Peinture en Corée

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Peinture populaire minhwa: le tigre et la pie

Cet article sur la peinture en Corée est consacré aux œuvres d'artistes coréens en Corée ou à l'étranger réalisées sur n'importe quelle support. Il inclut les expressions artistiques les plus antiques depuis les pétroglyphes de Bangudae jusqu'à l'art post-moderne.

Le style[modifier | modifier le code]

Tout au long de l'histoire de la peinture coréenne, il y a eu une disjonction entre les travaux des lettrés, des peintures monochromatiques réalisées à la brosse avec une encre noire sur du papier de mûrier ou sur de la soie et le minhwa, la peinture populaire des tombes, de la religion et des festivals artistiques qui faisait un usage intensif de la couleur. Au niveau des sujets, tout comme dans la peinture chinoise, on peut distinguer la peinture de paysages, le sansuhwa (montagne et eau), les portraits et la peinture des oiseaux et des animaux, le yeongmohwa.

Cette distinction est basée sur les différences de classe : les lettrés, particulièrement dans l'art confucéen pensaient que l'on pouvait voir la couleur dans les dégradés des peintures monochromatiques et estimaient que l'usage de la couleur rendait vulgaire la peinture et entravait l'imagination. Dans l'art populaire, les bâtiments en bois étaient souvent décorés avec des couleurs brillantes suivant les traditions de l'architecture chinoise. De même, les influences de l'art bouddhique et de l'art indien poussaient à une riche utilisation des couleurs primaires.

La peinture coréenne suit la tendance générale de l'art en Asie. Elle est basée sur l'art bouddhiste, représentant Bouddha ou des moines bouddhistes et sur l'art confucianiste, représentant des lettrés au repos ou étudiant dans des montagnes. Les bouddhas sont souvent représentés avec un visage de coréen, en position de repos. L'aura n'est pas forcément en or, elle peut être représentée par des couleurs plus claires. La représentation des visages tend vers le réalisme mettant en valeur leur humanité et leur âge. La draperie est réalisée avec beaucoup de soins. Les visages sont en général à deux dimensions, les draperies à trois dimensions. Tout comme chez les artistes occidentaux du moyen âge et de la renaissance, la draperie et les visages sont souvent réalisés par deux ou trois artistes qui se sont spécialisés dans une technique de peinture particulière. L'iconographie suit les règles de l'iconographie bouddhiste.

Les lettrés sont souvent représentés dans leurs robes monochromes avec leurs chapeaux traditionnels en tuyau de poêle, ou avec un chapeau d'un autre rang. En général, ils se reposent dans une maison de thé près des montagnes ou dans une auberge de montagne ou bien ils sont représentés en présence de leur éducateur. Les scènes de chasse sont fortement présentes dans l'art de la cour et rappellent celles des arts mongols et perses. Elles représentent la chasse au sanglier, au chevreuil, au cerf et au tigre de Sibérie. Des archers rabattent les animaux vers les chevaliers armés de lances.

La peinture de Goguryeo[modifier | modifier le code]

La déesse de la lune, tombe d'Ohoe n°4

L'art de Goguryeo (-37 - 668) qui a été largement préservé dans les peintures des tombes est remarquable pour la vigueur de ses images. Les fresques des tombes royales de Goguryeo datent approximativement de l'an 500. Ces fresques fortement colorées montrent la vie quotidienne et la mythologie de l'époque. Jusqu'en 2005, 70 fresques ont été retrouvées, la plupart dans le bassin de la rivière Taedong près de Pyongyang. Les fresques du temple Horyu, un des trésors du Japon, ont été peintes par Damjing, un moine de Goguryeo.

La peinture de Goryeo[modifier | modifier le code]

Bodhisattva Avalokiteshvara, peinture sur soie de la dynastie Goryeo (1310)

Sous la dynastie Goryeo (918-1392), des peintures d'une beauté exceptionnelles furent produites pour le compte du bouddhisme. Par exemple, une œuvre représentant le boddhisattva Avalokiteshvara est particulièrement appréciée pour son élégance et sa spiritualité.

En dehors de la tradition bouddhiste, Yi Nyeong et Yi Je-Hyeon ont réalisé un travail significatif.

La peinture de Joseon[modifier | modifier le code]

Le Dalmado de Kim Myeongguk, encre sur papier, entre 1636 et 1643

A la période de Joseon (1392-1910), l'influence du confucianisme supplante celle du bouddhisme, tout au moins dans les centres artistiques royaux. La peinture d'inspiration bouddhiste est reléguée dans l'espace privé mais elle continue à évoluer, sa simplicité étant appréciée. L'iconographie des quatre plantes nobles (le bambou, l'iris, le prunier et le chrysanthème) reste un élément de la peinture de genre. Ni les couleurs, ni les formes ne changent de façon significative. Les techniques importées et les idéaux Ming continuent d'être en vigueur.

La peinture du milieu de cette période tend vers plus de réalisme. Un style national de peinture des paysages apparaît : « la vraie vue ». Il s'éloigne des paysages généraux idéalisés du style traditionnel chinois et se consacre à la reproduction exacte de locations particulières. Bien que non photographique, ce style était suffisamment académique pour s'établir et devenir le style standard de la peinture coréenne.

Parmi les peintres de la première partie de la période de Joseon, on peut citer :

La fin de la période Joseon est considéré comme l'âge d'or de la peinture coréenne. Cela coïncide avec le choc du au collapse de la dynastie Ming et l'accession des empereurs mandchous au pouvoir en Chine, poussant les artistes coréens à construire de nouveaux modèles artistiques basés sur le nationalisme et à rechercher des sujets particulièrement coréen. À cette époque, la Chine cesse d'avoir une influence prépondérante et l'art coréen se distingue de plus en plus.

Autoportrait de Kang Sehwang

Les peintres les plus remarquables de cette période sont :

  • Jeong Seon (1676-1759), un peintre literati influencé par l'école Wu de la dynastie Ming, célèbre pour ses paysages des montagnes de diamants.
  • Yun Duseo (1668-1715), un portraitiste.
  • Kim Duryang (1696-1763), peintre paysagiste, animalier et portraitiste à la cour
  • Byeon Sangbyeok (début du XVIIIe), peintre de la cour célèbre pour la précision de ses peintures, en particulier pour ses chats
  • Kang Sehwang (1713-1791), un peintre, un calligraphe et un critique d'art.
  • Danwon (1745-1806 ?), de son vrai nom Kim Hong-do, a produit des scènes très colorées des gens des classes populaires dans leurs activités de la vie quotidienne. Ses peintures utilisant une palette de blancs, bleus et verts ont un réalisme photographique. Il y a très peu de calligraphie dans son travail.
  • Kim Deuksin (1754-1822), peintre de la cour. Tout comme Danwon, il est célèbre pour son pungsokhwa (des illustrations de la vie quotidienne).
  • Hyewon (1758-après 1813), de son vrai nom Shin Yun-bok. Il était un peintre de la cour. Il a peint souvent des personnages de la classe yangban se déplaçant dans un paysage stylisé. Il est célèbre pour ses rouges et ses bleus puissants ainsi que pour ses montagnes grisâtres.
  • Owon (1843-1897), de son vrai nom Jang Seun-eop est le dernier des « trois wons » de la dynastie Joseon.

L'occupation japonaise[modifier | modifier le code]

À partir des années 1880 et jusqu'en 1945, les artistes traditionnels ont connu une période difficile. Les envahisseurs japonais ont tenté d'effacer et d'éliminer l'art coréen par le pillage et la destruction des œuvres d'arts, par la fermeture des écoles d'art coréennes et en forçant les quelques artistes qui restaient à suivre le style japonais. Jusqu'à présent, il n'y a pas eu de rétrospective montrant l'art caché du temps de l'occupation japonaise.

C'est à partir de 1910, sous l'occupation japonaise que l'art coréen entre en contact étroit avec l'art occidental. La technique de la peinture à l'huile est introduite tout comme le style des modernes, l'impressionnisme et l'expressionnisme ainsi que la peinture académique. En ce temps-là, la plus importante exposition annuelle d'art est organisée par le gouvernement colonial, les jurés sont japonais ou des collaborateurs pro-japonais qui favorisent le modernisme, donc la peinture à l'huile et cherchent à écarter la calligraphie. Ces changements mettent à l'écart les peintres coréens traditionnels. D'un autre côté, la peinture à l'huile est mal acceptée car elle est perçue comme un outil du colonisateur pour faire disparaître la peinture coréenne. Sur le final, la peinture traditionnelle se modernise et finit par ressembler fortement à la peinture japonaise[1].

Chi Un-Yeong (1853-1936) est un artiste ayant travaillé à cette époque.

La peinture de Corée du Nord[modifier | modifier le code]

La première génération de peintres est représentée par Kim Jugyong (1902-1981) et Kil Jinsop (1907-1975), des peintres à l'huile qui faisaient partie des rares privilégiés qui avaient pu faire leurs études au Japon. A leur arrivée en Corée du Nord, ils s'engagent politiquement, Kim est élu au conseil constitutionnel et réalise le drapeau et l'emblème national. Kil devient un théoricien décisif dans la quête d'une nouvelle esthétique coréenne. En effet, après la période coloniale, la coréanisation de l'art est de la plus haute importance.

Dans les années 1950, le réalisme socialiste a encore une grande influence. Ainsi, le magazine Joson Misul (l'art coréen) explique en 1959 comment composer le portrait d'un travailleur dans ce style : un corps musclé et plein de sueur, un maillot de corps sale et déchiré et un air sombre. Peu après, dès les années 60, l'idéologie Juche est mise en pratique : les travailleurs sont représentés propres, bien habillés et le sourire aux lèvres. Ultérieurement, l'article 45 de la constitution de 1972 définit l'art Juche comme étant national dans la forme et socialiste dans le contenu[1].

La peinture de Corée du Sud[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (de),(en) Frank Hoffmann in "Flowers for Kim Ilsung, Art and architecture from the DPRK" by Peter Noever, 2010. ISBN 978-3-86984-107-6

Source de la traduction[modifier | modifier le code]