Unités de montagne de la Gendarmerie nationale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Unités de montagne de la Gendarmerie nationale
Écusson des unités de montagne
Écusson des unités de montagne

Période 1958
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Logo Gendarmerie Nationale Francaise.jpg Gendarmerie nationale
Rôle Secours en montagne
Fait partie de Gendarmerie départementale
Composée de 15 PGHM & 5 PGM
Un Eurocopter EC 145 de la Gendarmerie nationale aux Monts d'Olmes
Hélicoptère de secours de la gendarmerie française en action sur le massif du Sancy

Les pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) et pelotons de gendarmerie de montagne sont des unités de la gendarmerie nationale française spécialisées dans le secours aux victimes en milieu périlleux : la montagne.

Présentation[modifier | modifier le code]

Les pelotons de gendarmerie de haute montagne, ou PGHM, on été créés à la suite d'un tragique accident. En effet, le 22 décembre 1956, deux jeunes hommes, un Parisien et un Belge commencent l'ascension hivernale du mont Blanc par l'éperon de la Brenva. La météo se dégrade rapidement et les deux hommes se retrouvent bloqués sur un sérac, au milieu d'une tempête. Ils sont suivis à la jumelle depuis le sommet, à la longue vue depuis Chamonix. Leur calvaire de cinq jours est suivi par près de 200 journalistes, français et belges. Les professionnels de la montagne déclarent ne pas vouloir risquer leur vie pour des inconscients. Lionel Terray organise alors une caravane de secours. Lors d'une brève accalmie, un hélicoptère de l’armée française, avec quatre membres d'équipage tente de sauver les deux alpinistes, mais il s'écrase dans le massif. Lionel Terray décide alors de sauver en priorité l'équipage de sauvetage. À cause du mauvais temps et des importants moyens militaires envoyés en Algérie, le 3 janvier 1957 les autorités décident d'abandonner les secours. Ce n'est finalement que le 20 mars 1957 que les deux corps sans vie des alpinistes sont découverts. En 1958, les autorités déclarent la création d'unités spécialisées pour l'assistance et le secours aux victimes en montagne. Le premier de ces centres est installé à Chamonix.

L'action de la gendarmerie en montagne repose essentiellement sur des unités spécialisées disposant d'un important potentiel technique au service de missions de secours et d'assistance. La gendarmerie nationale possède des unités spécialisées composées de personnel de carrière ou sous contrat, appartenant à la spécialité « montagne », et de gendarmes adjoints volontaires techniquement qualifiés. Il s'agit des Pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) et des Pelotons de gendarmerie de montagne (PGM).

Les PGHM sont implantés dans chacun des départements des massifs alpins et pyrénéens ainsi qu'en Haute-Corse et sur l'île de la Réunion. Ils ont une compétence territoriale étendue au département et, en tant que de besoin, aux massifs sur lesquels ils ont vocation à intervenir. Ils sont spécialement destinés aux missions de secours, aux enquêtes judiciaires concomitantes et à l'exercice de la police administrative.

Les PGM sont situés dans les Vosges, le Jura et le Massif central. Ils disposent d'une compétence territoriale et exercent des missions identiques aux PGHM. Seules les dotations en matériels diffèrent.

L'action de la gendarmerie repose aussi sur des brigades territoriales (brigades de montagne et de haute montagne) qui doivent pouvoir exercer leurs missions quelles que soient les conditions atmosphériques sur l'étendue de leur circonscription, et qui peuvent participer à des missions d'aide et d'assistance.

La gendarmerie dispose aussi d'une unité de formation du personnel des unités de montagne, le Centre National d’Instruction de Ski et d’Alpinisme de la Gendarmerie (CNISAG) basé à Chamonix.

La formation du personnel spécialisé « montagne » comprend, dans une première partie, des cycles de formation militaire, techniques et spécifiques, dans une seconde partie, des cycles de formation du brevet d'État de guide de haute montagne et d'éducateur sportif ski alpin, et, dans une dernière partie, des stages de formation au sauvetage en montagne.

Effectifs[modifier | modifier le code]

La gendarmerie compte environ 280 militaires (20 officiers et 260 sous-officiers de gendarmerie) spécialistes « montagne » répartis dans 21 unités :

  • 15 pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) :
Ville Département Situation
Chamonix Haute-Savoie Massif du Mont-Blanc
Briançon Hautes-Alpes Oisans, massif des Ecrins, massif des Cerces
Grenoble Isère Alpes
Bourg-Saint-Maurice Savoie Alpes
Modane Savoie Alpes
Annecy Haute-Savoie Alpes
Jausiers Alpes-de-Haute-Provence Alpes
Saint-Sauveur-sur-Tinée Alpes-Maritimes Alpes
Pierrefitte-Nestalas Hautes-Pyrénées Pyrénées
Bagnères-de-Luchon Haute-Garonne Pyrénées
Oloron-Sainte-Marie Pyrénées-Atlantiques Pyrénées
Savignac-les-Ormeaux Ariège Pyrénées
Osséja Pyrénées-Orientales Pyrénées
Ajaccio et Corte Haute-Corse Corse
Saint-Denis (Réunion) Réunion
  • 5 pelotons de gendarmerie de montagne (PGM) :
Ville Département Situation
Xonrupt-Longemer Vosges Massif des Vosges
Hohrod Haut-Rhin Massif des Vosges
Morez Jura Massif du Jura
Murat Cantal Massif central
Le Mont-Dore Puy-de-Dôme Massif central

Missions des spécialistes montagne[modifier | modifier le code]

À travers toutes ces unités, la gendarmerie participe, soit à titre exclusif, comme à Chamonix, soit en collaboration avec les CRS ou les services de sécurité civile et sapeurs-pompiers, aux plans départementaux de secours en montagne.

Elle exerce deux types de missions :

  • mission de police administrative consistant en une mission de police-liaison et une mission de secours (surveillance, prévention, information, secours et assistance)
  • mission de police judiciaire, une procédure judiciaire étant établie lors d'accident ayant entraîné une atteinte corporelle ou la mise en cause d'un professionnel de la montagne. En dehors de ces cas, un procès-verbal de renseignement judiciaire. Cette mission peut également s'exercer lors des enquêtes diligentées à la suite de catastrophe.
Nissan NP 300 de la gendarmerie nationale

Plus concrètement, ses missions sont :

  • secourir les personnes en difficulté,
  • rechercher les personnes disparues ou décédées,
  • contrôler le respect des diverses réglementations et constater les infractions,
  • surveiller le secteur montagneux,
  • participer aux commissions de sécurité (refuge, domaine skiable, ouvertures de route…),
  • prévenir les accidents et informer le public,
  • mener les enquêtes consécutives à des accidents en montagne,
  • réaliser des expertises au profit des magistrats.

Ces gendarmes sont ainsi des secouristes mais aussi des enquêteurs qui opèrent en étroite collaboration avec d’autres intervenants (gendarmes pilotes d’hélicoptère, pilotes de la sécurité civile, gendarmes maîtres de chiens, médecins, etc.)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]