Peintures murales d'Irlande du Nord

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Les peintures murales d’Irlande du Nord (murals) constituent le phénomène le plus étendu de « propagande murale » dans le monde.

Origines des peintures murales[modifier | modifier le code]

La première fresque loyaliste a été peinte à Belfast autour de 1908.

L’exécution des fresques loyalistes faisait partie des festivités chaque année autour de la commémoration de la bataille de la Boyne, le 12 juillet 1690, occasion pour la population protestante de réaffirmer sa loyauté à la Couronne d’Angleterre et sa suprématie sur la population de confession catholique.

Si du côté loyaliste, l’apparition de murals s’est faite dans un contexte commémoratif, du côté républicain, les premières fresques apparaissent dans un contexte de lutte et de censure. À partir de la fin des années 1970, au moment de la lutte des prisonniers pour un statut politique, les républicains ont commencé à peindre des slogans sur les murs comme moyen de soutien et de propagande.

Développement de la pratique des murals[modifier | modifier le code]

Du côté loyaliste.

Alors que l’évolution politique en l’Irlande du Nord pendant la période allant de la fin des années 70 au milieu des années 80 est propice à l’émergence des peintures murales républicaines, du côté des loyalistes, on assiste à un déclin.

La perte du parlement en 1972 au profit d’une administration directe de Londres entraîne une crise d’identité de leur part. Les peintures en l’honneur de Guillaume d’Orange qui célébraient leur suprématie sur les nationalistes n’ont plus de raison d’être puisqu’ils ont perdu le contrôle de l’état. D’autre part, il leur est difficile de s’opposer à la couronne britannique sans mettre à mal leur loyauté.

Pourtant, l’accord anglo-irlandais signé en novembre 1985 entraîne une très forte réaction des leaders politiques unionistes en même temps qu'une réactivation des groupes paramilitaires loyalistes et une résurgence des peintures murales notamment militaristes. Ces murals ont aussi pour but de marquer les territoires des différentes organisations loyalistes rivales.

Les thèmes militaristes bien que majoritaires n’ont pas été les seuls abordés chez les loyalistes. Leur crise d’identité s’est caractérisée par une recherche d’un passé, d’une culture que l’on va retrouver dans les thèmes abordés dans les murals : la lutte contre le Home Rule, la bataille de la Somme, le défilé de Drumcree, les présidents des Etats-Unis d’origine écossaise d’Ulster ou encore la famille royale.

Du côté républicain.

Les républicains ont rapidement diversifié les thèmes abordés sur les murals. Dans un premier temps, les murs ont permis de contrer la censure comme en période électorale par exemple.

À côté de quelques fresques militaristes, une grande partie des murals a permis de faire connaître le sentiment des républicains sur les divers évènements qui se sont succédé pendant les années de troubles. Les fresques n° 2 et 3 de la galerie, ci-dessous, ont été beaucoup filmées pour des reportages par des équipes de la télévision britannique mais aussi du monde entier après les cessez-le-feu successifs de l’IRA provisoire.

Comme les loyalistes, ils ont aussi abordé des thèmes historiques et culturels comme revendication de leur identité mais aussi celui des solidarités internationales tout en continuant à revendiquer leurs aspirations et opinions.

Évolution[modifier | modifier le code]

Après, l’accord dit « du Vendredi Saint », les fresques militaristes des quartiers loyalistes ont commencé à disparaître souvent à la demande des habitants pour laisser apparaître des murals ayant pour sujet des figures locales sans lien avec l’actualité politique comme George Best, le Titanic (construit dans les chantiers navals de Belfast) ou encore des fresques historiques. Chez les républicains, si l’on exclut l’International Wall à Belfast qui est régulièrement recouvert de nouveaux murals, l’entrée de Sinn Féin dans un processus démocratique a eu pour effet de ralentir les murals à caractère revendicatif pour laisser place à des fresques commémoratives qui permettent de garder le lien avec l’IRA provisoire et les luttes passées comme la grève de la faim de 1981 dont le premier homme à mourir fut Bobby Sands.

Les Artistes du Bogside[modifier | modifier le code]

Les murals des Bogside Artists tiennent une place particulière dans le paysage nord irlandais. Les Bogside Artists, Kevin Hasson, Tom et William Kelly ont commencé à peindre dans le quartier du Bogside en 1994. Ce qui les différencie des autres muralistes est leur indépendance vis-à-vis des groupes politiques et paramilitaires. Le financement de leurs premières fresques s’est uniquement fait par donations des habitants du quartier. Plus récemment, ils ont réussi à obtenir quelques subventions à travers les fonds européens pour la paix. Ils ont à ce jour réalisé onze murals dans le Bogside à Derry. Ils ont appelé leur œuvre, la Galerie du Peuple (The People’s Gallery).

Lectures[modifier | modifier le code]

Deux ouvrages en français ont été publiés sur les murals : Irlande du Nord : Les murs témoignent de Jean Guiffan aux éditions Skol Vreizh. Murals d'Irlande du Nord : Quel avenir après cent années de pratiques communautaires ? d'Alain Miossec aux éditions TIR. D'autres ouvrages ont aussi été publiés en anglais : Drawing Support, Murals in the North of Ireland ; Drawing Support 2, Murals of War and Peace ; Drawing Support 3, Murals and Transition in the North of Ireland, de Bill Rolston aux éditions Beyond the Pale. Murals, The Bogside Artists aux éditions Guildhall Press.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]