Pelycosauria

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Les pélycosaures (ou pélycosauriens) sont des « reptiles mammaliens », c'est-à-dire des parents des mammifères qui ressemblaient à des reptiles. Ce sont les plus anciens synapsides connus. Le Petrolacosaurus du Carbonifère pourrait être l'ancêtre de Pélycosauriens. Ces animaux offraient une grande diversité de taille (moins d'un mètre jusqu'à 6 m), de forme (un grand corps pour une petite tête ou inversement, voile dorsale, ...) et de régime alimentaire (carnivore, piscivores, insectivores, herbivores). Parmi les plus connus, on trouve les pélycosaures à voile tels que Dimetrodon ou Edaphosaurus, qui régulaient leur température en orientant leur voile dorsale vers le soleil ou le vent, selon leur température.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers pélycosaures ont été découverts au milieu du XIXe siècle. Le premier provient du Permien inférieur de l'Île-du-Prince-Édouard, près de la Nouvelle-Écosse, une île de l'est du Canada. Les fragments de crâne ont été décrits par le paléontologue américain Joseph Leidy en 1854. Il les attribua à un reptile, qu'il appela Bathygnathus. En 1869, le paléontologue français Paul Gervais mentionne un fragment de mâchoire trouvé dans le Permien inférieur du département français du Jura. Comme les pélycosauriens étaient quasiment inconnus, il lui donna le nom de Geosaurus ? cynodus (Gervais, 1869), puis placée en 1923 dans le nouveau genre Neosaurus par le Baron Franz von Nopsca. À partir de 1875, les découvertes faites aux États-Unis - essentiellement au Texas - ont permis de mieux comprendre les membres de ce groupe, notamment grâce aux travaux des fameux paléontologues américains Edward Cope (Dimetrodon Cope, 1878 et Edaphosaurus Cope, 1882) ou Othniel Marsh (Ophiacodon Marsh, 1878). Au début du XXe siècle, Ferdinand Broili décrivit Varanosaurus (Broili, 1904), puis Samuel Williston nomma Casea (Williston, 1910) et Varanops (Williston, 1911). Alfred Romer et Llewellyn Price passèrent en revue l'intégralité des pélycosauriens connus en 1940 dans un ouvrage qui fait toujours autorité, servant de base à la mise au point réalisée par Robert Reisz en 1986.

Systématique[modifier | modifier le code]

Systématique « traditionnelle »[modifier | modifier le code]

Modifié d'après Romer et Price (1940).

Certains pélycosaures étaient auparavant classés avec des diapsides: plusieurs auteurs avaient vu deux fosses temporales sur des crânes de Dimetrodon (Case, 1924) ou de Palaeohatteria (Osborn, 1903) dont la région temporale était mal préservée.

Arbre phylogénétique[modifier | modifier le code]

─o Synapsida
 ├─o Caseasauria
 │ ├─o Eothyridae
 │ └─o Caseidae
 └─o Eupelycosauria
   ├─o Varanopidae
   └─o
     ├─o Ophiacodontidae
     └─o
       ├─o Edaphosauridae
       └─o Sphenacodontia
         ├─o Haptodus
         └─o
           ├─o Palaeohatteria
           └─o
             ├─o Pantelosaurus
             └─o
               ├─o Cutleria
               └─o
                 ├─o Ianthodon
                 └─o Sphenacodontoidea
                   ├─o Sphenacodontidae
                   └─o Therapsida

Relations phylogénétiques d'après Reisz (1986), Laurin (1993) et Kissel & Reisz (2004).

Les Pelycosauria forment donc un groupe paraphylétique : ils regroupent tous les synapsides qui ne sont pas des thérapsides. Au sens de la cladistique, Pelycosauria est synonyme de Synapsida, c'est-à-dire qu'il contient tous les animaux plus proches des mammifères que des reptiles actuels. Beaucoup d'ordres de pélycosaures sont devenus obsolètes, car ce sont des grades évolutifs.

Répartition temporelle et géographique[modifier | modifier le code]

Les pélycosaures ont vécu du Carbonifère supérieur et ont disparu un peu avant la fin du Permien (soit de 312 à 254 millions d'années BP). Des fossiles de pélycosaures ont été trouvés un peu partout dans le monde. Toutefois, ils ne sont connus qu'en Europe (France, Royaume-Uni, Allemagne, République tchèque, Pologne) et surtout en Amérique du Nord (États-Unis, Canada) entre le Carbonifère supérieur et le Permien inférieur. Plus tard, les derniers pélycosauriens subsistent aux États-Unis, France, Russie (Ouest de l'Oural), en Afrique du Sud et en Uruguay. Ils appartiennent soit aux caséidés soit aux varanopidés. Ils devaient occuper des niches écologiques qui ont été occupées par les thérapsides, les paréiasaures et les diapsides ailleurs dans le monde à la même époque. Le seul pélycosaure sud-américain était peut-être un varanopidé : il provient d'une formation géologique datée du Permien supérieur supérieur et peut-être du Trias inférieur, ce qui en ferait le plus jeune pélycosaure connu[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Pineiro et al., 2003)
  • Case, E. C. (1924). A possible explanation of fenestration in the primitive reptilian skull, with notes on the temporal region of the genus Dimetrodon. Contributions from the Museum of Geology, University of Michigan 2 (1): 1-12.
  • Cope, E. D. (1878). A new fauna. American Naturalist 12: 327-328.
  • Cope, E. D. (1882). Third contribution to the history of the Vertebrata of the Permian Formation of Texas. Proceedings of the American Philosophical Society 20: 447-461.
  • Gervais, P. (1869). Zoologie et paléontologie générales. Nouvelles recherches sur les animaux vertébrés vivants et fossiles. 253pp.
  • Kissel, R. A., & Reisz, R. R. (2004). Synapsid fauna of the Upper Rock Lake Shale near Garnett, Kansas and the diversity pattern of early amniotes. In: G. Arratia, M. V. H. Wilson, and R. Cloutier (eds.) Recent Advances in the Origin and Early Radiation of Vertebrates. Verlag Dr. Friedrich Pfeil, München. Pp : 409-428.
  • Laurin, M. (1993). Anatomy and relationships of Haptodus garnettensis, a Pennsylvanian synapsid from Kansas. Journal of Vertebrate Paleontology 13 (2): 200-229.
  • Leidy, J. (1854). On Bathygnathus borealis, an extinct saurian of the New Red sandstone of Prince Edwards’s Island. Journal of the Philadelphia Academy of Natural Science, 2nd series, 2: 327-330.
  • Marsh, O. C. (1878). Notice of new fossil reptiles. American Journal of Science, 3e série, 15: 409-411.
  • Nopcsa, F. (1923). Die Familien der Reptilien. Fortschritte der Geologie und Paleontologie 2: 1-210.
  • Osborn, H. F. (1903). The reptilian subclasses Diapsida and Synapsida and the early history of the Diaptosauria. Memoirs of the American Museum of Natural History 2 (8): 449-507.
  • Pineiro, G., Verde, M., Ubilla, M. & Ferigolo, J. (2003). First basal synapsids ("pelycosaurs") from the Upper Permian-?Lower Triassic of Uruguay, South America. Journal of Paleontology 77 (2): 389-392.
  • Reisz, R. R. (1986). Handbuch der Paläoherpetologie. 17A. Pelycosauria. P. Wellnhofer (ed.), 102 pp, Stuttgart.
  • Romer, A. S. & Price, L. I. (1940). Review of the Pelycosauria. Geological Society of America Special Paper 28: 1-538.
  • Williston, S. W. (1910). New Permian Reptiles: Rhachitomous vertebrae. The Journal of Geology 18: 590-599.
  • Williston, S. W. (1911). A new family of reptiles from the Permian of New Mexico. American journal of Science, 4e série, 31: 378-398.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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