Peignot (police d'écriture)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Peignot.

Peignot

Description de l'image  Peignot.png.
Présentation
Type sans-serif, géométrique, affichage
Alias Peinaud
Créée 1937
Auteur(s)

Cassandre

Entreprise Deberny & Peignot

Exemple

Description de cette image, également commentée ci-après

Exemple

Le Peignot est une police d'écriture décorative, sans empattement et à construction géométrique, dessinée en 1937 par Cassandre pour la fonderie française Deberny & Peignot.

Description[modifier | modifier le code]

D'inspiration art déco[1], cette police est célèbre pour le fait qu'elle soit de type biforme, c'est-à-dire qu'elle n'a pas de bas-de-casse au sens traditionnel, mais qu'à la place elle combine des caractères bas-de-casse et de petites capitales modifiées. En effet, elle s'attache à revenir aux origines, lorsque les caractères latins s'écrivaient uniquement en capitales, à l'époque romaine[2]. De ce fait, cassant avec les habitudes de l'imprimerie, il lui est souvent conféré un caractère de modernité[3]. C'est aussi longtemps resté un symbole du style français[4].

Cette construction particulière la rend difficilement lisible dans les petits corps, si bien qu'elle est principalement destinée à des énoncés courts et de grande taille, notamment pour l'affichage et la signalétique. Lorsqu'elle est utilisée sur support papier, elle se limite généralement aux titres ; cependant, le numéro 59 de la revue Arts et métiers graphiques, par exemple, fut entièrement composé en Peignot[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

La police Peignot a été lancée durant l'Exposition universelle de 1937 à Paris, lorsqu'elle a été choisie par Paul Valéry pour les deux inscriptions qu'il a rédigées dans le but d'orner chacune des deux tours du Palais de Chaillot, construit pour l'occasion en lieu et place du Palais du Trocadéro[6] ; la police servit également dans les catalogues et pour la signalétique[7].

Le Peignot a atteint une certaine popularité dans l'affichage et la publicité depuis sa sortie jusqu'à la fin des années 1940, mais son usage a ensuite décliné avec le succès grandissant du style typographique international et ses polices telles qu'Helvetica, qui mettent davantage l'accent sur la lisibilité et l'objectivité, au détriment de l'aspect décoratif. Le Peignot a toutefois connu un regain d'intérêt dans les années 1970 avec son utilisation dans le générique du Mary Tyler Moore Show.

De nos jours, « Peignot » est une marque déposée de Linotype[8],[9]. Elle est distribuée, individuellement ou par lot avec d'autres polices, par Adobe[10] et Linotype[11].

Le nom de la police devait initialement être « Georges-Peignot » (en hommage à l'homme qui avait donné sa grandeur à l'entreprise Deberny & Peignot), mais le directeur de l'époque, Charles Peignot, son fils, a préféré garder seulement le patronyme, sans doute avec quelque arrière-pensée[12].

Exemples d'utilisation[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Peignot : une police de caractères Art Déco », sur Planète typographie (consulté le 1er août 2008).
  2. (en) « History of Deberny et Peignot, 1924-1938 », sur Arts et Métier Graphiques Web, Rochester Institute of Technology (consulté le 1er août 2008).
  3. (fr) Jérôme Peignot, Puzzle, Lausanne, L'Âge d'homme, coll. « Contemporains »,‎ 1986, 206 p., p. 170-171.
  4. (fr) Yannis Haralambous, Fontes & codages : Glyphes et caractères à l'ère du numérique, Cambridge, Cologne, Paris, O'Reilly,‎ 2004, 990 p. (ISBN 2-84177-273-X), p. 397.
  5. (fr) Jean Mallon, De l'écriture : Recueil d'études publiées de 1937 à 1981, Paris, IRHT/CNRS, 367 p. (ISBN 2-222-02931-7), p. 15-16
  6. (en) Steven Heller, Karen Pomeroy, Design Literacy: Understanding Graphic Design, Allworth Press,‎ 2004, 400 p. (ISBN 1581153562), p. 162
    édition revue et augmentée, première édition 1997 (ISBN 1880559765)
  7. (fr) [PDF] Michel Wlassikoff, L’histoire du graphisme en France, conférence au Centre du graphisme et de la communication visuelle d'Échirolles, 9 janvier 2007, page 11.
  8. (en) Latest Status Info, Serial Number: 76562089, sur le site de l'USPTO.
  9. (en) Latest Status Info, Serial Number: 73420800, sur le site de l'USPTO.
  10. (en) Peignot sur le site d'Adobe.
  11. (en) Peignot sur le site de Linotype.
  12. Jean-Luc Froissart, L’or, l’âme et les cendres du plomb. L'épopée des Peignot, 1815-1983, Paris, librairie Tekhnê,‎ 2004, 400 p. (ISBN 2-9522836-0-5)
  13. (fr) (es) Esne Estudios de Diseño, « Fanta con la tipo Peignot », sur Flickr,‎ 14 janvier 2008 (consulté le 1er août 2008).
  14. (en) [flash] megamanj2004X, « One Life to Live 1980s Custom Closing Credits Vol. 1 », sur YouTube,‎ 9 juillet 2008 (consulté le 1er août 2008).