Pendjab

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Page d'aide sur l'homonymie Pour la province pakistanaise, voir Pendjab (Pakistan), pour l’État indien, voir Pendjab (Inde).
Carte topographique du Pendjab.

Le Pendjab ou Panjab (en pendjabi ਪੰਜਾਬ / پنجاب, en anglais Punjab) est une région du sous-continent indien comprenant une grande partie de l'est du Pakistan (province du Pendjab pakistanais) et du nord-ouest de l'Inde (État du Pendjab indien et parties de l'Haryana, l'Himachal Pradesh, Chandigarh, Jammu et Delhi)[1].

Le nom « Pendjab » est d'origine perse[2], de panj (« cinq ») et āb (« rivière ») : « (pays des) cinq rivières ». Ces cinq rivières sont la Beas, le Sutlej, le Ravi, la Chenab et la Jhelum ; toutes sont des affluents de l'Indus.

Le Pendjab a une longue histoire. Il a été habité par les Harappéens, les proto-Dravidiens et les Indo-Aryens et envahi par les Perses, les Grecs, les Kouchans, les Ghaznévides, les Timourides, les Moghols, les Afghans et les Britanniques. Les habitants du Pendjab sont aujourd'hui plus de 152 millions, ils sont appelés « Pendjabis » et parlent principalement le pendjabi. Les religions principales sont l'islam, le sikhisme et l'hindouisme.

En 1947, lors de la Partition des Indes, le Pendjab a été divisé en deux entre l'Inde et le Pakistan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Taxila au Pakistan.
Le fort de Lahore construit par l'empereur Moghol Akbar.

Durant la Préhistoire, la civilisation de la vallée de l'Indus, l'une des plus anciennes d'Asie du Sud, occupe ce qui aujourd'hui la région du Pendjab.

Les batailles épiques du Mahabharata sont situées dans l'actuel Haryana, partie du Pendjab historique[3].

En 326 av. J.-C., Alexandre le Grand envahit la une partie du Pendjab à partir du nord et défait le roi Porus. Ses armées entrent dans la région par l'Hindu Kush et son empire s'étend jusqu'à la ville de Sagala. En 305 av. J.-C., le Pendjab fait partie de l'empire Maurya puis du Royaume indo-grec vers 200 av. J.-C.. Ménandre Ier, qui règne d'environ 160 à 135 av. J.-C., se convertit probablement au bouddhisme. La région est envahies plusieurs fois, notamment par les Scythes et les Yuezhi. Ces derniers fondent l'Empire kouchan au Ier siècle.

Les Guptas domine ensuite la région (IIIe siècle), puis Harsha (VIe siècle) et les Rajputs (VIIe siècle). En 711713 le sultan Muhammad ibn al-Qasim de Taif, une ville d'Arabie, défait le raja Dahir et conquiert le Sindh et le Pendjab au nom des Omeyades. Il est le premier à introduire l'islam dans la région.

Par la suite, une série de dynasties musulmanes se succèdent jusqu'à l'établissement des Moghols en 1526. Une période de prospérité et de paix relative s'ensuit. Le Guru Nanak (1469-1539) fonde le sikhisme pendant cette période.

En 1758, le Pendjab est pris par les Marathes. Ceux-ci résistent à l'invasion des forces afghanes de Ahmad Shâh Durrani mais sont affaiblis. La Dhal Khalsa sikhe est fondée en 1748 à Amritsar. Elle domine la majorité du Pendjab au sein de l'Empire sikh à partir de 1799 sous le règne du maharaja Ranjit Singh, couronné en 1801.

La province du Pendjab, dans l'Empire britannique des Indes en 1909

Dix ans après sa mort, l'empire éclate et les Britanniques défont les sikhs avec l'aide des rois Dogra. L'Empire sikh était alors le dernier État indien à ne pas être dominé par les Britanniques.

Lors de la révolte indienne de 1857, les dirigeants sikhs soutiennent la Compagnie des Indes orientales et lui procurent des troupes[4]. À Ludhiana, la rébellion est écrasée avec l'aide des chefs pendjabis de Nabha et Malerkotla.

Toutefois, quelques années plus tard, de nombreux Pendjabis jouent un rôle important lors du Mouvement pour l'indépendance de l'Inde, notamment Bhagat Singh ou Muhammad Iqbal.

En 1947, au moment de l'Indépendance, le Pendjab est, avec le Bengale, une des deux provinces partagées entre l'Inde et le Pakistan : le Pendjab oriental (environ 35 % de la province du Raj) est rattaché à l'Inde et le Pendjab occidental (65 %) au Pakistan[5]. Les déplacements de populations et les violences qui suivent la Partition font plusieurs millions de morts.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Pendjab, au temps de l'Empire sikh, couvrait un large territoire comprenant le bassin de l'Indus et la ligne de partage des eaux entre l'Indus et la plaine gangétique. Il pouvait être divisé en quatre régions naturelles[6] :

  • la région montagneuse de l'est, incluant le Jammu-et-Cachemire
  • la plaine centrale et ses cinq rivières ;
  • la région nord-ouest séparée de la plaine centrale par le Salt Range entre les cours d'eau Jhelum et Indus ;
  • la région semi-désertique au sud de la Sutlej.

L'Indus et les cinq rivières prennent leur source dans les chaines de montagne au nord du Pendjab et emporte du terreau, des minéraux et de la vase vers les riches plaines alluviales qui sont très fertiles[7].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est un facteur important pour l'économie du Pendjab, principalement agricole. Les zones près de l'Himalaya reçoivent des chutes de pluie plus fortes que les régions plus éloignées des montagnes[8].

Il y a trois principales saisons et deux périodes transitoires. Pendant la saison chaude, de mi-avril à la fin juin, la température peut atteindre 49 °C. La mousson, de juillet à septembre, est une période de fortes chutes de pluie, apportant de l'eau pour les cultures et le réseau de canaux d'irrigation. La période transitoire après la mousson est douce et amène la saison d'hiver, où les températures en janvier déscendent jusqu'à 5 °C la nuit et 12 °C le jour. Pendant la période transitoire entre les saisons fraiches et chaudes, des tempêtes de grêles et de fortes chutes de pluie peuvent avoir lieu, endommageant les cultures[9].

Le Pendjab pakistanais[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pendjab (Pakistan).

Le Pendjab compte aujourd'hui environ 90 millions des 170 millions d'habitants du Pakistan, et représente 60 % du territoire du Pendjab historique. Son économie repose massivement sur son système d'irrigation, soit plus de 30 500 km de canaux. La plupart ont été construits sous la domination britannique. Le Pendjab domine le Pakistan économiquement, et a une grande influence culturelle.

Le Pendjab indien[modifier | modifier le code]

Les États indiens du Pendjab, de l'Haryana et de l'Himachal Pradesh qui recouvrent 40 % du territoire du Pendjab historique.

L’État indien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pendjab (Inde).
L’État indien du Pendjab.

Son territoire compte 25 millions d'habitants pour une superficie de 50 362 km2.

Haryana[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Haryana.

Son territoire compte 25 millions d'habitants pour une superficie de 44 212 km2.

Himachal Pradesh[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Himachal Pradesh.

Son territoire compte 6 millions d'habitants pour une superficie de 55 673 km2.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pritam Singh and Shinder S. Thandi, ed. (1996). Globalisation and the region: explorations in Punjabi identity. Coventry Association for Punjab Studies, Coventry University. p. 361.
  2. H K Manmohan Siṅgh. "The Punjab". The Encyclopedia of Sikhism, Editor-in-Chief Harbans Singh. Punjabi University, Patiala. Consulté le 12 août 2012.
  3. Buddha Parkash, Evolution of Heroic Tradition in Ancient Panjab, p 36.
  4. Ganda Singh, « The Truth about the Indian Mutiny », Sikh Spectrum,‎ August 2004 (consulté le 13 March 2013)
  5. http://www.dailytimes.com.pk/default.asp?page=2012%5C05%5C10%5Cstory_10-5-2012_pg1_1
  6. The Encyclopaedia of Sikhism, section Punjab.
  7. G. S. Gosal, « Physical Geography of the Punjab », University of California, Santa Barbara (consulté le 3 November 2012)
  8. Maps of India, Climate of Punjab
  9. Royal Geographical Society Climate and Landscape of the Punjab

Liens externes[modifier | modifier le code]

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