Pende (peuple)

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Les Bapendé (pluriel de Pendé) sont un peuple bantou d'Afrique centrale, présent dans la province de Bandundu (territoires de Gungu, Idiofa, Feshi et Kahemba), dans la province du Kasaï-Occidental (territoire de Tshikapa) en République démocratique du Congo, ainsi qu'en Angola d'où ils sont originaires.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources et le contexte, on observe plusieurs formes : Apende, Bapende, Ba-Pende, Masangi, Masanji, Masindji, Pande, Pendes, Phende, Pindi, Pinji, Tupende[1].

Langue[modifier | modifier le code]

Ils parlent le pende[2], une langue bantoue. La dénomination de cette langue serait tirée du verbe en pende : gupenda, ce qui veut dire « insulte » ou « affront ». Ce nom leur serait donné par les autres peuples environnants qui eux, tenant compte de la puissance de feu de l'homme blanc (en l'occurrence, le Portugais), le laissèrent occuper leurs terres. Contrairement à cet autre peuple qui opta pour l'affrontement. Devant l'audace de ce peuple à vouloir combatte cette puissance de feu, une audace qui, pour les autres peuples, confinait à l'inconscience, ils le surnommèrent : les pende (les révoltés). Longtemps après, quand ce peuple, vaincu par le Portugais, se réfugia à l'intérieur des terres, à son emplacement actuel en République démocratique du Congo, et quand éclata en 1931 la révolte pende contre l'autorité coloniale de l'époque, le Royaume de Belgique, les Belges finirent par se conforter dans leur thèse, selon laquelle, ils avaient bel et bien affaire à un peuple insoumis. D'où l'emploi de Tupende (un diminutif pluriel insultant en langue pende) qui veut dire : « petits révoltés ». Les Pende, eux, préfèrent en parlant d'eux au pluriel, se nommer Apende ce qui veut dire : « grands révoltés ».

Culture[modifier | modifier le code]

Ils sont connus pour leurs masques minganji et mbuya ( les premiers sont des masques d'initiation et les seconds, des masques des jouissances populaires).

Léon de Sousberghe, jésuite et ethnologue belge, est le plus grand spécialiste de la culture pende. Il a pu observer, répertorier, analyser tant l'art pende que les structures de parenté et les structures de pouvoir du peuple pende.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source RAMEAU, BnF [1]
  2. (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Muyaga Gangambi, Les masques pende de Gatundo, Ceeba, 1974, 244 p.
  • Lengelo Guyigisa, Mukanda, l'école traditionnelle pende, Ceeba, 1980, 188 p.
  • Lengelo Guyigisa et Lusambu Kauy Mutombo, Les Maîtresses du feu et de la cuisine : mythes pende (Rép . du Zaïre), CEEBA, 1983, 164 p.
  • G. L. Haveaux, La tradition historique des Bapende orientaux, Institut royal colonial belge, 1954, 55 p.
  • Kinjanja Kayinge, Les tabous et interdits alimentaires. Cas particulier de l'ethnie Bapende au Zaïre, 1979
  • Ngolo Kibango, Minganji, danseurs de masques pende, Ceeba, 1976, 51 p
  • Jean-Noël Maquet, La musique chez les bapende, 1954
  • Mudiji Malamba Gilombe, Le langage des masques africains. Étude des formes et fonctions symboliques des 'mbuya' des Phende, préface de Jacques Taminiaux, postface de Mbonyn­kebe Sebahire. (RPA., 15). Kinshasa, F.C.K. 1989, 287 p.
  • Mudiji Malamba Théodore, « En lisant l'homme selon la philosophie pende, de B. Gusimana », dans Cahiers des religions africaines. 3 (1969), p. 133-138.
  • Mudiji Malamba Théodore, « Le masque phende giwoyo du musée de l'Institut supérieur d'archéologie et d'histoire de l'art de l'UCL », dans Revue des archéologues et historiens d'art de Louvain, 12 (1979), p. 169-193, illustré.
  • Mudiji Malamba Gilombe, Formes et fonctions symboliques des masques mbuya des Phende. Essai d'iconologie et d'herméneutique, Thèse de doctorat en philosophie, Louvain, 1981, 374 p.
  • Mudiji Malamba Gilombe, « La vie sociale et l'Église. Perspectives diverses et points de contact dans le cas de la société Phende (Zaïre) », dans J. Overath (dir.), Musices adaptatio. Consociatio internationalis musicae sacrae, Roma 1980, p. 43-55
  • Mudiji Malamba Gilombe, « Le langage de l'art africain », dans M. Sabbe et F. Gestelinck (dir.), Kronkronbali. Leuven, Bibliotheek van de Faculteit der Godgeleerdheid, 1991, p. 29-38.
  • Mudiji Malamba Théodore, « Ambiguïté du masque africain et destinée », dans Parapsychologie et progrès des sociétés, Actes du VIe  Colloque International du CERA, (Kinshasa 19-25 novembre 2000), Cahiers des religions africaines, vol. 32, nos 63-64, 2001, FCK, 2001, p. 71-86.
  • Mudiji Théodore, « Art et spiritualité au pays des fétiches », in Identités culturelles africaines et nouvelles technologies, Actes de la XVIe Semaine philosophique de Kinshasa, (du 10 au 16 décembre 2000), (RPA, 31). Kins­ha­sa, FCK, 2002, p. 139-146.
  • Mudiji Théodore, « Bible et culture se rencontre en langues autochtones. Cas de la Bible en giphende », Cahiers des religions africaines (Vol. XXIX, n.58, 1995), Kinshasa, 2002, p. 47-57.
  • Faustin Mulambu-Mvuluya, Contribution à l'étude de la révolte des Bapende : mai-septembre 1931, Centre d'étude et de documentation africaines, CEDAF, pl. Royale, 7, 1971, 104 p.
  • Ndambi Munamuhega, Les masques pende de Ngudi, Ceeba, 1975, 337 p. (ISBN 9788439951919)
  • Nzamba Mundende, Gandanda : initiation et mythes pende, Centre d'Études Ethnologiques, 1974
  • Nziata Mulenge, Pour la guérir, il faut ton cœur! : mythes pende, Ceeba, 1974, 105 p.
  • Léon de Sousberghe, « Cases cheffales sculptées des Ba-Pende » (extrait du Bulletin de la Société royale belge d'anthropologie et de préhistoire, 1955, tome LXV, séance du 29 mars 1954), Imprimerie Administrative, 1954
  • Léon de Sousberghe, Structures de parenté et d'alliance d'après les formules Pende (ba-Pende, Congo belge), J. Duculot, 1955, 92 p.
  • Léon de Sousberghe, Les danses rituelles mungonge et kela des ba-Pende (Congo belge), Académie royale des sciences coloniales, 1956, 62 p.
  • Léon de Sousberghe, L'art pende : illustré de 372 photos. et dessins dont 125 de l'auteur, Palais des académies, 1959, 165 p.
  • Léon de Sousberghe, Deux palabres d'esclave chez les Pende (province de Léopoldville, 1956), 1961, 87 p.
  • Léon de Sousberghe, Les Pende : aspects des structures sociales et politiques, Université de Bujumbura, 1963, 78 p.
  • Renée van Coppenolle et René Pierson, Bapende : contes, légendes, fables, Editions J. Dieu-Brichart, 1982, 321 p.
  • Louis-François Vanderstraeten, La répression de la révolte des Pende du Kwango en 1931, Koninklijke Academie voor Overzeese Wetenschappen, Bruxelles, 2001, 146 p. (ISBN 90-75652-23-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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