte Ouverte Chrétienne[31]. Enfin, en réponse à un examen de l'Église par le sociologue Benoît Hervieu-Léger, pour qui le seul cas du site bisontin aurait suffi à mettre en cause toute l'association, il certifie que les doléances ne proviennent pas exclusivement du site de Besançon, indiquant par exemple qu'une action a été déclenchée à Vesoul[8].

Les médias[modifier | modifier le code]

D'une manière générale, les médias se sont fait l'écho des rapports parlementaires et des associations de lutte contre les sectes en dressant une présentation globalement défavorable de cette Église[b 6]. Les articles de presse à son sujet ont exprimé des réactions qui ont traduit la plupart du temps un rejet virulent (critiques acerbes de la « secte » présentée comme dangereuse, témoignages accablants d'ex-adeptes[b 6]). Déjà en 1988, la presse locale mettait en garde la population contre l'assemblée bisontine par ces termes : « Ils procèdent par racolage dans les rues et profitent des gens au creux de la vague à qui ils promettent du travail ou la guérison : la situation est grave car elle prend une ampleur assez cinglée[32] ».

Étant donné que l'Église est principalement active dans l'est de la France, c'est surtout le journal régional L'Est républicain qui a publié le plus d'articles à son sujet, la quasi-totalité de ceux-ci étant très critiques. Ce journal a notamment dénoncé les guérisons miraculeuses opérées dans le groupe[33], qualifié son action de « virulente et prosélyte » assimilé les futurs membres à des victimes, remis en cause le statut et la formation de pasteur de René Kennel, et insisté sur le caractère fondamentaliste des croyances[34]. À plusieurs reprises, ce quotidien a présenté le témoignage d'une ex-fidèle qui avait fréquenté le groupe de 1983 à 1986 et affirmait avoir dû rompre de façon brutale avec son ancien mode de vie, ce qui était présenté comme déstabilisant et symptomatique d'un groupe sectaire[b 6]. Voulant réagir à ces accusations estimées calomnieuses, René Kennel a demandé un droit de réponse, mais dans un courrier en date du 15 novembre 1991, la direction du journal le lui a refusé[b 6]. De son côté, Fath relève le vocabulaire à connotation volontairement négative utilisé par la presse, révélant ainsi un parti pris, et fait remarquer qu'elle ne fait que reprendre les arguments du CCMM tout en les amplifiant[b 6], ayant notamment pour incidence un climat peu propice à des enquêtes administratives objectives[b 4].

En juillet 1994, un ex-membre manifestement ivre a détruit du mobilier appartenant à l'Église à Langres[35]. Dans un article, Massimo Introvigne, spécialiste des nouveaux mouvements religieux, affirme que les associations anti-sectes ainsi que la majorité des médias ont rapidement pris le parti de l'ancien fidèle, en présentant cet homme comme la « victime » d'une « secte[35] ». Lors de l'émission Ça se discute diffusée le 25 mai 2005 et abordant le thème de la manipulation mentale, un père a témoigné défavorablement à propos de cette Église, sa fille de neuf ans étant restée avec sa mère au sein de ce mouvement, et étant selon lui « lobotomisée », « dans son monde à elle », « ten[ant] des discours incohérents pour son âge ». Atteint d'un cancer deux ans plus tôt, le père a expliqué que sa fillette avait essayé de le soigner par imposition des mains, et le considérait désormais comme un menteur, un pécheur, et un « suppôt de Satan » en raison de son homosexualité. Il a dit également avoir été stupéfait lorsqu'il qu'il a trouvé le journal intime de sa fille, dans lequel elle parle de sa mort prochaine, voulant rejoindre le ciel où elle retrouvera ses grands-parents. Un psychologue aurait affirmé que la petite fille, qui a d'après lui perdu tout esprit critique et toute réflexion, mettrait des années à se reconstruire. Par ailleurs, le père a critiqué le prosélytisme de sa fille dans le milieu scolaire, déploré le manque d'ouverture d'esprit du groupe en raison de l'interdiction de regarder la télévision et d'écouter de la musique, et critiqué la place dévalorisante des femmes dans l'assemblée pentecôtiste, qui seraient réduites au rôle de la reproduction. Pour sa part, l'association de défense des libertés religieuses et de conscience CICNS reproche à ce reportage l'absence de débat contradictoire[28].

Stratégie défensive de l'Église[modifier | modifier le code]

Avant la publication du rapport parlementaire la présentant comme une secte dangereuse, l'Église pentecôtiste ne manifestait pas ou peu d'intérêt pour un quelconque dialogue avec les acteurs locaux ou nationaux en lien avec les affaires religieuses. Mais sa mise en accusation par la commission d'enquête parlementaire et par les associations de lutte contre les sectes, et son image ternie auprès d'une grande partie de l'opinion publique l'ont amenée à développer une large communication avec toutes les autorités susceptibles d'améliorer sa situation. Ainsi, dans toutes les démarches qu'ils ont entreprises, les dirigeants de l'assemblée bisontine, secondés par ceux de la Union des Églises missionnaires tout entière, qui semblent avoir témoigné une très grande solidarité avec l'Église pentecôtiste, ont défendu vaillamment leurs intérêts en communiquant très ouvertement et le plus possible avec des multiples instances régionales et nationales de médiation. Ainsi, en réponse aux accusations portées contre lui, le groupe a développé une stratégie multilatérale de défense, qui a inclus des appels à des universitaires, à l’État, et à la Fédération protestante de France.

Appels aux universitaires[modifier | modifier le code]

L'appel aux universitaires a été la première démarche effectuée par l'Église : il fut massif et soigneusement ciblé en direction de tous les chercheurs reconnus par les instances universitaires qui ont travaillé de près ou de loin sur des sujets ayant trait à la situation vécue par l'Église. Ainsi, des historiens et des sociologues spécialisés sur la sécularisation, la laïcité, les questions religieuses contemporaines et le pluralisme religieux ont été sollicités, le but étant non seulement qu'ils effectuent une étude sur le groupe, mais aussi lui apportent un soutien, comme en témoigne une lettre du porte-parole de l'Église adressée à un sociologue[36]. Toutes les plus grandes autorités universitaires ont donc été contactées[37],[b 7],[38] : Jean Baubérot, Roland Campiche, Jean Séguy ou encore Jean-Paul Willaime (sociologues et historiens du protestantisme), Massimo Introvigne (fondateur du Centre pour l'étude des nouvelles religions), Bernard Blandre (président de l'Association d'étude et d'information sur les mouvements religieux), Philippe Laburthe-Tolra (professeur émérite et doyen honoraire de la Faculté des sciences humaines et sociales de la Sorbonne), Émile Poulat (expert du catholicisme contemporain et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales), et Pierre Chaunu et François-Georges Dreyfuss (spécialistes du protestantisme).

Sébastien Fath, historien spécialisé dans l'étude du protestantisme évangélique. Il a fait partie du groupe d'étude universitaire à propos de l'Église.

Au contraire des parlementaires et des associations luttant contre les sectes, les universitaires ont dans l'ensemble désapprouvé la désignation de « secte », au sens populaire du terme, attribuée à l'Église. Ainsi, la sociologue Danièle Hervieu-Léger estime que le fait d’avoir inscrit ce groupe comme secte dans le rapport parlementaire est une « décision aberrante[9] ». De même, Sébastien Fath, historien français et spécialiste des mouvements protestants évangéliques, qualifie ainsi cette Église, au même titre que l'Office culturel de Cluny : « un peu radica[le] mais globalement inoffensi[ve][b 8] ». Il fait également remarquer que ce groupe n'a jamais été poursuivi en justice pour un quelconque délit, et ne présente pas, selon lui, la dangerosité de mouvements sectaires comme l'Église de Scientologie[b 8]. Il estime que, du fait de sa croissance rapide, de la visibilité maximale de ses locaux, de son évangélisation de rue et de quartier très active, et de ses offices fréquents et très animés, l'Église est en réalité principalement attaquée en raison de sa dimension militante et très prosélyte[b 5]. Amiotte-Suchet juge que l'influence des pasteurs sur les fidèles était loin d'être aussi coercitives que les critiques le disaient[a 30]. De même, Émile Poulat, historien et sociologue, a remarqué qu'à propos de cette Église « on peut débattre pour savoir si elle est une secte au sens wébérien [le sens sociologique] ; elle ne l'est sûrement pas au sens populaire et parlementaire[39]. Toute la question est pour lui de savoir comment elle s'est trouvée ainsi happée dans la grande rafle[39] ». Cependant, des églises évangéliques et pentecôtistes sont facilement considérées comme des sectes dans le sens populaire du terme[39]. Contactées par les universitaires en vue d'un apport documentaire à un colloque relatif à l'assemblée bisontine, l'UNADFI et le CCMM n'ont pas souhaité apporter la moindre contribution[b 9]. Dans un courrier daté du 2 octobre et posté le 18 décembre 1998, Alain Vivien, écrivant au nom du CCMM, n'a apporté aucune précision sur l'Église, et justifie son silence en prétextant que les universitaires étaient mieux placés pour connaître les détails relatifs au groupe puisqu'ils l'étudient[40]. Quant au Centre d'Études sur les Nouvelles Religions, il déclare que le mouvement ne présente rien de clairement problématique, mais néanmoins critiquable notamment de par sa non affiliation à des organismes tels que le Conseil œcuménique des Églises[41].

Toutefois, les recherches effectuées par les universitaires n'ont eu qu'un impact très limité et donc l'assemblée bisontine a dû procéder à d'autres démarches, notamment en direction des instances religieuses.

Appels aux instances religieuses[modifier | modifier le code]

Outre la création de contacts avec les autorités ecclésiales catholiques, l'Église a décidé, dans un souci de reconnaissance légitime par les autorités, de se rapprocher de la Fédération protestante de France, qui représente le « religieusement correct » aux yeux de l'État et de l'opinion publique. Adhérer à la FPF est en effet un enjeu stratégique, permettant de faire tomber le voile de suspicion qui règne sur l'Église, comme en témoigne un courrier d'Antoine Guerrier De Dumast, le président de l'Observatoire interministériel sur les sectes[42]. La Fédération protestante de France a donc accepté de rencontrer Daniel Gloeckler à Châlons-en-Champagne, et Étienne et René Kennel à Besançon[10] ; elle a toutefois, dans un premier temps, émis des réserves par rapport à l'Église et a de ce fait clairement exprimé un refus de l'intégrer immédiatement en son sein, car elle ne souhaitait pas servir de « parapluie » contre les accusations de sectarisme adressées à l'encontre du groupe bisontin[43]. Elle a malgré tout accepté d'établir, dans sa session du 4-5 octobre 1997, un dialogue bilatéral avec cette Église[44]. On peut noter cependant que ce besoin de rattachement à une confession majoritaire pour ne pas être inquiété semble assez paradoxal dans un État laïque qui ne reconnaît aucun culte et qui est donc censé ne pas condamner a priori un groupe séparatiste réticent au pluralisme éthique ou doctrinal.

La fédération a cependant profité de la situation pour encourager l'Église à développer plus de liens œcuméniques. Par exemple, dans un courrier en date du 25 juin 1996, le baptiste Louis Schweitzer, alors secrétaire général de la FPF, a conseillé à l'assemblée bisontine « d'établir avec les autres, Églises ou pouvoirs publics, des relations détendues voire lorsque cela est possible de communion fraternelle[b 1]. » En outre, la FPF a déploré, dans un communiqué daté du 22 janvier 1998, la qualification de secte de l'assemblée bisontine, laissant entendre dans sa conclusion que, dans ce cas, il s'agit manifestement d'une atteinte à la liberté de conscience[44]. De ce fait, elle a accompagné les représentants de l'Église de Besançon pour connaître à la fois les raisons de son inscription dans la liste des sectes et l'éventualité de l'effacer de la liste. Elle apprit que celle-ci avait été établie sur la seule foi de l'enquête des Renseignements généraux, sans aucune audition contradictoire, et que rien ne pouvait être modifié puisque la commission avait cessé d'exister une fois son rapport publié[45].

À la suite de nombreuses demandes de soutien formulées par l'Église, plusieurs personnalités du monde protestant ont exprimé des avis favorables à son égard, notamment Georges Mailler de l'Armée du salut, Hubert Bost de l'Institut protestant de théologie ou encore Alain Deheuvels, directeur de La Cause[8]. Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la FPF, a en outre lui-même émis des critiques par rapport au rapport parlementaire de 1995, notamment à cause de la classification de secte de ce mouvement[45],[b 10]. Toutefois, depuis son rapprochement avec la FPF, l'Église affirme que les tensions dont elle se sentait victime se seraient apaisées[8].

Appels à l'État[modifier | modifier le code]

L'Église a multiplié les démarches auprès de toutes les instances tant locales que nationales directement ou indirectement en lien avec sa réputation de secte : tribunaux administratifs (notamment pour le dégrèvement de la taxe foncière sur son édifice religieux), municipalités, services fiscaux, etc. Elle a par ailleurs demandé à connaître les griefs à son encontre qui avaient conduit à l'inscrire sur la liste des sectes[b 2]. À cette fin, elle a adressé plusieurs courriers au député Alain Gest, membre de la Commission parlementaire sur les sectes[b 2]. Dans ses correspondances avec le groupe bisontin, Gest est resté très vague dans ses explications : il s'est d'abord retranché derrière le rapport, présentant celui-ci comme faisant autorité et faisant remarquer qu'il est désormais impossible de le modifier depuis sa publication, puis il s'est référé aux notes fournies par les Renseignements Généraux en vue de l'élaboration de ce rapport, mais sans toutefois apporter la moindre précision sur le contenu de ces notes[b 2]. Dans un courrier en date du 19 avril 1996, il a déclaré son intention de s'adresser à Jean-Louis Debré, alors Ministre de l'Intérieur, afin d'obtenir des « compléments d'informations » à propos de cette affaire[b 2]. Dans sa lettre suivante du 21 mai 1996, il a conseillé au pasteur René Kennel de se tourner vers l'Observatoire interministériel sur les sectes (aujourd'hui dissout), mais n'a pas précisé quels étaient les reproches formulés contre l'assemblée pentecôtiste[b 2].

Ainsi, cette dernière a souhaité rencontrer le président de l'Observatoire interministériel sur les sectes, le préfet Antoine Guerrier de Dumast, ce qui fut concrétisé lors d'un entretien le 4 juin 1997, qui a réuni René et Étienne Kennel, Daniel Gloeckler et Raymond Cuenot, tous pasteurs de l'Église bisontine, ainsi que Marie-Jeanne Vieillard, magistrat et conseillère technique[b 5]. Daniel Gloeckler évoque également le fait que son Église a écrit à Jacques Guyard, mais celui-ci l'a renvoyé vers Alain Vivien[b 11]. L'Église a également fait appel au Centre Européen de Droit et Justice, une organisation chrétienne, afin de protéger sa liberté de religion et de conviction devant la Cour européenne des droits de l'homme[46]

Explications avancées par l'Église[modifier | modifier le code]

L'Église se dit d'autant plus surprise de sa stigmatisation qu'à la fin des années 1980, Alain Vivien, alors député et dirigeant du CCMM (et futur président de la MILS), avait déclaré à l'occasion d'un entretien avec des représentants de ce mouvement à Épernay (Marne) qu'il ne le considérait pas comme une secte[47].

Aussi, pour justifier la mise à l'index du mouvement auquel il appartient, Daniel Gloeckler, le porte-parole de l'Église, évoque le fait qu'un beau-père, très catholique et vice-président du CCMM, n'aurait pas apprécié que son gendre devienne pasteur dans ce groupe[8]. Les ennuis du groupe se seraient par la suite amplifiés « lorsque plusieurs futurs prêtres [de l'Église catholique] du petit séminaire de la ville se seraient convertis à leur tour » ; mais de son côté, le CCMM dément cette version[8]. Par ailleurs, l'Église a été également dénoncée par un éducateur de rue, Christian Bramard, qui a tout particulièrement affiché une grande hostilité au groupe qu'il a considéré comme une secte nocive et sur lequel il a tenu de nombreux propos virulents ; enfin, l'assemblée de Besançon a été assimilée à une secte « par d’autres évangéliques soucieux d’être en bons termes avec les élus », selon un site évangélique[b 12]. Cette allusion fait sans doute référence, entre autres, à Gérard Dagon, pasteur de l'Église évangélique de Crischona et cofondateur, avec un ancien délégué de l'ADFI en Suisse romande, de l'association Vigi-Sectes, née en 1998[48], qui a été entendu par les 35 députés composant la commission parlementaire en vue de l'élaboration de son premier rapport. Le pasteur reconnaît certes avoir fait part lors de son audition de grandes réserves sur les doctrines du pentecôtisme, mais affirme n'avoir « jamais dit que l'Église de Besançon méritait d'être qualifiée de secte[8] ». De plus, l'Église déplore de ne pas avoir été autorisée à présenter sa défense devant la commission : en effet, lors du deuxième rapport parlementaire sur les sectes, elle avait demandé à être auditionnée, mais cette demande est restée sans réponse[8].

L'Église a également signalé des discriminations après la publication du rapport parlementaire de 1995, qui porte notamment sur les refus successifs de permis de construire et d'avoir dû dépenser, sur une période de dix ans, 82 000 euros en frais juridiques pour défendre ses intérêts[49]. En 2003, l'Église a fait partie des quinze groupes religieux minoritaires français qui ont accepté de participer à un sondage réalisé par le Centre pour l'étude des nouvelles religions à propos d'un changement éventuel de politique du gouvernement de la droite modérée vis-à-vis des mouvements jugés sectaires[50].

Actions judiciaires[modifier | modifier le code]

Pour l'assemblée bisontine, le fait d'être considérée comme une secte par un rapport parlementaire a eu des répercussions, notamment sur les plans financier et administratif. Parmi ces conséquences figure une contestation par le fisc de son statut cultuel selon la loi de 1905. En effet, la Direction générale des impôts a estimé que l'Église ne pouvait prétendre constituer une association cultuelle au regard de la loi et qu'elle faisait donc preuve de mauvaise foi à ce sujet[b 13]. Parmi les justifications avancées par l'inspecteur des impôts pour motiver cette décision figure le fait que, selon ses propres termes, « l'association se consacre au prosélytisme. Elle n'a donc pas pour but exclusif la célébration d'un culte[b 13] ». De ce fait, le 20 décembre 1996, une notification de redressement fiscal a été adressée à l'Église suite à une taxation sur les dons manuels qu'elle avait reçus[b 13]. Le montant de cette imposition s'élevait alors à plus de 600 000 francs[b 13]. Deux ans plus tard, celle-ci s'élevait à 2,6 millions de francs compte tenu des pénalités de retard ; l'Église a cherché par tous les moyens juridiques possibles à faire annuler cette décision qu'elle estime discriminatoire[8]. Cette démarche de l'État a été critiquée par certains sociologues, tels que Régis Dericquebourg, membre du groupe de sociologie des religions et de la laïcité de l'Université Charles-de-Gaulle (Lille III), qui a qualifié cette taxation de « harcèlement administratif et fiscal[51],[52]. » En revanche, le 30 septembre 1999, le tribunal administratif de Besançon a rendu une décision favorable à l'Église : il lui a accordé l'exonération de la taxe foncière sur son lieu de culte[8]. Finalement, le 31 janvier 2013, la Cour européenne des droits de l'homme annula la taxation sur les dons manuels, attribua à l'Église et son président d'alors Éric Salaûn 387 722 euros au motif de "préjudice matériel" et condamna la France pour violation de la liberté de pensée, de conscience et de religion sur la base de l'article 9 article de la Convention européenne des droits de l'homme[53],[54].

Dans un jugement en date du 29 septembre 1986 ayant trait à la garde d'un enfant de six ans, le tribunal de grande instance de Besançon a décidé de confier l'enfant au père non membre de la communauté, plutôt qu'à la mère, alors fervente fidèle de celle-ci[55]. Outre le fait que le tribunal qualifie l'Église de secte, il déclare également qu'il serait dangereux de placer la résidence de l'enfant chez la mère, précisant que toutes « les personnes affiliées [au mouvement] subordonnent leur comportement de chaque instant aux préceptes de leurs croyances, font œuvre de prosélytisme, et n'hésitent pas à associer parfois de très jeunes enfants à leurs réunions et pratiques religieuses[55] ». Le tribunal relève également que la mère assiste chaque jour à des offices ou réunions qui donnent lieu, selon les termes du jugement, « à des scènes de grandes exaltations, voire d'hystérie[55] ».

Le palais de justice de Besançon a jugé la grande majorité des affaires judiciaires liées à l'Église.

En 1992, le CCMM a été à deux reprises attaqué en justice par l'Église au motif de diffamation : une première plainte a été déposée le 4 février 1992 suite à une lettre du CCMM dans laquelle le mouvement était qualifié de secte, mot accompagné de la définition suivante (estimée très péjorative par l'Église) : « Groupement dont les activités sur autrui ont pour résultat une manipulation mentale notoire des esprits, une dégradation profonde de la personne humaine, parvenant à faire perdre aux gens tout sens critique en les enfermant dans de véritables ghettos intellectuels[56] ». L'affaire a été jugée le 16 juin 1993 par le tribunal d'instance de Vesoul, puis le 24 mars 1994 par la cour d'appel de Besançon[57]. Tant en première instance qu'en appel, l'Église a été déboutée, condamnée à payer les frais ainsi qu'à des dommages et intérêts versés au CCMM[11]. Une deuxième plainte a été émise le 27 novembre 1992, le CCMM ainsi que le Centre Information Jeunesse (CIJ) de Haute-Saône ayant diffusé un écrit intitulé Sectes, le pouvoir de dire non, qui contenait des informations négatives au sujet de l'Église, notamment par rapport à ses méthodes de recrutement[11],[58]. Là encore, l'Église a été déboutée et condamnée et n'a pas été autorisée à interjeter appel conformément à l'arrêt du 24 mars 1994 de la Cour d'appel de Besançon[56].

Des pourvois en cassation ont été formés, mais sans succès : l'arrêt de la Cour de cassation du 24 janvier 1996 déclarait notamment : « Les atteintes à [l']honneur et [à la] considération [de ladite Église] constituent un dommage futur relevant de l'hypothèse ou de la conjecture. (...) Nul reproche ne peut être fait au CCMM lorsqu'il appelle 'secte' l'Église évangélique de la Pentecôte, s'agissant là de la dénomination habituelle des groupes minoritaires se distinguant des Églises traditionnelles. (...) Après avoir analysé les activités de l'Église évangélique d'après ses écrits et [avoir] énoncé que les croyances de cette Église peuvent légitimement faire l'objet de critiques et que rien ne permet de dire que le CCMM a fait de ce droit une utilisation abusive de nature à porter atteinte à l'honneur et à la considération de l'Église évangélique, le Tribunal a pu, hors de toute dénaturation, décider que le CCMM n'avait pas commis de faute[56] ». L'arrêt du 9 octobre 1996 rapportait entre autres : « Mais attendu que, par motifs propres et adoptés et sans dénaturation, l'arrêt, qui retient que l'écrit du CCMM se borne à apprécier le caractère et les tendances d'une communauté religieuse, à signaler certaines de ses pratiques, notamment celles concernant la guérison des maladies et ses modes de recrutement par l'intermédiaire d'organismes offrant du secours sans indiquer qu'ils sont des émanations de cette communauté, a, sans dénaturation, à bon droit, décidé que le CCMM n'avait pas commis de diffamation. Et attendu qu'ayant souverainement constaté que ni les imputations concernant l'Église évangélique ni les erreurs de mise en page n'avaient causé de préjudice à celle-ci, la cour d'appel, qui a répondu aux conclusions, a, par ce seul motif, légalement justifié sa décision[56] ».

Le 30 septembre 1999, le tribunal administratif de Besançon a reconnu le statut religieux de l'Église et lui a accordé l'exemption définitive d'impôt sur son lieu de culte[8],[49],[59]. Dans une décision rendue le 2 octobre 2003, le juge du tribunal administratif a déclaré que le refus par le préfet d'accorder des dons et legs à l'église n'a pas été étayé par des arguments et qu'il pouvait donc devenir caduc[57]. En 2008, le président de la MIVILUDES, Jean-Michel Roulet, a déclaré que les plaintes des fidèles contre des membres accusés de sévices physiques ont été classées sans suite[60].

Financement[modifier | modifier le code]

L'Église fait partie des trente mouvements supposés sectaires dont le patrimoine est présenté en annexe dans le rapport parlementaire de 1999[16]. Elle est considérée par celui-ci comme étant une petite secte d'un point de vue fiscal (c'est-à-dire dont les revenus annuels sont inférieurs à cinq millions de francs[11],[16]). Le mouvement fait partie de ceux qui ont donné à la commission parlementaire des « informations relativement précises », selon le rapport[16]. L'Église a un budget annuel évalué entre 2,4 et 3,1 millions de francs selon l’exercice (total des dons respectivement de 1998 et de 1995), provenant essentiellement d'offrandes aux célébrations dominicales, de dons manuels et de prêts, ainsi que de produits financiers et de revenus fonciers[16]. En 1999, la Commission parlementaire estimait le patrimoine immobilier de l'Église à 15 millions de francs, et l'un des comptes bancaires à plus de deux millions de francs, alimenté pour plus de la moitié par des versements en espèces[16].

Au 31 décembre 1998, l'actif net comptable de l'Église, constitué de biens immobiliers et de valeurs financières, atteignait 7,3 millions de francs[16]. Les créances détenues par la comptabilité publique à propos du groupe s’élevaient à cette époque à 5 392 de francs[16]. Le CCMM déclare que les fidèles sont très souvent sollicités d'une manière ou d'une autre à faire des donations conséquentes, sous forme de biens matériels ou de versements d'une partie de leurs revenus, et que les offrandes mensuelles ou trimestrielles sont encouragées dans l'article II des statuts de l'Union des Églises missionnaires[11]. D'après l'association anti-sectes, les nombreux achats d'immeubles contractés par l'Église seraient le signe d'importantes rentrées d'argent[11].

Dans la gestion de ses biens et de ses finances, l'Église déclare appliquer cinq principes : l'économie, la récupération, le dévouement, le bénévolat et la solidarité[61]. Ainsi, elle dit recourir en grande partie au bénévolat de ses fidèles pour la construction, la réparation et l'entretien de ses lieux de culte[61],[35]. Les offrandes des messes dominicales constituent sa principale source de revenus, auxquels s'ajoutent de façon exceptionnelle des prêts personnels sans intérêt et des dons spécialement destinés à un emploi déterminé (achat de locaux, renouvellement occasionnel de fournitures, matériels du culte[61],[35]...). Tous ces dons proviennent de membres à part entière de l'assemblée pentecôtiste, et il n'y a pas de soutien financier extérieur[61],[35]. Les pasteurs permanents, affiliés à la Caisse d'assurance vieillesse, invalidité et maladie des cultes, reçoivent un salaire correspondant à cent vingt heures de travail mensuel ; les pasteurs stagiaires et bénévoles ne perçoivent pas de salaire (tout comme René Kennel qui est retraité depuis septembre 1986), et travaillent à l'extérieur du groupe pour pourvoir à leurs besoins[61],[35]. Le mouvement certifie la transparence dans la gestion de ses finances et de ses biens, les comptes étant rendus publics en intégralité lors de la réunion mensuelle des membres, contrôlés par l'assemblée générale annuelle de l'Église ainsi que par la commission financière de la FEM[61],[35]. De plus, la situation des comptes est régulièrement examinée par la Sécurité sociale (tous les trois ans), et parfois par des organismes administratifs[61],[35].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 142.
  2. a et b Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, pages 703 et 704.
  3. a et b Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 143.
  4. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 144.
  5. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 145.
  6. a et b Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 707.
  7. a et b Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 152.
  8. a et b Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 98.
  9. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, pages 759 et 760.
  10. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 301.
  11. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 150.
  12. a, b, c, d et e Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 106.
  13. a, b et c Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 151.
  14. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 761.
  15. a et b Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 148.
  16. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 251.
  17. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 141.
  18. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 261.
  19. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, pages 99, 100 et 101.
  20. a et b Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, pages 265 à 276.
  21. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, pages 333 et 334.
  22. a, b et c Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 147.
  23. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 149.
  24. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 289.
  25. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, pages 711 et 712.
  26. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 715.
  27. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 708.
  28. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 709.
  29. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 714.
  30. Laurent Amiotte-Suchet, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon, page 341.

Sébastien Fath[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Sébastien Fath, L'Église évangélique de Pentecôte de Besançon : le rôle des universitaires comme médiateurs, pages 300 et 301.
  2. a, b, c, d, e et f Les Évangéliques en France, entre éparpillement et visibilité, par Sébastien Fath (consulté le 16 octobre 2011).
  3. a et b Sébastien Fath, L'Église évangélique de Pentecôte de Besançon : le rôle des universitaires comme médiateurs, page 302.
  4. a, b, c, d et e Du ghetto au réseau : le protestantisme évangélique en France (1800-2005) par Sébastien Fath, Labor et Fides, 2005, pages 218 à 258 (ISBN 2830911393).
  5. a, b et c Sébastien Fath, L'Église évangélique de Pentecôte de Besançon : le rôle des universitaires comme médiateurs, pages 297 à 320.
  6. a, b, c, d et e Sébastien Fath, L'Église évangélique de Pentecôte de Besançon : le rôle des universitaires comme médiateurs, pages 302, 303 et 304.
  7. Sébastien Fath, L'Église évangélique de Pentecôte de Besançon : le rôle des universitaires comme médiateurs, pages 308 et 309.
  8. a et b Sébastien Fath, Évaluer les sectes et leur fondamentalismes dans le journal Laïcité de mars-juin 2001, Ligue des Droits de l'Homme.
  9. Sébastien Fath, L'Église évangélique de Pentecôte de Besançon : le rôle des universitaires comme médiateurs, page 311.
  10. Sébastien Fath, L'Église évangélique de Pentecôte de Besançon : le rôle des universitaires comme médiateurs, page 307.
  11. Sébastien Fath, L'Église évangélique de Pentecôte de Besançon: le rôle des universitaires comme médiateurs, page 305, 318 et 319.
  12. Sébastien Fath, L'Église évangélique de Pentecôte de Besançon : le rôle des universitaires comme médiateurs, page 313.
  13. a, b, c et d Sébastien Fath, L'Église évangélique de Pentecôte de Besançon: le rôle des universitaires comme médiateurs, page 306.

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Aldo Benzi : « comment j'ai rencontré Dieu » sur Enseignemoi.com (consulté le 15 octobre 2011).
  2. Témoignage au sujet d'Aldo Benzi sur Pasteurweb.org (consulté le 18 juin 2010) :

    « J'ai connu plusieurs évangélistes, dont un en particulier : Aldo Benzi. Depuis le jour où il est entré au service de Dieu, c'était son défi quotidien : trouver au moins une personne à qui annoncer Jésus. Il pouvait s'asseoir sur un banc de jardin public ou d'une galerie marchande et la première personne qui s'asseyait près de lui repartait avec un exemplaire de l'évangile, après avoir entendu parler de Jésus. Ses poches étaient toujours garnies d'évangiles et de traités parlant du salut. Il a fait aussi de nombreuses campagnes d'évangélisation sous la tente ou dans les salles, avec des auditoires nombreux ou parfois quelques personnes. En dehors des réunions, il allait très tôt le matin coller des affiches sur les panneaux d'affichages des villes et là aussi il rencontrait des gens à qui il parlait de Jésus. Il l'a fait jusqu'à ce que sa santé ne le lui permette plus. Son ministère a été accompagné de nombreuses guérisons et miracles. Il avait le don des guérisons et il aimait imposer les mains aux malades. Il a été l'instrument de Dieu pour de nombreuses conversions et bien des églises ont été fondées par son ministère. Il est maintenant auprès de son Seigneur et on peut lui appliquer la parole de son Maître qu'il a fidèlement servi jusqu'au bout de sa vie : « C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25:23). Et encore cette parole de l'Apocalypse (Apocalypse 14:13) : « Et j’entendis du ciel une voix qui disait : Écris : Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. » »

  3. Médias et religion — Mise en scène du religieux : quelle influence ? sur Choisir.ch (consulté le 15 octobre 2011).
  4. a, b, c et d (en) Histoire de l'Union des Églises Missionnaires (UDEM) sur Eglises.org (consulté le 15 octobre 2011).
  5. Dissolution de la Fédération Évangélique libre de Pentecôte sur Journal-officiel.gouv.fr (consulté le 15 octobre 2011).
  6. (en) L'Union des Églises missionnaires sur Eglises.org (consulté le 15 octobre 2011).
  7. L'Église évangélique de Besançon sur Journal-officiel.gouv.fr (consulté le 15 octobre 2011).
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Magazine Réforme, hors série de juin 2000 : Sectes… entre panique et confusion.
  9. a et b La religion en miettes ou la question des sectes, de Danièle Hervieu-Léger, Calmann-Lévy, 2001, page 20 (ISBN 2-7021-3192-1).
  10. a et b Pour dialoguer : Fédération Protestante de France et Églises candidates à une adhésion à la FPF (consulté le 16 octobre 2011).
  11. a, b, c, d, e, f et g Centre Roger-Ikor, Les sectes, état d'urgence, Éditions Albin Michel S.A., 1995 (ISBN 2-226-07711-1).
  12. a, b, c, d et e Résumé de la Confession de foi sur le site officiel de l'Église (consulté le 18 juin 2010).
  13. Principes de déontologie de l'Église selon son site officiel (consulté le 18 juin 2010).
  14. Horaires des réunions de l'Église de Besançon sur son site officiel (consulté le 18 juin 2010).
  15. a et b Autres activités de l'Église de Besançon sur son site officiel (consulté le 16 octobre 2011).
  16. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Rapport no 1687, Les sectes et l'argent, par la Commission d'enquête sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes, ainsi que sur leurs activités économiques et leurs relations avec les milieux économiques et financiers, Jacques Guyard et Jean-Pierre Brard, 10 juin 1999 (consulté le 18 juin 2010).
  17. Grace Davie, Challenging Religion : Essays in Honour of Eileen Barker - Religious minorities in France, a Protestant perspective, James A. Beckford et James T. Richardson, Londres et New York, 19 juin 2003, 148 pages (ISBN 0-203-29943-4).
  18. Les sectes : des paradis totalitaires ? Enquête en Alsace, Franche-Comté, Lorraine de Jean-Pierre Stucki et Catherine Munsch, Desmaret, 2000 (ISBN 2-9136-7504-2).
  19. Liste des Églises du mouvement sur le site de l'Union d’Églises Missionnaires (consulté le 18 juin 2010).
  20. « Rapport fait au nom de la Commission d'enquête sur les sectes — Les sectes en France », Assemblée Nationale,‎ 1995 (consulté le 18 août 2009)
  21. Rapport n°2468 par la Commission d'enquête sur les sectes, Alain Gest et Jacques Guyard, 22 décembre 1995 (consulté le 18 juin 2010).
  22. James R. Lewis, Cults : a reference handbook, ABC-CLIO, 2005, Santa Barbara (ISBN 1-85109-623-X).
  23. Jean-Paul Willaime, Les États en Europe face à la liberté des confessions et des religions — Débat sur les sectes et perception sociale du religieux en France, sur le journal Conscience et Liberté numéro 59, Association internationale pour la défense de la liberté religieuse, Berne, 2000, 76 pages (ISSN 0229-0360).
  24. a et b Massimo Introvigne et John Gordon Melton (direction), Pour en finir avec les sectes, le débat sur le rapport de la commission parlementaire, Centre pour l'étude des nouvelles religions, 1996 (isbn:88-85237-11-8).
  25. Courrier Juridique des Affaires sociales, mai-juin 1998, page 2.
  26. Circulaire du Premier ministre du 27 mai 2005 relative à l'abandon de la liste de sectes sur Legifrance.gouv.fr (consulté le 20 octobre 2011).
  27. La fin des listes noires sur le journal Le Point, Artémis, Paris, 23 juin 2005 (consulté le 20 octobre 2011).
  28. a et b L'équipe du CICNS, Courrier à France 2 et Jean-Luc Delarue, Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités, 1er juin 2005, « Plus tard nous aurons confirmation de Catherine Picard présidente de l'UNADFI : c'est une secte. (...) Encore une fois ce seul témoignage sans recoupement, sans vérification est-il suffisant pour passer le message à plusieurs millions de téléspectateurs : l'EEPB est une secte dangereuse qui manipule les enfants ? »
  29. Jean-Pierre Geirt, La France aux cent sectes, GECEP, Vauvenargues, mai 1997 (ISBN 2-7443-0049-7).
  30. Annick Drogou, Le Dico des sectes, Centre contre les manipulations mentales, Milan éditions, 1998, 63 pages (ISBN 978-2-84113-712-1).
  31. Laurent Amiotte-Suchet et Jean-Paul Willaime, La pluie de l'Esprit — Étude sociologique d'une assemblée pentecôtiste mulhousienne : Mission du Plein Évangile. La Porte Ouverte Chrétienne, Groupe de Sociologie des Religions et de la Laïcité, Paris, 14 février 2007, pages 80 à 146.
  32. Christian Bramard, dans le quotidien Le Pays du 27 février 1988, page Région : dossier Christophe Joly.
  33. Le fait du jour, d'Alain Baudion, dans le journal L'Est républicain du 2 décembre 1991 : « Des témoignages ignobles racontent comment on s'est débarrassé d'un cancer du ventre en quelques passes et deux prières. »
  34. Isabelle Monin, Alerte à Chatillon-le-Duc, Tallenay et Devecey, dans le journal L'Est républicain du 2 novembre 1991 : « La Mission, particulièrement virulente et prosélyte, existe depuis 1963. Elle rassemble aujourd'hui quelque 500 adeptes à Besançon, sous la coupe du Pasteur René Kennel, ancien cultivateur ayant suivi une formation théologique de 15 jours. Il a une explication fondamentaliste, au pied de la lettre, de la Bible, se dit capable de guérir par imposition des mains... Le recrutement des adeptes se fait dans la rue par distribution de tracts ou en porte à porte, les "cibles" étant souvent des personnes âgées, des malades ou des dépressifs. »
  35. a, b, c, d, e, f, g et h Massimo Introvigne, Religious Liberty in Western Europe, Centre pour l'étude des nouvelles religions, Washington, 1er décembre 1997.
  36. Lettre à Jean-Paul Willaime, de Daniel Gloecker, le 17 juin 1997.
  37. De la Mils à la Miviludes - La politique envers les sectes en France après la chute du gouvernement socialiste, par Régis Dericquebourg, groupe de sociologie des religions et de la laïcité, université Charles De Gaulle-Lille 3, discours prononcé à la conférence du Cesnur à Vilnius en avril 2003 (consulté le 18 juin 2010) : « D'autre part, nous avons réalisé un petit sondage auprès de 15 porte-parole de groupes religieux minoritaires présents en France à propos d'un changement éventuel de politique du gouvernement de la droite modérée vis-à-vis des groupes religieux minoritaires. Il s'agit en fait plutôt du relevé de quelques positions établies d'après un bref questionnaire auquel ces personnes ont aimablement répondu au téléphone ou à l'occasion d'une rencontre. Cette enquête est poursuivie pour atteindre un effectif plus représentatif. En l'état, il faut le considérer comme provisoire. Dans un premier sondage de 15 groupes religieux minoritaires présents en France (Mormons, Raëliens, Hare Krishna, Horus, Antakharana, Rose-Croix d'or, Mandarom, Église Évangélique de Besançon, Science Chrétienne, Invitation à la Vie, Scientologie, Reiki, Église de l'Unification, Sôka Gakkaï, Alliance), une nette majorité de mouvements (11/15) attendaient un changement de politique à l'égard des sectes. »
  38. Pierre Bréchon et Jean-Paul Willaime, Médias et religions en miroir, Presses Universitaires de France, 2000, 272 pages (ISBN 2130505740).
  39. a, b et c Émile Poulat, L'Église évangélique de Pentecôte de Besançon : Église ou secte ?, dans le magazine Réforme numéro 2733 du 28 août 1997, page 4 (issn:0223-5749).
  40. Courrier du 2 octobre 1998 d'Alain Vivien au nom du CCMM : « Vous avez sans doute de plus amples informations que nous-mêmes puisque vous avez accepté de faire un exposé sur cette « église » lors d'un colloque sur les régulations locales du pluralisme religieux. »
  41. Religion news service, sur le journal The Salt Lake Tribune du 6 décembre 1997, MediaNews Group, Salt Lake City.
  42. Courrier du 4 septembre 1997, à Daniel Gloecker, porte-parole de l'Église bisontine (extrait) : « Votre appartenance à la FPF serait bien évidemment de nature à éclairer définitivement l'opinion publique. »
  43. Article paru dans le journal Le Républicain lorrain, de Jean Tartier, le 15 février 1998 : « Pour l'instant, il n'est pas question qu'ils adhèrent à la Fédération Protestante de France. Nous ne pouvons accepter des gens juste pour les faire sortir du rapport de l'Assemblée Nationale. Nous verrons d'ici quatre ou cinq ans. »
  44. a et b Christian Seytre, Communiqué de la Fédération Protestante de France à l'intention des Directions d'Églises à propos de l'Église évangélique de pentecôte de Besançon sur Protestant.org, 22 janvier 1998 (consulté le 20 octobre 2011).
  45. a et b Aspects psychosociologiques et historiques, Regards des grandes religions, par le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération Protestante de France (consulté le 18 juin 2010).
  46. American Center for Law & Justice, ECLJ Brings Another Challenge to the Sect Law in France, 20 juin 2007 (consulté le 20 octobre 2011).
  47. Pauline Côté, Chercheurs de dieux dans l'espace public : The media and socio-cultural régulation of religion, 2001, pages 87 et 88.
  48. Site officiel de Vigi-sectes, association chrétienne de prévention et d'aide aux victimes des sectes (consulté le 18 juin 2010).
  49. a et b Dominique Kounkou et Émile Poulat, Les discriminations religieuses en France : situation à partir des églises chrétiennes d'expression africaine - autres témoignages de discrimination : Pasteur Serret, Église pentecôtiste de Besançon, Éditions L'Harmattan, Paris, 2004, pages 91 à 94.
  50. Régis Deriquebourg, La politique envers les sectes en France après la chute du gouvernement socialiste, Centre pour l'étude des nouvelles religions, avril 2003 (consulté le 20 octobre 2011).
  51. Willy Fautré, « The Cult Issue in Western Europe and Religious Intolerance » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30, Human Rights Without Frontiers, Washington, 8 juin 1999, page 5.
  52. Régis Deriquebourg, Les stratégies des groupes religieux minoritaires face à la lutte anti-secte française, Centre pour l'étude des nouvelles religions, 2000.
  53. (en) « La CEDH condamne la France pour violation de la liberté de pensée », Le Monde,‎ 31 janvier 2013 (lire en ligne)
  54. (en) « Condamnation de la France par trois sectes: "Quoiqu'elles fassent, la cour européenne donne raison aux sectes" », L'Express,‎ 31 janvier 2013 (lire en ligne)
  55. a, b et c Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu, Les sectes et les droits de l'homme - section atteintes au droit de visite et d'hébergement, dans le Bulletin de Liaison et d'Étude des Sectes (BULLES), 1989.
  56. a, b, c et d Christelle Landheer-Cieslak, L'égalité des identités religieuses : principe ou finalité pour les juges français et québécois de droit civil ?, dans le journal les cahiers de droit volume 47 numéro 2, 20 juin 2006, pages 275 et 276.
  57. a et b Gérard Klein, Les sectes et l'ordre public, Presses Universitaires de Franche-Comté, 255 pages, 2005, (ISBN 2-84867-109-2).
  58. Bulletins d'information 1996, Cour de Cassation (N° 289 - Appel civil) sur Courdecassation.fr (consulté le 20 octobre 2011).
  59. Bernard Blandre, L'Église Évangélique de Pentecôte de Besançon exonérée, dans le journal Mouvements Religieux numéro 246, édité par l'Association d'Étude et d'Information sur les Mouvements Religieux, Sarreguemines, octobre 2000.
  60. Simon Barthélemy, « Des mouvements sectaires actifs dans l'Est de la France » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30, sur le journal Le Pays du 23 février 2008, (ISSN 2102-6890).
  61. a, b, c, d, e, f et g Gestion financière de l'Église selon son site officiel (consulté le 18 juin 2010).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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