Peire Rogier

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Peire Rogier, d'après un chansonnier du XIIIe siècle (BnF, manuscrit français 12473, folio 2v.)

Pierre de Rougier ou Peire Rogiers, né vers 1145, décédé après 1197 près de Lodève, fils du seigneur de Rouziers, en Auvergne, est un troubadour de l'école limousine et auvergnate.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses biographies le disent fils d'un seigneur d'Auvergne :
"Peire Rotgiers si fo d'Alvernhe... e fo gentils hom."[1]

Il a été identifié comme appartenant à la famille des seigneurs de Rouziers[2], près de Mauriac, dans le département du Cantal.

Uc de Saint-Circ (ou Uc de Saint-Cirq), le troubadour biographe des troubadours, dit qu'il connaissait les lettres et qu'il était chanoine de Clermont :
"Peire Rotgiers si fo d'Alvernhe, Canorgues de Clarmon; e fo gentils hom, bel avinens e savis de letras e de sens natural."

Il ajoute que c'était un bon chanteur qui quitta son canonicat pour se faire jongleur et faire entendre ses contes.
"E canrtava e trobava ben, e laisset la Canorga et fetz se Joglars et anet per cortz e foron grazit li sieu contar."

Lui-même raconte qu'il quitta son canonicat de Clermont, et s'en vint à Narbonne à la cour de dame Ermengarde, de grande valeur et de grande intelligence, qui l'accueillit, le traita avec honneur et lui fit grand bien.
"E venc s'en Narbona, en la cort de madomma Ermegenda qu'era adoncs de gran valor e de gran pretz et ella l'acuilhit fort e l'onret, l'ill fetz grans bes."

On a conservé huit sirventès, chansons d'amour dans lesquelles Peire Rogier désigne la vicomtesse de Narbonne par un mot clef, un "senhal", celui de "Tort n'avez".

Pierre d'Auvergne, dans 'Jeux et ris, dit de lui qu'il aurait mieux fait de rester à dire des psaumes :
"D'aisso mer mal Peire Rotgiers
Per que n'er encolpatz premiers
Quar chanta d'amor a prezen
E convengra'l melhsus santiers
En la gleiz' o us consaliers
Portar ab gran candel' arden."

À cause de calomnies qui compromettaient la réputation de la vicomtesse, Pierre Rogiers reçut l'ordre de quitter sa cour et il se réfugia auprès de Raimbaud d'Orange où il restera jusqu'à 1173:
"E per temor del dit de la gen d'il det conyat el parti de si et el sen anet dolens e pensius e consiros e marritz an Raembaut d'Aurenga."

Au décès de Raimbaud d'Orange en 1173, il va à la cour de Raymond V de Toulouse, qui lui fit le meilleur accueil :
"E puois estit ab lo comte Raimon de Toloza quant li plac et el volc ac gran onor el mon tan com el i estet."

Il fréquente aussi celles d'Alphonse IX de Castille, puis d'Alphonse II d'Aragon.

Il se retire avec un autre troubadour, Guilhem Azemar de Merueis, à l'abbaye des hommes de Grandmont, près de Lodève[3] où ils prennent l'habit en 1194 et où il restera jusqu'à sa mort.

Extrait[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Camille Chabaneau Biographie des troubadours en langue provençale
  2. Jean-Baptiste Bouillet, Nobiliaire d'Auvergne, tome V, page 419.
  3. C'était une colonie de l'abbaye Saint-Michel de Grandmont à Ambazac en Limousin, créée à cette époque avec la protection de d' Alphonse II d'Aragon, vicomte de Carlat,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Appel, Vie et chansons du troubadour Pierre Rougiers, Berlin, 1882
  • Félix de La Salle de Rochemaure, Les Troubadours cantaliens, Paris, Bloud et Cie, 1904, tome I.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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