Pedro de Ribadeneyra

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Portrait de Ribadeneyra (in Retratos de Españoles ilustres, 1791).

Pedro de Ribadeneyra, ou Pierre de Ribadeneira, (1er novembre 1526, Tolède, Espagne - 22 septembre 1611, Madrid, né Pedro Ortiz de Cisneros) était un jésuite espagnol, proche collaborateur de saint Ignace de Loyola, sans cependant appartenir au groupe des fondateurs de la Compagnie de Jésus. Célèbre pour sa Vie de Loyola (1572), il est envoyé à Rome dans son enfance, et admis à l'âge de treize ans dans la Société de Jésus, qui n'avait alors pas encore été sanctionnée par le pape.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ribadeneyra étudie la philosophie et la théologie aux universités de Paris, Louvain et de Padoue. Il enseigne la rhétorique à Palerme à partir de 1549, avant d'être ordonné prêtre le 8 décembre 1553. En 1555, Loyola l'envoie en Belgique, où il introduit les jésuites. Après ce séjour, il part pour l'Angleterre (1558) après un court intermède à Rome (1557) et en Flandres. À l'occasion de cette pérégrination, il assiste à la mort de la reine Marie Tudor et écrit Historia Ecdesiastica del scisma del Reyno de Inglaterra (1588–1594), rééditée à de multiples reprises. Il fut envoyé par saint Ignace aux Pays-Bas pour y « déclarer » les Constitutions jésuites et contribua, grâce à ses contacts à la cour d'Espagne, à obtenir la reconnaissance des jésuites dans les pays du Nord. Après le décès de saint Ignace il fut un de ses premiers biographes et historien des premières années de la Compagnie de Jésus.

Ribadeneyra est alors nommé provincial des jésuites en Toscane (1560), puis transféré en Sicile (1563) et de nouveau en Flandres. Après l'élection d'Everard Mercurian en tant que 4e supérieur général de la Compagnie de Jésus, il est contraint de retourner en Espagne, ce qu'il accepte avec réticences. Il ne cesse de demander sa réaffectation en Italie, ce qui lui est refusé, et s'installe finalement à Madrid en 1574, où il demeure jusqu'à sa mort.

Il écrit sa Vie de Loyola en 1572, en latin, la traduisant en espagnol en 1583. Elle fut ensuite rapidement traduite dans d'autres langues européennes. Il écrit aussi les vies d'autres supérieurs généraux, ainsi que le Tratado de la religión y virtudes que debe tener el príncipe cristiano para gobernar y conservar sus Estados. Contra lo que Nicolás Machiavelo y los políticos de este tiempo enseñan (Madrid, 1595), ce qui en fait l'un des premiers représentants hispaniques de la littérature anti-machiavélienne, s'opposant à des auteurs du baroque espagnol tels que notamment le plus tardif Baltasar Gracián, lui aussi jésuite. Sa dénonciation de la raison d'État machiavélienne est cependant plus équivoque qu'elle n'y paraît, puisqu'il s'il refuse au Prince le droit de mentir, il ajoute immédiatement après qu'un certain nombre de propos équivoques sont permis dans certains cas et ne doivent pas être considérés comme du mensonge. D'une certaine façon, il préfigure ainsi le développement de la casuistique jésuite, dénoncée un demi-siècle plus tard par Pascal dans Les Provinciales (1656-1657).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Fleurs des vies des saints
  • une Vie de S. Ignace,
  • une Vie de Lainez,
  • une Vie de S. François Borgia
  • une Vie de Salmeron,
  • la Bibliothèque des écrivains jésuites (en latin), (Lyon, 1609).

Source[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Pedro de Ribadeneyra » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)